Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Sortir : Sonic Protest 2017Interview de Jacques OgerLe son du grisli sur Twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Scott Fields Ensemble : Frail Lumber (Not Two, 2011)

scott_fields_ensemble_frail_lumber

Les cordes de Scott Fields ont de la suite dans les idées et le sens des hautes voltiges. Leur nature première se nomme inquiétude, leur seconde dissonance. Elles ne savent que se mêler et pulvériser le contrepoint naissant. Ces cordes disent la menace et la désorganisation. Elles activent de bien étranges circulations : lignes fuyantes en transit (Ziricotte), masse hurlante ne trouvant jamais d’échappée (Koa), basse continue brésillée par de bruitistes guitares (Paulownia), archets hurlants de terreur (Cocobolo), entorses fulminantes (Bubinga). Ici, l’alphabet du désagréable trouve son idéal dictionnaire.

Ces cordes saillantes et cisaillantes, oppressantes, menaçantes, le sont grâce à Mesdames Jessica Pavone et Mary Oliver & Messieurs Scott Fields, Daniel Levin, Axel Lindner, Scott Roller, Vincent Royer et Elliott Sharp. On souhaite vivement les réentendre.

Scott Fields Ensemble : Frail Lumber (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 5 juin 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Ziricotte  02/ Koa  03/ Paulownia  04/ Cocobolo  05/ Bubinga
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

The Thirteenth Assembly : Station Direct (Important, 2011)

the_thirteenth_assembly_station_direct

On aurait beau louer derechef la pratique instrumentale des quatre musiciens qui composent The Thirteenth AssemblyTaylor Ho Bynum (cornet), Mary Halvorson (guitar), Jessica Pavone (violon) et Tomas Fujiwara (batterie) –, il faudrait encore s’assurer, pour conseiller l’écoute de leur second enregistrement, Station Direct (Terminus aurait eu le mérite de nous soulager un peu), qu’ils aient trouvé là quelque chose à en faire.

C’est que cela fait quelques disques que ces quatre individualités peinent (ensemble ou séparément) à exprimer quoi que ce soit, sinon d’original, au moins digne d’intérêt. Piochant un peu partout (jazz, folk, rock, minimalisme…), le musicien « neuf » pense que le mélange suffira pour rendre sa musique « nouvelle ». Or, celle-ci tourne à vide : on s’agite en répétitions, en unissons ou en canons ; on change des mélodies bécasses en exercices de style démonstratifs ; on se contente du passage au demi-ton voisin ou d’un peu de frénésie – là, les audaces sont de courtoisie et les impertinences s’imposent de clin d’œil en mouvement du menton – pour développer un peu.

Ainsi Station Direct est-il un gâchis qui semble suffire à ses auteurs : espérons seulement qu’ils ne fassent pas de ces mélanges indigestes le leitmotiv de leur discographie en devenir.

The Thirteenth Assembly : Station Direct (Important / Orkhêstra International)
Enregistrement : 11 décembre 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Nosedive 02/ Coming Up 03/ Randall Clasper 04/ Prosthetic Chorizo 05/ Long Road 06/ Station 07/ Direct
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jeremiah Cymerman : Under a Blue Grey Sky (Porter, 2010)

underabluegrisliSurtout ne pas prendre les traitements électroniques de Jeremiah Cymerman comme de simples effets subalternes. Ils ne font pas qu’enrichir le quatuor à cordes d’Oliva de Prato, Jessica Pavone, Christopher Hoffman et Tom Blancarte ; ils participent activement à l’étrangeté de la composition en six actes et un intermède (celui-ci entièrement électronique) de Cymerman.

Etrangeté et clarté d’une musique n’avançant qu’à pas lents et discrets, ces six actes aiment à s’envisager en une forme-procession aux destinées évidentes. Ainsi, telle incursion klezmer ou tel archet démonté s’en viendrait presque rompre la bonne marche de l’œuvre. Mais, ici, l’unité ne se brise jamais pas plus que le charme entêtant d’une musique à la douce et sensible obsession.

Jeremiah Cymerman : Under a Blue Grey Sky (Porter Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Act I 02/ Act II 03/ Act III 04/ Act IV 05/ Act V 06/ Interlude 07/ Act VI
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jessica Pavone : Songs of Synastry and Solitude (Tzadik, 2009)

synastrysli

Il est arrivé qu’on loue les talents d’instrumentiste de Jessica Pavone (avec Anthony Braxton), sa fantaisie inspirante (avec Mary Halvorson) et son iconoclasme (seule). Et puis, sur Tzadik : plus rien.

Ou presque : une suite de mélodies simplistes défendues par une section de cordes (Toomai String Quintet) qui, lorsqu’elle parvient à s’entendre, donne l’impression d’être plutôt postée derrière quatre claviers électriques de milieu de gamme (dans tous les sens du terme). Une musique de chambre pop et pompeuse, un folk donnant dans le précieux et surtout l’inutile (Pavone à l’opposée de son modèle du jour : Songs of Love and Hate de Leonard Cohen), une musique d’ennui diffusée en intérieur petit-bourgeois du presque-centre de Dimancheville. Non plus, donc, « chansons de solitude », puisque la déception s’est toujours partagée et que celle-ci est assez grande pour accueillir du monde.

Jessica Pavone : Songs of Synastry and Solitude (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2009.
CD : 01/ Here and Now, Then and Gone 02/ Darling Options 03/ Once Again 04/ There’s No Way to Say 05/ Housework 06/ It’s Come to This 07/ Ruala 08/ Waiting Room 09/ Wednesday’s Rules 10/ The Harbinger 11/ Hope Dawson is Missing
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Mary Halvorson, Jessica Pavone : Thin Air (Thirsty Ear, 2009)

thingrisli

Mary Halvorson / Jessica Pavone, c’est tout simple : une guitare (Mary), un violon (Jessica), deux voix (Mary & Jessica), une dissonance de chant et d’arpèges, de petites mélodies entêtantes et déraillantes, des ritournelles venimeuses, des bibelots soniques singuliers, des fusées envoyées vers on ne sait quel heureux cosmos, des glissendi éraillés, une complicité et une entente qui devraient charmer au-delà de la seule sphère de l’improvisation (pop innovante, avant-folk…).

Vous m’excuserez de faire aussi court mais il faut, précisément, que je parte à la recherche de leurs deux premières productions… Que j’imagine aussi ensoleillées et jubilatoires que celle-ci. Si vous avez une piste…

Jessica Pavone, Mary Halvorson : Thin Air (Thirsty Ear / Orkhêstra)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ For You or Them 02/ Thin Air 03/ Juice 04/ Barber 05/ Sinking 06/ Ten Years 07/ Lullaby 08/ ? And Goodnight

Luc Bouquet © Le son du grisli

Mary Halvorson déjà sur grisli
Crackleknob (HatOLOGY - 2009)

Jessica Pavone déjà sur grisli
Walking, Sleeping, Breathing (Nowaki - 2007)

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jessica Pavone: Walking, Sleeping, Breathing (Nowaki - 2007)

pavonegrisli

Violiniste new yorkaise entendue derrière Anthony Braxton ou William Parker, Jessica Pavone ose avec Walking, Sleeping, Breathing, la confection d’une œuvre personnelle : trois propositions plutôt convaincantes.

Concepts en tête, Pavone se sert alors de son alto pour donner sa version personnelle d’une musique chinoise possiblement traditionnelle – pizzicatos pris en jonques électroniques, notes effacées par la houle ou ricochant sous l’effet des machines, sur le premier titre – ou investir une pièce de Tchaïkovski interdite de développement par les grincements de l’archet et les répétitions (Sleeping).

Au moyen d’un sampler, Pavone donne enfin dans une expérimentation bruitiste – sauvage, adj. : qui ignore tout de la musique classique – jusqu’à faire crouler sous les effets l’ensemble de ses efforts différents, réunis avec tact sur ce disque.


Jessica Pavone, Walking (extrait). Courtesy of Nowaki.

CD: 01/ Walking 02/ Sleeping 03/ Breathing

Jessica Pavone - Walking, Sleeping, Breathing - 2007 - Nowaki

Commentaires [0] - Permalien [#]

>