Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Morton Feldman : Triadic Memories (Sub Rosa, 2011)

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Jean-Luc Fafchamps avait déjà enregistré Triadic Memories. C’était en 1990 et c’était déjà pour Sub Rosa. Cela l’empêchait-il d’y revenir ? Non bien sûr, surtout qu’il sert ici une partition corrigée, que l’on dit aujourd’hui plus fidèle. Et que cette nouvelle interprétation (2009) de l’œuvre de Feldman est ravissante.

La finesse du pianiste va comme un gant à ces structures érodées par la répétition, le balancement et aménagées en micro-cosmos. La réverbération arrondit encore les angles, tant et si bien que les figures sonores perdent l’équilibre. Elles entament une danse de désespoir. La chorégraphie s’invente dans l’instant et sa lassitude est synonyme de temps qui passe. Voilà pourquoi Fafchamps a bien fait de revenir à Triadic Memories dont Sub Rosa a soigné la mise en page.

Morton Feldman : Triadic Memories (Sub Rosa / Orkhêstra International)
CD : 01. Triadic Memories
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Giacinto Scelsi : Tre Canti Popolari / Due Componimenti Impetuosi (Sub Rosa, 2010)

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Giacinto Scelsi fut un personnage de roman – on pense à l’atmosphère d’Ashby de Guyotat – qui s’extrayait du concret en se penchant sur ses travaux d’hors-écoles. E come ? En sachant ses classiques et son dodécaphonisme, et encore plus en comptant sur sa foi en lui-même, certes pas imperturbable mais soutenue par des fulgurances folles. Tout cela pour servir la musique, cet art qui l’attirait.

Il faut absolument réentendre cette musique, celle de Giacinto Scelsi, sur deux disques réédités ces jours-ci par Sub Rosa. Ils expliquent de quoi retourne, retourne et non pas retournait, la musique de Giacinto Scelsi. Le piano répétitif est usé jusqu’à la corde, la voix ondulatoire est porteuse d’émotions transmissibles (qu’elle soit échappée d’un chœur antique et se lamente, seule, au milieu des ruines d’un temple ocre et vieux ou bien qu’elle interpénètre le chant de trois autres voix qui lui répondent). Le deuxième disque est tout de pianos, l’instrument assommé inspecte de fond en comble toute la structure d'un son, le son mille-feuille difficile à entendre dans son intégralité mais charmant et même mille fois plus que cela, pour avoir été accouché par Giacinto Scelsi en personne. Qu’il faut absolument réentendre, si jamais vous aviez sauté une ligne ou deux et étiez passé à côté de ce conseil…

Giacinto Scelsi : Tre Canti Popolari / Due Componimenti Impetuosi (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
CD1 : 01-03/ Tre canti popolari 04-05/ duo 06-07/ Wo Ma 08-09/ Sauh 10/ Aitsi – CD2 : 01-03/ Sonate #4 04-12/ Suite #11
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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