Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Daunik Lazro, Joëlle Léandre : Hasparren (NoBusiness, 2013)

daunik lazro joëlle léandre hasparren

Ce qui se passe ici est très simple, très naturel : cela se nomme complicité. Nous étions nombreux à le savoir et à attendre ce CD. Il aura fallu un petit village bien allumé du Pays Basque et les lituaniens de NoBusiness pour que… Mais ne nous énervons pas : le disque est là, voilà bien l’essentiel.

La complicité, donc. Une complicité vieille de combien d’années déjà ? Pas important. Ecoutons plutôt. Il y a le baryton de Daunik Lazro et la contrebasse de Joëlle Léandre. Tous les deux sont en vol, prêts à fendre l’harmonie. L’une n’agite pas son archet pour rien. Malgré sa grande maîtrise, elle trouve encore le moyen de (se) surprendre. L’autre pivote et n’a de proie que le cri qu’il arpentera plus tard. Pour le moment, ils restaurent des contrepoints rauques. Parfois, mesurent les distances entre l’hyper grave et l’hyper aigu. Si on ne les connaissait pas, on pourrait dire qu’ils s’observent. Mais tel n’est pas le cas. Ils cherchent et zèbrent leurs flux. L’une glisse, l’autre cisaille et tous les deux résonnent. Et voici que quelque chose s’élève. Et ce qui s’élève n’est pas rien. Nous dirons qu’ils font de la tempête une tendresse infinie. Cela est si simple, cela est si naturel : cela se nomme complicité.

écoute le son du grisliDaunik Lazro, Joëlle Léandre
Hasparren IV

Daunik Lazro, Joëlle Léandre : Hasparren (NoBusiness)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
CD : 01/ Hasparren I 02/ Hasparren II 03/ Hasparren III 04/ Hasparren IV 05/ Hasparren V 06/ Hasparren VI
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Paul Van Kemenade : Kaisei Nari (Stemko / Orkhêstra International)

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De Paul Van Kemenade, quinquagénaire néerlandais, on ne connait que peu de choses. A l’occasion de ce Kaisei Nari, on lui découvre une sonorité d’alto sèche et tranchante se partageant entre Art Pepper pour la férocité du phrasé, Bobby Watson pour les vives contorsions et Ornette Coleman pour le côté tête chercheuse.

En duo avec Aki Takase, le grain s’invite tendre et sableux puis se perd en une inutile virtuosité quand entre en piste la caisse claire d’Han Bennink. Avec le Three Horns and a Bass (Angelo Verploegen, Louk Boudesteijn, Wiro Mahieu), les contrepoints sucrés de la west-coast ne sont jamais très loin. Mais avec le Renaissance Vocal Ensemble, c’est un alto sans âme qui brode autour d’une messe de Pierre de la Rue puis s’égare en un flamenco masadien particulièrement sirupeux. Le pire ne s’évite pas et offre ainsi une triste conclusion à cet enregistrement en demi-teinte.

Paul Van Kemenade : Kaisei Nari (Stemko / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2012.  
CD : 01/ Cherry 02/ Kaisei Nari 03/ For A.T. 04/ Eva 05/ Song for Hope 06/ The Joy 07/ Mex 08/ Lullaby for a Petulant Guy 09/ Une couleur différente
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Golden Serenades : Hammond Pops (+3dB, 2009)

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Sur Hammond Pops, John Hegre (Jazzkammer) et Jørgen Træen – déjà partenaires au sein de Der Brief – célèbrent en compagnie de Sigbjørn Apeland à l’orgue hammond le dixième anniversaire de Golden Serenades.

Par politesse sans doute, l’orgue tire le premier : longues nappes déjà hostiles sur lesquelles un lot d’objets hétéroclites viendra se briser – tous bris d’electronics causés par un orgue martial qui ne prétendra jamais tenir à ménager l’auditeur. Se bousculent ensuite des déflagrations en tous genres. Venant de la gauche ou de la droite, des cris de possédés grossissent les rangs d’une manifestation d’esprits en proie à un tumulte irraisonnable. S’il suit le cortège d’un bout à l’autre, le même auditeur s’en trouvera exalté ou éreinté, selon sa nature et l'idée qu'il se fait du bruit en musique.


Golden Serenades, Hammond Pops (introduction). Courtesy of 3dB.

John Hegre's Golden Serenades : Hammond Pops (+3dB)
Edition : 2009.
CD : 01/ Hammond Pops
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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John Hegre, Maja Ratkje : Ballads (Dekorder, 2006)

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Pour s’être échappé momentanément de Jazzkammer (duo qu’il forme habituellement avec Lasse Marhaug, repéré, entre autres labels, par Smalltown Supersound ou Rune Gramofon, le Norvégien John Hegre a pu succomber autrement aux joies de l’accouplement. Auprès de sa compatriote, compositrice et chanteuse Maja Ratkje – issue, elle, de Spunk -, il dépose sur Ballads une musique électroacoustique rassurante.

Jouant d’abord d’accrocs rythmiques, d’interventions brutes de guitare bientôt bouclées, le duo installe un paysage sonore fait de peu de choses, certes, mais judicieuses toutes, et engageantes. Frottant ici les micros de sa guitare électrique, osant là l’apparition d’un brin de mélodie, Hegre arrange selon différents modes les constructions d’électronique raisonnée qu’il fomente avec Ratkje.

Field recordings montés en avalanches (Private Matter), assimilations nobles d’éléments de musique concrète (Hesitating Interruptions of Spring), ou superpositions aléatoires d’expérimentations hybrides (Art Compasse), Hegre et Ratkje convainquent presque à chaque fois – exception faite pour un Hammock Moods atmosphérique, pauvre et traînard – de la pertinence des fruits de leur rencontre. Raisonnant les égards fiévreux qui les ont fait connaître pour déposer, ensemble et soulagés, un Ballads vibrant.

John Hegre, Maja Ratkje : Ballads (Dekorder / Metamkine).
Edition : 2006.
CD : 01/ Autumn Leaves 02/ Binoculars and Traces 03/ Private Matter 04/ Blues for Silent Bakers 05/ Hesitating Interruptions of Spring 06/ A Quiet Day at The Office 07/ Art Compass 08/ Hammock Moods
Guillaume Belhomme © Le son du grisli
 

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