Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Harris Eisenstadt : Old Growth Forrest (Clean Feed, 2016)

harris eisenstadt old growht forest

En bons frères de souffles qu’ils sont, Jeb Bishop et Tony Malaby s’amusent de la complexité rythmique des partitions d’Harris Eisenstadt. Il est vrai que leur facilite la tâche le jeu tout en suavité et en bienveillance de Jason Roebke : la contrebasse gravite, dissimule le quart de mesure en plus (ou en moins : on m’excusera de n’avoir pas fait de relevés ici).

Souvent, la partition s’effrite en milieu de plage pour ouvrir la voie à des entrelacs de cuivres. Les réseaux ainsi ouverts, on découvre un ténor sinueux (rien de neuf chez Malaby mais toujours la même présence) et un trombone au lyrisme juteux. Il faudra dire ici le sens de la danse et du zigzag constant. Entre décalages et rapprochements, tous vont relâcher la pression, assumer la souplesse de leur art et, ainsi, réactiver un trio (le saxophoniste, ici, s’ajoutant) de très bonne mémoire.  

old growth

Harris Eisenstadt : Old Growth Forest
Clean Feed / Orkhêstra International

Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Larch 02/ Pine 03/ Hemlock 04/ Redwood 05/ Spruce 06/ Fir 07/ Big Basin 08/ Cedar
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Bobby Bradford/Frode Gjerstad Quartet : Silver Cornet (Nessa, 2014) / Frank Rosaly : Cicada Music (Delmark, 2013)

bobby bradford frode gjerstad silver cornet

Depuis l’arrivée en 1987 de Bobby Bradford en Detail – trio John Stevens / Frode Gjerstad / Johnny Dyani qui en deviendra Detail Plus –, Bradford et Gjerstad n’ont cessé de se retrouver dans d’autres conditions : récemment dans le Circulasione Totale Orchestra du second ou en formations réduites qui les associent à Ingebrigt Håker Flaten et Paal Nilssen-Love.

Après Kampen, Silver Cornet documente donc la longue collaboration en changeant quelque peu la formule : l’absence, au printemps dernier alors que le quartette tournait aux Etats-Unis, de Nilssen-Love permettant à Frank Rosaly – sur invitation du contrebassiste qu’il côtoie notamment dans le Rempis Percussion Quartet – de jouer pour la première fois avec Bradford et Gjerstad. Et même, de donner un autre allant au quartette qu’ils emmènent ensemble : le swing modeste mais la frappe précise, Rosaly travaille la sonorité en batteur inquiet de sonorités déconcertantes. Qui plus est, son application convient à l’idée que se fait sans doute Håker Flaten d’une section rythmique, ici duo capable d’accompagner les souffleurs les plus turbulents tout en glissant dans son jeu quelques motifs qu’un solo n’aurait peut-être pas mieux mis en valeur.

Assurés, Bradford et Gjerstad retournent alors à ce jazz « hésitant entre un bop poussé dans ses derniers retranchements (en date) et les phrases brèves d’un free commis d’office » pour regonfler l’improvisation qu’ils ont toujours – et exclusivement – servie ensemble. Après quoi le cornettiste pourra conclure : On n’a toujours pas trouvé de nom pour ce genre de musique. (…) Souvent, les gens me demandent « est-ce que c’est du jazz ? », ce à quoi je réponds : « en tout cas, ce n’est pas du classique… Si vous avez une autre idée...»



Bradford/Gjerstad Quartet : Silver Cornet (Nessa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 30 mars 2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Silver Cornet Tells 02/ A Story about You 03/ And Me, Me and You
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

frank rosaly cicada music

Les quelques secondes de la berceuse exaltée d’Adrian n’y feront rien : Cicada Music, nouvel ouvrage de Frank Rosaly, malgré la qualité éprouvée des musiciens du sextette (Jason Stein, Jason Roebke, Keefe Jackson, James Falzone, Jason Adasiewicz), ne se montre que rébarbatif, sans invention... Certes l’envie d’y aller, mais un retour aux mêmes choses : bop de contrebande, électroacoustique paresseuse…

Frank Rosaly : Cicada Music (Delmark)
Enregistrement : 2008-2011. Edition : 2013.
CD : 01/ The Dark 02/ Wet Feet Splashing 03/ Yards 04/ Babies 05/ Adrian 06/ Driven 07/ Tragically Positive 08/ Bedbugs 09/ Typophile/Apples 10/ Credits
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Luzern-Chicago Connection : Live at Jazzfestival Willisau (Veto, 2012) / Fast Citizens : Gather (Delmark, 2012)

the luzern-chicago connection

C’est l’histoire d’une mayonnaise qui ne prend pas toujours. Soit pour trois musiciens de Lucerne (Isa Wiss, Marc Unternährer, Hans-Peter Pfammater) et pour trois musiciens natifs de ou installés à Chicago (Jeb Bishop, Jason Roebke, Frank Rosaly) la recherche d’une terre d’union et de partage. L’idée d’impliquer figures anciennes (swing, bop) et tentations plus libertaires (free jazz, improvisation) n’est que rarement concluante. Et ici, à nouveau…

Quand les éléments entrent en collision, s’opposent, animent le contresens et que la ballade se voit perturbée par des signes extérieurs, cela fait sens (Apples Tree Structures). Mais quand une pesante masse phagocyte un passionné duo voix-batterie, l’auditeur déchante (B & P). Et ce dernier de naviguer, désappointé, en un sucré-salé de peu de consistance.

The Luzern-Chicago Connection : Live at Jazzfestival Willisau (Veto Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Entenparade – How D 02/ Apples – Tree Structures 03/Third Spin 04/ Willisau Thing – Poor Feathers 05/ B & P 06/ Lonely Cowboy
Luc Bouquet © Le son du grisli

lonberg-holm fast citizens

Puisqu’elle passe de main en main, voici la formation des Fast Citizens aujourd’hui emmenée par Fred Lonberg-Holm. Après avoir enregistré Ready Everyday sous la conduite de Keefe Jackson puis Two Cities sous celle d’Aram Shelton, le sextette – que complètent Josh Berman, Anton Hatwich et Frank Rosaly – signe avec Gather un disque de jazz qui profite des réactions et ruades soudaines qui depuis toujours inspirent le violoncelliste. De quoi peaufiner post-bop et free Vander-marqué, même si le meneur ne peut rien contre quelques récurentes étrangetés dans les arrangements.

Fred Lonberg Holm Fast Citizens : Gather (Delmark)
Edition : 2012
CD : Gather
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Erb & Lonberg-Holm Erb Expéditives

erb___lonberg_holm_expeditives

erb_lonberg_holm_sackChristoph Erb, Fred Lonberg-Holm, Jason Roebke, Frank RosalySack (Veto, 2011)
Le 2 mai 2011 à Chicago, Christoph Erb embouchait saxophone ténor et clarinette basse en grande compagnie : Fred Lonberg-Holm (violoncelle et guitare), Jason Roebke (contrebasse) et Frank Rosaly (batterie, électronique). Le groupe investit le domaine d’une improvisation aux tensions vives où fleurissent les références (jazz, minimalisme, noise…). Erb brille lorsqu’il répète un motif et le fait vriller, Lonberg-Holm lorsqu’il exalte le collectif, à coups d’archet ou de médiator.

erb_aloneChristoph Erb : Alone (Veto, 2011)
A Chicago déjà, Erb enregistrait un peu plus tôt Alone. Au ténor et à la clarinette basse, enregistrant parfois plusieurs fois pour une même plage, il s’adonnait à l’exercice en solitaire en expressionniste. Dans les pas d’Evan Parker au ténor (évocation de Chicago Solo, que publia Okka Disk), Erb invente dans le même temps qu’il vibrionne, voire s’affole : à bout de souffle, il envisagera encore l’instrument en l’astiquant.

erb_lonbergChristoph Erb, Fred Lonberg-Holm : Screw and Straw (Veto, 2012)
La clarinette basse est remontée, l’archet la contre avant de l’agacer davantage : les premières minutes de Screw and Straw, duo improvisé le 23 juin 2011, peignent Erb et Lonberg-Holm en querelleurs inquiets des coups qu’ils pourraient prendre. Plus loin, Lonberg-Holm passe à la guitare et part à l’assaut des répétitions du clarinettiste. L’opposition, dans un brouillard électronique, finit par impressionner – sur le neuvième temps notamment.

lonberg_zarzutzkiFred Lonberg-Holm, Aaron Zarzutzki : Feminization of the Tassel (Peira, 2011)
Si cette rencontre Fred Lonberg-Holm / Aaron Zarzutzki commence chichement, elle saura prendre de la hauteur. Lancé par des machines expressives (le violoncelle en est une, ce « no-input turntable » une autre), raclements et tiraillements s’entendent sur une improvisation éclatée à en devenir singulière : certes parfois creuse, mais encourageante (qu’il faudra creuser, donc)…

lonberg_stridFred Lonberg-Holm, Raymond Strid : Discus and Plumbing (Peira, 2012)
Autre référence Peira,  cette improvisation (non datée) oppose Lonberg-Holm à Raymond Strid. Le batteur, qui a appris à plus d’un musicien de quoi retourne le respect, oblige l’archet à plus de concentration. Contrant les coups secs et prenant appui sur les résonances, Lonberg-Holm élabore attaques franches et mouvements de fuite qui font de ces conversations de sensibles  échanges. Aux frileux : les coups pleuvent.

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Guillermo Gregorio, Jason Roebke, Brian Labycz : Colectivos (Peira, 2011)

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Ne pas attendre de Guillermo Gregorio, épris de jazz tristanien, d’improvisation (quelques disques majestueux chez Hatology) et de musique expérimentale, qu’il irrigue sa clarinette d’une quelconque dose de facilité ou de démonstration.

En trio avec Jason Roebke (contrebasse) et Brian Labycz (electronics), Gregorio module la phrase et argumente de sérieux contrepoints clarinette-contrebasse. En froissant le souffle ou en lui fluidifiant la trame, Gregorio – et on peut dire la même chose de Roebke – dévisage les terrains arides et stoppe tout effet dramatique malveillant. En ce sens réitère les expériences passées et renouvelle une musique singulière et ouverte à beaucoup de possibles.  

Guillermo Gregorio, Jason Roebke, Brian Labycz : Colectivos (Peira)
Edition : 2011.
CD : 01/ Colectivo 1 02/ Video 03/ Two Rows by Juan Carlos Paz 04/ Colectivo 2 05/ Improvisations on a Sonatina by Esteban Eitler 06/ Colectivo3 07/ Open 08/ Coplanar Nr. 4b 09/ Event 10/ Colectivo 5
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Keefe Jackson : Seeing You See (Clean Feed, 2010)

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Toujours chez Keefe Jackson ces petits appels-apports ayleriens qui ne sont pas pour rien dans la réussite de cet enregistrement. Certes, des petites choses, pas nécessairement audibles pour un non-initié, mais démontrant l’implication d’un musicien en recherche d’un ailleurs à (re)conquérir. A cet égard, Seeing You See ne me fera pas mentir.

Alors que Jeb Bishop semblait avoir pris le dessus sur son compagnon, Jackson se fend d’un solo électrique, évitant tout appui, tant rythmique qu’harmonique. Prise de risque que s’autorise un saxophoniste (clarinettiste crépusculaire sur Eff-Time, Since Then & Close) soucieux de ne plus jamais reproduire les phrasés d’école.

Il peut, ici, dans ce strict cadre (bop ouvert, free extensible), compter sur la maîtrise absolue de ses partenaires (Jeb Bishop, Jason Roebke, Noritaka Tanaka) de la windy city. Le pourra-t-il si l’aventure se précise plus périphérique, plus éclatée comme le suggère l’inaccompli Since Then ? A suivre donc…

Keefe Jackson : Seeing You See (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/Maker 02/ If You Were 03/ Put My Finger on It 04/ How-a-Low 05/ Eff-Time 06/ Seeing You See 07/ Turns to Every Thing 08/ Since Then 09/ Word Made Fresh 10/ Close
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Jason Stein : Three Kinds of Happiness (Not Two, 2010)

threekindsofgrisliThree Kinds of Happiness – enregistré au Shape Shoppe de Chicago pour l’essentiel – permet de retrouver Jason Stein à la tête de Locksmith Isidore : c’est-à-dire à son meilleur, même lorsque celui-ci s’avère relatif.

Avec le soutien fidèle de Jason Roebke et Mike Pride, Stein évoque ensemble Pee Wee Russell et Eric Dolphy sur le morceau d’ouverture avant de profiter d’un swing nonchalant réservant quelques plages de liberté à chacun des intervenants. La nonchalance est d'ailleurs à retrouver ailleurs : en ballade à l’équilibre précaire (Pride facétieux sur Little Bird) ou blues forcé (More Gone Door Gone).

Libre de toutes contraintes, Locksmith Isidore ne s’interdit même pas l’ennui, qu’il tient même à partager sur Man or Ray, en conclusion épaisse (Miss Izzy, seul titre enregistré à l’Alchemia en 2008) ou lorsqu’il cesse de ramper en méandres féconds pour servir une mélodie de seconde zone sur Ground Floor South. Le retour du swing ne célébrant pas toujours celui de l’idée (Arch and Shipp), le tour aura été fait de Three Kinds of Happiness, disque à prendre et à laisser tout à la fois.

Jason Stein’s Locksmith Isidore : Three Kinds of Happiness (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Crayons For Sammy 02/ Cash, Couch And Camper 03/ Little Bird 04/ Ground Floor South 05/ Arch And Shipp 06/ More Gone Door Gone 07/ Man Or Ray 08/ Miss Izzy
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jorrit Dijkstra : Pillow Circles (Clean Feed, 2010)

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Jorrit Dijkstra appartient à cette tribu de musiciens qui ne peuvent réduire leur musique à une seule sphère. Ainsi, après l’épisode chicagoan des Flatlands Collective (Jeb Bishop, Jason Roebke et Frank Rosaly poursuivent ici l’aventure), Pillow Circle confirme le désir qu’a le saxophoniste néerlandais d’instruire jazz, improvisation et musique contemporaine (et nouveauté : le rock avec un hommage au groupe Radiohead).

Mais là, où précédemment tout semblait délimité et à la limite du cadenassé, le présent CD prend le parti de faire s’enchâsser et se croiser les cellules. Ainsi, telle pièce débutée en improvisation libre trouvera-t-elle son salut dans une composition à tiroir(s) où s’aventurent de swinguant riffs de cuivres avant dislocation et transformation de la matière jazz en une masse bruitiste et saturante.

Hors des tournis et des zappings faciles, ne se gênant pas d’ouvrir large le spectre des contraires (montées ici, resserrements là), Jorrit Dijkstra, Tony Malaby, Jeb Bishop, Oene Van Geel, Paul Pallesen, Raphael Vanoli, Jason Roebke et Frank Rosaly réussissent là où d’autres ont échoué, à savoir réunifier avec fluidité quelques-uns des possibles de la musique d’aujourd’hui. A suivre donc…

Jorrit Dijkstra : Pillow Circles (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010 
CD : 01/ Pillow Circle 34 02/ Pillow Circle 41 03/ Pillow Circle 18 04/ Pillow Circle 55 05/ Pillow Circle 65 06/ Pillow Circle 88 07/ Pillow Circle 19 08/ Pillow Circle 10 09/ Pillow Circle 23
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Jason Stein : Three Less Than Between (Clean Feed, 2009)

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Pointe déjà dans cet enregistrement chicagoan de mai 2008 ce qui se confirmera quatre mois plus tard avec In Exchange for a Process et qui pourrait se résumer en une seule phrase, lourde de sens et de mémoire : dejarme solo ! Soit un corps perdu et souvent sans repères implorant l’ivresse des solitudes.

Dans Protection and Provocation, acte fort d’un salivaire énervé et rageur, la clarinette basse de Jason Stein trouve, sans élan, le vif chemin des convulsions extrêmes. Quelques minutes plus tard, la voici seule, à nouveau, avec l’étrange Stevenesque, thème à transformations multiples. Fausse ballade au souffle microtonal appuyé, le jeu consiste ici à se perdre et à ne plus se retrouver. C’est visiblement cette voie que cherche le clarinettiste tout au long de ce disque. Entre stridences, graves caverneux, ruptures en pleine-teinte, affolements d’anches, il peut compter sur Jason Roebke et Mike Pride pour alimenter cette recherche d’indépendance et de liberté. Ainsi d’une forme à l’autre, d’un souffle vorace à un filet de son à peine audible, Locksmith Isidore se démarque et s’extirpe radicalement d’une scène chicagoane si prometteuse hier, bien décevante aujourd’hui.

Jason Stein’s Locksmith Isidore : Three Less Than Between (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Protection and Provocation 02/ Stevenesque 03/ Laced Up with Air 04/ Izn’t Your Paper Clip 05/ Saved by a Straw 06/ Future Lungs 07/ Three Less Than Between 08/ Augusta Gun 09/ Most Likely Illiterate 10/ Amy Music 11/ Sac Crestwood
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Wooley, Lonberg-Holm, Roebke : Throw Down Your Hammer and Sing (Porter, 2009)

hammersli

Nate Wooley (trompette), Fred Lonberg-Holm (violoncelle) et Jason Roebke (contrebasse) phrasent l’inquiétude, la menace. Le bois, vitriolé, grince et s’écartèle. Les archets appuient sur les cordes jusqu’à la double cassure. Tout se noue et jamais rien ne se dénoue. En sursaut ou en silence, l’étrangeté s’entretient. Tension continue : on racle, on brise, on repousse, on strie. Ça fuit tout convenu, tout rituel. Il y aura beaucoup d’horizontalités, d’unissons, d’écarts, d’incidences, de pulsions et ça ne dira rien de l’apaisement. Ça ira magnétiquement. Ça sera perturbé et insondable. Ça n’ouvrira aucune porte, aucune piste. Ça existera d’un souffle fielleux et profond. Un disque perturbant jusqu’à l’excès.

Nate Wooley, Fred Lonberg-Holm, Jason Roebke : Throw Down Your Hammer and Sing (Porter Records / Orkhêstra International)
CD : 01/ Tacones Altos 02/ Sans Aluminumius  03/ Southern Ends of the Earth 04/ Saint Mary 05/ Anywhere, Anyplace at All
Edition : 2009.
Luc Bouquet © Le son du grisli

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