Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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James Moore : Plays The Book of Heads (Tzadik, 2015)

james moore plays the book of heads john zorn

Les prises semblent être les mêmes : le disque et le film auraient donc un seul et même sujet ? James Moore, qui récite le Zorn du guitariste : The Book of Heads, que le compositeur écrivit (1976-1978) pour Eugene Chadbourne et dont Marc Ribot fit sa chose au milieu des années 1990.

Trente-cinq pièces courtes (dites « études ») , que Moore interprète donc à son tour : la guitare est souvent préparée,  augmentée parfois même, et les manipulations sont nombreuses. Des mélodies de rien, ici, qu’il faut sur instruction abandonner sous l’effet d’un bottleneck (une flasque vidée par qui ?) ; des fantaisies virant, là, sous l’effet du hasard, à l’expérimentation ; des objets qui, ailleurs encore, parlent (une poupée) ou chantent (le Blackbird des Beatles comme détruit à la guitare sèche, un blues de contrebande approché à l’électrique…).

Le film (Stephen Taylor) permet de mettre sur un son le nom d’un ustensile qui, sur disque, nous aurait surement échappé. Maintenant, l’œcuménisme de Zorn s’en trouve-t-il éclairé, si ce n’est réinventé ? Enfin, que décider ? Préférer l’entendre ou le voir ?



john zorn james moore

James Moore : Plays The Book of Heads
Tzadik / Orkhêstra International
Edition : 2015.
CD / DVD : 01-35/ Étude #1 - Étude #35
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

une minute une seule le son du grisli

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Phill Niblock : Touch Five (Touch, 2013)

phill niblock touch 5

Dans la lumière d’une lampe d'architecte, on imagine Phill Niblock penché sur ses travaux sonores. Là par exemple il retouche un enregistrement d’Arne Deforce (violoncelle) ou de Rhodri Davies (harpe). Un peu plus tard, il réécoute les interprétations d’une de ses pièces, Two Lips, par trois groupes différents de quatre guitaristes. Si j’ai pris ces exemples, c’est que je n'ai même pas eu à les inventer, et qu'ils se succèdent sur les deux CD de Touch Five.

Sur le premier, en multipliant les pistes et en altérant le timbre des instruments, Niblock transforme le violoncelle puis la harpe pour qu’ils tissent des drones de toutes sortes qui interfèrent tout en conservant une impression d’unité. Or, en se rapprochant du monochrome, on aperçoit les pixels et, une fois plongés dedans, on ne peut qu’applaudir l’envergure de ces nouvelles compositions.

Sur l'autre CD, le minimalisme de Two Lips est passé trois fois à la moulinette à dix-huit cordes. Par deux fois le résultat est anxiogène, ce qui n’empêche les groupes Zwer (Kobe Van Cauwenberghe, Matthias Koole, Toon Callier & Guy de Bièvre) et Dither (Taylor Levine, David Linaburg, Joshua Lopes & James Moore) de nous faire grand plaisir. Mais le meilleur est pour la fin : Coh Da (David First, Seth Josel, Robert Poss & Susan Stenger), moins radical, remue des couches branlantes à vous en faire perdre l’équilibre. Les cordes de guitares frétillent et derrière, y’a comme un truc qui remue : c’est la surprise qui vous attend !

Phill Niblock : Touch 5 (Touch / Metamkine)
Edition : 2013.
CD1 : 01/ Feadcorn Ear 02/ A Cage of Stars – CD2 : 01/ Two Lips 02/ Two Lips 03/ Two Lips
Pierre Cécile © Le son du grisli

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