Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
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Martin Küchen : Hellstorm (Mathka, 2012)

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Sur Mathka, label qui accueillit déjà The Lie & the Orphanage – disque solo de Martin Küchen qui suivait Sing with Your Mouth Shut, Music from One of the Provinces in the Empire et Homo Sacer –, paraît aujourd’hui Hellstorm. Deux faces d’un trente-trois tours sur lesquelles le saxophoniste (muni d’une radio, d’un tampoura électronique et d’une brosse à dents électrique) renverse un autre paysage : de neige, dit la photo de couverture, anonyme mais datée de 1944.

On sait que l’histoire et ses conflits travaillent Martin Küchen, et donc son œuvre. Obnubilé par l’ouvrage de Thomas Goodrich qui donne son nom à ce disque et avec en tête une phrase tirée du journal de guerre de son père (Man erkennt langsam das Elend, dass über uns gekommen ist), il gagnait le 18 décembre 2010 une église de Lund, en Suède. Enregistrées par Jakob Riis, cinq improvisations : Allemagne Année Zéro, The Russia We Lost, Sarajevo, 10 000 Jahr, Ritual Defamation.

C’est, par l’effort et le souvenir, son propre rapport au monde qu’envisage Küchen : une fois levés les brouillards, baryton lent sur drone vaporeux, c’est la découverte des ombres : notes d’alto aux attaches fragiles, voix qui ne tiennent qu’à un souffle mais qui, par le recueillement d’un interprète, finissent par se faire entendre. Comme la flamme portée vers le haut, les notes s’échappent du tube de l’instrument plus que de son pavillon : alors, leur tristesse se change en chants profonds qui font toute la valeur d’Hellstorm.

Martin Küchen : Hellstorm (Mathka)
Enregistrement : 18 décembre 2010. Edition : 2012.
LP : A1/ Allemagne Année Zéro A2/ The Russia We Lost B1/ Sarajevo B2/ 10 000 Jahr B3/ Ritual Defamation
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jakob Riis : No Denmark (Olof Bright, 2011)

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J’aimerais savoir pourquoi Jakob Riis, Danois de son état, prévient « No Denmark » avant de nous engager à écouter cinq de ses travaux de laptop (des duos avec Mats Gustafsson, Christine Sehnaoui Abdelnour, Anders Lindjö et Per Svensson, plus un solo).

Peut-être est-ce à cause de ses partenaires ? La saxophoniste qui propulse des courants d’air à l’intérieur de son appareil électronique. Le saxophoniste qui se sert de son baryton comme d’une arme de destruction massive. Les guitaristes (une préférence pour Anders, plus inventif que Svensson) qui bruitent pour tenter de crever l’appareil de Riis.

Avec eux, Riis s’est battu à en retourner des éléments de la taille de la terre, du ciel, de la mer et du soleil : No Soil, No Sky, No Sea, No Sun. Et c'est au milieu du CD, seul, qu’il a proféré son No Denmark. C’est d'aillleurs peut-être la plus belle pièce de toutes. Riis fait de sa solitude un atout. Il se promène parmi des drones et invente un paysage qui n’a rien de danois en effet. Parce qu’il n’est comparable à aucun autre paysage existant, tout simplement.

Jakob Riis : No Denmark (Olof Bright / Metamkine)
Enregistrement : 2007-2008. Edition : 2011.
CD : 01/ No Soil 02/ No Sky 03/ No Denmark 04/ No Sea 05/ No Sun
Pierre Cécile © Le son du grisli

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