Le son du grisli

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Jacob Kirkegaard : Arc (Holotype, 2015)

jacob kirkegaard arc

Les vinyles, je les aime comme celui-là, quand on peut les commencer par la face A ou par la face B, peu importe. On peut même ne passer qu’une face, après tout. Ce n’est pas manquer de respect à l'Arc de Jacob Kirkegaard, au contraire. D’autant qu’il s’est donné pour mission de sauver l’ambient et que je n’y vois aucune objection.

Surtout que la musique qu'il a écrite pour La Passion de Jeanne d’Arc de son compatriote Carl Th. Dreyer, si l’on veut bien faire les choses, il faudrait l’écouter en regardant le film justement (on apprendra qu’à l’époque de « sa sortie » des musiciens pouvaient jouer dessus en direct et qu’il a existé ensuite des versions sonorisées…). Alors, j’ai décidé de faire selon l’envie.

Ça ne changera rien à cette succession de couches de synthétiseurs qui s'étendent pianissimo. On ne trouvera pas là le moindre drone même si ces couches sont accrochées les unes aux autres. On baignera dans une ambient illustrative sépulcrale, on assistera à l’apparition d’un arc-en-ciel en pleine nuit, on entendra des voix nous aussi (en fin de A, au milieu de B). Ce n’est qu’alors que Kirkegaard respectera la dramaturgie : des basses entrent et des cornemuses (on dirait) avec... Ça se complique pour Jeanne mais pour nous l’effet est le même : on en reste muet !    

Jacob Kirkegaard : Arc (Holotype Editions / Metamkine)
Edition : 2015.
LP : A/ Arc I – B/ Arc II
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jaboc Kirkegaard : Conversion (Touch, 2013)

jacob kirkegaard conversion

Sous la direction d’Anna Berit Asp Christensen et Niels Rønsholdt, l’ensemble danois Scenatet – ici Vicky Wright (clarinette), Andras Olsen (trombone), Kirsten Riis-Jensen (violon), Mina Fred (violon alto), Sofia Olson (violoncelle) et Mads Bendsen (percussions) – enregistrait il y a tout juste un an deux pièces de Jacob Kirkegaard.

Quittant le champ d’une électronique obnubilée par les aigus persistants, Labyrinthitis, premier sujet de Conversion, se frotte alors à l’acoustique de cordes, de cuivre et de bois. D’abord faite de bourdons aux ascensions parallèles, la pièce conte bientôt une histoire de régénération sonore à laquelle œuvrent des instruments qui soignent leur cohésion, et leur interprétation avec, à mesure que le temps passe – la superposition de lignes induites et toujours fragiles ayant pour plus bel effet de faire frémir l’assurance de la composition.

Church II – dont on trouve l’origine sur 4 Rooms que produisit jadis le même label – se souvient quant à elle de l’enregistrement des respirations d’une église abandonnée de Tchernobyl. Cette fois, Jacob Kirkegaard dévoile plusieurs couches de sons et d’ambiances que se disputent mirages et mystères. Conversion, d’avoir ainsi fait doublement effet.

Jacob Kirkegaard : Conversion (Touch)
Enregistrement : juin 2012. Edition : 2013.
LP / DL : A/ Labyrinthitis ll – B/ Church ll
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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John Cage : Freeman Etudes (Mode, 2012) / Sounds Like Silence (Gruenrekorder, 2012)

john cage irvine arditti freeman etudes

Les Freeman Etudes de John Cage (2 CD, Books One and Two & Books Three and Four, que le label Mode rééditait il y a quelques mois) sont incontournables dans l’impressionnante discographie d’Irvine Arditti, leader depuis 1974 de l’Arditti Quartet qui a en conséquence interprété tout ce qui bouge de contemporain (entre autres Stockhausen, Berio, Ligeti, Scelsi, Dusapin, Aperghis… et Cage avec les Complete String Quartets parus chez le même éditeur).

Pour certaines composées spécialement pour le violoniste, ces trente-deux études font grand cas de son savoir-faire et plus : de sa virtuosité. Cage y place des points, trace des lignes, et élabore en un superbe crescendo – peu à peu, la dynamique décline et l’on passe d’une frénésie quasi surréaliste à une microtonalité altérée – une folie instrumentale à ressorts. Une œuvre-rupture de ban dans le corpus de John Cage que l’orfèvre Arditti embellit (les dorures des pochettes ne s’y trompent pas).

John Cage, Irvine Arditti : Freeman Etudes (Mode)
Réédition : 2012.
2CD : CD1 : 01-08/ Book One 09-16/ Book Two – CD2 : 01-08/ Book Three 09-16/ Book Four
Héctor Cabrero © Le son du grisli

sounds like silence

Sounds Like Silence est un hommage à la composition silencieuse de Cage, 4’33’’, rendu par des noms comme Nam June Paik, Brandon LaBelle, Ulrich Krieger, Einstürzende Neubauten, Jacob Kirkegaard, Lasse-Marc Riek, Stephen Vitiello ou People Like Us. Sur les lèvres des artistes & musiciens (de documents en captations) on peut lire que si le silence n’existe pas, rien ne vaut pourtant le silence. A méditer ?

Sounds Like Silence (Gruenrekorder)
Edition : 2012.
CD : Sounds Like Silence
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Jacob Kirkegaard : Labyrinthitis (Touch, 2008)

jacob kirkegaard labyrinthitis

Derrière les drones tenaces commandés par Jacob Kirkegaard – lignes de fuite enveloppantes élevées sur de plus aigues, notes cristallines étirées à loisir puis changées en impatientes et finalement fragmentées – et sous ses airs d’ambient constructiviste, l’horizon de Labyrinthitis est fait aussi des réactions de qui l’écoute aux impulsions discrètes qui ne cessent de l’y provoquer.

Sans dire que Kirkegaard élève ici l’acouphène au rang d’œuvre d’art, celui-ci expose l’auditeur à quelques sifflements et bourdons instinctifs, et donc, le met à contribution le temps d’édifier une œuvre qu’il n’aura aucune raison, ensuite, de juger incomplète ou triviale. Parce qu’elle le changera aussi des sourcilleux audiogrammes, non pas tant sur la forme que sur la relativité des résultats qu’il doit en attendre. 

Jacob Kirkegaard: Labyrinthitis (Touch)
Edition : 2008.
CD : 01/ Labyrinthitis
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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