Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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JC Jones, Raphaël Saint-Rémy : Serendipity (Kadima Collective, 2016)

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Duchamp des possibles visités par Raphaël Saint-Rémy (piano, electronics, haut-cuivre, trompette, etc…) et JC Jones (guitare, banjo, contrebasse, etc…), il nous reste une féerie de bruissements, frottements, brouillages, borborygmes. Comme si, échappés du tréfonds des entrailles terrestres, se déversaient les fantômes – pas toujours bienveillants – des surréalismes passés. Comme si  les esprits se réveillaient d’un long sommeil et hantaient ce joyeux indéfini épinglé par les deux improvisateurs.

A force d’insister sur le farfelu, d’armer leurs garnis(s)ons de chocs et de cordes slappées puis de s’offrir quelques respirations – certes anxiogènes –, Raphaël Saint-Rémy et JC Jones sont comme furets au milieu de la basse-cour : de dangereux prédateurs étouffant des systèmes bien trop huilés pour être honnêtes.

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Raphaël Saint-Rémy, Jean-Claude (JC) Jones : Serendipity
Kadima Collective
Enregistrement : 2016. Edition : 2016.
CD :  01-09/ T1 – T9
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Jean-Claude Jones : Myelination (Kadima Collective, 2011)

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La myéline est une graine de protection enveloppant les fibres nerveuses. En disparaissant, elle facilite l’apparition de la sclérose en plaques, maladie dont est atteint le contrebassiste Jean-Claude Jones. Enregistrées et ralenties à l’aide d’un logiciel, ces molécules en mouvement forment un magma sonique souterrain, brumeux et continu.

JC Jones et quelques-uns de ses amis musiciens se sont frottés aux vibrations de la protéine des myélines en six improvisations aux fortunes diverses : le contrebassiste et son archet se débattent et luttent contre ce fiel sonique ; les clarinettes d’Harold Rubin et de Yoni Silver imitent, prolongent et écartèlent la matière ; la saxophone baryton de Steven Horenstein ne s’y risque guère ; la voix de Yael Tai l’ignore et dédouble sa plainte ; le soprano d’Ariel Sibolet et les percussions d’Haggai Fershtman égalisent et perpétuent un roulis sans fin ; Jake Marmer brouille sa poésie de craquements incessants. Un disque étonnant et attachant.

JC Jones : Myelination (Kadima Collective / Improjazz)
Enregistrement : 2006-2011. Edition : 2011.
CD : 01/ 18 aas 02/ Inducing One 03/ JC’s Remix 04/ 18 aas 05/ Voices 06/ AnHag 07/ 18 aas 08/ Inducing Two 09/ Underskin Orchestra
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Deep Tones for Peace : Sonic Brotherhood (Kadima, 2011)

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Deuxième livraison de Deep Tones for Peace, rassemblement de contrebassistes et compositeurs œuvrant pour la paix au Moyen-Orient.

Débutée par Menada, œuvre de la compositrice bulgare Julia Tsenova, interprétée ici par sa compatriote Irina-Kalina Goudeva, et terminée par le si large archet de Barre Phillips, Sonic Brotherhood propulse quelques dignes éclats. Ainsi, en trois reprises, les cinq contrebassistes réunis ressusciteront quelques glissendis à l’essence toute ligetienne ; le duo Mark Dresser JC Jones sera vif et concis ; Bert Turetzky et Barre Phillips, au plus près du son, animeront quelques hautes plaintes ; Irina-Kalina Goudeva et Bert Turetzky étireront leur archet jusqu’à la rupture ; Barre Phillips et JC Jones, fraternels et unis, seront âpres roulis et doux ressacs. Quant à Mark Dresser, en solitaire, il sera puissance, rondeur et virtuosité. Presque aussi indispensable que le premier Deep Tones for Peace.

Deep Tones for Peace : Sonic Brotherhood (Kadima Collective / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/Menada 02/ Dresser-Jones 03/ DFTP I 04/ Turetzky-Phillips 05/ DTFP II 06/ Goudeva-Turetzky 07/ Phillips-Jones 08/ Dresser 09/ DTFP III 10/ Phillips
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Temperamental Trio : Raw and the Cooked (Kadima, 2010)

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Dix-sept plages pour le Temperamental Trio (Jean Claude Jones : contrebasse & electronics / Loic Kessous : computer & electronics / Stephen Horenstein : saxophone baryton). A chaque pièce, pourrait s’y affecter un mot clé : nappes et trilles, saignées, miroir, élongation, entrechocs… Ainsi débarrassée des superflus d’une suite improvisée, la musique du Temperamental Trio gagne en rayonnement et consistance mais perd quelque chose du risque de l’hors jeu, de l’échec ou de l’attente.

Fixons-nous donc sur ces dix-sept plages et sur leurs climats soigneusement relevés : mixtures complexes et grinçantes, saxophone tantôt tendu tantôt relâché, ruche bourdonnante et stagnante, secousses électroniques groupées et subitement libérées de ses vides par un drainage continu… Reste néanmoins cette question taraudant le chroniqueur : s’agit-il ici d’une série de pièces autonomes ou d’extraits choisis au sein d’une seule et même pièce improvisée ? Aux musiciens de répondre s’ils le désirent et, ainsi, éclairer un chroniqueur qui ne demande que cela.

Temperamental Trio : Raw and the Cooked (Kadima Collective)
Enregistrement : 2006. Edition : 2010.
CD : 01/ Ship of Fools 02/ K.O.W 03/ Agitation 04/ Dyad 05 Groan 06/ Heavy Metal 07/ Slow Day 08/ Ship of Fools 2 09/ Mucho 2 10/ Remue ménage 11/ P.U.T.T. 12/ Rider 13/ Wap 14/ Quack 15/ Figure Ground 16/ Slow Duet 17/ Arrival
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Joëlle Léandre : Live in Israel (Kadima Collective, 2008)

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Le Live in Israel de Joëlle Léandre, c’est tout d’abord cette photo mettant en scène la musicienne seule, devant la Mer Morte, caressée par le vent et sur fond de ciel bleu. Une Léandre « au naturel ». La Mer Morte, berceau de l’Humanité, est le lieu des origines, de l’intime, du retour à soi, en même temps que le point de départ des aventures humaines, des rencontres, des brassages.

Le Live in Israel, alors ouvert, ce sont deux disques, témoignages d’une tournée de Joëlle Léandre donnée en Israël en novembre 2007. Le premier comprend sept improvisations de la contrebassiste en solo, le plus souvent jouées arco. On l’y entend frotter les cordes avec son archet comme si elle fouillait en elle-même, avec l’intensité et les fulgurances qu’on lui connaît, et cette capacité à nous faire basculer dans un ailleurs, une terra incognita aussi belle qu’universelle (impros 4 et 5).

Le deuxième disque présente la contrebassiste jouant en sextet, puis en trio et enfin en duo. Les quatre plages en sextet la lient à cinq musiciens israéliens au sein d’une formation qui n’a de classique que l’apparence : piano, contrebasse, batterie et trois soufflants, dont le désormais new-yorkais Assif Tsahar à la clarinette basse.  Les trois plages suivantes sont jouées en trio, et on retrouve Joëlle Léandre aux côtés du saxophoniste Steve Horenstein et d’un autre contrebassiste, JC Jones, patron du label Kadima Collective mais surtout passionnant musicien. La musique déployée ici est surprenante de bout en bout et l’alchimie entre les trois musiciens est telle que la musique coule avec une aventureuse évidence (impro 1). Enfin, le disque se clôt avec deux titres joués en duo avec le joueur de oud et chanteur Samir Makhoul et leurs cordes et voix mêlées nous offrent finalement le plus beau moment du disque.

Dans la foisonnante discographie de Joëlle Léandre (plus de 150 enregistrements, tout de même !), ce disque occupe une place particulière, en ceci qu’il nous offre un éclairage singulier sur l’art de la contrebassiste tout en nous présentant une Joëlle Léandre « dans tous ses états ».

Joëlle Léandre : Live in Israel (Kadima Collective / Instant Jazz)
Edition : 2008.
CD1 : 01-07/ Bass Solo 1-7 CD2 : Sextet
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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