Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Sortir : Sonic Protest 2017Interview de Jacques Ogerle son du grisli papier
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Ideal Bread : Beating the Teens / Songs of Steve Lacy (Cuneiform, 2014)

ideal bread beating the teens

Pas toujours évident de délivrer le « pain idéal ». Steve Lacy n’a fait que cela : pétrir, brasser, agiter, secouer ce satané ideal bread. Josh Sinton et ses amis (Kirk Knuffke, Adam Hopkins, Tomas Fujiwara) tentent  d’en extraire de nouvelles saveurs. Prenant pour base les (courtes) années Saravah, le quintet fait acte de timidité, de sagesse, de rondeur. Ceci dans un premier temps. Ici, on les entend refuser les frayeurs. Et l’on s’habitue à ne plus retrouver Lacy.

Dans un second temps (et sur un second CD), la rugosité surgit. Maintenant, le blues est cocasse, les combinaisons contrebasse-baryton traversent quelques graves fissures, le cornet déborde le cadre, les tambours délivrent de sensuels  roulements. Et le baryton de quitter son terrain d’exploration-observation pour s’en aller rejoindre une cour d’école dissipée. Et Lacy d'être retrouvé (The Owl, Blinks, Lapis). En un peu plus de deux heures, trente thèmes de Lacy refont surface. A suivre. Assurément.

Ideal Bread : Beating the Teens (Cuneiform / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
2 CD : CD1 : 01/ Three Pieces From Tao I 02/ Obituary 03/ The Precipitation Suite 04/ Wish 05/ Lesson 06/ The Wire 07/ Paris Rip-Off 08/ Cryptosphere(s) 09/ Scarps 10/ The Highway 11/ The Wane 12/ Dreams 13/ Somebody Special 14/ Name 15/ Three Pieces from Tao II – CD2 : 01/ Three Pieces from Tao III 02/ The Owl 03/ Spell 04/ Crops 05/ Pearl Street 06/ Ladies 07/ Blinks 08/ Cryptosphere 09/ Lapis 10/ The Uh Uh Uh 11/ Torments 12/ The Oil 13/ Notre vie 14/ Roba 15/ Three Pieces from Tao IV
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Ideal Bread : Transmit (Cuneiform, 2010)

trsmisli

C’est au cours d’un entretien avec Quinsac & Hardy, publié en avril 1976 dans le numéro 243 de Jazz Magazine dont le sopraniste faisait d’ailleurs la couverture, que Steve Lacy évoqua, en français (!), ce « pain idéal » à la recherche duquel il était. [« Comme un boulanger fait le pain, moi je fais la musique. Je travaille tout le temps. Aujourd’hui c’était bon, mais demain, je ferai autre chose de meilleur avec ça… pour rester vivant. Si je fais le même pain demain, ça m’ennuie… pas possible… Je dois refaire… je dois faire mieux… Le pain d’aujourd’hui, c’est pas bon pour demain. Je cherche toujours le pain dont j’avais l’idée… le pain idéal. »]

La formule semble avoir plu (du moins davantage que l’autre qualificatif que Steve avançait dans la même interview : « C’est une substance, stuff, shit… je l’appelle ‘merde’… le shit, la chose que je fais. ») à Josh Sinton (saxophone baryton), Kirk Knuffke (trompette), Reuben Radding (contrebasse) et Tomas Fujiwara (batterie) au point qu’ils l’ont adoptée, en anglais, pour baptiser le quartet qu’ils vouent – comme le trio allemand Lacy Pool – au répertoire lacyen.

Suivant le disque inaugural de la formation (The Ideal Bread, label KMB), Transmit s’acquitte fidèlement de sa tâche de perpétuation sans ânonner avec trop de révérence les sept pièces retenues. Dans leur éventail, ces dernières permettent non seulement d’aborder plusieurs périodes et facettes du compositeur, mais surtout d’illustrer le bel engagement des quatre musiciens dont l’association rappellera aux amateurs certains quartets de Lacy avec baryton (Charles Davis, Charles Tyler) ou trompette (Don Cherry, Enrico Rava)…

Le groupe met intelligemment – jusqu’à la citation de la Locomotive monkienne, dans le morceau final – en évidence et les sinuosités (The Dumps) typiques, chantantes, de la plume du sopraniste, et certains délicats aspects de ses conceptions rythmiques – tantôt presque gauche, flottant, tantôt acéré, tout de placements, ou encore combinant ces mouvements (dans les lancinants As Usual et Longing), le geste lacyen est d’une élégance qui ne laisse pas d’intriguer. La « transmission » de ce levain étant assurée, c’est avec attention qu’on suivra la fermentation (sous l’œil de Steve-‘slow food’-Lacy) et l’annonce de la troisième fournée de nos boulangers new-yorkais !

Ideal Bread : Transmit, Vol. 2 of the music of Steve Lacy (Cuneiform / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
CD : 01/ As Usual 02/ Flakes 03/ The Dumps 04/ Longing 05/ Clichés 06/ The Breath 07/ Papa’s Midnite Hop
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Commentaires [1] - Permalien [#]
>