Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Tilbury, Chang, Drouin... : Variable Formations (Another Timbre, 2013) / Tilbury : Triadic Memories (Atopos, 2008)

johnny chang jamie drouin john tilbury angharad davies lee patterson phil durrant various formations

Au Café Oto le 16 février 2013, Johnny Chang et Jamie Drouin invitèrent John Tilbury, Angharad Davies, Phil Durrant et Lee Patterson à composer au gré de formations changeantes : solo du pianiste, duo Chang / Drouin, trio Davies / Durrant / Patterson, enfin, sextette à entendre sur ce disque.

En faisant écho à la musique jouée plus tôt (celle d'Eva-Maria Houben, par exemple, pour le trio), les musiciens improvisèrent ensemble : le piano, sur deux notes, attire à lui l'archet du violon et une ligne électronique tremblante ; un lot de cordes lasses accentue les appréhensions, et même les angoisses, d'un clavier sur l'éternel retour ; une délicatesse partagée soigne les reliefs d'une pièce de musique électroacoustique où les évocations et les références enrichissent une électroacoustique de belle déconvenue.

John Tilbury, Johnny Chang, Jamie Drouin, Phil Durrant, Lee Patterson, Angharad Davies : Variable Formations (Another Timbre)
Enregistrement : 16 février 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Variable Formations
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

john tilbury triadic memories

En concert à Londres, le 6 octobre 2008, Triadic Memories par John Tilbury. Cette note aigue, encore, non pensée mais révélée par Morton Feldman, qui à sa traîne en commande deux ou trois autres, plus graves qu’elle mais qu’elle fait tourner au rythme d’un balancement perpétuel. Dont les effets sont imprévisibles. Plus loin, Tilbury interprète Notti Stellate a Vagli, hommage à Feldman signé Howard Skempton. Les notes sont liées davantage mais la délicatesse est de rigueur encore. Tout est une autre fois affaire de notes défaites et suspendues.

John Tilbury : Triadic Memories / Notti Stellate A Vagli (Atopos)
Edition : 2008.
2 CD : CD1 : 01/ Triadic Memories Part 1 – CD2 : 01/ Triadic Memories Part 2 02/ Notti Stellate A Vagli
Guillaume Belhomm © Le son du grisli

musique action

Ce dimanche 1er juin à 14 heures, John Tilbury sera de concert avec Isabelle Duthoit, Anne-James Chaton et Frantz Hautzinger, à Vandoeuvre, dans le cadre du festival Musique Action

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Howard Skempton : Bolt from the Blue (Mode, 2010)

skemptonsli

En un mot : je conseille l’écoute de Bolt from the Blue d’Howard Skempton. Aussi bien à celui qui n’a jamais entendu de disque de piano solo qu’à celui qui en a trop entendu. Aussi bien à celui qui aime Cornelius Cardew (le pianiste qui éveilla Skempton à son univers) ou John Tilbury (le pianiste qui interpréta Skempton) qu’à celui qui aime Satie ou même Gershwin

Chez Skempton, il est toujours question d’évanescence. Son contemporain est mélodique, sa main gauche est légère et sa main droite est voluptueuse. Il arrive d’ailleurs que l’on confonde les deux, d’autant que les mains qui façonnèrent ce disque sont celles de Daniel Becker, interprète très attachant.

Mais Bolt from the Bluen’est pas qu’un disque de piano. On y croise aussi l’ensemble EXAUDI dirigé par James Weeks lire les pièces vocales de Skempton. Des textes (des poèmes) sont dits lentement par des femmes et des hommes à l’unisson ou en désunion. Ils semblent réciter des psaumes ou atténuer leurs pleurs avec des paroles de consolation. Des hommes et des femmes se croisent, dansent ensemble sur des couplets de musique anglaise avant de se séparer. Pour toujours.

Des airs de piano et des chansons abandonnées qui en appellent à un classique perdu (lied, prélude, nocturnes, etc.), voilà ce qui fait Bolt from the Blue. Voilà tout l’art d’Howard Skempton.

Howard Skempton : Bolt from the Blue (Mode)
Edition : 2011.
CD : 01/ Starlight 02/ Guitar Caprice 03/ horham 04/ Lyric Study 05/ Liebeslied 06/ Memorial Prelude 07-11/ Five Poems of Mary Webb (To Life, Reflections, The Spirit of Earth, Safe, To the World) 12/ The Snare 13/ Rose-berries 14-16/ The Mold Riots (I, II, Resister) 17-20/ Emerson Songs (Music, Brahma, Pan, Xenophanes) 21-23/ Nocturnes (I, II, III) 24/ leamington Spa 25/ The Durham Strike 06/ Music 27/ Snape Interval 28-29/ Two Poems of Edward Thomas (Two Pewits, Sowing) 30/ Four by the Clock 31/ Music, When Soft Voices Die 32/ Bolt from the Blue 33/ Monogram 34/ Decision Time 35/ Sweet Chariot 36/ Well, Well, Cornelius 37/ He Wishes for the Cloths of Heaven
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Michael Francis Duch : Edges (+3dB, 2010)

duchsli

Le contrebassiste Michael Francis Duch inaugure avec Edges une série d’enregistrements intitulée « Music for One » sur le label +3dB. Pour donner un aperçu de la largeur et de la hauteur de sa palette, il s’est servi dans le répertoire de Christian Wolff, Earle Brown, Cornelius Cardew, Morton Feldman et Howard Skempton.

Ce n’est d’ailleurs pas tant à un exercice d’interprète que se livre Duch qu’à un jeu d’évocations de grands fantômes qui le hantent encore. Sur Edges, il pèse de tout son poids sur l’archet pour qu’apparaisse sur la partition le visage en bas-reliefs de Christian Wolff. Pareil pour Brown ou Feldman : leurs silhouettes sont dessinées dans la lenteur et dans la nuance.

Pour faire mentir le chroniqueur ou l’empêcher de mettre au jour un système, Duch s’est gardé Octet ’61 de Cardew : c’est une obsession qui tourne au drame lorsque les notes s’abattent sur le compositeur comme sur l’interprète, l’hommage est un mille-feuilles de sons démoniaques. Ce n’est même plus seulement un hommage, c’est un chant d’amour que Duch consacre à ses modèles. Et c’est un chant d’espoir qu’il offer à ses auditeurs.

Michael Francis Duch : Edges (+3dB)
Edition : 2010.
CD : 01/ Christian Wolff : Edges 02/ Earle Brown : December 1952 03/ Cornelius Cardew : Octet ’61 04/ Morton Feldman : Projection I 05/ Howard Skempton : For Strings
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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