Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Lettre ouverte de Joëlle Léandre aux Victoires du jazzle son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Roy Campbell: Akhenaten Suite (AUM Fidelity - 2008)

CampbellAkhenGrisli

Au Vision Festival de 2007, Roy Campbell emmenait une formation peu commune : lui, seul souffleur, auprès du violon de Billy Bang, du vibraphone de Bryan Carrott, de la contrebasse d’Hilliard Greene et de la batterie de Zen Matsuura

Investissant une autre Egypte hallucinée, Campbell attise forcément des convoitises orientalisantes qu’il partage avec Bang : le duo s’appliquant à rendre à l’unisson, approximatif mais réjouissant, le grand swing d’Akhenaten ou le lyrisme d’Aten and Amarna, ou ébauchant sur le vif quelques solos brillants (Pharaoh's Revenge Intro Part 2, sur lequel Campbell passe à l’arghul, double flûte datant de l’Ancienne Egypte, puis au bugle).

Plus tôt, Pharaoh's Revenge Part 1 avait emporté l’ensemble : jazz libre et plus appuyé profitant des entrelacs flamboyants de la trompette, du violon et du vibraphone, qui contraste avec les deux derniers titres donnés ce jour-là, récréations cette fois latines et plus anecdotiques. Ecart de langage dû peut être à la fatigue, qui n’enlève rien à la persuasion du premier propos. 

CD: 01/ Akhenaten (Amenophis, Amenhotep IV) 02/ Aten and Amarna 03/ Pharaoh's Revenge Intro Part 1 04/ Pharaoh's Revenge Part 1 05/ Pharaoh's Revenge Intro Part 2 06/ Pharaoh's Revenge Part 2 07/ Sunset On The Nile

Roy Campbell Ensemble - Akhenaten Suite - 2008 - AUM Fidelity. Distribution Orkhêstra International.

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Carnival Skin: s/t (Nemu Records - 2006)

carsliAutour du batteur Klaus Kugel et du guitariste Bruce Eisenbeil, le quintette Carnival Skin rassemble le savoir-faire du clarinettiste Perry Robinson (partenaire d’Archie Shepp ou Charlie Haden), du trompettiste Peter Evans (entendu auprès de Fred Frith) et du contrebassiste Hilliard Greene (sideman de Leroy Jenkins ou Charles Gayle).

Dans les pas de Steve Lacy, le groupe entame l’enregistrement au son d’un swing contemporain, profitant des trouvailles du duo Robinson / Evans puis d’un solo éclairé dû à Eisenbeil (Journey to Strange). Reste alors à concrétiser la clairvoyance du traitement que les musiciens destinent à un jazz référencé free.

Chose faite, ensuite, et malgré les égarements sans saveur de Diagonal People. Au son d’un unisson traînant un hymne inspiré sur les roulements insatiables de Kugel qui transforment bientôt le propos en pandémonium improvisé et bruyant (Iono) ; ou sur le rythme nonchalant d’une impression soumise plus tard à quelques déflagrations flamboyantes (Monster).


Une dernière improvisation (Carnival Skin), et le quintette clôt un premier album brillant et efficace. Qui traite à la manière du jour d’anciennes méthodes, désormais rafraîchies.

CD: 01/ Journey to Strange 02/ Monster 03/ Iono 04/ Bobosong 05/ Diagonal People 06/ Carnival Skin

Carnival Skin - s/t - 2006 - Nemu records.

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Matt Lavelle: Spiritual Power (Silkheart - 2007)

lavellegrisliMembre du Nation of We du tromboniste Steve Swell en tant que trompettiste, Matt Lavelle peut aussi convaincre lorsqu’il s’empare d’une clarinette basse ou d’un bugle. Ce qu'il prouve sur Spiritual Power, enregistrement de compositions personnelles qu’il défend aux côtés d’Hilliard Greene (notamment contrebassiste de Charles Gayle) et du batteur Mike A. Thompson.

Avec l’aide, donc, d’une section rythmique sécurisante dès l’ouverture (Spiritual Power), Lavelle déploie un savoir-faire solide, tenant d’une connaissance approfondie de l’histoire du jazz (et du swing, notamment) comme il se permet un recours fréquent à une improvisation fiévreuse.

A partir d'un thème évoquant Gershwin, Lavelle fomente, par exemple, la fronde d’un lyrisme ironique (Stars Like Fleas) ; d’une mélodie ciselée sur swing lent et introduite par un clin d’œil de Thompson à Max Roach, il fait une progression polyrythmique et défaillante (I Will Have Love in my Life). Ailleurs, il alterne des tourments intérieurs réécrits à trois (End Times) et un free forcément exutoire (Hey Liduva).

Aux Seth Speaks et Sí Se Puede (première partie, surtout) moins inspirés, Spiritual Power peut, au final, se targuer de révéler les talents divers de Matt Lavelle, interprète habile et compositeur en devenir, leader généreux offrant à ses partenaires, brillants, des plages de choix dont ils savent profiter.

CD: 01/ Spiritual Power 02/ Stars Like Fleas 03/ Si se puede (Yes We Can) 04/ End Time 05/ I Will Have Love in My Life 06/ Hey Liduva 07/ Seth Speaks

Matt Lavelle - Spiritual Power - 2007 - Silkheart. Distribution Orkhêstra International.

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Exuberance: Live at Vision festival (Ayler - 2004)

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Quatre improvisations tout droit sorties du Vision Festival de New York, où le saxophoniste Louie Belogenis emmenait, en mai 2003, un quartette éclairé, voilà Live at Vision Festival, nouvel enregistrement radical et superbe proposé par le label Ayler records.

C’est au batteur Michael Wimberly qu’il revient d’introduire le concert, de vocalises incantatoires sublimant une Afrique lointaine que le groupe se chargera de célébrer, pleurer, remercier et croire encore possible. Sur Invocation, l’effort est soutenu et permet les excès : ceux de confrontations enthousiastes du ténor de Belogenis et de la trompette de Roy Campbell, comme ceux d’accrocs rythmiques et de chocs à conséquences.

Quelques vibrations échappées de la contrebasse d’Hilliard Greene, avant l’archet décadent, cherchant à déceler les limites du juste, et Procession que l’on mène. De conserve, ténor et trompette caressent des chapelets de notes tout juste enfilées, avant le répit des solos calmes, et l’emportement des phrases enlacées avec ferveur.

Plus courtes, deux improvisations se succèdent ensuite. Usage d’un vocabulaire cool de la part de Campbell face aux déclarations suaves de Belogenis (Evocation), puis explosion dernière, ou comment faire feu de tout bois, cuivre, cordes et peaux, en guise d’au revoir en flamme. Expressionnisme irrévocable emporté par l’énergie de Wimberly, Incandescence conclut la démonstration, inspirée et puissante.

CD: 01/ Invocation 02/ Procession 03/ Evasion 04/ Incandescence

Exuberance - Live at Vision Festival - 2004 - Ayler Records. Distribution Orkhêstra International.

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