Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
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Chris McGregor's Brotherhood of Breath : Procession (Ogun, 2013)

Chris McGregor Brotherhood of Breath Procession

Plus besoin de télécharger sous MP3 pourri – qui plus est avec moult craquements – le Procession du Brotherhood of Breath sur quelque blog douteux (ne faites pas les innocents, vous téléchargez autant que moi !) : Ogun vient de rééditer la galette sur CD (on y trouve quelques inédits-bonus mais l’intégralité du concert reste à venir).

Cela se passait à la Halle aux grains de Toulouse le 10 mai 1977 et les riffs de la confrérie des vents étaient aussi hauts que le Makheka et le Kinder Scout réunis. Il y avait Evan « Trane » Parker, l’insolent Mike Osborne, le conteur céleste Dudu Pukwana, l’oublié Bruce Grant surfant avec sa flute sur le très grand mascaret du BoB, les inflammables Harry Beckett et Mark Charig, le pyromane Radu Malfatti (c’était avant son extinction de souffle), les stellaires Johnny Dyani et Harry Miller, le maestro des rythmes Louis Moholo-Moholo sans oublier évidemment la légèreté de l’ange Chris McGregor. Alors à quoi bon commenter la joie ressentie pour tous ici ? La joie ne se consigne pas : elle se partage et se clame haut et fort. Faut-il encore insister ?

Brotherhood of Breath : Procession – Live in Toulouse (Ogun / Orkhêstra International)
Enregistrement : 10 mai 1977. Réédition : 2013.  
CD : 01/ You Ain’t Gonna Know Me ‘Cos You Think You Know Me 02/ Sunrise on the Sun 03/ Sonia 04/ Kwhalo 05/ TBS 06/ Andromeda
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Elton Dean : Happy Daze / Oh! For the Edge (Ogun, 2009)

happysli

Né en 1975 du sextette que le saxophoniste Elton Dean codirigeait avec Keith Tippett, Ninesense renaît aujourd'hui au son des rééditions groupées d'Oh! For the Edge (1976) et Happy Daze (1977).

Porté par la rythmique que Brotherhood of Breath (Harry Miller et Louis Moholo), le groupe – dans lequel on peut enrendre le trombone de Radu Malfatti – sert un jazz qui rappelle celui de Chris McGregor et oscille entre danses de salons retapées par des instrumentistes illuminés (Alan Skidmore, Keith Tippett et Nick Evans aux premiers rangs de ceux-là), un swing de facture plutôt classique et quelques expérimentations répétitives (Seven for Lee, sur lequel Dean intervient au saxello).

Sans Malfatti, le même groupe rend ensuite Dance, composition qui ouvre Happy Daze et dont les airs de samba dévient à force de céder aux perturbations d'un orchestre dissipé. La suite, d'être gagnée par les graves : contrebasse de Miller sur Fall In Free (inutile explication de texte), trombone d'Evans sur Friday Night Blues ou fermeture fantasmant l'hymne inquiet si elle n'était jalonnée d'éclaircies dissonantes (Prayer for Jesus). Souffrant ici ou là d'une production  en phase avec son époque (surbrillances préférées aux rondeurs), ces rééditions n'en sont pas moins importantes, et célèbrent l'art d'Elton Dean, saxophoniste de choix qui savait aussi s'entourer.

Elton Dean's Ninesense : Happy Daze / Oh! For the Edge (Ogun / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1976-1977. Edition : 2009.
CD : 01/ Nicrotto 02/ Seven for Lee 03/ Sweet F.A. 04/ Three for All 05/ Dance 06/ Fall In Free 07/ Forsoothe 08/ M.T. 09/ Friday Night Blues 10/ Prayer for Jesus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Fast Colour: Antwerp 1988 (Loose Torque - 2005)

fastcoloursliQuintette emmené par le batteur John Stevens, Fast Colour accueillait en 1988 à Anvers la chanteuse Pinise Saul et le saxophoniste Evan Parker. Dans le seul but de parfaire l’hommage délicat adressé par Stevens à l’un de ses partenaires favoris: le contrebassiste Johnny Dyani, disparu 2 ans plus tôt.

Sur un gimmick de contrebasse et la divergence amusée des instruments à vent (trompette d’Harry Beckett, saxophones de Dudu Pukwana et Parker), l’ensemble investit avec Now Time le champ des rengaines délurées dont
Sun Ra s’était fait le chantre - imité bientôt par Eddie Gale -, pour ne plus les lâcher: qu’elles prennent l’allure d’une marche funèbre traînante accueillant les expérimentations légères de la tromboniste Annie Whitehead (Johnny Dyani’s Gone), d’une fanfaronnade gonflée par la surenchère à laquelle se livrent les deux saxophonistes (Mbizo), ou d’une construction baroque hésitant entre free jazz et swing (Way It Goes).

Toujours plus expansifs, les musiciens refusent de penser l’hommage comme célébration terne, redisent la circularité de l’existence sur Don’t Throw It Away (répétitions de la trompette bientôt reprises par Pinise Saul) avant de conclure leur set dans l’opulence altière capable de consoler de Way It Goes / Now Time. Boucle bouclée, œillade à un éternel retour qui pourrait faire passer les membres de Fast Colour du nombre de 7 à celui de 8.

CD: 01/ Now Time 02/ Way It Goes 03/ John Dyani’s Gone 04/ Don’t Throw It Away 05/ Mbizo 06/ Way It Goes / Now Time

Fast Colour - Antwerp 1988 - 2005 - Loose Torque.

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