Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Lettre ouverte de Joëlle Léandre aux Victoires du jazzle son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Alon Nechushtan : Ritual Fire (Between the Lines, 2013)

alon nechustan ritual fire

La clarinette ouvre et referme le bal de ce Ritual Fire. Ici, comment ne pas penser à Jimmy Giuffre quand s’invitent les dissonances acides chères au clarinettiste texan ? Musicien discret, remarqué chez Jean-Claude Jones, Harold Rubin est un personnage singulier de la jazzosphère. Né en 1932 à Johannesburg, l’Afrique du Sud le condamna pour blasphème. Il s’installa alors à Tel-Aviv, devint architecte, exposa ses dessins et peintures dans les plus grandes galeries puis, après une vingtaine d’années d’abstinence, renoua avec le jazz en 1979. Sa clarinette est une clarinette des recoins. C’est une clarinette sans principe autre que celui de la marge. Son souffle s’étreint, s’étrangle, refuse modes et certitudes, s’ouvre à la microtonalité.

On en oublierait presque Alon Nechushtan, Ken Filiano et Bob Meyer. Se réclamant de l’Action Painting de Pollock (la chose est discutable), le pianiste retrouve les free forms de Jimmy Giuffre. Il y a dans ce jazz (ou plutôt dans ce free jazz) des coulées piquantes, des tensions fulgurantes. Et, surtout, une démarche (ne rien cloisonner,  inviter l’aléatoire) qui ne peut que nous ravir.

Alon Nechushtan : Ritual Fire (Between the Lines)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Hover 02/ Ritual Fire 03/ Psalmonody 04/ Profusion 05/ Ruah Kadim 06/ Free Falling 07/ Aureoles 08/ Across the Ocean like a Seagull 09/ Hamsin 10/ Soliloqui
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jean-Claude Jones : Myelination (Kadima Collective, 2011)

jc jones myelination

La myéline est une graine de protection enveloppant les fibres nerveuses. En disparaissant, elle facilite l’apparition de la sclérose en plaques, maladie dont est atteint le contrebassiste Jean-Claude Jones. Enregistrées et ralenties à l’aide d’un logiciel, ces molécules en mouvement forment un magma sonique souterrain, brumeux et continu.

JC Jones et quelques-uns de ses amis musiciens se sont frottés aux vibrations de la protéine des myélines en six improvisations aux fortunes diverses : le contrebassiste et son archet se débattent et luttent contre ce fiel sonique ; les clarinettes d’Harold Rubin et de Yoni Silver imitent, prolongent et écartèlent la matière ; la saxophone baryton de Steven Horenstein ne s’y risque guère ; la voix de Yael Tai l’ignore et dédouble sa plainte ; le soprano d’Ariel Sibolet et les percussions d’Haggai Fershtman égalisent et perpétuent un roulis sans fin ; Jake Marmer brouille sa poésie de craquements incessants. Un disque étonnant et attachant.

JC Jones : Myelination (Kadima Collective / Improjazz)
Enregistrement : 2006-2011. Edition : 2011.
CD : 01/ 18 aas 02/ Inducing One 03/ JC’s Remix 04/ 18 aas 05/ Voices 06/ AnHag 07/ 18 aas 08/ Inducing Two 09/ Underskin Orchestra
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]
>