Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Byard Lancaster: Ancestral Link Hotel (CIMP - 2006)

byardgrisliFreejazzman  actif  dans les  années 1960  aux côtés de Sunny Murray ou Bill Dixon, le saxophoniste Byard Lancaster a toujours su éviter l’écueil de la théorie ressassée jusqu’à perte d’acuité. Indiscipliné, son jazz se sera frotté au funk autant qu’au folklore jamaïcain ; aura aussi subi quelques incartades punks. Pour mieux revenir, aujourd’hui, à l’endroit où tout a commencé.

Vu de l’Ancestral Link Hotel, l’horizon est africain. La voix de Lancaster alterne avec le jeu d’une flûte rudimentaire sur les percussions sagement déposées par Harold E. Smith – partenaire historique de
Joe McPhee – et les allées et venues d’archets, sur les contrebasses d’Ed Crockett et Bert Harris. Un peu à la manière de l'Art Ensemble, le groupe installe une impression sensible relevée par les interventions de cloches et de sifflets.

Ensuite, viennent les conséquences: blues obligé (Slow Blues in G), hard bop subtil (Milestones), ballade précipitée par un swing convaincant (Killer Joe), ou free jazz affirmé encore et toujours aussi élégamment, au soprano (Searching) ou à l’alto (sur le ludique et efficace Holy Buddy). Terminant le concert par un solo dense, Byard Lancaster aura ainsi naturellement réinventé l’intégralité de ses classiques.

CD: 01/ Ancestral Link Hotel 02/ Holy Buddy 03/ Slow Blues in G 04/ Milestones 05/ Killer Joe 06/ Searching 07/ You Decide

Byard Lancaster Quartet - Ancestral Link Hotel - 2006 - CIMP Records. Distribution Impro Jazz.

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Joe McPhee: N.Y.N.Y. 1971 (HatOLOGY - 2006)

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Captation d’un concert donné en 1971 par le Survival Unit de Joe McPhee, N.Y.N.Y. 1971 est l’enregistrement qui décida Werner Uehlinger à fonder Hat Hut, label fêtant aujourd’hui ses 30 ans au son d’une réédition prenant les allures intactes d’un savant retour aux sources.

Auprès de Clifford Thornton, son mentor, McPhee passe du saxophone ténor à la trompette, conduisant d’abord un free hurlant à l’intensité portée par les coups de grosse caisse d’Harold E. Smith (Black Magic Man), pour déconstruire ensuite son Nation Time. Moins vif que dans sa version originelle (publiée jadis par CJRecords, rééditée aujourd’hui par Atavistic), le morceau profite de l’apport du piano de Mike Kull pour afficher des intentions plus lascives, parmi lesquelles celle de Thornton, déposant au cor un lyrisme charmeur.

Ainsi, un parallèle évident avec le quartette historique de Coltrane court ici ou là : sur Song For Lauren, progression distinguée que l’on bouscule parfois, ou Harriet, rappelant tous deux Alabama. Ailleurs, un free expiatoire prend le dessus, qu’il soit mené par les intersections sans nombre des instruments à vent (Message from Denmark), ou par les répétitions lancinantes de McPhee et Thornton, les interventions compulsives de l’alto de Byron Morris (The Looking Glass I).

Les attaques virulentes toujours contrebalancées par quelques résolutions délicates, N.Y.N.Y. 1971 s’impose aujourd’hui encore comme un enregistrement de premier ordre. Qui, un des premiers, aura porté au jour l’éclat déroutant des contrastes.

CD: 01/ Annoucement 1 02/ Black Magic Man 03/ Annoucement 2 04/ Nation Time 05/ Song For Lauren 06/ Annoucement 3 07/ Message from Denmark 08/ The Looking Glass I 09/ Harriet

Joe McPhee Survival Unit - N.Y.N.Y. 1971 - 2006 (réédition) - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

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