Le son du grisli

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Han-Earl Park, Catherine Sikora, Nick Didkovsky, Josh Sinton : Anomic Aphasia (Slam, 2015)

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Pris en étau entre les feux croisés de deux guitaristes allumés (Han-earl Park, Nick Didkovsky), le saxophone ténor de Catherine Sikora combat pour exister. Situation épineuse pour une improvisatrice en attente de parole. Détectant la fatigue des deux lascars, la voici se révélant : phrasés rêches et coriaces, parfois solitaires et toujours infectant une plaie, désormais forée en commun. Ceci pour le trio Park-Didkovsky-Sikora.

Le dialogue semble plus aisé, plus fluide, quand s’éloigne Didkovsky et que se rapproche Josh Sinton (saxophone baryton, clarinette basse). Emballements des deux souffleurs, crises soniques et grésillantes du guitariste, ténor flirtant la soie ou s’égosillant sans compter : ces trois-là s’accordent en lamentations et souffrances perverses. Ceci pour le trio Park-Sikora-Sinton.

Han-earl Park, Catherine Sikora, Nick Didkovsky, Josh Sinton : Anomic Aphasia (Slam)
Enregistrement : 2013. Edition : 2015.
CD : 01/ Monopod 02/ Pleonasm 03/ Flying Rods 04/ Hydraphon 05/ Stopcock
Luc Bouquet © Le son du grisli

john coltrane luc bouquet

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Richard Barrett, Han-Earl Park : Numbers (Creative Sources, 2012)

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Le gargarisme est convaincant. D’un côté les electronics de Richard Barrett, de l’autre la guitare d'Han-Earl Park. Tous deux grouillent et cisaillent les volumes, réactivent la matière folle, rendent la télégraphie à sa fonction première : transmettre (Tolur). Leur improvisation en miroir engorge leur transe succube, fait déborder le vase, bouche la robinetterie (Tricav).

Parfois, au milieu des monstres soniques qu’ils viennent de créer, émerge une guitare façon Bailey (Ankpla). Mais rarement rassasiés (Uettet pour me faire mentir), les voici rassurant leur nervosité naturelle en un final aux brûlures fatales (II……). Le gargarisme est convaincant. Le vertige, tout autant.

Richard Barrett, Han-Earl Park : Numbers (Creative Sources / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Tolur 02/ Tricav 03/ Ankpla 04/ Uettet 05/ Creens 06/ II……
Luc Bouquet © le son du grisli

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Han-Earl Park, Bruce Coates, Franziska Schroeder : io 0.0.1. beta++ (Slam, 2011)

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Un disque ne tenant pas toutes ses promesses peut, néanmoins, s’avérer passionnant. Ici, la détonante preuve.

io 0.0.1. beta+++ est un automate musical moderne. Sa sonorité, rauque au possible, évoque quelque criquet électronique enroué. Face à la machine, Han-earl Park (guitare), Bruce Coates (saxophone alto & sopranino) et Franziska Schroeder (saxophone soprano) envisagent la possibilité d’un dialogue. Mais, convenons-en : le dialogue est impossible si ce n’est en de très rares instants (4G / Laplace: Pertrurbation) ; les élans s’accordant, on ne sait trop comment. Ailleurs, l’échec se consomme, la machine n’est plus qu’anecdotique. Et ce sont dans ces instants précis – et précieux-– (solos, duos, rarement trio) que ce disque passionne. Généreux, torsadant leurs souffles, décomplexés, oubliant la machine ; Park, Coates et Schr improvisent avec décontraction et naturel (saxophones rugissants ou expérimentant la litanie, guitare grouillante et acide). Il fallait donc en passer par là pour faire éclore la sombre beauté de leur musique. Voila, c’est fait.

Han-Earl Park, Bruce Coates, Franziska Schroeder : io 0.0.1. beta++ (Slam)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Pioneer: Variance 02/ Pioneer: Dance 03/ Ground-Based Telemetry 04/ Discovery: Intermodulation 05/ Discovery: Decay 06/ 4G 07/ Laplace: Perturbation 08/ Laplace: Instability 09/ Return Trajectory
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Paul Dunmall, Han-earl Park, Mark Sanders : Birmingham, 02-15-11 (Buster & Friends, 2011)

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Le titre de l’enregistrement est le nom d’un lieu suivi d’une date à laquelle trois musiciens y sont passés : Birmingham, 02-15-11. On y entend Paul Dunmall converser avec le guitariste Han-earl Park et le batteur Mark Sanders. Pas de label, le téléchargement est libre.

On sait les liens qui unissent Dunmall et Sanders – ce qu’ils ont pu donner par le passé : de Shooters Hill enregistré en sextette en présence de Paul Rutherford à I Wish You Peace du Moksha Big Band –, c’est donc la présence de Park – que l’on a pu entendre récemment auprès d’un autre britannique de taille, Lol Coxhill, sur Mathilde , et se fit remarquer déjà auprès de Dunmall et Sanders sur un Live at the Glucksmann Gallery – qui intéresse ici. Aux salves imparables du ténor, il oppose des nappes et quelques arpèges accrochés quand Sanders compte les points avec aplomb.

Plus loin, c’est à la cornemuse puis au soprano qu'intervient Dunmall : pour déjouer ses tours (de force et d’adresse), Park choisit une nouvelle fois la subtilité : ses accords étouffés renversent les échanges du trio, transformés bientôt en horizontalité sur laquelle les trois hommes s’entendent alors en apaisés.

Paul Dunmall, Han-earl Park, Mark Sanders : Birmingham, 02–15–11 (Buster & Friends)
Enregistrement : 15 février 2011. Edition : 2011.
Téléchargement  : Birmingham 02-15-11
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Hayward, Park, Smith, Coxhill : Mathilde (Slam, 2010)

maslildeDeux « étranges » formations emmenées ici – soit un soir de 2008 au Café Oto de Londres – par le batteur Charles Hayward (This Heat) : trio dans lequel on trouvait le guitariste Han-Earl Park et le trompettiste et cornettiste Ian Smith ; association renforcée, le temps de deux dernières improvisations, par la présence du saxophoniste Lol Coxhill.

La mise en place inquiète (Hayward au mélodica) donnait quelques indices sur la teneur de l’entière improvisation : réfléchie, et dans laquelle les intervenants rivalisent de subtilités (Park érodant les reliefs de plaintes aux volumes variés, Smith au bugle saisissant). Passée la période de flottement ravissant – de vacance, presque, pour Hayward –, il faudra bien revenir aux turbulences afin de s’y montrer autrement convaincant. Alors, Coxhill peut apparaître : le soprano élabore des parallèles aux phrases du cuivre dublinois ; ourdit et trame, enfin tisse, sur le métier remonté crescendo par Hayward, une tapisserie de choix : celle d’une autre Mathilde, à la beauté tout roturière.

Charles Hayward, Han-Earl Park, Ian Smith, Lol Coxhill : Mathilde (Slam / Improjazz)
Enregistrement : 18 avril 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Kalimantan 02/ Similkameen 03/ Ishikari 04/ Jixi 05/ Matanuska 06/ Aachen 07/ Oaxaca
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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