Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


Vers TwitterAu grisli clandestinVers Instagram

Archives des interviews du son du grisli

DKV Trio : Past Present (Not Two, 2012)

dkv trio past present

La batterie d’Hamid Drake m’a toujours mis en joie et les saxophones de Vandermark en furie. Inutile donc de dire la joie et la furie que m’a procurées, en 2012, la sortie de ce coffret (en carton) du DKV et ses sept CD de captations de concerts.

Alors on voyage, dans le temps [entre 2009 et 2011] et dans l’espace [entre Chicago (of course) et Milwaukee]. Dans la seconde phase de son évolution, comme l’écrit Marek Winiarski (le patron de Not Two) dans les notes, le trio ne bouscule peut-être plus autant qu’avant mais invente d’une autre force ! Deux possibilités au programme : les morceaux tendus pétris de soul & les passages atmosphériques. Dans tous les cas, une mélodie (félinienne, aylérienne, colemanienne…) peut apparaître… Vandermark la répétera et la modèlera… En introduction du texte de Winiarski, une citation de Giacometti dit qu’un artiste moderne doit essayer de garder une chose qui lui échappe toujours. Le DKV s’y emploie depuis 1994 & pour nous, la joie et la furie sont les mêmes.



DKV Trio : Past Present (Not Two)
Enregistrement : 2009-2011. Edition : 2012.
7 CD : Past Present
Pierre Cécile © Le son du grisli



Chicago Trio : Velvet Songs (Rogue Art, 2011)

chicago_trio_velvet_songs

Dans la lignée loquace et sensible du regretté Fred Anderson, à qui cet enregistrement est d’ailleurs dédié, voici le Chicago Trio (Ernest Dawkins, Harrison Bankhead, Hamid Drake). Captées live les 11 et 12 août 2008 dans l’antre du Velvet Lounge, ces douze plages réunies en deux CD naviguent entre splendeurs et misères.

Splendeurs pour l’appétit et l’abattage du saxophoniste, pour son art du renouvellement et du resserrement, pour son alto vrillant toujours la bonne direction (You Just Crossed My Mind, Waltz of Passion), pour son soprano volubile et virevoltant (Peace & Blessings, Moi Tre Gran Garcon). Splendeurs que les interventions solistes d'Harrison Bankhead, contrebassiste (Woman of Darfur ou l’art de creuser en profondeur) et violoncelliste (Peace & Blessings) inspiré. Splendeurs, enfin, que ces plages de totale liberté dans lesquelles le free n’est plus spectre mais entité palpable et florissante (The Rumble, Galaxies Beyond).

Misères que ces blues poussifs, ces faux reggaes, ces écoutes avortées, ces solitudes sans armes. Misères que ces saxophones activés simultanément sur fond de funk virant, peu à peu, New Orleans (Down n’ the Delta). Misères que le jeu sec et prévisible d’un Hamid Drake en panne de souplesse. Mais, fort heureusement, One for Fred, improvisation enflammée et soutenue, de venir conclure et ressusciter la figure tutélaire du grand Baba Fred Anderson.

Chicago Trio : Velvet Songs. To Baba Fred Anderson (Rogue Art / Souffle Continu)
Enregistrement : 11 et 12 août 2008. Edition : 2011.
CD 1 : 01/ Astral Projection 02/ Sweet 22nd Street (The Velvet Lounge) 03/ You Just Crossed My Mind 04/ The Rumble 05/ Peace & Blessings (To Fred) 06/ Down n’ the Delta – CD 2 : 01/ Jah Music 02/ Galaxies Beyond 03/ Woman of Darfur 04/ Waltz of Passion 05/ Moi Tre Gran Garcon 06/ One for Fred
Luc Bouquet © Le son du grisli


Indigo Trio, Michel Edelin : The Ethiopian Princess Meets The Tantric Priest (Rogue Art, 2011)

indigo_trio_ethiopian_princess

A l’Indigo Trio de Nicole Mitchell ajouter Michel Edelin et obtenir ainsi un quartet à deux flûtes.

Le jazz est là qui déverse des accents dolphyens appuyés (Ambre Sunset). Deux flûtes sont en embuscade et le blues se divise (Inside the Earth). L’orient s’invite et encourage à improviser sans complexe (The Ethiopian Princess Meets the Tantric Priest). Ailleurs, le canevas est solide, immuable : une rythmique (Harrison Bankhead, parfait de soutien de sobriété ; Hamid Drake, précis mais envahissant) et deux solistes opposant leurs souffles ici, les mariant ailleurs.

En fin de disque surgit Return of the Sun, une composition d’Harrison Bankhead passé maintenant au piano ; joli havre de paix s’ouvrant en une écoute profonde, souvent escamotée auparavant. Un voyage imparfait comme le sont tous les voyages réussis.

Indigo Trio, Michel Edelin : The Ethiopian Princess Meets the Tantric Priest (Rogue Art / Souffle continu)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Top Secret 02/ Inside the Earth 03/ Dérives 04/ Wind Current 05/ Call Black 06/ The Ethiopian Princess Meets the Tantric Priest 07/ Ambre Sunset 08/ Return of the Sun
Luc Bouquet © Le son du grisli


Frank Gratkowski, Hamid Drake, Commitment, Cecil Taylor, Rudresh Mahanthappa, Marty Ehrlich, William Parker

jazzexpeditives

fdrakesli

Frank Gratkowski, Hamid Drake : s/t (Valid, 2010)
Quatre improvisations signées Frank Gratkoswki (saxophones, clarinettes) et Hamid Drake (batterie). D’une instabilité travaillée, le premier peut d’abord faire passer le second pour un conservateur agissant. Mais bientôt, c’est le second que l’on remercie de ne pas donner dans la surenchère au contact d’un premier faisant maintenant figure de féticheur sans grandes idées.

Commitmentsli

Commitment : The Complete Recordings 1981/1983 (NoBusiness, 2010)
Faisant beaucoup pour les archives William Parker, le label NoBusiness saluait hier l’implication du contrebassiste en Muntu et aujourd’hui son travail en Commitment – là, trois partenaires : Will Connell (flûte, saxophone alto et clarinette basse), Jason Kao Hwang (violon) et Takeshi Zen Matsuura (batterie). En studio à New York ou en concert en Allemagne, entendre le quartette passer de free bop vaillant en morceaux d’atmosphères quelques fois factices. Document nécessaire à tout amateur de Parker, ce double-disque en est un autre qui célèbre l’invention exacerbée de Hwang.

thelastgrisli

Dominic Duval, Cecil Taylor : The Last Dance (Cadence Jazz, 2009)
En deux disques, The Last Dance revient sur une rencontre datant de 2003 : celle de Cecil Taylor et de Dominic Duval au San Francisco Jazz Festival. Sur le premier disque, malgré quelques moments d’interaction louable, Duval semble courir derrière Taylor et, par moment même, perdu parmi les clusters. Sur le second, les deux hommes parviennent à s’entendre en combinant graves anguleux et grincements d’archet pour ne plus créer ensuite qu’avec une ferveur irrésistible.

apexsli

Rudresh Mahanthappa, Bunky Green : Apex (Pi, 2010)
Après Steve Lehman, c’est au tour de Bunky Green de jouer l’alter-alto de Rudresh Mahanthappa. Sur Apex, l’association – portée par une section rythmique composée de Jason Moran (piano), François Moutin (contrebasse) et Jack DeJohnette ou Damion Reid (batterie) – respecte tous les codes : ici ceux d’un free de bon ton, là ceux d’une ballade mièvre, ailleurs ceux d’un post bop inutile. D’unissons en entrelacs, Mahanthappa et Green peinent à se montrer à la hauteur : des promesses du premier et de l’histoire du second.

martysli

Marty Ehrlich : Fables (Tzadik, 2010)
En conteur de Fables, le clarinettiste Marty Ehrlich donne dans la mélodie mélancolique. Servi par des orchestrations au moins originales, le disque consigne l’existence d’une musique de chambre lorgnant du côté de la bande-originale de film. Non pas désagréable mais sage quand ce n’est pas mielleux.

meiersli

Tommy Meier : The Master and the Rain (Intakt, 2010)
En 2007, sortait sur Intakt le mièvre Root Down. Trois ans plus tard, au tour de The Master and the Rain, disque composé d’extraits de concerts qui prouve que Tommy Meier (saxophone ténor, clarinette basse) pouvait faire mieux. En grand orchestre – présences d’Irène Schweizer, Russ Johnson, Co Streiff ou encore Trixa Arnold aux tourne-disques –, il s’inspire d’Andrew Hill, Femi Kuti ou Chris McGregor, pour édifier des pièces hétéroclites qui sont, au choix : intelligentes, maladroites ou indigestes.

organparkersli

William Parker : Uncle Joe’s Spirit House (AUM Fidelity, 2010)
Où l’on retrouve William Parker à la tête d’un « organ quartet » dans lequel Cooper-Moore est à l’orgue, Darryl Foster au saxophone ténor et Gerald Cleaver à la batterie. Où l’on s’ennuie ferme, aussi, au son d’une soul sans grande identité qui laisse peu de place au savoir-faire des musiciens. Pour le son de Foster, peut-être ?


William Parker : I Plan to Stay a Believer (AUM Fidelity, 2010)

Iplantostayagrisliver

Difficile de regretter l’écoute d’un disque tel que qu’I Plan to Stay a Believer. Intéressant sur le papier (hommage enregistré au répertoire de Curtis Mayfield), le projet était en plus porté par un musicien capable de le transcender : William Parker. Mais pour refuser la facilité – qui aurait été pour lui d’interpréter en petite formation de jazz quelques thèmes de Mayfield –, le contrebassiste peine à convaincre.

Parce qu’il a choisi de donner dans la chanson en grande compagnie et avec une sorte d’abandon aussi optimiste qu’est honnête sa démarche, Parker apparaît en simple élément d’un ensemble qu’il aurait dû plutôt conduire – plusieurs fois, qui plus est, puisqu'il s'agit ici d'enregistrements de concerts donnés entre 2001 et 2008. Si Leena Conquest et Amiri Baraka, vocalistes impérieux choisis pour l’occasion, démontrent d’un savoir-faire adéquat à l’hommage et si quelques élans improvisés dus à des partenaires de choix (Sabir Mateen, Daryll Foster, Lewis Barnes, Dave Burrell, Hamid Drake…) ravivent de temps à autre l’intérêt de l'écoute, l’ensemble joue souvent de maladresses : ici, le chœur penche dangereusement vers l’amateurisme ; là, l’exercice fait figure de soul molle surtout lorsqu’on se souvient de la ferveur contagieuse contenue dans les originaux de Freddy’s Dead ou Move on Up.

Sans doute, le choix de s'incliner devant le répertoire de Mayfield sur scène plutôt qu’en studio n’est-il pas pour rien dans le résultat bancal, qui aurait surement profité de répétitions supplémentaires. En conséquence, la célébration en demi-teinte brille seulement par la bonne humeur qui y règne.

William Parker : I Plan to Stay a Believer. The Inside Songs of Curtis Mayfield (AUM Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2001-2008. Edition : 2010.
CD1 : 01/ I Plan to Stay A Believer 02/ If There's A Hell Below 03/ We The People Who Are Darker than Blue 04/ i'm So Proud / Ya He Yey 05/ This Is My Country (Paris) – CD2 : 01/ People  Get ready / The Inside Song 07/ This Is My Country (New York) 08/ It's Alright 09/ Move on Up 10/ Freddie's Dead 11/ New World Order
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Frode Gjerstad Circulasione Totale Orchestra : Bandwidth (Rune Grammofon, 2009)

grislilasionetotaleorchestra

Lorsqu’on lui demande de présenter Bandwidth, nouvelle référence de la discographie de son Circulasione Orchestra, Frode Gjerstad répond : « Il s’agit de trois concerts donnés à Moers (premier CD), Molde (deuxième CD) et Zurich (troisième CD) qui permettra à ses auditeurs de se faire une idée de ce à quoi nous travaillons en ce moment… Tout est improvisé librement et je crois qu’il y a un lien entre ce que nous faisons et l’Aghartha de Miles Davis et les derniers grands orchestres de Gil Evans. Ainsi, je pense que nous faisons partie d’une grande tradition, ce qui se confirme lorsqu’on s’intéresse dans le détail aux musiciens qui jouent ici. La différence d’âge entre le plus jeune et le plus âgé des musiciens de l’orchestre est de 50 ans, et c’est à la fois important et bon pour la musique : parce que tout le monde en démontre constamment. »*

Dans cet orchestre-là, on trouve en effet le cornettiste Bobby Bradford et le guitariste Anders Hana, les batteurs Louis Moholo, Hamid Drake ou Paal Nilssen-Love, le saxophoniste Sabir Mateen, le vibraphoniste Kevin Norton, le contrebassiste Ingebrigt Håker Flaten ou encore Lasse Marhaug à l’électronique. Sur chacun des trois disques, quatre plages hésitant entre un swing sans cesse remis en cause par une suite d’emportements (Bradford, d’abord, soutenu dans ses provocations par une section de cordes récalcitrantes lorsqu’il ne préfère pas inoculer un peu de blues à l'improvisation), un free prononcé et des monceaux d’électroacoustique nébuleuse.

Dirigeant peut être davantage l’improvisation qu’il conduit l’orchestre, Gjerstad décide avec un aplomb majestueux des reliefs à donner aux paysages sonores traversés par l’ensemble. Rampant pour plus de discrétion ou affirmant avec autant d’acharnement que Brötzmann lorsqu’il animait ses Machine Gun Sessions, le saxophoniste compose avec intelligence, réamorce ses progressions musicales de différentes et toujours belles manières jusqu’à ce que la raison reprenne le dessus : l’orchestre termine sur une répétition timide du vibraphone.

Lorsqu’on lui demande de se souvenir de ces concerts joués au sein du Circulasione Orchestra, Kevin Norton : « J’ai été heureux de revenir à Moers en compagnie de Frode. J’y étais déjà venu avec Fred Frith et Keep the Dog, mais il me semblait que j’avais évolué depuis en tant qu’improvisateur. Je me souviens de l’atmosphère de Moers, des campeurs dans les parcs tout autour de l’endroit du festival, c’était très agréable. J’ai aussi pensé qu’y jouer en compagnie de Frode vaudrait le coup parce que notre travail ensemble est très important pour moi, pour mon développement en tant que chercheur sonore. Il y a certains sons, approaches ou techniques, qui m’ont été révélées en jouant avec Frode. »* Kevin Norton, de conclure ici aussi. 

Première des cinq parties d'un concert donné par l'une des incarnations du Circulasione Orchestra à Stavanger en 2008. L'intégrale est à retrouver ici. La chronique d'Open Port . 

Frode Gjerstad Circulasione Orchestra : Bandwidth (Rune Grammofon / Amazon)
Edition : 2009.
CD1 : 01-04/ Yellow Bass & Silver Cornet II (Part 1-4) – CD2 : 01-04/ Yellow Bass & Silver Cornet III (Part 1-4) – CD3 : 01-04/ Dancing in St. Johan IV (Part 1-4)
* Propos de Frode Gjerstad et Kevin Norton recueillis fin novembre 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Paul Dunmall : Deep (FMR, 2009)

dunmalldeepsli

L’étrange couverture de Deep faisait craindre le pire pour la forme de ce reportage consacré à Paul Dunmall. La suite confirma la crainte. Heureusement, reste Paul Dunmall.

Sur la forme, le film multiplie en effet maladresses et lourdeurs : inventivité quasi nulle, montage fait à la hache et illustrations sonores enfilées sans le moindre rythme et avec encore moins d’à-propos. C’est donc le sujet qui l’emporte ici : Paul Dunmall revenant face caméra sur son parcours : enfance auprès d’un père batteur, premières leçons de clarinette et premier voyage aux Etats-Unis (Alice Coltrane, Johnny Guitar Watson), retour à Londres et nouvelles expériences musicales (entendre Louis Moholo, jouer aussi bien auprès de Tim Richard que de Danny Thompson).

Parfois, on oublie un peu le parcours chronologique pour donner quelques preuves de réel : extraits de concerts (avec le Profound Sound Trio, notamment), vision de Dunmall passant en revue ses instruments-fétiches ou témoignages de quelques-uns des partenaires du saxophoniste (Paul Rogers, Hamid Drake). Ces preuves redisent ainsi la complexité et l’importance du personnage, qui méritait mieux qu’un reportage de décrochage régional mais dont l’humilité saura sans doute s'en satisfaire.

Paul Dunmall : Deep (FMR)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Indigo Trio: Anaya (Rogue Art - 2009)

anayasli

A force de jouer ensemble, Nicole Mitchell (flutes, piccolo), Harrison Bankhead (contrebasse, violoncelle) et Hamid Drake (percussions), auront fini par composer cet Indigo Trio dont Anaya est le premier enregistrement.

Ouvert sur un air efficace de great black music œcuménique (Sho Ya Right), Anaya nuance ensuite son propos : à coups de combinaisons d’impressions magnétiques et de tourmentes soudaines (A Child’s Curiosity) ou d’épreuves d’une musique intense pour être née de l’accord de trois concentrations (Song for Ma'at (Ma-ah-t)). 

Lorsqu’elle ne se laisse pas dépasser par l’art de ses partenaires (l’association se montre alors capable de tiédeur sur Anaya with the Moon ou Beloved’s Reflection), Mitchell se montre inspirée comme rarement auparavant : son lyrisme habituel transcendé par l’allure qu’elle a ici d’un oiseau emporté par les courants contraires et pourtant chantant juste : Wheatgrass et Anaya with the Sunlight en guise de meilleures preuves. Voilà pourquoi Anaya aura gagné le statut de référence de la discographie de la flûtiste.

CD: 01/ Sho Ya Right 02/ A Child's Curiosity 03/ Anaya with the Sunlight 04/ Song for Ma'at (Ma-ah-t) 05/ Beloved's Reflection 06/ Wheatgrass 07/ Anaya with the Moon 08/ Affirmation of the One >>> Indigo Trio - Anaya - 2009 - Rogue Art.


William Parker: Petit oiseau (AUM Fidelity - 2008)

Parkeroisli

Troisième référence de la discographie de ce qu’il est maintenant possible d’appeler le quartette classique de William Parker – là : le saxophoniste et clarinettiste Rob Brown, le trompettiste Lewis Barnes et le percussionniste Hamid Drake –, Petit oiseau en atteste, en plus, les progrès.

Tirées de ses rêves, de sa poésie, voire, d’un idéalisme sur lequel il bâtit son espoir, les compositions de Parker font le terreau idéal à l’entente du quartette sur un post-bop réfléchi (Petit oiseau), une pièce atmosphérique rêveuse (Dust from a Mountain) ou quelques insistances véhémentes profitant de l’inspiration de Brown. En musicien révérant, le contrebassiste rend aussi quelques hommages (au contrebassiste Malachi Favors ou au trompettiste Alan Shorter), se souvient pour avoir compris, retenu, et pouvoir réinventer toujours.

CD: 01/ William Parker Quartet 02/ Talaps Theme 03/ Petit Oiseau 04/ The Golden Bell 05/ Four for Tommy 06/ Malachi’s Mode 07/ Dust From a Mountain 08/ Groove Sweet >>> William Parker - Petit Oiseau - 2008 - AUM Fidelity. Distribution Orkhêstra International.


Guy Girard: Sainkho Namtchylak (La Huit - 2008)

sainkhonamtchisli

Dans le film que consacre le réalisateur Guy Girard à Sainkho Namtchylak – à  l’occasion du concert qu’elle donna en 2004 au festival Banlieues Bleues –, la chanteuse explique souvent ne rien ressentir lorsqu’elle chante. L’explication, refusant le poncif, emboîte ainsi le pas à une pratique vocale hors-norme, que Namtchylak interroge seule, s’échauffant, ou accompagnée : ici, par William Parker et Hamid Drake.

Entre un aller et un retour fantasmés de concert (plan fixe la retenant en taxi), Sainkho Namtchylak ferme les yeux sur scène, semble se laisser happer par le vide, pour donner quelques preuves de vérité que ses partenaires se chargeront d’encadrer. Pendus aux lèvres de la chanteuse, Parker et Drake osent quelques accents, imaginent la suite à venir et parfois la précèdent, se montrent, comme à leur habitude, sensés et délicats. De répétitions enivrantes en discussions découses, l’avant-garde improvisée et nouvelle, jusqu’au développement d’une musique sans frontières et encore convaincante : William Parker à la flûte, Hamid Drake au tabla, Sainkho Namtchylak seule avec eux.

Guy Girard - Sainkho Namtchylak - 2008 - La Huit, collection Freedom Now.



Commentaires sur