Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Tetuzi Akiyama, Gul 3 : Naro's Expedition (Monotype, 2009)

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Le trio suédois Gul 3 s’était par le passé montré convaincant pour arriver à composer dans la lenteur avec des gestes improvisés que le musicien veut souvent secs. Sur Nero’s Expedition, enregistré en 2006, le groupe apparaît aux côtés du guitariste Tetuzi Akiyama.

Alors, les cordes tirées ensemble par Akiyama et Leo Svensson (violoncelle) tracent de longues parallèles avant qu’un parasite sorte d’un ampli, que le saxophone de Johan Arrias propose pour tout discours une faible mélodie inaugurant une série de dérapages sous distorsions : le hic étant que la progression improvisée s’en remet trop aux bruits et aux faibles provocations, décorum stérile sur lequel elle a beau lutter après s’y être laissé aller : elle ne pourra plus rien contre le vide, ne trouvant même pas dans le soudain changement de cap (guitare classique sans effets maintenant et silences insérés) l’opportunité de convaincre enfin. Expédition peu convaincante, croisière sur le Nil bateau.

Tetuzi Akiyama, Gul 3 : Nero’s Expedition (Monotype)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
A01/ Nero’s Expedition Up the Nile A02/ Failed A03/ The Water Hyacynths B01/ Clogged the River B02/ Denying Nero’s Vessels Passage B03/ Through the Sud of Nubia
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Gul 3: Singlar 2005 (Headspin Recordings - 2005)

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Depuis 1999, le trio suédois Gul 3 dérive au gré d’une musique improvisée originale, proche d’un free jazz downtempo, ou d’un cool jazz déconstruit, au choix. L’écoute de Singlar 2005, troisième album du groupe, ne déroge pas à la règle, et remet à plus tard l’intention du classificateur de départager les deux appellations.

Dans les pas du trio Jimmy Giuffre / Paul Bley / Steve Swallow, Gul 3 développe donc un jazz minimaliste, leste et frondeur : aux marges qu’il reconnaît – notamment celles instituées par les percussions d’Henrik Olsson -, Johan Arrias oppose, minutieux, les phrases déliées d’un alto lâche (Good Vibrations, Ring of Fire), adepte, quelques fois, d’un retour à la mélodie (Stayin’alive, Bad).

En guise de contrebasse, le violoncelle de Leo Svensson, qui dépose à point nommé ses pizzicatos discrets quand il ne préfère pas, penché sur une scie musicale, confectionner des harmoniques en compagnie du saxophoniste (Purple Rain) – comme Olsson laisse choir ses percussions pour intervenir sur orgue Hammond ultra léger (Transformer) ou sur Wurlitzer (Iron Man), au nom d’une diversité jugée tout à coup nécessaire.

Deux fois seulement, Singlar 2005 cèdera aux tensions (Rock Steady, Bad). Partout ailleurs, l’album aura profité de l’approche musicale originale et racée de Gul 3. Inattendue et saisissante.

CD: 01/ Forever Young 02/ Good Vibrations 03/ Purple Rain 04/ Eye of the Tigger 05/ Rock Steady 06/ Ring of Fire 07/ Transformer 08/ Bad 09/ Iron Man 10/ Stayin’alive 11/ The Deaf Will Hear

Gul 3 - Singlar 2005 - 2005 - Headspin Recordings.

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