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Pharoah Chromium : Electric Cremation (Grautag, 2011)

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Projet d’un certain Ghazi Barakat, transformiste et musicien aus Berlin (je vous conseille une photo où il pose en bas noirs à têtes de mort et bottillons rouges), Pharoah Chromium met les petits plats – dix-huit étranges titres – dans les grands – un double LP – pour sa première production discographique (à l’âge respectable de 46 ans, mes frères) sous ce nouveau pseudonyme. Déjà auteur sous le moniker de Boy From Brazil de la galette Pointless Shoes sortie sur Tigerbeat6 en 2005, notre homme est une figure totalement culte du Berlin des nouvelles années folles, entre dadaïsme électro-pop grinçant et divagations arty pour revue chic et choc.

Collaborateur occasionnel des toujours allumés Stereo Total, notre héros trouve en la structure Grautag Records (dont c’est la troisième sortie) un pendant à ses délires sonores follement éclatés. Manifestement passionné des collages en tout genre, on songe plus d’une fois à un Ghédalia Tazartès propulsé dans une Kosmische galaxie, Pharoah Chromium a divisé son opus en quatre épisodes nettement distincts. Le premier, Atomic, se veut une réflexion sur la catastrophe de Fukushima – après tout, si c’est lui qui le dit. Son élément le plus intéressant est une reprise en… Hébreu d’Elli & Jacno (L’Age Atomique, Suite Et Fin), qu’il confronte à, tenez-vous au slip, à Tim Hecker.

Seconde face de l’ensemble, Feral s’imprègne d’une noirceur très SF. Tel un cheminement zarbi entre Coil et Xela dans les méandres atomiques d’un monde en putréfaction, tendance hôpital explosé aux psychotropes, les cinq versants explosent les canevas – et c’est pas sûr qu’on ait tout saisi à la troisième écoute. Le second vinyle propose une très intéressante vision du krautrock, plus exactement de la Kosmische Musik (Ghost). Débraillée à l’aune du new age, elle fait le saisissant effet d’un Eyes Like Saucers (ou d’une Pauline Oliveros au bandonéon) en total revival Tangerine Dreams – si, c’est possible. Dernière boucle du quarteron, Arabic intègre, on s’en doute, des éléments arabisants, ils sont heureusement nettement plus psychés que clichés. Basé sur des boucles de deux joueurs de saz turco-berlinois, ils lancent un ultime défi hallucinogène des plus réjouissant. Dont acte.

Pharoah Chromium : Electric Cremation (Grautag Records / Souffle Continu)
Edition : 2011.
LP : 01/ Luotasi 02/ Henki 03/ Lipite 04/ Narri 05/ Vantaa 06/ Lauma 07/ Levite
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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