Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Spéciale Agitation FrIIteEn librairie : Eric Dolphy de Guillaume Belhommele son du grisli #3
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Jean-Marc Montera, Yves Robert, Gérard Siracusa : Anna S. et autres histoires (GRIM, 2012)

montera robert siracusa anna s

Comme Raymond Boni par exemple, Jean-Marc Montera fait partie de ces guitaristes qui peuvent se fondre dans milles atmosphères. Ici, nous sommes loin de l’ambiance des disques enregistrés avec Loren Connors et Thurston Moore, avec Lee Ranaldo ou encore Mike Cooper. Ici, il improvise avec Yves Robert et Gérard Siracusa.

C’est donc une toute autre aventure, qui date de 1983 et s’est déroulée à Dunois (c’est normalement nato qui se charge de faire reparaître les disques qui y furent enregistrés). Cette fois, c’est au GRIM (ô combien cher à Montera), d’accoucher de la réédition (sur LP, noblesse oblige). Pour notre plus grand bonheur, d’ailleurs, puisque qu’on y entend le guitare-héros évoluer avec un tromboniste volant et un batteur électrique. Montera compte ses effets et sa préoccupation est moins de faire hurler sa six cordes que de créer des champs magnétiques.

Sûr que Dunois a vu ce jour-là des nuages pastels se déplacer entre ses murs. Les musiciens s’y sont cachés, y ont fait des trous ou les ont dissipés, au choix. Au final, leur jeu a anéanti tous les styles qu’on serait tentés de post-iter sur le front des musiciens : impro, rock, expé, noise, concret… Osera-t-on le terme d’ambient rock ? d’expérimentation abstraite ? d’évanescence concrète ? ou enfin, de préludes féériques qui vont pas mal à l’évocation de cette mystérieuse Anna S.

Jean-Marc Montera, Yves Robert, Gérard Siracusa : Anna S. (GRIM)
Enregistrement : 11 et 12 avril 1983. Edition : 2012.
LP : A1/ Anna S. A2/ Invitus-Invitam A3/ Partage A4/ Les métamorphoses d’une illusion A5/ Le jeune-homme’s mère A6/ Tokonoma B1/ Dan, mouvement tremblé B2/ Une certaine inclinaison B3/ Le rêve d’Antiochus B4/ Rivières
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Un drame musical instantané : A travail égal salaire égal (Klang Galerie, 2017)

un drame musical instantané à travail égal

A l'occasion de la parution du deuxième volume d'Agitation Frite, le son du grisli s'intéresse à de récents disques sortis par des musiciens qui s'y trouvent interrogés par Philippe Robert. Après Richard Pinhas et Romain Perrot, c'est aujourd'hui le tour de Jean-Jacques Birgé.

J’ai connu des Belges moins dramatiques. Et des Suisses moins instantanés. Il fallait que ce soit en France qu’on invente cette musique (de revendication si l’on en croit le titre), et en grands orchestres en plus. C’est (triple roulement de trompettes)… Un drame musical instantané (remastérisé avant d'être... réédité).

Le pluriel va d’ailleurs pas mal à la triplette Jean-Jacques Birgé / Bernard Vitet / Francis Gorgé. Un truc qui te remue le Quai de Seine comme d’autres font tomber des poissons de cymbales qu’ils secouent pour en sortir des notes (les rustres). Un trio qui t’adjoinise (yep) les services d’improvisateurs upper-class : la voix de Vitet passée à l’envers (pas toujours car parfois ralentie, etc., à vous de vous faire une idée) avec dessus Kent Carter, Jouk Minor ou Gérard Siracusa c’est pas (peu) rien. Ça colle et ça pique comme à la radio (on entend Johnny ou Sardou, des cordes, des pics du Tour de France… tout ça en direct des années 80) mais après l’amusement primal je dois bien avouer que la pièce-montée m’a montée à la tête… 

La suite est pas mal (en fait : bien mieux même). J’ai l’impression d’y entendre un grand (oui vraiment grand) orchestre qui tourne autour du Let’s Get Lost de Chet Baker. C’est assez surprenant au début, on tend l’oreille, on s’inquiète pour le standard et bong… le standard cacophonise. Mais bellement (et non pas « bêêêêlement » comme tous les autres orchestres du Conservatoire). Après ça je retombe sur mes pattes de mouton à oreilles : La preuve par le grand huit ne me fait pas grand-chose. Je lis sur le CD que Didier Petit joue du cello et que Lasse Marhaug joue du marimba. Et en fait non, c’est Jacques Marugg qui joue du vibraphone. Diantre, on n’est pas à une surprise près. Birgé / Gorgé / Vitet a encore réussi son coup.

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Un drame musical instantané : A travail égal salaire égal
Klang Galerie, 2017
Enregistrement : 1981-1982. Edition : 2017
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Gérard Siracusa: Drums Immersion (Signature - 2008)

Siracusli

Membre fondateur – depuis échappé – du GRIM, batteur discret mais entendu pourtant auprès de Raymond Boni, André Jaume, Yves Robert ou Mark Dresser, Gérard Siracusa réimpose sur Drums Immersion son art de batteur solitaire. 

Après avoir adressé un clin d’œil à Max Roach (Rouge rappelant les motifs de The Drums Also Waltzes), Siracusa déploie un savoir-faire polyphonique éclatant, qui peut prendre les atours d’une injonction martiale (Flagrance) ou d’une exploration sonore plus inquiète (Immersion), d’interventions tirant leurs substances premières des silences qui les séparent (Monologue, Illusion) ou d'exercices d’un jazz plus cadré (Hommage).

D’une démonstration mise au service de ses inventions ou d’instincts créatifs venant fleurir le parcours arrêté de la mécanique insoupçonnable de maladresse, Siracusa convainc, de Rouge à Hommage, soit : d’un bout à l’autre de Drums Immersion.

CD: 01/ Rouge 02/ Flagrance 03/ monologue 04/ Immersion 05/ Emergence 06/ Illusion 07/ Hommage >>> Gérard Siracusa - Drums Immersion - 2008 - Signature, Radio France.

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