Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofskyle son du grisli sur twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Calling Signals: s/t (Loose Torque - 2005)

callingsliDatant de 1996, cet enregistrement de Calling Signals voit Frode Gjerstad et le contrebassiste Nick Stephens improviser aux côtés du batteur Louis Moholo et du guitariste Hasse Poulsen. Ainsi configuré, le groupe hésite entre émulation plus que soutenue et moments d’évolution lasse.

Au saxophone alto, Gjerstad mesure chacune de ses interventions jusqu’à ce que la guitare électrique multiplie les assauts saturés. Peu convaincant dans cet exercice, Poulsen n’en persuade pas moins ses partenaires de donner avec lui dans les charges virulentes : premier et deuxième morceaux du disque, sauvés toutefois par le savoir-faire de Gjerstad (Fjord Deep, Mountain High) et de Moholo (Threeways Meet).

Heureusement, le quartet sait ensuite accorder ses intentions diverses : sur l’ondulation fragile de The Breeze and Us ou au son de l’entente irréprochable d’un alto frénétique et d’un archet grinçant sur la première partie de Crossing the Bar ; à l’origine, ailleurs, d’un climat ample fait d'une combinaison de plaintes longues et d’attaques sèches de guitare (The Last Three Notes).

C’est que Poulsen aura su revenir d’où il s’était égaré. Auteur, même, de propositions pertinentes : postures bruitistes adoptées avec plus de retenue (Unanticipated Turns) ou recherche minutieuse consacrée au son juste – larsens et plaintes discrètes – trouvant sa place sans insistance (Crossing the Bar). Histoire de prouver l’adresse de chacun des 4 musiciens à l’origine d’une des premières moutures de Calling Signals.

CD: 01/ Fjord Deep, Mountain High 02/ Threeways Meet 03/ Crossing the Bar 04/ Dots and Dashes 05/ The Last Three Notes 06/ Drum’n’Bass 07/ Unanticipated Turns 08/ Breeze And Us

Calling Signals - s/t - 2005 - Loose Torque.

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Frode Gjerstad, Kjetil Brandsal : Antiphonic (Utech, 2006)

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Antiphonic – tirage limité à 200 exemplaires – trouve Fröde Gjerstad (basse saxophone, clarinette) et Kjetil Brandsal (basse électrique) improvisant au son d’un mélange de jazz et de rock soutenu. Forcément expérimental, et sans concessions.

Distribuant larsens et saturations, Brandsal se charge du bruitisme électrique tandis que Gjerstad, en réponse, élabore des précipitations aiguës de clarinette (01) ou fait de stridences de saxophone quelques parallèles convaincants aux larsens de la basse (03). Soit, rien de compliqué, les élans partis plutôt à la recherche du bruit efficace. Ou encore, de la confection patiente d’une pièce offerte aux instincts les plus libres de Gjerstad, qui profite sur 02 de l’espace concédé par les oscillations discrètes de la basse, ou d’une progression sombre et grouillante croulant sous les plaintes rauques du saxophone. Autrement encore, le duo peut rappeler la collaboration de Zu et Spaceways Inc, puisqu’il combine un rock orienté métal aux divagations free des instruments à vent. Furieux, extrême sans doute, mais honnête et décisif.

Frode Gjerstad, Kjetil Brandsal : Antiphonic (Utech Records)
Edition : 2006.
CD : 01/ 01 02/ 02 03/ 03 04/ 04 05/ 05 06/ 06
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Frode Gjerstad: The Welsh Chapel (Cadence - 2002)

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Auprès d’une section rythmique dont l’intimité n’était déjà, en 2002, plus à démontrer – celle formée par le contrebassiste John Edwards et le batteur Mark SandersFrode Gjerstad passe de la clarinette basse au saxophone alto, et mène une autre forme d’improvisation efficace.

Lorsqu’il ne sert pas une pièce arythmique de la taille de The Welsh Chapel: Part 5 – déconstruit forcément, mais d’une déconstruction mesurée -, le trio rend une musique jouant de ses connaissances : ainsi, le free jazz de Gjerstad investit les intonations funk d’Edwards (Part 1) ou le swing imposé par la batterie de Sanders (Part 3).

Ne s’interdisant pas de recourir à la mélodie (Part 4), le saxophoniste tire des musiciens qui l’accompagnent un atout supplémentaire et complémentaire, qui met autrement au jour ses qualités. Assurant en quelque sorte la direction du set, Sanders et Edwards permettent au leader, débarrassé de ses obligations de surveillance, les digressions les plus fantasques et les envolées les plus extrêmes (Part 2). Qui élèvent encore un peu le champ de ses possibilités.

CD: 01/ The Walesh Chapel: Part 1 02/ The Walesh Chapel: Part 2 03/ The Walesh Chapel: Part 3 04/ The Walesh Chapel: Part 4 05/ The Walesh Chapel: Part 5

Frode Gjerstad, John Edwards, Mark Sanders - The Welsh Chapel - 2002 - Cadence Jazz Records.

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Calling Signals: Dreams in Dreams (FMR - 2005)

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Fondé en 1995 par Frode Gjerstad et le contrebassiste Nick Stephens, Calling Signals – ensemble qui aura compté parmi ses membres Paul Rutherford ou Louis Moholo – improvisait encore récemment et interrogeait les possibilités de cohabitation entre clarinettes, contrebasse, batterie et accordéon.

S’occupant d’abord de tendre la toile de fond des débuts de Dreams, l’accordéoniste Eivin One Pedersen, gagné aussi par la ferveur, ne cesse de prendre du galon. Seul instrument à servir un rien de mélodie, il pourra canaliser les intentions insaisissables du quartette (Dreams In Dreams In) ou servir une soul empreinte de folk (Dreams In Dreams In Dreams).

C’est que Gjerstad laisse beaucoup de place à Pedersen, lorsqu’il ne distribue pas des phrases furtives sur un rythme langoureux (Dreams In) ou ne propose de jolies trouvailles décidant d’arrangements sur l’instant (la lente chute des corps et instruments, sur Dreams In Dreams).

Saluer, enfin, l’assurance de la section rythmique: Stephens, capable de pizzicatos aussi frénétiques que discrets ; Paal Nilssen Love, à la batterie, auteur d’élans denses et concis, qui n’en finissent pas de proposer les éclairages différents. Pour parfaire l’inspiration d’un quartette inédit autant que convaincant.

CD: 01/ Dreams 02/ Dreams In 03/ Dreams In Dreams 04/ Dreams In Dreams In 05/ Dreams In Dreams In Dreams

Calling Signals - Dreams in Dreams - 2005 - FMR.

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Frode Gjerstad: Ultima (Cadence Jazz - 1999)

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Enregistré en 1997 lors de l’Ultima Festival d’Oslo, Ultima voit le saxophoniste Frode Gjerstad évoluer plus haut encore, porté par une section rythmique de choix, constituée du contrebassiste William Parker et du batteur Hamid Drake.

Commencée entre deux rythmes, l’heure d’improvisation évolue forcément au gré d’intentions toujours nouvelles: swing immédiat de Parker sur lequel le saxophoniste déploie, ample, phrases indépendantes et réponses attendues ; élaborations nébuleuses et aiguës de Gjerstad ; déstructuration rythmique de Drake, qui n’hésite pas à aller voir soudain du côté du binaire, ou interroge plutôt quelques influences latines.

Intense, un grand solo de batterie sonne la demi-heure de jeu, après laquelle le trio adopte un rythme de croisière plus stable, servant des répétitions envoûtantes et allant decrescendo. Le solo de Gjerstad, ensuite, sensible et sifflant free. Jusqu’à ce que Parker et Drake reviennent pour conclure, l’un déposant un gimmick, l’autre laissant courir ses doigts sur les toms. Au son gracieux d’une improvisation maintenant apaisée.

CD: 01/ Ultima

Frode Gjerstad Trio - Ultima - 1999 - Cadence Jazz Records.

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Frode Gjerstad, John Stevens: Let’s Just Keep Going (FMR - 2005)

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Répétition d’un concert donné plus tard en compagnie du contrebassiste Kent Carter, Let’s Just Keep Going sera le dernier duo enregistré par le saxophoniste norvégien Frode Gjerstad et le batteur anglais John Stevens. Dernier souvenir d’une collaboration aussi soutenue que subtile.

Dès le commencement, l’improvisation est vive: Stevens, imposant de constance, et Gjerstad, s’amusant à l’alto de répétitions entêtantes (Part 1). S’emparant d’un cornet, le batteur instigue ensuite des parallèles longues aux phrases du saxophone avant de retrouver son instrument: accompagnant, dévoué, la course de Gjerstad (Part 2, Part 5), ou co-leader inventif autant que son partenaire (Part 3).

Imbriquant sur la quatrième plage un swing goguenard et un free décisif sur rythme changeant, le duo prouve - dans le même temps qu’il décide de n’en faire qu’à ses têtes - sa considération sincère pour le jazz, tout en servant avec emphase une de ses nombreuses ramifications.

Enregistré en 1994, année de la mort du batteur, Let’s Just Keep Going fait figure de conclusion, et rappelle tout en faisant aussi bien qu’elles les œuvres construites ensemble par John Stevens et Frode Gjerstad. A deux ou aux côtés de musiciens tels que Johnny Dyani, Eivin One Pedersen ou Bobby Bradford.

CD: 01/ Let’s Just Keep Going (Part 1) 02/ Let’s Just Keep Going (Part 2) 03/ Let’s Just Keep Going (Part 3) 04/ Let’s Just Keep Going (Part 4) 05/ Let’s Just Keep Going (Part 5)

Frode Gjerstad, John Stevens - Let's Just Keep Going - 2005 - FMR.

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