Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Steve Lacy (unfinished)le son du grisli sur InstagramMy Bloody Valentine : Loveless de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Boris Hauf : Proxemics / Next Delusion (Creative Sources / Clean Feed, 2011)

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Cette aire de jeux en couverture (une moitié de terrain) pourrait être la partition graphique dont l’association inattendue de Boris Hauf (saxophones), Juun (Judith Unterpertinger, piano), Keefe Jackson (clarinette contrebasse et saxophone ténor) et Steven Hess (batterie, électronique), suivrait les lignes avec concentration. Si ses règles ne sont pas arrêtées, le jeu est toujours le même : remise en cause de la ligne écrite, que chacun des musiciens peut, s’il l’entend, prolonger en plein ciel.

Et l’appel du large est irrésistible – les vents se croisent, fomentent et achoppent – et même inspirant : plusieurs formules électroacoustiques sont ici essayées : mises bout à bout, elles rivalisent de subtilités et leurs moments polymorphes s’emboîtent avec nonchalance. Si leur harmonie est parfois empêchée, c’est parce que les intervenants préfèrent passer pour perturbateurs plutôt que pour musiciens. C’est ce qui rend Proxemics attachant, alors qu’il était déjà perturbant et musical.

Boris Hauf, Steven Hess, Keefe Jackson, Juun : Proxemics (Creative Sources)
Enregistrement : avril 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Public 02/ Social 03/ Personal
Guillaume Belhomme © le son du grisli

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Enregistré à la même époque que Proxemics, Next Delusion donne à entendre Boris Hauf conduire un sextette dans lequel prennent place Steven Hess (batterie, électronique) et Keefe Jackson (saxophone ténor et clarinette basse) et puis Jason Stein (clarinette basse), Frank Rosaly et Michael Hartmann (batteries). Là, les vents progressent à l’unisson, que les tambours attisent puis contraignent. Des graves sinueux se répandent au sol et bientôt les rôles sont distribués : série de duels, pour l’essentiel, qui arrangent l’ensemble par modules. L’intérêt de l’auditeur variant au gré des inspirations.

Boris Hauf Sextet : Next Delusion (Clean Feed / Orkhestra International)
Enregistrement : Avril 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Gregory Grant Machine 02/ Eighteen Ghost Roads 03/ Fame & Riches 04/ Wayward Lanes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Dave Rempis, The Engines, Vandermark 5, Resonance

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rempis475The Rempis Percussion Quartet : Montreal Parade (482 Music, 2011)
En janvier 2010, The Rempis Percussion Quartet enregistrait en studio ce Montreal Parade. Accueillant le contrebassiste Ingebrigt Håker Flaten, Dave Rempis (alto, ténor, baryton) et sa paire de batteurs (Tim Daisy et Frank Rosaly) redonnaient des preuves d'invention commune sur d'autres structures roulantes : This Is Not a Tango et If You Were a Waffle and I Were a Bee. Ici, le saxophoniste dépose des notes longues pour amortir les chocs nombreux ; là, en esquive d'autres, les maîtrise à force d'introspections puis fête la réconciliation au son d'une conclusion furieuse. [sortie : 22 mars]

engines75The Engines : Wire and Brass (Okka Disk, 2010)
Suite des aventures mécaniques de Dave Rempis, Jeb Bishop (trombone), Nate McBride (contrebasse) et Tim Daisy (batterie), Wire and Brass délivre deux autres compositions du saxophoniste et puis trois signées McBride ou Daisy. Tandis que ces dernières (Trouble Distribution, Next Question, Red Cage) taillent en pointes tous reliefs, les compositions de Rempis (Four Fleet of Slush, Free Range) distribuent les solos pour mieux s'en nourrir. Exhubérant partout, l'alto peut rappeler celui d'Ornette Coleman des origines ou progresser en roue libre davantage encore – déstabilisant alors à coups d'inventions brutes le swing léger qui inspire depuis toujours The Engines.

v575The Vandermark 5 : The Horse Jumps and The Ship Is Gone (Not Two, 2010)
Sous le titre The Horse Jumps and The Ship Is Gone, deux disques reviennent sur autant de soirées de concerts donnés à Chicago en juin 2009 par un Vandermark 5 passé à sept pour avoir intégré le trompettiste Magnus Broo et le pianiste Havard Milk. Alternant grandes plages de musique climatique et écarts fiévreux, le groupe parvient à faire preuve de cohésion (sur Cadmium Orange, par exemple) si le piano de Milk ne le lui interdit pas pour pêcher par excès de facilité voire de convention. Rempis à l'alto et au baryton (New Weather) ne cesse, lui, de redire son entente avec Ken Vandermark.

resonance75Resonance : Kafka in Flight (Not Two, 2011)
Enregistré à Gdansk à l’automne 2009, The Resonance Ensemble traitait trois pièces de son meneur, Ken Vandermark. En élément assuré d’une formation d’exception – autres présences affichées dans l’ordre alphabétique : Magnus Broo, Tim Daisy, Per-Ake Holmlander, Steve Swell, Mark Tokar, Mikolaj Trzaska, Michael Zerang et Waclaw Zimpel –, Rempis servait au ténor et à l’alto une pièce de swing aux envies déconstruites (The Pier), un air pour brass band en patiente décomposition (Rope) et une composition hybride aux prises de becs hallucinés (Coal Marker). Suite logique et autre gage de qualité estampillée Resonance, dont le titre est Kafka in Flight


Jorrit Dijkstra : Pillow Circles (Clean Feed, 2010)

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Jorrit Dijkstra appartient à cette tribu de musiciens qui ne peuvent réduire leur musique à une seule sphère. Ainsi, après l’épisode chicagoan des Flatlands Collective (Jeb Bishop, Jason Roebke et Frank Rosaly poursuivent ici l’aventure), Pillow Circle confirme le désir qu’a le saxophoniste néerlandais d’instruire jazz, improvisation et musique contemporaine (et nouveauté : le rock avec un hommage au groupe Radiohead).

Mais là, où précédemment tout semblait délimité et à la limite du cadenassé, le présent CD prend le parti de faire s’enchâsser et se croiser les cellules. Ainsi, telle pièce débutée en improvisation libre trouvera-t-elle son salut dans une composition à tiroir(s) où s’aventurent de swinguant riffs de cuivres avant dislocation et transformation de la matière jazz en une masse bruitiste et saturante.

Hors des tournis et des zappings faciles, ne se gênant pas d’ouvrir large le spectre des contraires (montées ici, resserrements là), Jorrit Dijkstra, Tony Malaby, Jeb Bishop, Oene Van Geel, Paul Pallesen, Raphael Vanoli, Jason Roebke et Frank Rosaly réussissent là où d’autres ont échoué, à savoir réunifier avec fluidité quelques-uns des possibles de la musique d’aujourd’hui. A suivre donc…

Jorrit Dijkstra : Pillow Circles (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010 
CD : 01/ Pillow Circle 34 02/ Pillow Circle 41 03/ Pillow Circle 18 04/ Pillow Circle 55 05/ Pillow Circle 65 06/ Pillow Circle 88 07/ Pillow Circle 19 08/ Pillow Circle 10 09/ Pillow Circle 23
Luc Bouquet © Le son du grisli


Dave Rempis, Frank Rosaly : Cyrillic (482 Music, 2010)

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En dehors du Rempis Percussions Quartet, Dave Rempis et le batteur Frank Rosaly attestaient récemment de la bonne entente du duo avec lequel ils (et qu’ils) composent depuis 2004.

Solides, les structures porteuses mises en place par Rosaly – savoir-faire célébré encore il y a quelques jours de cela – permettent à Rempis d’aller et venir en toute décontraction et, parfois, malgré les apparences (râles inquiétants et souffles peinant au point de faire croire à l’enraiement du baryton sur Don’t Trade Here). Ailleurs, la mélodie légère d’Antiphony contrastera avec la déclamation extatique de Tainos, deux pièces sur lesquelles Rempis démontre une nouvelle fois de ses différentes façons de faire mais d'une même énergie féroce : la plus sévère de toutes capable de trouver des solutions au pire cas de figure : How to Cross When Bridges Are Out le temps duquel le saxophoniste répète une phrase, la réduit ou la compacte, la sectionne ou la transforme à loisir. Ludique feintant le facile, et surtout supérieur.

  Dave Rempis, Frank Rosaly : Duo Piece 1, 1/3, Center for Contemporary Art, Columbia, 2009.

Dave Rempis, Frank Rosaly : Cyrillic (482 Music / Instant Jazz)
Edition : 2010.
CD : 01/ Antiphony 02/ Tainos 03/ Thief of Sleep 04/ How to Cross When Bridges Are Out 05/ Still Will 06/ Don’t Trade Here 07/ In Plain Sight
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Dave Rempis, Jeb Bishop, Nate McBride et Tim Daisy, emmeneront The Engines en tournée européenne du 21 au 30 mars. Brest (Penn Ar Jazz), Poitiers (Carré Bleu) et Nantes (Pannonica) du 24 au 27. A Paris, toujours rien.   


Frank Rosaly : Milkwork (Contraphonic, 2010)

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La couverture de Milkwork est mauvaise conseillère : sur ce disque (LP vinyl blanc), le batteur Frank Rosaly –  souvent entendu auprès de Dave Rempis ou Fred Lonberg-Holm – s'adonne en solitaire à de brillantes études.

Introspectif, il fomente une construction rythmique peu à peu séduite par les saturations sorties de pédales d'effets, vagabonde sur une vignette sonore jouant des écarts de volume, poursuit ses recherches sur le son le temps de pièces hybrides avides d'autres déformations.

Ailleurs, il commande à d'autres instruments d'investir le champ expressionniste : accordéon supposé répétant deux notes sur une batterie chancelante (Zoquete, plus naïf dans sa conduite et à rapprocher des travaux de LaMonte Young) ou vient appuyer l'interventions de synthétiseurs ou d'oscillateurs  convoqués pour relever quelques progressions lasses. Enfin, il arrive à Rosaly d'improviser plus concrètement : NY Prices! et Truce démontrant d'un savoir-faire polyrythmique qui évoque les compositions pour batterie seule de Max Roach : Rosaly moins minutieux que son modèle mais profitant, comme d'un bout à l'autre de Milkwork, de folies généreuses.


Frank Rosaly, Adolescents. Courtesy of Contraphonic.

Frank Rosaly : Milkwork (Contraphonic)
Edition : 2010.
LP : 01/ Adolescents 02/ NY Prices 03/ Four Bright Red Dots 04/ Truce 05/ Zoquette 06/ NY Prices! 07/ Calcetines 08/ Burnshine 09/ He Junkin'
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Dave Rempis : The Disappointment of Parsley (Not Two, 2009)

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En concert à l’Alchemia de Cracovie, le saxophoniste Dave Rempis, sorti du Vandermark 5, démontre une autre fois à la tête de son Percussion Quartet toutes ses capacités de leader.

Le contrebassiste Anton Hatwich et les batteurs Frank Rosaly et Tim Daisy là pour l’épauler, Rempis passe d’alto en ténor et de ténor en baryton sous le coup d’une inspiration échevelée : qu’imposent dès l’ouverture les rebonds d’un grain âpre et le souffle résistant au swing instable du morceau-titre. Ayant donné avec Zoni une leçon de délicatesse – ballade lovée au creux des coups légers de Rosaly et Rempis et de l’assurance de l’archet d’Hatwich –, Rempis laisse aux batteurs le soin d’ouvrir C/Sold at Ten Percent Discount, qu’il développera ensuite en musicien inspiré par un thème de Julius Hemphill. La progression est tortueuse, s’essouffle ici avec distinction, pour refaire œuvre de contrariétés sur un gimmick de contrebasse revivifiant. La fin de l'enregistrement est à l’image de cette nouvelle référence de la discographie de Dave Rempis : encore plus affirmée et encore prometteuse.

Dave Rempis Percussion Quartet : The Disppointment of Parsley (Not Two)
Edition : 2009.
CD : 01/ The Disappointment of Parsley 02/ Zoni 03/ C/Sold at Ten Percent Discount
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Keefe Jackson's Project Project: Just Like This (Delmark - 2008)

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Réunissant onze musiciens (dont les Vandermarquables Jeb Bishop et Dave Rempis) auprès du saxophoniste Keefe Jackson, Project Project redit avec Just Like This les préoccupations – déjà remarquées sur Ready Everyday – de son leader : revenir aux origines du jazz afin de lui révéler quel sera son avenir.

Cuivres en avant, l’orchestre dresse ainsi un hommage au swing, régénéré soudain par quelques gestes neufs – clarinettes de Jason Stein sur Dragon Fly et de James Falzone sur Just Like This (ici, la tradition trop appuyée quand même) –, ou immisce un peu de free sur un développement alangui – le ténor de Jackson et la batterie de Frank Rosaly, pour beaucoup dans la réussite de Which Well.

Quelques digressions déconstruites, ici ou là, ne cachent jamais longtemps le lyrisme menant partout l’ensemble : sur Titled, plus qu’ailleurs encore, où il est imposé crescendo après que les musiciens auront haché une à une leurs interventions ; sur Wind-Up Toy, moins habilement, composition qui conclut, dans un souffle, un enregistrement souvent pertinent.

CD: 01/ Dragon Fly 02/ Grass Is Greener 03/ Titled 04/ Just Like This 05/ Which Well 06/ Wind-Up Toy

Keefe Jackson ‘s Project Project - Just Like This - 2008 - Delmark. Distribution Socadisc.


Fred Lonberg-Holm Trio: Terminal Valentine (Atavistic - 2007)

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Sur un troisième album exposant des Valentine en trio, le violoncelliste Fred Lonberg-Holm, ici en compagnie du contrebassiste Jason Roebke et du batteur Frank Rosaly, va d’inspirations grandioses en laisser-aller dommageables. De l’art de conclure par un point d’interrogation.

Aux interprétations remarquables sur lesquelles il réussit à sublimer un thème sous l’effet d’expériences qui remettent en cause sa nature même (Maybe It’s Too Late, Just Don’t Listen, There’s No Way) Lonberg-Holm oppose donc les méfaits de grands gestes emportés et faciles sur des pièces aléatoires (And You Smile, No One Will Ever Be Forgotten) quand elles ne sont pas tout simplement laborieuses.

Après A Valentine for Fred Katz et Other Valentines, Terminal Valentine sonne donc en demi-teinte l’heure de la conclusion. Celle aussi, sans doute, de passer à autre chose.


Fred Lonberg-Holm Trio, Three Note Song (extrait). Courtesy of Atavistic.

CD: 01/ Three Note Song 02/ Maybe It's Too Late 03/ And You Smile 04/ No One Will Ever Be Forgotten 05/ Just Don't Listen (To The Birds) 06/ There Never Was A Reason 07/ Shift Of The Eye 08/ There's No Way 09/ I Know You 10/ One For The Road.

Fred Lonberg-Holm Trio - Terminal Valentine - 2007 - Atavistic. Distribution Orkhêstra International.


The Rempis Percussion Quartet: Hunter-Gatherers (482 Music - 2007)

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Porté par une section rythmique renforcée (dans laquelle on trouve le contrebassiste Anton Hatwich et les percussionnistes Frank Rosaly et Tim Daisy), le saxophoniste Dave Rempis, membre du Vandermark 5, improvisait récemment en concert Hunter-Gatherers, troisième référence discographique de son Rempis Percussion Quartet.

Sans se plier au moindre code, le groupe profite de l’improvisation pour accorder ses nombreuses influences (free jazz, musiques latines et afrobeat), retournant quelques fois, à la manière des jazzmen de l’AACM, à la pratique d’un swing goguenard (A Night at the Ranch Part 2). Au ténor, à l’alto ou au baryton, Rempis mène son groupe d’incartades virulentes (More Green Than Giraffe) en répétitions grisantes affinées sous les coups de Daisy et Rosaly (Black Book), rappelle les lents déploiements du Lost Trio sous la contrebasse appuyée d’Hatwich (The Bus and The Canyon) comme il peut tout sacrifier à une improvisation de bon conseil. 

Brut et efficace, donc, Hunter-Gatherers. Qui élève Rempis au rang de digne successeur des jazzmen éblouissants made in Chicago. Ce que 482 Music a bien compris, faisant de cet enregistrement la 13e référence de sa "Document Chicago Series”.

The Rempis Percussion Quartet : Hunter-Gatherers (482 Music / Improjazz)
Edition : 2007.
CD1 : 01/ A Night at the Ranch Part 1 02/ The Bus and the Canyon - CD2 : 01/ More Green Than Giraffe 02/ Black Book 03/ A Night at the Ranch Part 2 04/ Larks and Loons
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Boxhead Ensemble: Nocturnes (Atavistic - 2006)

boxheadsliEmmené   par  le  guitariste   et   organiste  Michael  Krassner, Boxhead Ensemble signe avec Nocturnes son troisième album studio. Qui bâtit avec intelligence une musique électroacoustique prise dans les cordes.

Aux côtés de
Fred Lonberg-Holm (contrebasse, harmonica), Jacob Kolar (piano préparé) et Frank Rosaly (batterie), Krassner décide d’un monde diaphane mais changeant – construit sur des arpèges de guitare répétés (Nocturne 3) ou profitant du décor déposé par des percussions de terre ou de bois (Nocturne 7).

Capable d’une minuscule pièce baroque (Nocturne 4), l’ensemble convainc encore davantage lorsque Krassner mêle aux pizzicatos de violoncelle quelques inserts électroniques – reverses sensés ou nappes lointaines et chuintantes (Nocturne 8) – ou décore toujours la même atmosphère d’une mélodie timide osée par l’orgue (Nocturne 10).

Ainsi, Nocturnes aura évoqué à tour de rôle
Jenny Scheinman, Alexander Balanescu ou Fred Frith, tout en tissant un lien particulier avec une esthétique post-rock. Dont sa musique serait l’avatar studieux

CD: 01/ Nocturne 1 02/ Nocturne 5 03/ Nocturne 3 04/ Nocturne 8 05/ Nocturne 4 06/ Nocturne 7 08/ Nocturne 10

Boxhead Ensemble - Nocturnes - 2006 - Atavistic. Distribution Orkhêstra International.



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