Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Franck Vigroux : Ciment (DAC, 2014)

Franck Vigroux Ciment

Ce n’est pas un retour à la vie sauvage (la cabane dans les bois, sur la pochette du LP, m’a fait craindre un nouveau cas de Walden Syndrome), mais plutôt un repli chez soi qui fait le Ciment de Franck Vigroux. Le voilà libre, seul à la guitare, prêt à tirer dans tous les sens.

Et (ouf !) il jouit chez lui de l’électricité (ce qui peut être pratique si l’on veut brancher un ampli). Maintenant, que penser de ces dix instrumentaux bruitisto-mélodiques (dépend des fois) qui s’écoutent (là-dessus, pas de problème) mais qui manquent légèrement de personnalité ?

Car quand on a eu la chance d’entendre ce que Kevin Drumm, Henry Kaiser, Oren Ambarchi, Otomo Yoshihide, Derek Bailey bien sûr, ou même Ali Farka Touré, ont fait à la guitare dans le genre noisy, arpégé, improvisé ou blues du désert, on a du mal à saisir l’originalité des plans au calque de Vigroux. A moins que l’envie nous vienne d’écouter tous ces modèles réunis sur une seule et même galette. Alors, OK, Ciment pourrait faire l’affaire.

Franck Vigroux : Ciment (DAC)
Enregistrement : 2014. Edition : 2014.
LP : A1/ Reste à pique A2/ Marche à déployer A3/ Crève mais l’ombre A4/ Frotte A5/ Lambeaux – B1/ Monter soleil vers la crête B2/ Souviens-toi du premier B3/ Regarde aussi vers B4/ Que rien n’y pousse B5/ Dixième
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Reinhold Friedl, Franck Vigroux : Tobel (Alamuse, 2014) / Franck Vigroux : Entrailles (D'autres Cordes, 2013)

reinhold friedl franck vigroux tobel

Un chroniqueur n’a presque plus rien à présenter lorsque des musiciens ont la bonne idée de consacrer à un de leurs disques un site internet aussi bien fait que celui de Tobel. Reste à dire que Tobel est un CD qu’ont enregistré en duo Reinhold Friedl (Zeitkratzer)* et Franck Vigroux (Franck Vigroux)…

… pour aller un peu plus loin (quand même), on louera l’adhérence d’une composition où l’intérieur-piano du premier et l’électronique du second se trouvent de nombreux points communs. Cet amour des drones, par exemple, et les changements d’univers que peuvent provoquer le moindre tremblement. Ce qui fait qu'on passera, sur Tobel, d’une ambient en sourdine au chant de bataille sur lequel des coups de canons feront tomber un rideau de fumée électrique. Si vous ne voyez pas bien où je veux en venir, je vous conseillerai, vexé, d’aller faire un tour sur Tobel (le site).

Reinhold Friedl, Franck Vigroux : Tobel (Alamuse)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Tobel
Pierre Cécile © Le son du grisli

franck vigroux entrailles

Les belles images de Grégory Robin nous promènent dans l’étonnant Musée de la Mine, à Saint-Etienne. Installé dans la salle des pendus, Franck Vigroux donne un concert sans public, dans un genre indus-noise (voire techno expérimentale) qui m’a réconcilié avec le musicien. A la console, à la guitare (dans le sillage de Merzbow *, toutes proportions gardées), et retour à la console : réconciliant, en effet !

Franck Vigroux : Entrailles (D’autres Cordes)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
DVD : 01/ Muscle 02/ Poudres 03/ Batteries 04/ Comète 05/ Loup 06/ Vallée
Pierre Cécile © Le son du grisli

sonic protest 2014* Dans le cadre du festival Sonic Protest, Reinhold Friedl emmènera Zeitkratzer ce jeudi 10 avril à Paris, en l'église Saint-Merry où sont aussi attendus Merzbow et les trois DJ de Sounds of Silence.

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Archipel électronique Vol. 1 (D'autres cordes, 2011)

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La lecture des quelques noms « connus » à l’affiche de la présente compilation (Sébastien Roux, eRikm, Frank Vigroux, Bérangère Maximin) laissait entrevoir une série de découvertes importantes, sinon sympathiques, et le moins qu’on puisse dire est que nulle déception ne surgit à l’écoute des neuf plages d‘Archipel Electronique Vol. 1 – à tel point que j’espère déjà une suite.

Tout débute d’ailleurs de fort belle manière en compagnie de Christophe Ruetsch. Associé à l’Ensemble Pythagore et au collectif Eole, l’artiste français né dans le Gers dévoile une pièce totalement subtile (S.L.O.T), à la croisée de William Basinski, Giuseppe Ielasi et Phil Niblock qui, rien qu’à elle seule, vaut le détour. Davantage brumeuse, ponctuée d’une suite de bruitages qui soulèvent son intérêt, France Matraque de Franck Vigroux ne sort toutefois pas du lot séparant Xela de Deaf Center. De l’abstraction au concret, il n’y a qu’un pas, franchi sans complexes par eRikm. Fondée sur la sirène d’alerte des pompiers que nous connaissons tous, Une Canopée Aux Accidents évolue rapidement vers une méditation alanguie, reconvertie au finale en une cascade de grillons digitalisés. Tout autre est l’atmosphère de la Matrice d’Annabelle Playe, que je qualifierais sans hésiter de berlinoise, au sens que lui avait donné Gilles Aubry sur son intrigant s6t8r – telle une sombre menace post-industrielle à fleur de peau.

Charnière de l’ensemble, Un Jour Mes Restes Au Soleil de Bérangère Maximin est réellement impressionnante d’envergure (in)soumise aux démons qui la traversent. Construite sur des échos de cordes stridentes, percutée par une basse bourdonnante jamais bavarde, l’œuvre explose sept minutes durant les canevas secrets d’une fabrication insoupçonnée. On n’en dira pas autant du bruitisme industrialisant de Jérôme Montagne, dont les tentations Yasunao Tone-friendly donnent envie de zapper, contrairement au terrifiant (et bien nommé) Territoire Fracas de Kasper T. Toeplitz – genre de déluge noise abyssal dont même le grand  Francisco Lopez doit cauchemarder la nuit, autant dire qu’on n’en sort pas intact. Tout en contrastes, à la lisière du néo-classique tel qu’on le retrouve sur le label Type, mais aussi influencé par Xenakis, la pièce C de Sébastien Roux rappelle, ne fut-ce que partiellement, que l’ombre de Pierre Schaeffer plane toujours sur notre temps et, pour conclure, L’Intelligence Pétrolifère de Sébastien Sighicelli (extraite de son opus Marée Noire de 2007) poursuit l’aventure entre concrétisation sonore et abstraction philosophique. Vous vouliez des découvertes ? En voici une de taille.

V/A : Archipel Electronique Vol 1 (D’Autres Cordes)
Edition : 2011
CD : 01/ S.L.O.T 02/ France Matraque 03/ Une Canopée Aux Accidents 04/ Matrice 05/ Un Jour, Mes Restes Au Soleil 06/ NOP(3) 07/ Territoire Fracas 08/ C 09/ L’Intelligence Pétrolifère
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Franck Vigroux : Camera police (D'autres cordes, 2010)

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La pochette de Camera police est bardée d'une photo de CRS habillé « collection printemps 1968 » qui n'est pas sans rappeler celle d'Allez Teia d'Heldon et sa fameuse photo de Gilles Caron (un CRS talonnant un manifestant). Ce n'est peut-être pas tout à fait un hasard puisque le guitariste laptopeur Franck Vigroux est un peu un franc-tireur à l'instar de Richard Pinhas.

La plupart des productions de son label d'Autres Cordes sont des tableaux d'une grande profondeur cinématographique, mêlant étroitement électroacoustique et improvisation, finesse et sons rêches. Franck Vigroux a réalisé seul Camera police qui, côté grand écran, serait à rapprocher d'un Blade Runner en une saison froide et sèche, ou bien de THX 1138 de George Lucas. Le métal coupant est privilégié aux dermes synthétiques.

Pourtant, sur Camera police c'est la volonté humaine qui fait se mouvoir l'électronique, le larsen, la saturation. C'est l'humanité qui s'exprime via des voix vocoderisées comme chez Laurie Anderson et via des rythmes électroniques aussi crasseux que ceux d'Alec Empire. Il y a même du Bernard Parmegiani époque Violostries dans tout ça, alors que la musique concrète se concevait encore avec des bandes magnétiques et une paire de ciseaux. On n'en sort pas. Au-delà du démon Big Brother que Franck Vigroux évoque dans ses titres, c'est l'ambivalence homme / technologie qui anime cet excellent disque, finalement très beau et poétique.

Franck Vigroux : Camera police (D'autres cordes)
Enregistrement : hiver 2009/2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Police 02/ Camera 03/ Judas 04/ I.D. 05/ Menottes 06/ Papier 07/ Garde à vue 08/ Matraque 09/ Fichier 10/ Nom prénom
Eric Deshayes © Le son du grisli

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Franck Vigroux, Eliott Sharp: Hums 2 Terre (Radio France, Signature - 2007)

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Dans la série Signature, Radio France publie Hums 2 Terre, né de la récente rencontre des guitaristes Eliott Sharp et Franck Vigroux.

Sur lequel le duo fabrique une musique électroacoustique variant les plaisirs – Sharp passant, par exemple, du saxophone au piano, puis du piano à la guitare – mais attachée toujours à servir l’univers particulier sur lequel les partenaires du jour se sont rejoints : rock bruitiste teinté de free jazz, no wave intemporelle en appelant aux pratiques déviantes de l’improvisation occidentale.

Ailleurs, une musique électronique contrariée lutte contre un montage sonore inattendu, et quelques programmations rythmiques déstabilisantes fleurissent d’un bout à l’autre de l’enregistrement. Rare : l’expérience s’avère plus convaincante à mesure qu’elle approche de son terme, et dresse son épilogue à grands coups de guitares convulsives autant qu’irrésistibles.

CD: 01/ Cheval de frise 02/ Contrario 03/ Sebald 04/ Earth Lift 05/ Bétonnière 06/ Fatal Error 07/ Hum de terre 08/ On The Bang 09/ Bang Shang Hang 10/ No Such Object

Franck Vigroux, Eliott Sharp - Hums 2 Terre - 2007 - Radio France, collection Signature.

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