Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Foxes Fox : Live at the Vortex (Psi, 2012)

foxes fox live at the vortex

C'est en studio, à l'été 1999 d'abord (pour Foxes Fox, Emanem), peu après la formation « accidentelle » du groupe – par adjonction de Steve Beresford (piano) au trio d'Evan Parker (aujourd'hui au seul ténor), John Edwards (contrebasse) et Louis Moholo (batterie) – à l'automne 2004 ensuite (avec Naan tso, Psi), que les quatre musiciens avaient jusqu'alors enregistré, et il est particulièrement heureux que les micros de Steve Lowe les aient enfin saisis sur scène pour leur troisième disque, tant leur équipe semble adaptée à ce terrain.

La qualité toute orageuse du son que le quartet développe dès les premiers instants est électrisante et rend ce concert au Vortex passionnant. Remous brassés d'Edwards ; clavier insaisissable ou charpenteur ; batterie bruissante et tendue, explosible ; ténor rauque, sanglier à la hure hirsute. De front, une manière martiale, embrasée, propulsive. S'y complaire aboutirait à une complète combustion (et de l'invention et de notre attention) : il faut combiner, composer, et la quarantaine de minutes du premier set suffit, avec ses vrais moments de bravoure, à l'extraction d'un free rugueux auquel on pouvait certes s'attendre... mais auquel on ne peut se soustraire.

L'arrivée de Kenny Wheeler (trompette et bugle) sur les planches, pour quarante autres minutes, permet de rebattre un peu les cartes. Ses sinuosités ouvrent des perspectives et suggèrent d'autres climats : l'horizon y gagne éclaircissement, répartition, profondeur de plans, et les échanges se renouvellent en conséquence – jusqu'à un certain lyrisme. Que demander de plus ?

Foxes Fox : Live at the Vortex (Psi / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Foxes Set 1 02/ Foxes Set 2 03/ Foxes Set 3
Guillaume Tarche © Le son du grisli



Fred Frith, Annie Lewandowski : Long as in Short, Walk as in Run (Ninth World, 2011)

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On sait comme Fred Frith aime les duos. Il le prouve encore, en concert avec Annie Lewandowski (que je découvre avec ce CD) et qui (ai-je appris) a un groupe de pop appelé Powerdove, a joué avec Xiu Xiu et improvise au piano et à l’accordéon (dans le London Improvisers’ Orchestra, par exemple). Enfin, qu'elle a aussi joué au Café Oto avec Frith et Evan Parker (voir ci-dessous).

Il en résulte que Long as in Short, Walk as in Run est ce qu’on pourrait appeler un disque d’improvisation pop. Plutôt convaincante d'ailleurs : quand Frith frappe sa guitare, Lewandowski titille son piano de façon plus timide. Le seul bémol vient de ce qu’ils ont un peu de mal à convaincre lorsqu’ils jouent des mélodies à l’arpège et des notes claires. Mais on ne compte qu’un bémol à Long as in Short, Walk as in Run !

Fred Frith, Annie Lewandowski  : Long as in Short, Walk as in Run (Ninth World)
Enregistrement : 4 mai 2010. Edition : 2011.
CD : Long as in Short, Walk as in Run
Pierre Cécile © Le son du grisli


Misha Mengelberg, Evan Parker : It Won't Be Called Broken Chair (Psi, 2011)

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Le statut de « vénérables vétérans » fait-il du duo de ces « figures de l'improvisation euro-péenne » une évidence ? Pas si sûr...

Faut-il s'étonner qu'il n'ait pas été formé avant cette rencontre au Bimhuis amstellodamois en février 2006 ? Sans doute, mais cela semble significatif.

Les deux longues improvisations (l'une pendant le concert même, l'autre avant l'arrivée du public) retenues sur ce disque (bien que deux autres pièces avec EP au saxophone soprano aient été enregistrées – c'est ce que révèle l'amusant livret que signe Steve Beresford) témoignent sans erreur de la fructueuse association des principes – divergents, vraiment ?! – qu'incarnent ou semblent incarner Evan Parker (saxophone ténor) & Misha Mengelberg (piano).

Le raccourci bien commode qui voudrait que le premier soit « volcanique » et le second « dégagé » ne tient pas longtemps : à la prolifération attendue, le souffleur sait préférer d'assez suaves linéarités jazz ; et le pianiste ne s'épuise pas plus en gambades fantasques qu'en sauts dégingandés. Si, çà et là, les esprits s'échauffent un peu, le jeu, avec son économie propre, prime toujours : celui de cache-cache, celui du cadavre exquis (ou de la citation exhumée), celui du stride contre le phrasé rêveur...

Pour celui des échecs (avec saxophoniste), Misha avait trouvé un partenaire en Lacy ; pour celui de colin-maillard (avec pianiste), Evan connaît Tilbury, et Tracey pour le scrabble, et Schlippenbach pour celui de go. Ensemble, Parker & Mengelberg jouent, joutent et nous réjouissent.

Misha Mengelberg, Evan Parker : It Won't Be Called Broken Chair (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 18 février 2006. Edition : 2011.
CD 01/ Broken Chair 02/ At the Magician's
Guillaume Tarche © Le son du grisli


Evan Parker, Matthew Wright : Trance Map (Psi, 2011) / Parker, Mori, Laswell, Nauseef : Near Nadir (Tzadik, 2011)

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Alors que DJ Sniff donnait sur EP sa relecture d’une sélection de 33 tours signés Evan Parker, Matthew Wright modèle, sur Trance Map, le discours du même saxophoniste, mais en sa présence.

Au soprano et en usant de sa collection personnelle de samples, Parker agit donc ici. A ses côtés, Wright s’agite à l’échantillonneur et aux platines le temps d’une grande pièce d’improvisation que l’on découpera en quatre pour plus de convenance d’écoute – le deuxième temps verra aussi Toma Gouband intervenir au lithophone, percussion de pierres sonnantes.

Si quelques-uns des travaux d’électroacoustique de Parker se sont avérés confus, voire décevants, il faut dire la réussite qu’est Trance Map. Abandonné à l’improvisation, ne comptant que sur la surprise, le soprano tremble là d’euphorie, travesti en flûte multiple invente ici un chant diaphane, progresse ailleurs augmenté de machettes dans une luxuriante jungle sonore. Wright peut aussi transformer le saxophone en instrument débiteur de signaux électriques ou emmêler ses éléments de langage sur mouvements circulaires. Comme on bat le mil, il confond sa voix avec celle d’Evan Parker, avec idée et endurance, et ce jusqu’à ce que le jour décline, et la chaleur de Trance Map avec.

Evan Parker, Matthew Wright : Trance Map (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Intro 02/ 03/ 04/ Outro
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En 2010, Evan Parker improvisait en compagnie d’Ikue Mori (synthétiseurs), Bill Laswell (basse électrique) et Mark Nauseef (percussions) ce Near Nadir de facture différente. Ici en effet, le soprano ne peut rien pour rattraper l’affaire électroacoustique : les synthétiseurs de Mori y tissent des tapis de naïvetés synthétiques, les cloches et woodblocks récitent un gamelan new age quand les basses de Laswell – qui s’est cependant mille fois montré moins pondéré – finissent d’étouffer les déclamations d’une association vaine.


Soldier of the Road. A Portrait of Peter Brötzmann (Cinésolo, 2011)

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Saluant le soixante-dixième anniversaire de Peter Brötzmann, ce documentaire de plus de 90 minutes (augmentées d'une heure d'interviews complémentaires – avec Evan Parker, Han Bennink, Fred Van Hove, Michael Wertmüller, Jost Gebers, Brötzmann – et d'extraits de concerts principalement captés courant 2009 : le Chicago Tentet, le trio d'anches Sonore avec Gustafsson et Vandermark, le quartet avec McPhee, Kessler et Zerang) est servi par une image, un son et un montage impeccables que l'on doit à Bernard Josse ; il se bâtit autour d'entretiens menés par le journaliste & photographe Gérard Rouy – certainement le meilleur connaisseur en la matière – que viennent ponctuer archives historiques, témoignages, séquences de concerts, scènes au jardin, à l'atelier, à l'hôtel ou dans la nature.

Au fil du déroulement biographique & thématique de ce film, s'élabore le portrait d'un musicien (et peintre de valeur !) d'une vraie modestie et d'une belle lucidité ; son regard rétrospectif sur les années 68, par exemple, est édifiant : Brötzmann explique que la réception de la musique improvisée y était difficile, les avant-gardes politiques de l'époque préférant Joan Baez au free « trop élitiste » (le récit de l'épisode où le futur libéral-libertaire vert Cohn-Bendit s'oppose à la tenue d'un concert vaut le coup...). La question politique est intelligemment prise en compte, sans emphase inutile, et si la pensée peut être « globale » (lorsque s'anime Evan Parker contre le rouleau niveleur de l'Europe bureaucratique et normalisatrice), l'action sait se faire « locale » (Brötzmann s'envisageant comme simple fédérateur de collectifs, manières de micro-sociétés temporaires). La dimension historique et spécifiquement allemande se voit également abordée de façon fort pertinente, qu'il s'agisse du désir de rompre avec le passé, du souvenir des années 45-50 (qui m'a ramené à certaines des plus belles pages de Günter Grass) ou de l'enracinement à Wuppertal (dont Wenders filma lui aussi le tramway suspendu dans son hommage à Pina Bausch).

On comprend vite, devant ce très beau documentaire, que si son titre – Soldier of the Road – peut attirer certains amateurs de clichés sur « le free teuton et guerrier », il est à entendre bien différemment (Parker en glisse d'ailleurs l'explication dans son intervention, et l'on pourra se rappeler que le film de Laurence Petit-Jouvet sur Kowald s'intitulait Off the Road...) : chemineau, arpenteur du monde, « forçat » d'une route qu'il envisage dans sa continuité, Peter Brötzmann a quelque chose aussi du Wanderer.

Bernard Josse, Gérard Rouy : Soldier of the Road. A Portrait of Peter Brötzmann (Cinésolo / Instant Jazz
Edition : 2011.
DVD.
Guillaume Tarche © Le son du grisli

meteo11Soldier of the Road sera diffusé le jeudi 25 août au cinéma le Palace, Mulhouse, dans le cadre du festival Météo. Entrée libre sur réservation.



DJ Sniff : EP (Psi, 2011)

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Cet EP n’en est pas un. Cet EP est un LP sur CD. Cet EP est l’œuvre d’un DJ qui se sert des initiales d’Evan Parker pour expliquer son projet : jouer avec des vinyles d’Evan Parker. En bref : CD (EP) d’un DJ et de ses LP d’EP. Need ELP ? Sniff...

Sur les neuf premiers morceaux, le DJ maltraite des disques enregistrés par le saxophoniste en solo. Ses gestes éclairs les font parler et font trembler la platine. Tout à coup, le saxophone est rayé, retenu par la tête de lecture. Tout à coup, voilà qu'il enfile les styles (hip hop, ambient, exprimental…) à la même vitesse que Sniff quand il s’empare d’une nouvelle galette.

Sur les trois derniers morceaux, Sniff change son angle d’attaque. Il se sert d’enregistrements de Parker en groupe. Il les cut à loisir et les remonte dans le désordre, sans autre logique que celle du plaisir immédiat. Un sax soprano se prend un coup de cymbale ou une corde de contrebasse. Ici, Sniff est encore plus extatique. Ici, il créé en plus de rendre hommage. Beau CD !

DJ Sniff : EP (Psi / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
CD : 01-09/ ep1 DJ Sniff Plays Evan Parker 10-12/ ep2 : DJ Sniff plays Evan Parker and Others
Pierre Cécile © le son du grisli


Schlippenbach Quartet : At Quartier Latin (FMP, 2010)

schlippenlatinsliSi, au disque, les quatre décennies d’aventures du Schlippenbach Trio sont pour le moins correctement documentées, les avatars du groupe, lorsqu’il a été étendu à un quartet (entre 1973 et 1983, par adjonction d’un bassiste – successivement Kowald puis Silva), n’ont comparativement laissé que peu d’enregistrements.

Les deux concerts berlinois reproduits aujourd’hui – qui combinent la face B du vinyle Three Nails Left (février 1975) et l’intégralité du LP intitulé The Hidden Peak (janvier 1977) – permettent d’écouter Alexander von Schlippenbach (piano), Evan Parker (saxophones ténor & soprano), Paul Lovens (percussions) et Peter Kowald (contrebasse) dans des conditions satisfaisantes, tout en faisant un intéressant pendant au disque publié il y a une dizaine d’années par Atavistic, Hunting the Snake (septembre 1975).

Ecouter ou réécouter cette musique, trente-cinq ans après sa création, c’est aussi s’interroger sur sa réception à l’époque et remettre en cause la doxa de l’oncle qui, nostalgique, s’acharna à nous convaincre que, vraiment, l’âge d’or du free (branche teutonne) en Europe – ces seventies au milieu desquelles nous naissions, tandis que mouraient certains idéaux dudit tonton – « c’était super, pur & dur, politisé » et tout et tout... que la musique y était « libre & sauvage »…
 
Eh bien, je crains de ne pas entendre là le free « intransigeant, viril, destructeur », fantasmé par certains auditeurs vétérans (de ce qu’ils prenaient pour une guerre) mais, précisément, une musique qui tient par un équilibre de concessions (et pas un équilibre de la terreur sonique, héroïco-kaputt et sanglante), une œuvre de gentlemen à grandes oreilles, qui certes s’invente dans les opérations qui la réalisent, mais que travaillent de scrupuleux agencements de textures choisies et une délicate pensée des formes. Cette raffinerie raffinée, prenant à l’occasion l’allure d’une ébullition, agit comme la distillation des essences subtiles du jazz, annonçant ce que le groupe, en trio, poursuivrait : condensation, précipités…

Schlippenbach Quartet : At Quartier Latin (FMP / Instant jazz)
Enregistrement : 1975-1977. Edition : 2010.
CD : 01/ Black Holes 02/ Three Nails Left, for P.L. 03/ The Hidden Peak I 04/ The Hidden Peak II 05/ The Hidden Peak III 06/ The Hidden Peak IV 07/ The Hidden Peak V
Guillaume Tarche © Le son du grisli

fmpsliCe disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   


Globe Unity Orchestra : Baden-Baden '75 (FMP, 2010)

badensliEn 1975, le Globe Unity Orchestra & Guests d’Alexander von Schlippenbach c’était Enrico Rava, Manfred Schoof, Kenny Wheeler, Anthony Braxton, Peter Brötzmann, Rüdiger Carl, Gerd Dudek, Evan Parker, Michel Pilz, Günter Christmann, Albert Mangelsdorff, Paul Rutheford, Buschi Niebergall, Peter Kowald et Paul Lovens.

C’était Maranao, composition d’Enrico Rava : un fracas collectif, des cuivres en ébullition, un enfer en décomposition. Un riff émergeant de la masse et ce n’est plus le GUO mais le Brotherhood of Breath. C’était aussi U-487, composition d’Anthony Braxton : une marche qui ouvre et referme l’œuvre, des percées solitaires (l’élan percussif de Schlippenbach, les matières vibrantes de Lovens), des terres blessées d’orgueil et de flammes.

Mais il y avait aussi Jahrmarkt de Peter Kowald : de l’alarme et de l’effroi, des aigus perçants, des mélodies qui s’enchâssent (Straight No Chaser, l’Internationale, La Paloma) avant le retour aux sauvageries collectives. Il y avait également Hanebüchen du leader : des frissons de cuivres, des crescendos sans fin, une flûte qui garde le cap et un jazz qui résiste tant bien que mal aux assauts de cuivres déchaînés.

Et c’était enfin The Forge, autre composition de Schlippenbach : une texture syncopée vite dessoudée ; visite approfondie – guides idéaux – de l’enfer le plus profond. En 1975, le GUO c’était cela. Et ce cela n’était pas rien.

Globe Unity Orchestra : Baden-Baden ’75 (FMP / Instant Jazz)
Enregistrement : 1975. Edition : 2010.   
CD : 01/ Maranao 02/ U-487 03/ Jahmarkt 04/ Hanebüchen 05/ The Forge
Luc Bouquet © Le son du grisli

fmpsliCe disque est l'un des douze (rééditions ou enregistrements inédits) de la boîte-rétrospective que publie ces jours-ci le label FMP. A l'intérieur, trouver aussi un grand livre de photographies et de textes (études, index de musiciens, catalogue...) qui finit de célébrer quarante années d'activités intenses.   


John Edwards, Chris Corsano : TSKTSKING (Dancing Wayang, 2009)

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Sur un carton glissé avec le 33 tours à l’intérieur de sa pochette, des notes signées Evan Parker racontent la première rencontre du saxophoniste avec Chris Corsano. Pour parer à toute éventualité – notamment celle d’avoir à faire face à un jeune batteur au jeu possiblement décevant –, Parker avait alors requis la présence de John Edwards. De la réunion naquirent quelques projets, dont un enregistrement du nom d’A Glancing Blow édité par le label Clean Feed.

Dans ces mêmes notes, Parker note que ses deux partenaires s’entendent assez bien pour se permettre maintenant d’enregistrer sans lui. L’auditeur est prévenu, qui devra écouter TSKTSKING, disque sur lequel un contrebassiste et un batteur attestent de leur complémentarité : Edwards en démontrant sur archet frénétique (descentes parfois vertigineuses) ou pizzicatos fuyants quand Corsano désosse sa batterie pour fomenter au son de chacun de ses éléments roulements engageants ou la multiplication de quintuples rebonds. Le chant improvisé soulevé à grand renforts de gestes larges : grandiose.

John Edwards, Chris Corsano : TSKTSKING (Dancing Wayang)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
LP : TSKTSKING
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Cette chronique, jusque-là inédite, est extraite du hors-série sept batteries / le son du grisli. Dix exemplaires peuvent encore être commandés en suivant les instructions ci-aliénées.


Evan Parker, Barry Guy, Paul Lytton, Peter Evans : Scenes in the House of Music (Clean Feed, 2010)

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Septembre 2009 : sur scène auprès du trio Evan Parker / Barry Guy / Paul Lytton, le trompettiste Peter Evans. Ce que raconte Scenes in the House of Music

Que craindre alors ? Que la ferveur intacte du trio pousse à bout l’invité au point de rejeter le greffon ? La crainte est feinte et même emportée dès l’introduction par une association ténor / trompette résistant aux coups nombreux de Lytton. Evans ne se réfugie pas dans le cercle mais propose de faire terreau commun du motif répété.

Ensuite, d’autres formules sont essayées : Evans seul rejoint bientôt par ses aînés avant de s’effacer à son tour pour laisser Parker évoluer au ténor (Scene 2) ; faux-fuyants et lenteur fiévreuse permettant à Guy d’en revenir à ses usages baroques (Scene 3) ; solo de Parker avant un autre partage de virulences (Scene 4) ; phrase de quelques notes que l’on se repasse de retenues en autres grands moments d’agitation (Scene 5). Comme attendu : toutes formules convaincantes.

Evan Parker, Barry Guy, Paul Lytton, Peter Evans : Scenes in the House of Music (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 12 septembre 2009. Edition : 2010.
CD : 01-05/ Scene 1-Scene 5
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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