Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Eryck Abecassis : Ilumen (Entr’acte, 2015)

eryck abecassis ilumen

Echappé de Sleaze Art, c’est en solitaire qu’Eryck Abecassis pensa Ilumen, sept compositions électroniques enregistrées en 2013 et 2014, au synthétiseur modulaire notamment.  

Sur la plus longue des plages, le morceau-titre rappellera, pour employer en plus une basse électrique, l’art de Toeplitz au son de graves qui pétaradent et de bruits bouclés et amassés. Mais c’est avant et après Ilumen, sur ses trois premiers et ses trois derniers titres – en quelque sorte, ses morceaux-satellites – que le disque révèle ses véritables ambitions analogiques.

Ceux-ci composent ainsi dans l’urgence avec des aigus instables et des basses qui oscillent, des sirènes dont la voix porte encore malgré l’insistance de quelques éléments de noise, des ronflettes en déroute et des bourdons tremblants. C’est là un chaos qui inspire un curieux retrogaming musical qui, lui, fait preuve d'un magnétisme certain.



ilumen

Eryck Abecassis : Ilumen
Entr’acte / Metamkine
Enregistrement : 2013-2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Ark 02/ (No HumXn) Cry for Help 03/ La griffe du chien 04/ Ilumen 05/ Ilu Who Men 06/ La Née 07/ Partout, Zéro, Nulle Part
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sleaze Art : Infra (Bocian, 2015)

sleaze art infra

Une photo dit assez bien ce qu’on trouve en Infra : des instruments électriques à cordes épaisses tenus à la verticale ou à plat et reliés à combien de machines disposées sur une table. Si l’on redoute la friction des archets et des câbles, il faudra éviter de croiser la route du Sleaze Art de Kasper T. Toeplitz.

C’est à la fois une expérience et une procession : combien d’oscillations à mettre au compte de Toeplitz et des trois autres bassistes (Eryck Abecassis, Frédérick Galiay et JB Hanak) qui, ici – les membres du Sleaze Art semblent changer –, l’accompagnent ? Au son de tremblements, de crépitements, d’orages qui persistent et d’éclairs qui signent : derrière tout ça, c’est le passage d’un vaisseau qui fend l’air et après lequel on peut entendre ce même air se recomposer, cracher à son tour quelques morceaux de bruit, et puis disparaître. Et l’Infra révélé est forcément un Infra à entendre. 


Sleaze Art : Infra (Bocian / Metamkine)
Edition : 2015.
CD : 01/ Infra
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

kasper 100

Fin janvier, Kasper Toeplitz donnera quelques concerts en France : seul à Lille le 23 à l’occasion du festival 340 m/s & en compagnie d’Anna Zaradny à Alfortville les 25, 26 et 27, et Reims les 30 et 31.

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Philippe Foch : Taarang (Signature, 2015)

philippe foch taarang

Pas grand-chose à se mettre sous l’oreille, pour dire la vérité… Dommage car le percussionniste Philippe Foch sait s’entourer… Avec lui il y a (dépend des plages) Eryck Abecassis, Benoît Delbecq, Mathias Delplanque, Toma Gouband, Erwan Keravec, Philippe Le Goff… Malgré notre (ma ?) sympathie pour tous (ou presque) ces musiciens, il se pourrait bien que ça ne suffise pas.

La constante est que Foch est toujours au tabla tarang (quinze tablas disposés en demi-cercle) et à l'électronique. Pour le reste, ça dépend (encore). Parce que le monsieur est prolixe (trop à mon goût), que ça scintille un peu trop, que les sons transformés sont loin d’impressionner une fois transformés justement, ou parce que tel electronics est d’un moderne qui ennuie pas mal, pour ne pas dire beaucoup…

Si ce n’est deux ou trois pièces (Suruwat avec Philippe Le Goff et Erwan Keravec, Onyx et Opium des Roseaux avec Mathias Delplanque), c’est bien ça qui suinte : l’ennui. Non, les vieilles recettes radiophoniques ne marchent pas toujours... Elles n'arrivent même plus à faire croire qu'il se passe quelque chose de neuf... à la radio. 

Philippe Foch : Taarang (Editions Radio France)
Edition : 2015.
CD : 01/ Underneath 02/ Gao 03/ Opale 04/ Presque Noir 06/ taarang 07/ Egouskia 08/ Onyx 09/ Suruwat 10/ Eki 11/ Opium des Roseaux
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Aaron Cassidy, Aaron Einbond : Noise In And As Music (University of Huddersfield Press, 2013)

noise in and as music

Les références d’Aaron Cassidy et Aaron Einbond sont celles, essentielles, au domaine qui les intéresse : manifestes futuristes ou écrits de Kurt Schwitters, Mille plateaux de Deleuze et Guattari, Noise/Music de Paul Hegarty, Noise Water Meat de Douglas Kahn… Lecteurs avertis, Cassidy et Einbond pouvaient bien aborder à leur tour le sujet du bruit en (« et comme ») musique.

Découpé en deux parties (Théorie / Pratiques), l’ouvrage alterne études – dédiées aux rapports du noise et de la voix, aux bruits du corps, à l’inside-piano d’Andrea Neumann… – et témoignages recueillis auprès d’une douzaine de musiciens affiliés « au genre » : Maja Ratkje, Peter Ablinger, Alice Kemp, Benjamin Thigpen, Antoine Chessex, George Lewis, Pierre-Alexandre Tremblay, Kasper Toeplitz, Lasse Marhaug… A ceux-là, deux questions ont été posées : qu’est-ce que la « noise music », selon vous ? Pourquoi en jouez-vous ?  

« Pour être en lien avec le réel » (Thigpen) ou « être en phase avec le monde » (Tremblay) : entre deux exposés (certains convaincants, d’autres fastidieux), les réponses font un tapage concret, qui aère l’ouvrage. Ainsi, le voici transformé en fantaisie bruitiste, qui abandonne de son sérieux sous l’effet des surprises qu’il recèle.

Aaron Cassidy, Aaron Einbond (dir.) : Noise In And As Music (University of Huddersfield Press)
Edition : 2013.
Livre (anglais), 238 pages.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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