Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Archives des interviews du son du grisli

Sebastian Lexer, Eddie Prévost, Seymour Wright : Impossibility in its Purest Form (Matchless, 2012)

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Et si l’idée était celle de s’arrêter une heure ? Sur le bleu du digipack et les tripoutres aux contours noirs qui s’y forment ? Une heure à intégrer de tout son corps un labyrinthe d’Escher avec dans les oreilles les improvisations d’Impossibility in its Purest Form. C'est-à-dire prendre le grand escalier et marcher sans s’arrêter en tenant compte des suggestions de la musique : ici à droite, à gauche plus loin, à moins qu’il ne faille déjà revenir en arrière ?  

On connaissait l’indétermination en musique, voici qu’a sonnée l’heure de l’impossibilité – son symbole est-il donc le triangle de Penrose. Un peu plus haut, conseille la première improvisation : Eddie Prévost (percussions) et Seymour Wright (saxophone alto) étirent des notes au maximum de leur possibilité, créent des rythmiques qui vouent au cercle une obsession sans bornes. Après quoi, Prévost et Sebastian Lexer (piano+, pour dire son piano préparé / augmenté) désignent une pièce qui ressemble à un atelier dans lequel on lustre le cuivre et on irrite le bois : à la suite des musiciens, l’auditeur s’y engouffre : l’espace créé des résonances qui le promènent dans une galerie de miroirs déformants. Sorti de là, il faudra suivre le chassé-croisé de Lexer et Wright : folle, leur imagination ne permet pas moins au troisième élément qu’est leur duo de terminer la structure – en musique, rien d’impossible.

Quelques semaines plus tard, le trio enregistrait Impossibility in its Purest Form. A entendre ici, des instruments sous étouffoirs avant que la signalisation mise en place par Wright ne décide de routes bientôt investies par quelques lignes longues, qui interfèrent et résonnent. Une pièce de musique qui, à plat et avec grâce, raconte les trois autres – en musique, rien d’impossible.

Sebastian Lexer, Eddie Prévost, Seymour Wright : Impossibility in its Purest Form (Matchless / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Trilinear α (Prévost/Wright) 02/ Trilinear β (Lexer/Prévost) 03/ Trilinear γ (Wright/Lexer) 04/ Impossibility in its Purest Form 23:26
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Evan Parker, John Edwards, Eddie Prévost : All Told (Matchless, 2012)

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En 2011, Eddie Prévost fit plusieurs rencontres au Network Theatre de Londres : saxophonistes « remarquables » nommés Evan Parker, John Butcher, Jason Yarde, Bertrand Denzler. All Told, premier volume de la série « Meetings with Remarkable Saxophonists », revient sur l’association Prévost / Parker (ici au seul ténor), pas inédite – selon le percussionniste, Parker est le musicien qui sut le mieux comprendre et même faire sienne l’esthétique d’AMM – mais toujours prometteuse. Et qui, en plus, profite ici de la présence de John Edwards.

All Told, en deux parties : de pondérée, l’improvisation se fait ombreuse : le trio élevant puis maintenant un murmure qui joue de références au jazz autant que de débordements libres, qu’ils soient individuels ou associés. La seconde moitié de l’enregistrement agence des phrases plus longues et le discours des musiciens redouble de vigueur. Echappés des ténèbres, Parker, Edwards et Prévost, inventent en fauves affranchis. Sous l’effet de coups d’archet cahotant, les sonorités découvertes – couleurs travaillées à l’oreille fureteuse – s’affolent et s’imbriquent. Le même archet n’a plus qu’à lentement les déposer : All Told !

Eddie Prévost : All Told. Meetings with Remarkable Saxophonistes – Volume 1 (Matchless Recordings / Metamkine)
Enregistrement : 30 mai 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ All Told – part 1 02/ All Told – part 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


AMM : Place sub. v. (Matchless, 2014)

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Dans quel bas-fond de Lublin, Pologne, John Tilbury et Eddie Prévost ont-ils, avec la savante mesure qu’on leur connaît, extrait pour la polir cette nouvelle pierre à marquer leur maturation lente ? De l’endroit, AMM se fait un devoir et, bientôt, joue sur les mots : « a place » / « to place ».

Par petites touches, le duo sarcle, avise et creuse : permet déjà à la lumière de percer, qui dérangera quelques bêtes enfouies – le ventre du piano s’en fait gravement l’écho quand ce n’est pas la batterie qui chasse une horde de corneilles. Si l’exercice requiert de la précaution, c’est qu’AMM est venu jusque-là – cet « endroit où être » – pour marquer un territoire qui n’appartient qu’à lui et qu’il développe depuis toujours à l’intérieur même de ses frontières : frappes retenues, ritournelles naissantes et puis empêchées, accords courts étouffant sous les longs sifflements d’une cymbale sous archet, et voici que Place sub. v. a, dans un souffle, épousé l’endroit – point, parages et même pays.

AMM : Place sub. v. (Matchless Recordings)
Enregistrement : 16 mai 2012. Edition : 2014.
CD : 01/ Place
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Eddie Prévost : Workshop Concert (Matchless, 2013)

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21 mai 2012 au Café Oto de Londres : le cercle que forment Eddie Prévost et ses cinq « partenaires de workshop » choisis pour l’occasion par Seymour Wright (Jennifer Allum au violon, Ute Kanngiesser au violoncelle, Grundik Kasyansky au theremin, Dimitra Lazaridou-Chatzigoga à la cithare et Daichi Yoshikawa à l’électronique) décide des duos qui, dans un premier temps, improviseront plus d’une demi-heure durant. Invités par l’exercice à faire preuve de parcimonie inspirée, les musiciens s’en tirent avec subtilité : vertus de l’archet (Kanngiesser semblant même travailler à l’harmonie de l’ensemble) et provocations amplifiées, aigus tenaces contre ronflements électroniques, bâtissent une pièce d’abstraction chantante.

Autrement déconcertants, cinq trios suivent sur des prises allant de quatre à douze minutes. Plus virulents aussi, les comités restreints butent sur des pierres d’achoppement faites pour être concassées : ce sont-là les cymbales qui découpent et les graves déflagrations de Yoshikawa qui réduisent en miettes. Voilà qui finit d’arranger ce concert d’habitués des workshops organisés par Eddie Prévost depuis 1999.

Eddie Prévost & Co. : Workshop Concert (Matchless Recordings)
Enregistrement : 21 mai 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Moving Duets DY/JA/GK/DL-C/EP/UK/DY 02/ Trio JA/GK/EP 03/ Trio GK/EP/DY 04/ Trio JA/DL-C/UK 05/ Trio DL-C/UK/GK 06/ Trio JA/EP/DY
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Jennifer Allum, Eddie Prévost : Penumbrae (Matchless, 2011)

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Aux côtés d’Eddie Prévost on trouve sur Penumbrae Jennifer Allum. Ce sont-là des travaux d’archets différents – cinq en tout : trois pour le percussionniste, deux pour la violoniste – et deux recherches instrumentales opposables d’autant qu’elles semblent trouver autant d’intérêt à l’intersection qu’à l’éloignement féroce – « Une ligne rencontre une ligne. Une ligne évite une ligne. Aventures de lignes », écrivit Michaux à propos de l’œuvre de Klee.

Ici, l’intersection et l’éloignement permettent l’élévation d’un relief original et puis son érosion. Ces Investigative Studies composent avec soin – galanterie, presque –, au fur et à mesure d’aigus en suspension et de frappes en résonances, des volumes imaginaires et opérant. Rapide, l’archet de violon peut aussi feindre d’actionner un moteur en réduction ou se faire plus insistant pour répondre aux assauts de cymbales sifflantes. Même à ces occasions, l’harmonie n’abandonne l’association d’Allum et de Prévost – « Une ligne rêve. On n'avait jusque-là jamais laissé rêver une ligne. Une ligne attend. »

Enfin, il y a Dolwilym Penumbra. Un battement entretient un drone né du mouvement des cymbales sur lequel l’archet de violon tourne en distribuant de minces paquets de notes. La pièce que l’on développe est une composition-satellites sur laquelle, avec de plus en plus d’aplomb, les cymbales réclament des droits. On leur donnera raison – « Une ligne renonce. Une ligne repose. Halte. »

Jennifer Allum, Eddie Prévost : Penumbrae (Matchless / Metamkine)
Enregistrement : 13 juillet et 12 octobre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Investigative Study I 02/ Investigative Study II 03/ Investigative Study III 04/ Dolwilym Penumbra
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Pres Revisited : Jozef Patkowski in Memoriam (Bolt, 2011)

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Deux disques édités en mémoire de Jozef Patkowski, musicologue, compositeur et surtout homme de radio ayant créé à Varsovie le Studio de Musique Expérimentale.

Le premier disque contient des pièces de musique nées dans le studio en question : parmi les pièces servies ici, trouver surtout celles de Boguslaw Scheaffer (dont l’Antiphona tire sa substance d’un beau chœur de femmes lasses) et de Krzystof Penderecki (Psalmus mêlant avec intelligence voix interférant et éléments électroniques perturbateurs). Le second disque revient sur un concert donné au Café Oto de Londres en 2009. En hommage au même Patkowski, il fait défiler dans le même ordre les mêmes pièces, la différence étant qu’elles sont cette fois « interprétées », selon différentes combinaisons, par Phil Durrant, John Tilbury, Eddie PrévostMokiloaj Palosz et Maciej Sledziecki. Ainsi donc Durrant fait de l’Antiphona citée plus haut un prétexte à la dérive d’un violon discordant ; Tilbury retient sur le même Psalmus la course de ses graves qu’il contraint en berceuse drue ; ailleurs encore, l’association des cinq musiciens improvisent un Hommage to Boguslaw Schaeffers Symphony dont les effleurements partagés révèlent d’irrésistibles plaintes enfouies. 

Pres Revisited : Jozef Patkowski in Memoriam (Bolt / Souffle Continu)
Enregistrement : 1961-1975 & 2009. Edition : 2011
CD1 : 01/ Boguslaw Schaeffer : Antiphona 02/ Eugeniusz Rudnik : Collage 03/ Krzysztof Penderecki : Psalmus 04/ Bohdan Mazurek : Epizody 05/ Boguslaw Schaeffer : Assemblage, wersja I 06/ Bohdan Mazurek : Esperianza (1967) 07/ Eugeniusz Rudnik : Dixi – CD2 : 01/ Antiphona 02/ Collage  03/ Psalmus 04/ Epizody 05/ Assemblage 06/ Esperienza 07/ Dixi 08/ Hommage to Boguslaw Schaeffers Symphony
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


AMM : Generative Themes (Matchless, 1982)

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L’AMM en place sur l’enregistrement studio daté de 1982 qu’est Generative Themes est ce trio que composent John Tilbury, Keith Rowe et Eddie Prévost. L’improvisation génèrera quatre Generative Theme – la réédition sur CD en consignera un cinquième, né d’un concert donné l’année suivante à Zagreb.

La pochette – réutilisation par Keith Rowe d’un dessin de Cornelius Cardew – pourrait prévenir du jeu d’imbrications à y trouver. L’improvisation n’est pas faite de perspectives individuelles accumulées mais d’un savant partage, d’un partage devenu naturel à force d’avoir été interrogé, d’interventions et de séquences prêtes à transcender le vocabulaire commun. Les symboles de celui-ci ne sont plus directifs, les signes qu’on remarque sont la marque de fabrique d’une cohérence collective.

A l’oreille, un gamelan miniature compose avec l’écho et le tumulte, caresse ou frotte ou taquine un lot de cordes arrangées en mobiles. De zones de perturbation sortent des voix innombrables : le poste de radio de Rowe longtemps l’éloigne des cordes : il y fait œuvre d’impertinences et de discrétion. Et puis arrive le temps des clusters et des coups appuyés, le guitariste gratte et érafle, joue avec l’électricité et les effets. Le climat est à l’orage et cet orage est le sujet du jour et d’importance.

AMM : Generative Themes (Matchless)
Enregistrement  1982-1983. Edition CD : 1994.
CD : 01/ Generative Theme i 02/ Generative Theme ii 03/ Generative Theme iii 04/ Generative Theme iv 05/ Generative Theme v
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Cette chronique est tirée du deuxième hors-série papier du son du grisli, sept guitares. Elle illustre le portrait de Keith Rowe.


AMM : Uncovered Correspondence (Matchless, 2011)

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Si c’est sous la forme d’un duo – comme à d’autres périodes des quarante-cinq ans de vie de la formation – que s’incarne AMM depuis le milieu des années 2000 (certes avec l’inclusion occasionnelle d’invités, comme dans les récents Trinity ou Sounding Music), l’éthique à l’œuvre dans le groupe reste intacte ; non qu’elle soit immuablement figée mais parce que l’esprit qui vit en Eddie Prévost (percussion) et John Tilbury (piano) ne cesse de porter cette musique au-delà des distinctions entre action & contemplation, matérialité & abstraction, durée effective & temps perçu…

A la manière dense et légère de certains de ces nuages de Rothko, contours effilochés et cœur intense, dégageant une aura envoûtante, cette heure (un instant, une nuit) saisie au printemps 2010 en Pologne est toute de suspension – cet autre swing… antigravitationnel. Sans la tension du flux électrique des enregistrements des années 90, et davantage ouverte au jeu onirique des lambeaux sonores et des interstices, cette musique s’infiltre, hantée, balinaise, d’une merveilleuse discrétion, désarmante et pénétrante.

AMM : Uncovered Correspondence, a Postcard from Jaslo (Matchless / Souffle continu)
Enregistrement : 15 mai 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Paragraph One 02/ Paragraph Two 03/ Paragraph Three
Guillaume Tarche © Le son du grisli


John Butcher, Rhodri Davies, Claudia Ulla Binder, Giacinto Scelsi, AMM

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John Butcher : Trace (Tapeworm, 2010)
Un beau solo (aux saxophones soprano & ténor) d’octobre 2009 en l’église parisienne de Saint-Merri occupe la première face de cette cassette : mise en ébullition, plateaux à diverses températures, les matières deviennent malléables et l’espace est rauquement retaillé, feuilleté, piqueté et refendu. L’autre versant de ce document offre vingt minutes particulièrement intéressantes durant lesquelles Butcher travaille en sculpteur sur des feedbacks qu’il façonne – dans la continuité des expériences conduites par exemple sur le disque Invisible Ear. Une exploration assez envoûtante.

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John Butcher, Rhodri Davies : Carliol  (Ftarri, 2010)
Près de dix ans après le concert reproduit dans Vortices & Angels (Emanem), le souffleur et le harpiste se retrouvent en studio pour des navigations bien différentes… et franchement hallucinantes, d’une abstraction réjouissante et déboussolante. Micros, moteurs, haut-parleurs embarqués, comme autant d’outils pour s’égarer, transforment l’instrumentarium : virements de caps, basculements de drones, anamorphoses sensibles, tout un monde électrique dans lequel se dissout la lutherie attendue.

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John Butcher, Claudia Ulla Binder : Under the Roof (Nuscope, 2010)
Phonographiquement moins documentée que celles que Butcher entretient avec Burn, Graewe ou Tilbury, la relation tissée entre la pianiste zurichoise et le saxophoniste n’en retient pas moins l’attention. Indépendantes, les deux voix agencent, dans chacune des quinze pièces brèves de cette mosaïque, des matériaux soigneusement pesés (à l’e-bow, du bout des lèvres). Epars ou disposés avec décision, frottés, ils gagnent dans le clair-obscur une certaine apesanteur, à moins que la corrosion ne les gagne délicatement.

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Various Artists : Lontano, Homage to Giacinto Scelsi (Tedesco, 2010)
Lontano est une compilation vraiment réussie (diverse & cohérente, évocatrice & poétique), élaborée par Stefano Tedesco, qui peut être accompagnée par la lecture des trois volumes qu’Actes Sud a réunis autour de Scelsi : Les anges sont ailleurs… (I), L’homme du son (II), Il Sogno 101 (III). En une contribution de sept minutes, John Butcher & Eddie Prévost, comme dans leurs Interworks de 2005 (pour Matchless), arrivent à charger l’instant de présence et diffusent dans le bruit du temps une autre qualité de silence : leur magnétique musique. Les autres participants conviés ne sont pas en reste – un aréopage de haut vol : Rafael Toral, Roux & Ladoire, Elio Martusciello, David Toop, Skoltz & Kolgen, Scanner, KK Null, Alvin Curran, Efzeg, Lawrence English, Davies / Williamson / Tedesco, Olivia Block

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AMM : Sounding Music (Matchless, 2010)
A l’occasion du festival Freedom of the City de 2009, le collectif historique présentait un effectif renforcé : si Eddie Prévost et John Tilbury ont l’habitude de recevoir John Butcher (comme dans le splendide Trinity, Matchless, 2008), la violoncelliste Ute Kanngiesser et Christian Wolff (piano, guitare basse, mélodica) sont des hôtes plus rares – ce qui ne change rien à l’esprit développé par le groupe. D’emblée, l’évidence des convergences (harmoniques, climatiques) frappe, et les cinquante minutes de ce concert, en se dépliant, découvrent tout un art partagé du surgissement, de la suspension. Et c’est très beau.


Christian, Milton, Prevost, Saade : A Church Is Only Sacred To Believers (Al Maslakh, 2009)

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Eddie Prevost (percussions) a rencontré ses partenaires sur ce disque (Nicholas Christian à la basse électrique, Matt Milton au violon et Bechir Saade à la clarinette basse) lors de l’atelier d’improvisation qu’il anime hebdomadairement à Londres depuis 10 ans.

Comme il l’évoque dans le livret de l’album, les musiciens sont ici à la recherche de nouveaux sons et de nouvelles relations musicales, qui vont au-delà du « musical ». C’est ainsi, par exemple, que la batterie ne sera quasiment utilisée que comme pourvoyeuse de chuintements, sifflements sourds et autres déflagrations aigues obtenues par frottements. Les autres instruments répondent parfaitement à ces interventions : tantôt via de faibles larsens provoqués par la basse, tantôt par les bruissements obtenus en parcourant le violon à l’aide de l’archet.

Ce monde de turbulences vibratoires et de bourdonnements est parfois éclairé par des notes nettement perceptibles à la clarinette. Cette respiration est bienvenue, mais n’est pas indispensable tant la subtilité des échanges et  la richesse sonore imprègnent l’auditeur qui veut se laisser plonger dans ces plages captivantes.

Nicholas Christian, Matt Milton, Eddie Prevost, Bechir Saade : A Church Is Only Sacred To Believers (Al Maslakh)
Enregistrement : 17 juin 2007. Edition : 2009.
CD : 01/ Song One 02/ Song Two 03/ Song Three 04/ Song Four 05/ Song Five
Jean Dezert © Le son du grisli



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