Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Angharad Davies, Tisha Mukarji, Dimitra Lazaridou-Chatzigoga : Outwash (Another Timbre, 2012)

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On pourrait imaginer qu’une affinité, plus que la fonte des glaces, est à l’origine du rapprochement d’Angharad Davies, de Tisha Mukarji et de Dimitra Lazaridou-Chatzigoga. Même si le phénomène naturel qu’est l’ « outwash » a fait de cette improvisation au violon, au piano et à la cithare, la B.O. de sa dérive. La preuve, les titres que les musiciens ont donnés aux plages de leur CD filent la métaphore : sur le papier je lis « glacier », « meltwater » et « moraine ».

Leur évolution est illustrée par les sons que font les cordes pincées et les feedbacks et résonances qui les allongent dans le temps et dans l’espace. Leurs trajectoires dessinent en filigrane la composition d’un premier flocon, puis d’un deuxième, etc. Après quoi le trio les accroche comme des guirlandes à des poteaux électriques plantés dans son morceau de glacier. De demi-ton en demi-ton, de déclinaisons abstraites en combinaisons improvisées, Angharad Davies, Tisha Mukarji et Dimitra Lazaridou-Chatzigoga ont réussi à nous servir ce que promettait la carte, un outwash dont la particularité est sa chaleur bienfaisante.

Angharad Davies, Tisha Mukarji, Dimitra Lazaridou-Chatzigoga : Outwash (Another Timbre)
Enregistrement : 13 décembre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Glacier 02/ Meltwater 03/ Moraine
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Eddie Prévost : Workshop Concert (Matchless, 2013)

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21 mai 2012 au Café Oto de Londres : le cercle que forment Eddie Prévost et ses cinq « partenaires de workshop » choisis pour l’occasion par Seymour Wright (Jennifer Allum au violon, Ute Kanngiesser au violoncelle, Grundik Kasyansky au theremin, Dimitra Lazaridou-Chatzigoga à la cithare et Daichi Yoshikawa à l’électronique) décide des duos qui, dans un premier temps, improviseront plus d’une demi-heure durant. Invités par l’exercice à faire preuve de parcimonie inspirée, les musiciens s’en tirent avec subtilité : vertus de l’archet (Kanngiesser semblant même travailler à l’harmonie de l’ensemble) et provocations amplifiées, aigus tenaces contre ronflements électroniques, bâtissent une pièce d’abstraction chantante.

Autrement déconcertants, cinq trios suivent sur des prises allant de quatre à douze minutes. Plus virulents aussi, les comités restreints butent sur des pierres d’achoppement faites pour être concassées : ce sont-là les cymbales qui découpent et les graves déflagrations de Yoshikawa qui réduisent en miettes. Voilà qui finit d’arranger ce concert d’habitués des workshops organisés par Eddie Prévost depuis 1999.

Eddie Prévost & Co. : Workshop Concert (Matchless Recordings)
Enregistrement : 21 mai 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Moving Duets DY/JA/GK/DL-C/EP/UK/DY 02/ Trio JA/GK/EP 03/ Trio GK/EP/DY 04/ Trio JA/DL-C/UK 05/ Trio DL-C/UK/GK 06/ Trio JA/EP/DY
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Dimitra Lazaridou-Chatzigoga : Stroke by Stroke (Organized Music from Thessaloniki, 2011)

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Dimitra Lazaridou-Chatzigoga joue de la cithare et taquine des objets. Elle peut être accompagnée (cela arrive deux fois) par Michalis Kyratsous, qui taquine des objets lui aussi. Ce ne sont peut-être pas des instantanés de l’Athènes d’aujourd’hui qu’elle signe sur Stroke by Stroke. Car ce sont des images bizarres qui ressemblent à des collages – j’ai pensé à un moment à ceux de Jiří Kolář .

Sur les clichés de Lazaridou-Chatzigoga, on voit des drones brisés (oui, on les voit), de petits moteurs lancés à terre, un bras de machine à coudre, un gong qui fait illusion, tout ça amassé de façon artisanale. Le comble est que, derrière tout ça, il y a un sens. Ce sont en fin de compte vingt-et-un merveilleux à-peu-près de musique expérimentale, chargés de poésie, que Dimitra Lazaridou-Chatzigoga livre en guise de « nouvelle musique pour cithare ». On ne l'espérait pas. Mais il faut avouer que, maintenant, elle nous enchante.  

Dimitra Lazaridou-Chatzigoga : Stroke by Stroke (Organized Music from Thessaloniki)
Enregistrement : 2010-2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Gargaretta 02/ Qualia 03/ Wolf 04/ Clinkers 05/ Atonement 06/ Intermittent 07/ To Detach Oneself 08/ Unicorn 09/ Emergency 10/ each and Every 11/ Any and All 12/ Woody Woodpecker 13/ Parasite 14/ Insect 15/ Operators 16/ Torrent 17/ Dorodango 18/ reattach Oneself 19/ The Instance 20/ Common Ground 21/ Sleep Talk
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Ap'strophe : Corgroc (Another Timbre, 2010)

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Que ceux et celles qui n’aiment dans la peinture de paysages que les aplats épais quittent la salle d’exposition. Car si Ap’strophe en remet une couche, c’est dans la finesse, l’ellipse, l’effleurement...

Ferran Fages intervient pourtant à la guitare et Dimitra Lazaridou-Chatzigoga à la cithare. De quoi faire beaucoup avec des cordes pincées ou frappées, des attaques sur un corps en bois ou sur des mécaniques de métal. A la place il y a Spring et Is Like a Perhaps Hand (faut-il lire « Spring Is Like a Perhaps Hand » ?). C’est à dire qu’il y a un drone qui siffle et le jeu bizarre de cordes distendues. Il y a aussi des grincements (le bois) et des mouvements de plaques (le métal). Et sous l’effet de la surprise le tout procure de drôles de sensations qui font qu’on se demande si le duo n’avait pas surréastylistiquement raison : le printemps serait peut être comme une main.


Ap'strophe, Corgroc (extrait).

Ap’strophe : Corgroc (Another Timbre)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Spring 02/ Is Like a Perhapd Hand
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Ap’strophe : Objects sense objectes (Etude, 2009)

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Sur Objects sense objectes, Ferran Fages (guitare) et Dimitra Lazaridou Chatzigoga (cithare) font front commun et tentent de redresser ensemble leur ensemble minuscule de cordes à la dérive.

Sèches toutes, brutes et parfois lâches, celles-ci se nourrissent de leur propre discours avant qu’entre un drone inattendu, qui va et vient parmi les nouvelles propositions de Fages et Chatzigoga : plus percussives maintenant, lorsqu’il ne s’agit pas de grattements ou même – provocation ultime – d’un arpège joué proprement. Heureusement, l’usage familier n’est que passager, et reparaissent les dissonances, les silences derrière lesquels sont pensés d’autres coups et les tensions changeantes capables aussi de notes limites. Voici les tourments d’Objects sense objectes rassurés, et même confortés.

Ap’strophe : Objects sense objectes (Etude Records / Metamkine)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ 3 (5 :46) 02/ 6 (31 :35) 03/ 7/2 (6 :47) 04/ 12 (12 :11)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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