Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Andrew Coleman, Defasten : Openland (Cocosolidciti, 2009)

openland

Sempiternellement, nous sommes d’abord attirés par l’image. Moi aussi, c’est pourquoi je pose le DVD d’Andrew Coleman et de Defasten avant d’écouter le CD qui l’accompagne. Openland commence et la question se pose : les images de Defasten sauront-elles respecter la musique d’Andrew Coleman, à la fois hybride et éclectique ?

Par le biais de l’image, peut être aussi que Coleman cherche autre chose à dire, et même peut être donner à réfléchir : sur l’écran, je découvre un collage de témoignages sur le bleu de paysages – ce sont des paroles qui s’imposent d’abord. L’association du vidéaste et du musicien souffle le chaud et le froid, non pas du point de vue de la couleur mais en ce qui concerne le fond des choses : la photographie est brillante mais les paroles l’encombrent, les discours moralisant sur l’environnement la floutent – qui a dit que l’art devait transcender le réel ? Qui a dit que l’art devait tout changer ? Le film, à cause des bruits et des voix qu’il contient, est un bout de réel transposé sur écran alors qu’il promettait d’être un rêve en neige et bleu. Et c'est dommage.

Heureusement, le disque est là comme une échappatoire : la musique se déploie entre un folk expérimental et des  mouvements sonores indéfinissables. Une musique d’après le déluge, en quelque sorte, qui va d’efforts de reconstruction en travaux de synchronisation (sur le bleu du film que je réinvente maintenant, la morale a fui et j’entends à sa place cette belle musique). Or, deux autres questions se posent : ce travail de juxtaposition, était-ce à moi de le faire ? Et faut-il demander à Andrew Coleman et Defasten de revoir leur Openland, de garder les images, d’enlever le verbiage, et de faire un peu plus confiance à la musique ?

Andrew Coleman, Defasten : Openland (Cocosolidciti, 2009)
Edition : 2009.
DVD + CD : Openland.
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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