Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Matt Bauder / Day in Pictures : Nightshades (Clean Feed, 2014)

matt bauder nightshades

En ces temps de Blue Note Revival, écouter Matt Bauder creuser en profondeur les vieilles symétries n’est pas pour me déplaire. Et ne pas voir en lui l’un des musiciens les plus investis du moment en dit assez long quant à l’imbécilité de la jazzopshère.

C’est que Matt Bauder possède plus d’une corde à son arc. Ici, dans ce territoire vaguement sixtie-Blue Note, il conteste le copier-coller et fonde ses interventions sur des tumultes que n’atteindront jamais les (très) surévalués petits princes des revues en papier glacé. Car Bauder sait comment ériger un chorus et comment troubler les cadres. Et c’est aussi ce que sait faire un Nate Wooley, trompettiste aux courbes ruades. Et tandis que Kris Davis (remplaçant ici Angelica Sanchez) impulse quelque harmonie mensongère, Jason Ajemian et Tomas Fujiwara érigent quelques imposantes cathédrales. Viennent alors à nos oreilles cette science des temps mêlés. Temps mêlés et jamais scellés.

Matt Bauder / And Day in Pictures : Nightshades (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Octavia Minor 02/ Weekly Resolution 03/ Starr Wykoff 04/ Rule of Thirds 05/ August & Counting 06/ Nightshades
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Matt Bauder : Day in Pictures (Clean Feed, 2010)

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Le titre qui ouvre Day in Pictures, Cleopatra’s Mood, évoque autant les belles heures du Swinging Addis que Krysztof Komeda découvrant l’Amérique. Premières images sorties d’un disque qui impose Matt Bauder en compositeur d’un jazz de taille.

A ses côtés : Nate Wooley (trompette), Angelica Sanchez (piano), Jason Ajemian (contrebasse) et Tomas Fujiwara (batterie). A la langueur de l’introduction et à son efficience mélodique, le quintette oppose ensuite un lot de ballades flottantes et soumises à vent d’ouest – pour empêcher toute dérive excessive, le ténor de Bauder s’emportera sur Parks After Dark  et sa clarinette décidera d’un gimmick amusé que les instruments se repasseront comme un virus sur Bill and Maza.

Dans un autre genre, l’assurance des instruments à vent et l’inventivité porteuse de Fujiwara permettent à Bauder d’investir le champ d’un jazz de connivence : projections de bop ou swing dégagé de tout corset (Reborn Not Gone, Two Lucks) faits éléments de relecture d’un genre dans son entier. Ainsi, Matt Bauder réussit là où beaucoup d’autres échouent d'habitude : faire d’exercices de style un bouquet impérial d’originalités. Il suffisait de jouer juste, certes, mais aussi investi. 

Matt Bauder : Day in Pictures (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 24 janvier 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Cleopatra’s Mood 02/ Parks After Dark 03/ January Melody 04/ Reborn Not Gone 05/ Bill and Maza 06/ Two Lucks 07/ Willou-GHBY
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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