Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

David Michael, Slávek Kwi : Mmabolela (Gruenrekorder, 2015)

david michael slavek kwi mmabolela

Sonic Mmabolela est un festival, organisé par Francisco López et James Webb dans la réserve du même nom que ce double-CD. En 2013, il a permis à Slávek Kwi (Artificial Memory Trace) et David Michael de balader leurs micros (dès très tôt le matin !) sur un terrain riche en bestioles de toutes tailles et de toutes couleurs.

Rentrés à la maison, il leur a fallu réécouter tout ça pour composer (Kwi, CD1) ou éditer (Michael, CD2). In fine (CD1 et CD2, j’insiste – ce qui fait du matériau), leurs field recordings ne ressemblent pas aux field recordings de Môsieur Toutlemonde. Parce que Michael a l’air de prospecter avec un souci du détail quasi-scientifique (on entend même une mouche voler quand un hippopotame ne prend pas tout l’espace sonore) et que Kwi articule les bruits de la forêt en prenant en compte le rythme des chants ou en inventant des call and response sur-naturels…

Le plus étonnant restant quand Kwi, sous Artificial Memory Trace influence, donne l’impression d’emprisonner un insecte dans un pot de yaourth qu’il sonorise ou quand lui vient l’idée de planter violemment son micro dans le sol pour capter l’activité des grouillants / rampants. Peut-être ses plus belles prises !

David Michael, Slávek Kwi : Mmabolela (Gruenrekorder)
Enregistrement : novembre 2013. Edition : 2015.
2 CD : CD1 : Slávek Kwi – CD2 : David Michael
Pierre Cécile © Le son du grisli

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David Michael : The Slaughterhouse (Gruenrekorder, 2012)

david michael the slaughterhouse le son du grisli

Enregistrer dans un abattoir de l’Alabama rurale, c'est l’idée qu’a eue David Michael. L’Amérique des rednecks comme si vous y étiez ? Pas aussi simple…

Il faut d’abord à Michael arriver jusqu’à l’abattoir. Sur le chemin des oiseaux sifflent, des insectes bourdonnent, on entend le trafic routier au loin, un transformateur, deux hommes qui parlent fort. Le micro de Michael ne lâchera plus sa proie : l’abatteur à l’ancienne, c'est-à-dire à la dure (qui confiera un peu plus loin, je traduis : « C’est pas un boulot pour les peureux ou les lâches. »). L’Amérique rurale au micro de l’Amérique… éclairée ?

La question se pose car on ne sait pas au fond ce que Michael tient à exprimer : qu’il existe encore chez lui des rustres ? des pratiques violentes et même peut-être d’un autre temps ? Aux employés de la maison familiale, il pose des questions faussement ingénues sur l’existence de dieu ou celle de l’âme pour les animaux, puis il tend sa perche au dessus d’un troupeau qui arrive ou d’une scie en train de découper… Après, David Michael lance à la cantonnade « Au fait, moi c’est David ! ». Mais dans ces mots on comprend « Allez, bon vent les ploucs ! » La qualité de juge que l’Américain éclairé a cru bon revêtir a peut être entaché le document…

David Michael : The Slaughterhouse (Gruenrekorder)
Edition : 2012.
CD : 01/ Early Morning, Outside 02/ Thirty-Thirty 03/ Go On and Record the Shot 04/ Prepping the Cutting Room 05/ The Man with the Buffalo Arrives 06/ A Story 07/ Skinning 08/ Souls 09/ Hogs Arrive 10/ The Head Comes Off, the Innards Come Out 11/ The Saw 12/ The Buffalo Gets Shot
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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