Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Daunik Lazro, Joëlle Léandre, George Lewis : Enfances (Fou, 2016)

daunik lazro joëlle léandre george lewis enfances

Les portes n’étaient pas murées, tout était encore possible : le rire, la charge, la décharge, la crispation, le relâchement. On s’échappait des codes, ce n’était pas pour en fabriquer de nouveaux. Alors, on prenait le taureau par les cornes, on fonçait sur le drapelet rouge puisque le rouge était encore couleur d’espérance (et Joëlle de se rêver en Carmen teutonne, le temps d’un court couplet).

L’alto grésillait, caquetait, grondait, s’invitait moustique affamé, savait où se loger l’ultra-aigu. Le tromboniste salivait de bonheur, éructait, aboyait, gargarisait son souffle. La contrebassiste-vocaliste exultait, l’archet se portait large, le lapidaire trouvait sa lame. La jungle était sans limite, de drôles d’oiseaux zébraient l’horizon, la basse-cour avait vu le loup. Musiciens et spectateurs étaient des indiens que les cowboys et autres justiciers de petites revues n’osaient pas (même s’ils en rêvaient) affronter. C’était Daunik Lazro, Joëlle Léandre, George Lewis, et le Dunois, en ce jour du 8 janvier 1984.

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Daunik Lazro, Joëlle Léandre, George Lewis : Enfances
Fou Records
Enregistrement : 1984. Edition : 2016.
CD : 01-10/ Enfance 1 – Enfance 10
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Peter Kowald, Daunik Lazro, Annick Nozati : Instants Chavirés (Fou, 2014)

peter kowald annick nozati daunik lazro instants chavirés

Tout était élevé ce soir-là aux Instants Chavirés de Montreuil. La voix d’Annick Nozati transperçait la matière. Sa voix peau-rouge visait mille cœurs. Daunik Lazro était cet inépuisable cavalier des hautes plaines. Et Peter Kowald décochait sans compter. Ce soir-là, tous trois étaient indiens et pas un seul visage blanc pour les importuner.

Le chant d’Annick N. est pour beaucoup dans ce disque-sorcier. Ici, l’âme et la tripe. Le chant profond. La source de vie. L’âme dévoilée.  Les entrailles mises à nu. Un certain Daunik L. zébrait son souffle. De l’entendre au baryton (depuis peu au ténor), on en avait oublié combien son alto était étoilé, constellé. De son côté, Peter K. activait son jazz naturel et spontané. Parfois les indiens se firent planètes folles. Puis retrouvèrent tendresses et cérémonies. Grand disque tout simplement.

écoute le son du grisliPeter Kowald, Daunik Lazro, Annick Nozati
Kow-Laz-Noz

Peter Kowald, Daunik Lazro, Annick Nozati : Instants Chavirés (Fou Records / Metamkine)
Enregistrement : 2000. Edition : 2014.
CD : 01/ Laz Noz 02/ Kow Laz Noz 03/ L’invisible 04/ Laz Kow 05/ Kow Noz 06/ Noz Laz Kow
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Pourtant les cimes : Mulhouse, 27 août 2014

pourtant les cimes mulhouse météo 2014

Pourtant les cimes des arbres (Sens Radiants, et alors ?), devenu … Pourtant les cimes. L’important, se jouant dans ce 27 août, fin d’après-midi, à la Friche – « friche » égalant : regret patrimonial et, accessoirement, « gauchement », hommage à ceux tombés (employés, petites mains) pour l’industrie une fois que celle-ci n’y est plus (si faillite, qu’elle pourrisse !, la « culture » y repoussera) – DMC de Mulhouse, dans le cadre du festival Météo.

Le vert pistache et le gris des murs allaient ceci étant comme un charme à la veste moutarde de Lazro. Le souffleur, impeccable. Derrière lui, ce labyrinthe en construction permanente que les interventions de Lasserre taillent à coups de caisse claire ou de cymbales. Et que les saxophones élèvent, et comment : hautes sphères comme coulisses attendent (appellent, peut-être) le temps qui viendra et décidera de tout : Duboc peut jouer les paratonnerres (archet embrassant ou pizzicatos consolants), l’atmosphère est là : alerte, inquiète puis menaçante.

« Lunaire » encore, sans doute. Lazro, bien au-dessus des cimes annoncées ; Lasserre, inventant avec force ; Duboc, préoccupé peut-être, tempérant de ses craintes. Sens Radiants (Pourtant les cimes, pourquoi pas ?) fut en deux temps (tempétueux / atmosphérique) une autre fois brillant. Au point qu'on se demande : Pourtant les cimes ne serait-il pas ce phénomène capable, de fil en aiguille, de nous réconcilier avec les friches sonnantes ?

Pourtant les cimes, Mulhouse, Festival Météo, 27 août 2014.
Photos : François, Quelques Concerts
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Daunik Lazro, Joëlle Léandre : Hasparren (NoBusiness, 2013)

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Ce qui se passe ici est très simple, très naturel : cela se nomme complicité. Nous étions nombreux à le savoir et à attendre ce CD. Il aura fallu un petit village bien allumé du Pays Basque et les lituaniens de NoBusiness pour que… Mais ne nous énervons pas : le disque est là, voilà bien l’essentiel.

La complicité, donc. Une complicité vieille de combien d’années déjà ? Pas important. Ecoutons plutôt. Il y a le baryton de Daunik Lazro et la contrebasse de Joëlle Léandre. Tous les deux sont en vol, prêts à fendre l’harmonie. L’une n’agite pas son archet pour rien. Malgré sa grande maîtrise, elle trouve encore le moyen de (se) surprendre. L’autre pivote et n’a de proie que le cri qu’il arpentera plus tard. Pour le moment, ils restaurent des contrepoints rauques. Parfois, mesurent les distances entre l’hyper grave et l’hyper aigu. Si on ne les connaissait pas, on pourrait dire qu’ils s’observent. Mais tel n’est pas le cas. Ils cherchent et zèbrent leurs flux. L’une glisse, l’autre cisaille et tous les deux résonnent. Et voici que quelque chose s’élève. Et ce qui s’élève n’est pas rien. Nous dirons qu’ils font de la tempête une tendresse infinie. Cela est si simple, cela est si naturel : cela se nomme complicité.

écoute le son du grisliDaunik Lazro, Joëlle Léandre
Hasparren IV

Daunik Lazro, Joëlle Léandre : Hasparren (NoBusiness)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
CD : 01/ Hasparren I 02/ Hasparren II 03/ Hasparren III 04/ Hasparren IV 05/ Hasparren V 06/ Hasparren VI
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Daunik Lazro, Kristoff K. Roll : Chants du milieu (Creative Sources, 2013)

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Nous les avons vus au milieu des champs d’oliviers, captant le chant des cailloux et le froissement des vents. C’était à l’occasion d’Horizon Vertical, le film de Christine Baudillon. Nous retrouvons aujourd’hui, intactes, quelques-unes de ces captations.

Entre eaux et cendres, Carole Rieussec, Jean-Kristoff Camps et Daunik Lazro se relient à nouveau. Pour les deux premiers, il faut froisser le plastique, activer moteurs et machineries. Il faut capter l’imperceptible, les ondes suspectes. Il faut relier le dérapage des bolides au grave baryton de Daunik Lazro. Pour le second, il faut que s’échappent les souffles, que le rauque soit fauve. Et au milieu des ces conversations venues d’ailleurs et de là-bas, que se déterritorialisent et que s’emportent ces mille nouveaux mondes.

Daunik Lazro, Kristoff K. Roll : Chants du milieu (Creative Sources / Metamkine)
Enregistrement : 2009. Edition : 2013.
CD : 01/ Prémonition 02/ Pigments 03/ Autoroute japonaise 04/ Creux 05/ Forêt 06/ Milieu du chant 07/ Décibels pour le diable 08/ Echo du petit bruit 09/ One Microphone for All
Luc Bouquet © Le son du grisli

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The Clifford Thornton Memorial Quartet : Sweet Encores (Not Two, 2018)

clifford thornton memorial quartet sweet oranges

Au bout d'une vingtaine de jours, le son du grisli termine sa semaine française, organisée à l'occasion de la parution du deuxième volume d'Agitation Frite de Philippe Robert. Après Richard Pinhas, Romain Perrot, Jean-Jacques Birgé, Jean-Marie Massou et le trio Rollet / Rollet / Foussat, c'est Daunik Lazro (et Foussat encore) dans ce Clifford Thornton Memorial Quartet...

Quitte à tourner en rond – voire à se mordre la queue –, il faudra conseiller la lecture du livre (épuisé) de Garrison Fewell, De l’esprit dans la musique créative, dans lequel Joe McPhee raconte au guitariste : « C’est Clifford Thornton qui m’a amené la première partition écrite de jazz que j’ai jamais jouée. (…) Plus tard, j’étais avec lui quand il a acheté un trombone à pistons qu’il a utilisé sur certains enregistrements. Sur la couverture de Freedom and Unity, je crois qu’il y a un dessin de lui et de son trombone. »

Ce n’est donc pas un hasard si c’est au trombone (à coulisse, certes) que Joe McPhee ouvre ce concert donné à l’été 2017 au Niskelsdorf Konfrontationen par The Clifford Thornton Memorial Quartet – projet dont c’est là la première et (pour le moment) la seule « incarnation » et qui donne à entendre aussi Daunik Lazro (saxophones baryton et ténor), Jean-Marc Foussat (synthétiseur analogique et voix) et Makoto Sato (batterie). En termes d’association, Thornton aurait pu rêver pire.

En 2017, celui qui fit tout son possible pour retrouver le trombone que son ami s’était fait voler – or, « il n’a pas voulu le récupérer, il m’a dit : Garde-le, tu n’as qu’à en jouer. Je l’ai donc gardé et depuis je joue avec. Dans le Chicago Tentet, par exemple » – lui rend aujourd’hui hommage au son de Sweet Oranges. Une marche, solitaire, faite malgré tout sous surveillance (celle des partenaires de l’instigateur de l’hommage en question), bientôt « perturbée » par des présences de taille.

Aux maîtrises attendues de McPhee et de Lazro répondent ainsi l’intuition de Foussat (dont l’instrument projectile ou guimbarde) et l’insistance (toujours régénérante) de Sato. Pourrons-nous encore dire que le discours est « free » ? Non, certainement pas. Le dérapage ne fait pas la liberté, et ceux que ce disque contient ne font que développer un propos réfléchi, autrement incendiaire, en plus d’adresser un saisissant hommage.

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The Clifford Thornton Memorial Quartet : Sweet Encores
CD : 01/ Sweet Oranges 02/ Encore
Not Two, 2018
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sophie Agnel, Daunik Lazro : Marguerite d'or pâle (FOU, 2016)

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Tandis que l’harmonique rode et que les insectes grouillent à l’intérieur du piano, d’autres séismes se préparent. Sophie Agnel et Daunik Lazro sont à Moscou. Le 22 juin 2016, pour être précis ; et au DOM Cultural Centre, si vous voulez tout savoir. L’harmonique et les insectes donc…

Et puis leurs chuchotis, leurs ondulations maléfiques. On frotte, on grésille dans l’antre des secrets. Ils sont en périphérie mais on ne sait si cette périphérie est douceur ou poison. Fraternelle, ça, on n’en doute pas. On entend la tension en partage, se cristalliser sans jamais se craqueler. On martèle, on se cabre. On va traquer les hauts reliefs. On surprend le cri dans sa propre tanière. On le déniche, on lui offre quelques secondes de gloire et on l’abandonne sans espoir de retour. Ce soir de juin, ce soir-là justement, ces deux-là n’ont rien laissé filer. Absolument rien.

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Sophie Agnel, Daunik Lazro : Marguerite d’or pâle
Fou Records
Enregistrement : 22 juin 2016. Edition : 2016.
CD : 01/ Avec Ki 02/ Avec Ka 03/ Cat’s Shoe 04/ Ma-Ox-An 05/ Bbystro ! 06/ Ochi Chornye
Luc Bouquet © le son du grisli

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Daunik Lazro, Joe McPhee : The Cerkno Concert (Klopotec, 2016) / Evan Parker, Lazro, McPhee : Seven Pieces (Clean Feed, 2016)

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Même après tant d’années, on ne sait jamais comment ça marche, un duo ; à quoi ça tient... On n’ira pas voir (réécouter) en arrière ni faire la somme de ce qui a été fait. On attendra plutôt que tombe le nouvel échange pour constater la fidélité, l’éternelle entente, l’impossible fausse note.

Le 21 mai dernier, Daunik Lazro et Joe McPhee se retrouvaient au festival de jazz de Cerkno, en Slovénie – leur premier enregistrement en duo date de 1991, qui a donné Duet (In Situ). Leur expérience commune en associations différentes a, depuis, scellé des liens que les premières secondes du disque, déjà, donnent à entendre. Lentement, les musiciens engagent une nouvelle conversation ; alors qu’ils sont tous deux au saxophone, leurs langues se délient.

D’un bout du disque à l’autre, c’est un chassé-croisé agissant : la volupté du baryton peut permettre à l’alto de progresser en électron libre, les fantaisies de la trompette de poche (comme celles de la voix de McPhee) faire naître des souffles graves, la moindre extravagance mener à la rêverie. Sur un thème écrit (Voices For Alto And Tenor) ou la reprise d’un motif d’Ayler (auquel le duo rend, en l’associant à Ornette Coleman, hommage en fin de concert), McPhee et Lazro opèrent aussi d’impeccables rétablissements. C’est d’ailleurs là que leur duo atteste cette « éternelle entente », cette « impossible fausse note » : en improvisant, comme si de rien n’était, un ordre rétabli.  

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Daunik Lazro, Joe McPhee : The Cerkno Concert. Music for Legendary Heroes
Klopotec
Enregistrement : 21 mai 2016. Edition : 2016.
CD : 01-07/ The Cerkno Concert. Music for Legendary Heroes
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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En 1995, Willisau était encore Willisau et – avec l’aide du CCAM de Vandoeuvre-les-Nancy – accueillait Evan Parker, Daunik Lazro et Joe Mc Phee. Alors, chacun y allait de son souffle, prenait position en un acte solidaire et accompli. En basses ou moyennes fréquences (trio) ou en hautes cimes (duo Parker / Lazro, trio parfois), les connexions étaient fortes, extensives. Les souffles cherchaient parfois le continu (Parker solo) mais toujours aimaient à pénétrer-engendrer le réel. Ces trois-là étaient grands de présence. Et s’ils remettaient le couvert ?

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Evan Parker, Daunik Lazro, Joe McPhee : Seven Pieces. Live in Willisau 1995
Clean Feed / Orkhêstra International
Enregistrement : 1995. Edition : 2016.
CD : 01/ Echoes of Memory 02/ Sweet Dreams of Flying 03/ Broadway Limited 04/ Florid 05/ Concertino in Blue 06/ Tree Dancing 07/ To Rush at the Wind
Luc Bouquet © Le son du grisli

 

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Daunik Lazro, Benjamin Duboc, Didier Lasserre : Sens Radiants (Dark Tree, 2014)

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Partir du silence. Y revenir. Michaux est dans le coup. Daunik Lazro, Benjamin Duboc, Didier Lasserre aussi. Eux, c’est une caravane avec trajet. Le trajet est simple comme tous les bonjours perdus. Aucun risque de se perdre, de se risquer en cul-de-sac. Ils prennent une sphère. Ils en nervurent le rayon. Le trajet a commencé. Le son s’allonge. Sans résonance. Maintenant avec résonance. Ce lointain grondement, est-ce l’épicentre ? L’espace se sent, se tend, se projette, se palpe. On siffle et quelque chose se descelle.

Imaginer la rupture, vous n’y pensez pas ? L’écorce n’est pas carapace. Et elle est si ferme. Voici une mélodie accueillie. Voici le cri. Mais ceci est-il un cri ? Et ce qui était précédemment était-il retenue ? Voici la destination et le possible regret des destinations. Demain d’autres reflets, d’autres trajets.

écoute le son du grisliDaunik Lazro, Benjamin Duboc, Didier Lasserre
Sens Radiants (extrait)

Daunik Lazro, Benjamin Duboc, Didier Lasserre : Sens Radiants (Dark Tree)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Sens Radiants
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Raymond Boni : Les mains bleues (Hors Oeil, 2013) / Violeta Ferrer, Raymond Boni : Federico García Lorca (Fou, 2013)

christine baudillon raymond boni les mains bleues

L’œil de Christine Baudillon a le don de nous rapprocher des musiciens qu’elle aime et que nous aimons aussi. Après Léandre (Basse continue) & Lazro, (Horizon vertical), c’est au tour de Raymond Boni de se laisser capturer. Ça tombe bien… la réalisatrice l’a repéré à flanc de mer, sur un rocher.

Gros plan sur l’œil du guitariste – la vista de l’improvisateur –, puis destination cuisine où il s’empare d’une guitare classique. C’est là que commence ce portrait fait de quotidien, c’est-à-dire de musique, de souvenirs personnels et de rencontres : Christine Wodrascka, Violeta Ferrer, Bastien Boni, Jean-Marc Foussat, Laurent Charles, Lucien Bertolina, ou encore Daunik Lazro, Joe McPhee et Claude Tchamitchian (Next to You). Chaque spectateur aura ses préférences côté musique, mais tous devraient succomber à la « parole Boni », donnée en intérieur, en pleine nature ou chez son luthier…

Comme avec Léandre et (encore plus) Lazro, l’approche naturaliste de Baudillon respecte le temps qu’il fait et le temps qu’il faut pour faire sonner le matériau, pour construire un langage sous l’influence de Django et le transformer au gré du vent, loin des chapelles et des cabotinages (lorsqu’il se moque des musiciens qui disent prendre des risques lorsqu’ils jouent, Boni dévoile toute la sagesse qui l’inspire). Un grand bol d'air, pour les cinq sens...

Christine Baudillon : Raymond Boni : Les mains bleues (Hors-Œil)
Edition : 2013.
DVD : Raymond Boni : Les mains bleues
Pierre Cécile © Le son du grisli



violeta ferrer raymond boni federico garcia lorca

A la guitare et à l’harmonica, Raymond Boni. A la récitation, au jeu, Violeta Ferrer. Le duo vit la poésie de Lorca le long d’un beau CD édité sur le label de Jean-Marc Foussat. Si je n’ai pas saisi toutes les nuances de la langue du poète, j’ai cru aux histoires de mort et de danse que Ferrer dit avoir vues de ses propres yeux et que la guitare métallique de Boni a intelligemment accompagnées. Un beau livre à écouter.

Violeta Ferrer, Raymond Boni : Federico García Lorca (Fou)
Edition : 2013.
CD : Federico García Lorca. Poemas de Federico García Lorca y Poemas Populares Españoles
Pierre Cécile © Le son du grisli

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