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Frank Denyer : Whispers (Another Timbre, 2015)

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Le français n’est pas ma langue maternelle, c’est d'ailleurs pour ça que je m’autorise quelques jeux de mots. De temps en temps. Oui, de temps en temps seulement. Comme ce jour où je t’ai dit « versatelle ». Nous écoutions Frank Denyer, compositeur britannique dont j’ignorais tout.

Cette voix de femme, tu l’as entendue toi aussi. C’était celle de Frank Denyer. Elle a fait mouche. Elle t’a piquée. Comme c’est beau, cette voix « si fragile ». Mais cette « fragilité » est-elle celle de Denyer ou celle de sa voix ? Elle a l’air de se cramponner derrière la fenêtre, à distance de nous, dans les frimas. C’est une leçon de courage, une leçon « des vies », comme dirait Rodrigo García…

La voix tient une note, et elle bat des mains pour accompagner son exploit : « d’où vient cette voix ? », tu m’as demandé, et « d’où je tenais ce disque, d’abord ? » et d’où venait ce « point » dans ma phrase qui disait et te prévenait même « bon, là, l’ennui point ». Ma jalousie, sans doute. J’avais à peine terminé ma phrase de jalousie que les instruments – non, ne sont pas arrivés mais – se sont fait entendre. C’était Whispers (dix-sept plages sur le CD) qui disparaissait. La voix s’est d’abord transformée en flûte (le shakuhachi de Kiku Day) et la flûte en petit orchestre (The Barton Workshop).

Le petit orchestre en cul de bouteille et le cul de bouteille en voix. Cette voix était celle de Juliet Fraser. « Encore ? », tu m’as demandé. Je t’ai dit que ça me rappelait Stimmung, que la voix de la fin (la voix de Juliet Fraser et non plus celle du compositeur, après tout tu n’as qu’à faire des recherches et au moins lire les indications inscrites sur le digipack) valait mieux que la voix du début (pour te prouver que non ma jalousie n’a rien à faire là-dedans, que ma jalousie n’est pas une histoire de musique, que quand c’est une femme qui chante ma jalousie n’a pas lieu d’être, etc.) et que ce disque, Whispers, je le tenais de là. Et je posais mon index sur mes lèvres.

Frank Denyer : Whispers (Another Timbre)
Edition : 2015.
CD : 01-17/ Whispers 18/ Woman with Jinashi Shakuhachi 19/ Riverine Delusions 20/ Two Voices with Axe 21/ A Woman Singing
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Alvin Lucier, MAZE : (Amsterdam) Memory Space (Unsounds, 2013)

alvin lucier maze amsterdam memory space

Aujourd’hui octogénaire, Alvin Lucier n’en demeure pas moins un des acteurs favoris des ensembles électroacoustiques dans la marge. Trois ans après Zeitkratzer (Alvin Lucier), le sextet néerlandais MAZE [Anne La Berge (flûte, electronics), Dario Calderone (contrebasse), Gareth Davis (clarinette basse), Reinier van Houdt (piano, claviers, electronics), Wiek Hijmans (guitare électrique) & Yannis Kyriakides (ordinateur, electronics)] déploie sur (Amsterdam) Memory Space une vision à la fois sereine et incarnée du compositeur américain.

En soixante minutes (et pas une seconde de plus) et une seule séquence, Van Houdt et ses comparses esquissent un très joli tableau polychromique, où la guitare vient cajoler – le terme n’est pas exagéré – la clarinette ou la flûte, sans parler des trois électroniciens, aux interventions aussi discrètes qu’intelligentes, voire inspirées. Et sans réellement savoir qui de Kyriakides, Van Houdt ou La Berge appuie sur le bon bouton (est-ce franchement un souci ?), le splendide équilibre déployé par l’ensemble MAZE nous fait déjà promettre des lendemains tout en harmonie.

écoute le son du grisliAlvin Lucier, MAZE
(Amsterdam) Memory Space

Alvin Lucier, MAZE : (Amsterdam) Memory Space (Unsounds / Metamkine)
Edition : 2013
CD : 01/ (Amsterdam) Memory Space
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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