Le son du grisli

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Michael Marcus: The Magic Door (Not Two - 2007)

marcusSaxophoniste new-yorkais entendu auprès de Sonny Simmons (au sein des Cosmosamatics, notamment), Jaki Byard ou Franke Lowe, Michael Marcus passe à la clarinette le temps de The Magic Door, enregistrement bouclé en compagnie de partenaires triés sur le volet.

Amateur d’un swing en perpétuel déséquilibre (The Magic Door, Sonic Corridors), Marcus peut évoquer Jimmy Giuffre sur un hommage adressé à Pee Wee Russell (Hey Pee Wee), ou Eric Dolphy
sur One More Minute. Moins convaincant lorsqu’il donne dans une mélodie perlée (Morning Daffodil), sujet parfois à quelque baisse de régime (Abstractions in Lime Caverns), c’est en instaurant des dialogues privilégiés avec tel ou tel de ses partenaires que Marcus sublime son enregistrement.

Aux côtés du violoncelliste Daniel Levin, par trois fois, mettant au jour un monde merveilleux de dissonances (Sonic Corridors, Sunset Falling in the Mirrors) ; en compagnie du contrebassiste François Grillot, se laissant aller à un long développement instinctif (Blue Reality). Et, partout, le soutien lumineux que confère à l’ensemble la batterie de Jay Rosen. Echanges qui font de The Magic Door un disque à l’alchimie née de la rencontre d’auteurs complémentaires.

CD: 01/ The Magic Door 02/ Hey Pee Wee (for Pee Wee Russell) 03/ Blue Reality 04/ Sonic Corridors 05/ Abstractions in Lime Caverns 06/ One More Minute 07/ Morning Daffodil 08/ Circular Worlds, Sitting Lights 09/ Sunset Falling in the Mirrors

Michael Marcus - The Magic Door - 2007 - Not Two. Import.



Rob Brown: Sounds (Clean Feed - 2007)

brownsliAux côtés du violoncelliste Daniel Levin et du percussionniste Satoshi Takeishi, le saxophoniste Rob Brown interroge les capacités de sa pratique ordinairement libérée à répondre à quelques exercices de style.

En rendant d’abord Sounds, composition écrite à l’origine pour les besoins d’une création chorégraphique signée - pour les spécialistes - Nancy Zendora. Partie au son d’un blues discret perturbé par les dépressions free ayant raison de l’alto de Brown (Archaeology), la pièce dérive ensuite au gré de déraillements distillés à un mode latin dévié (Antics) puis d’une improvisation lasse et moins convaincante (Astir).

Ailleurs, le trio déploie un jazz réfléchi, pas effrayé par la reprise d’un thème tibétain – Tibetan Folk Song, bousculée bientôt par une improvisation soutenue – ou imposant la progression leste de Sinew, contraste appuyé à l’ardent Stutter Step.

Réévaluant sa manière de faire, Brown parvient au final à mettre au jour un ouvrage généreux et sophistiqué, pour avoir su tirer de ses exercices d’autres preuves de son habileté.

CD: 01/ Sounds Part I, Archaeology 02/ Sounds Part II, Antics 03/ Sounds Part III, Astir 04/ Stutter Step 05/ Tibetan Folk Song 06/ Sinew 07/ Moment of Pause

Rob Brown - Sounds - 2007 - Clean Feed. Distribution Orkhêstra International.


Daniel Levin: Some Trees (Hat Hut - 2006)

sometreesliDéjà   partenaire  de   musiciens  tels   que  Joe McPheeRob Brown, Sabir Mateen ou William Parker, le jeune violoncelliste Daniel Levin – qui œuvre aussi bien en faveur des musiques classique, contemporaine et klezmer - donne pour la deuxième fois (après Don’t Go It Alone) sa vision personnelle du jazz.

Toujours en quartette, Levin se montre capable d’excellence, sur Zolowski – où il soigne ses élans sur un gimmick de contrebasse de Joe Morris – et Some Trees – composition allongée et lente, sur laquelle le violoncelle et la trompette de Nate Wooley rivalisent d’inventivité.

Au nombre des reprises : Out To Lunch de
Dolphy, qu’It’s For You avait évoqué plus tôt (aidé par le vibraphone de Matt Moran), dans une interprétation exaltée virant à la valse dingue ; et celles, respectueuses, de Wickets de Steve Lacy et Morning Song d’Ornette Coleman. Enfin, deux titres moins convaincants : Wild Palms, d’essence ressassée, et Sitting On His Hands, déconstruction contemporaine précise mais monotone.

Voilà sans doute pourquoi Some Trees n’obtiendra que les encouragements, capable de convaincre 2 fois tout à fait, décevant 2 fois aussi, et convenable partout ailleurs. Mais à 32 ans, Daniel Levin a presque tout le temps de rectifier le tir. Poussé, en plus, par un jeu singulier.

CD: 01/ It’s For You 02/ Out To Lunch 03/ Some Trees 04/ Sitting On his Hands 05/ Zolowski 06/ Wild Palms 07/ Wickets 08/ Morning Song

Daniel Levin Quartet - Some Trees - 2006 - Hat Hut. Distribution Harmonia Mundi.



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