Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Cor Fuhler, Jim Denley : Truancy (Split Rec, 2014)

jim denley cor fuhler truancy

Pour tout avouer à mon lecteur (potentiel), j’ai retrouvé des notes prises sur un duo de Cor Fuhler (piano & préparations) et Jim Denley (saxophone alto & préparations) il y a des mois de ça. Je dois avouer aussi que je ne me souvenais pas de la musique qu’il contient mais à en croire mes notes c’était un « très bon disque ».

Alors je l’ai repassé et j’ai compris ce qui m’avait séduit et m’a séduit une autre fois. C’est cette sorte de maelstrom  incroyable dans lequel on est jeté. On s’accroche à un drone, on évite un feedback crissant ou une corde qui casse, on manœuvre pour ne pas trop approcher d’un champ magnétique mais… on tombe sur un champ de bataille. C’est sur la deuxième piste que ça se passe : pas de place pour les silences, n’en jetez plus la cour est pleine ! Réflexion faite, non : jetez-en encore un peu histoire que je ne retourne pas tout de suite à je ne sais quel minimalisme, réductionnisme, etc. Pendant ce temps, je relis mes (ma ?) notes : « très bon disque ».

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Cor Fuhler, Jim Denley : Truancy
Split Rec / Metamkine
Enregistrement : 12 et 17 décembre 2013.
CD : 01/ Skive 02/ Wag
Pierre Cécile © Le son du grisli

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MIMEO : Wigry (Bôłt / Monotype, 2011)

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La liste alphabétique des musiciens à trouver en ce MIMEO réuni à l’automne 2009 à Wigry : Phil Durrant (synthétiseur, sampler), Christian Fennesz (ordinateur), Cor Fuhler (piano), Thomas Lehn (synthétiseur), Kaffe Matthews (ordinateur), Gert-Jan Prins (electronics), Peter Rehberg (ordinateur), Keith Rowe (guitare), Marcus Schmickler (ordinateur), Rafael Toral (ordinateur).

Inutile – si ce n’est « pour le sport » et encore par goût de la défaite – de chercher à mettre un nom sur telle ou telle intervention si celles-ci ne donnent pas clairement d’elles-mêmes la nature de leur instrument. Autour d’une table rectangulaire disposée dans une église, d’imposants représentants d’une société secrète jouèrent à la Cène au son d’une improvisation inquiète.

La musique est entremetteuse, œuvrant avec patience de silences en artifices, de brondissements en stridulations, d’accalmies en dépressions. Son matériau est de métal ou de soie et son grand sujet un magnétisme qui fait de sillons disparates un grand chemin tortueux. Sous la brume, celui-ci laisse échapper des spectres sans autre motivation que celle de faire grand bruit. Voici l’église de Wigry pleine de clameurs nouvelles.

EN ECOUTE >>> >>> B >>> C >>> D

MIMEO : Wigry (Bôłt / Monotype / Metamkine)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
2 LP : A/ - B/ - C/ - D/ -
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Mats Gustafsson, Cor Fuhler: Split LP Series #3 (Narrominded - 2009)

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Sur un trente-trois tours qu’ils partagent, Mats Gustafsson et Cor Fulher font état de l’avancée de leurs pratiques iconoclastes, et accordent à distance leurs préoccupations du moment.

Sur l’étendue de la première face, le saxophoniste amasse ainsi les effets d’un langage acoustique agité (souffles et sifflements, prises de bec et défilé de notes en chute libre) avant de revoir son emportement sur le crachin sonore qui prend peu à peu possession de la pièce. Haletant, conclut Sleeping Instructions.

De son côté, Fulher investit en deux chapitres le champ d’une électroacoustique ombreuse : introduction rampante de Tengam contre apposition de frêles notes de piano et de cordes vibrantes sur un bourdon électrique adhérant : Repus, qui rappelle ainsi quelques grands travaux d’Alvin Lucier. Lignes brisées et lignes claires, toutes en fuite, ainsi accommodées en split.


Mats Gustafsson, Sleeping Instructions (extrait).


Cor Fuhler, Tengam (extrait). Courtesy of Narrominded.

LP: A/ Mats Gustafsson : Sleeping Instructions B1/ Cor Fuhler : Tangam B2/ Cor Fuhler : Repus >>> Mats Gustafsson, Cor Fuhler - Split LP Series #3 - 2009 - Narrominded.

Mats Gustafsson déjà sur grisli
Andre Sider af Sonic Youth (SYR - 2008)
The Fat is Gone (Smalltown Superjazz - 2007)
Critical Mass (Psi - 2005)

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Cor Fuhler: Stengam (Potlatch - 2007)

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A l’aide d’électro-aimants et de moteurs minuscules, Cor Fuhler tire de l’intérieur de son piano les éléments improvisés qui formeront Stengam.

Souvent percussive (allant jusqu’à évoquer l’usage d’un steel-pan ou de tymp-toms), l’approche de Fuhler met rapidement au jour quelques mondes parallèles faits de bourdons électriques, de sifflements de cordes, d’effets de masse et de leurs résonances.

Développant ici un univers proche du Neroli de Brian Eno (North-South), Fuhler se montre ailleurs davantage soumis aux tensions, distribuant quelques notes vibrantes sur le référent d’une corde qui grésille (Ferrous), ou mesurant le long de Stengam les conséquences sur l’ensemble d’oscillations apaisantes. Pour bâtir, au final, une œuvre concrète transcendée par l’instinct.

Cor Fuhler : Stengam (Potlatch / Orkhêstra International)
Edition : 2007.
CD 01/ North-South 02/ Ferrous 03/ Stengam - part 1 04/ Stengam - part 2 05/ Stengam - part 3 06/ Stengam - part 4 07/ Stengam - part 5 08/ Stengam - part 6
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Getatchew Mekuria, The Ex & Guests : Moa Anbessa (Terp, 2007)

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Pour avoir beaucoup écouté le 14e titre de la série Ethiopiques publiée par Buda Musique, The Ex rêvait d’une rencontre avec le saxophoniste que ce disque met à l’honneur: Getatchew Mekuria. Et voici qu’en 2006, les Néerlandais enregistrent aux côtés de l’Ethiopien et d’invités choisis (parmi lesquels on trouve Cor Fuhler à l’orgue, Xavier Charles à la clarinette).

Séduits par Mekuria, The Ex n’en profite pas moins pour tenter d’établir un pont intercontinental combinant des éléments issus des deux rives : musique éthiopienne moderne et gesticulations punk bravaches. Tangage mis à mal par des guitares accrocheuses (Sethed Seketelat), griserie apportée par les rauques du saxophone sur le gimmick de la basse électrique (Aynamaye Nesh), ou pièce maîtresse de brass band déluré (Musicawi Silt), tout plaide ici en faveur de l’alliage réussi.

La nonchalance ardente de Mekuria relevée par les provocations amusées de The Ex (Almaz Yeharerwa, Tezalegn Yetentu), ou le swing fait récréation envisagé comme preuve du caractère opportun d’une rencontre.

Getatchew Mekuria, The Ex & Guests : Moa Anbessa (Terp Records / Mosaïc)
Enregistrement : 2006. Edition : 2007.

CD : 01/ Ethiopia Hagere 02/ Sethed Seketelat 03/ Eywat Setenafegagn 04/ Che Belew Shellela 05/ Aynamaye Nesh 06/ Aynotche Terabu / Shemonmwanaye 07/ Musicawi Silt 08/ Tezeta 09/ Almaz Yeharerwa 10/ Tezalegn Yetentu 11/ Aha Begena
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Simon Nabatov: A Few Incidences (Leo - 2005)

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Le pianiste russe Simon Nabatov s’est fait spécialiste de l’évocation en musique d’œuvres littéraires signées de compatriotes chronologiquement éloignés. Après avoir dédié des enregistrements aux poèmes de Joseph Brodsky et au roman « Le maître et Marguerite » de Mikhaïl Boulgakov, c’est au tour du travail de Daniil Kharms, écrivain de la première moitié du 20eme siècle proche de l’esthétique futuriste, de se voir célébré.

Enregistré en octette, A Few Incidences profite des particularités diverses des musiciens choisis. Le collage assemble ainsi les constructions électroniques de Cor Fuhler et l’élaboration d’un nouveau langage auquel s’attache le chanteur Phil Minton, écrasant des onomatopées sur le saxophone d’un Frank Gratowski à l’affût des directions prises par l’entier groupe (And That’s All). Les accents sombres d’un duo trombone / contrebasse ouvrent ensuite Kalindov, récité bientôt par Minton, qui établit cette fois un parallèle troublant avec l’Ursonate de Kurt Schwitters, sur lequel le piano pose un soupçon d’âme russe.

La lecture, toujours, mais plus loin : dans la bouche de Minton, sur le rythme rapide et théâtral imposé par Nabatov (The Plummeting Old Women), ou défendue dans un Russe original, sur Ivan Ivanych Samovar, poème pour enfant tailladé par les décisions électroniques de Fuhler. Celles-ci s’opposeront parfois élégamment à l’acoustique prépondérante de l’ensemble, sur une valse extra-terrestre révélant le charme qu’elle trouve à la pop symphonique (The Start of a Very Nice Summer’s Day) ou le développement d’une cantate folle (An Encounter).

Au final, l’hétérodoxie russe entraîne dans ses méandres un lyrisme emporté, une rengaine des bas-fonds (The Red-Haired Man), des combinaisons expérimentales truculentes, et même un peu d’ennui, transformé bientôt en mélancolie sourde (On Equilibrium). Ménageant toujours le feu et la glace, A Few Incidences serait une symphonie militaire fredonnée par Bakounine.

CD: 01/ And That’s All 02/ Kalindov 03/ The Red-Haired Man 04/ The Plummeting Old Women 05/ On Equilibrium 06/ An Encounter 07/ The Start of a Very Nice Summer’s Day 08/ A Sonet / On Phenomena And Existence 09/ Ivan Ivanych Samovar

Simon Nabatov - A Few Incidences - 2005 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.

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The Cortet : HHHH (Unsounds, 2005)

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Voué tout entier à l’improvisation, le quartette formé par le pianiste Cor Fuhler tâche, avec HHHH, de fondre une approche musicale acoustique et une esthétique proche de celle défendue régulièrement par la musique électronique expérimentale.

Soit, en partie par les seules interventions du synthétiseur analogique de Thomas Lehn, transformer les inspirations du moment en pièces ultramodernes. Alors, des glissandos réverbérés à loisir imposent une atmosphère de glace (HL) ; le saxophone de John Butcher laisse poindre quelques notes entre deux souffles et trois chocs de clefs (TH) ; les phrases brèves des cordes et des anches s’imbriquent jusqu’à former un final récréatif (CH).

Passée à la moulinette digitale, la harpe de Rhodri Davies répond parfaitement aux chapelets de 4 notes de piano que Fuhler égrène avant de laisser choir (TH). La texture de l’ensemble, parfois lumineuse, sert malgré tout de prétexte à un déroulement simplement abstrait. Malgré les changements d’axes fréquents et le renouvellement des intentions, on peine à y trouver la trace d’un intérêt véritable.

HN, toutefois, ose quelques surprises : Butcher à l’aise une fois sorti de son axe, ou le piano, minimal et répétitif, dressant une parallèle intéressante avec les coups sèchement portés sur la harpe, échappatoire éphémère à la monotonie ambiante. Pas suffisant, ceci dit, pour rattraper entièrement un précis de cuisine interne qui pâtit des efforts appuyés qu’on y trouve ; qu’on avait pourtant mis là pour ne pas trop vite ennuyer l’auditeur.

The Cortet : HHHH (Unsounds)
Edition : 2005.
CD : 01/ HL 02/ RH 03/ TH 04/ HN 05/ CH
Guillaume Belhomme © Le son du grisli
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