Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Coppice : Big Wad Excisions (Quakebasket, 2013) / Epoxy (Pilgrim Talk, 2013)

coppice big wad excisions

Electronique, harmoniums et instruments personnalisés (pour ne pas dire « détournés »), sont les outils dont disposent Noé Cuéllar et Joseph Kramer pour travailler, sur disques ou en installations, à l’identité sonore de leur Coppice. Sur Big Wad Excisions – bel objet sonore qui relance la production du Quakebasket de Tim Barnes –, c’est cependant surtout l’harmonium que l’on explore.

Intelligemment, qui plus est : le duo s’interdisant la simple compagnie d’un ou deux drone(s) pour insister sur le mystérieux potentiel de l’instrument. Alors, bruits des touches, souffles avalés, ronflements découpés, pompes tremblantes révélant une navigation à l’oreille, projections saillantes, interférences de l’orgue et d’un boombox (en français correct : ghetto-blaster) font l’étoffe de compositions surprenantes.

Avec Sop, c’est-à-dire sur la troisième plage, Coppice élève son art d’un ton encore : souffles rapatriés sur bandes et soupçon électronique s’émouvront de la ligne électrique d’un ampli avant de se perdre en volutes – notes en suspension qui se frôlent et par là même s’élèvent. Hoist Spell à suivre, qui convoque harmoniums (préparés), magnétophones, préamplis, samplers… pour composer sur couches instables certes mais denses aussi : derrière la confrontation des deux harmoniums, court même une mélodie. Soit, de quoi retourner à Quakebasket, instamment.

Coppice : Big Wad Excisions (Quakebasket / Metamkine)
Enregistrement : 2013. Editions : 2013.
CD : 01/ Snuck Keel 02/ Impulses for Elaborated Turbulence (Excised) 03/ Sop 04/ Hoist Spell
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

coppice epoxy

Enregistrés en 2011 et 2012 à Chicago, deux morceaux de Coppice font aujourd’hui autant de faces d’une cassette (qui peut être aussi téléchargée) estampillée Pilgrim Talk : Epoxy. En première, une bande-originale sans attache trouve sa raison d’être en dramaturgie faite de boucles en décalage et de notes grises rêvant de prépotence. En seconde, avec les appuis successifs de Carol Genetti (voix), Julia A. Miller (guitare-jouet), Sarah J. Ritch (violoncelle) et Berglind María Tómasdóttir (flûte), le duo taille dans le silence des formes faites de parasites et de rumeurs autrement parlants. Soit, de quoi aller voir du côté de Pilgrim Talk, illico.

Coppice : Epoxy (Pilgrim Talk)
Enregistrement : 2013.
K7 / DL : A/ A Deflective Index B/ A Refracted Index of "Seam" with Girls
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Nom Tom: Nom Tom (Spring Garden - 2005)

springrisli

Depuis la fin des années 1970, le saxophoniste Jack Wright fait montre d’un jusqu’auboutisme désinvolte concernant sa manière d’aborder l’improvisation. Pourfendeur de gestes inhabituels, il a aussi bien œuvré aux côtés de John Butcher, William Parker ou Michel Doneda, qu’initié des groupes plus confidentiels, pour peu qu’ils puissent espérer tenir de la combinaison heureuse.

C’est dans cette catégorie que pourrait être rangé Nom Tom, trio que Wright forme aux côtés de la vocaliste Carol Genetti et du percussionniste Jon Mueller. Sur cet enregistrement concert daté de 2004, les musiciens tissent deux pièces expérimentales tenant donc de l’inédit. Investissant le domaine du non dit, d’abord, au son de l’imbrication des incartades free du saxophoniste, des murmures, souffles et expirations de Genetti, et des accents enthousiastes que dispense la caisse claire. Phrases lyriques refoulées et virulence en sourdine sont de mise, avant que le batteur décide d’accélérer le propos discursif pour mieux couper court aux gémissements et autres souffles prônant l’impureté.

Alors, les trois intervenants envahissent l’espace plus concrètement, les notes se font plus claires, partout – saxophone et voix. L’amalgame, plus efficace, pas à l’abri, pourtant, d’une rechute soudaine. Proche du râle apaisant du digeridoo, la voix de Genetti ira convaincre le trio d’en rester là. Après avoir expérimenté et réfléchi tout à la fois.

CD: 01/ 01 02/ 02 >>> Nom Tom - Nom Tom - 2005 - Spring Garden Music.   

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