Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

ECFA: Der Wald (Pull The String - 2007)

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En compagnie d’Holland Hopson (saxophone soprano) et de Jason Friedrich (batterie), le saxophoniste ténor Carl Smith continue de faire entendre à Austin, Texas, un jazz aussi exigeant qu’inattendu.

Après Die Faden et Die Mitte : Der Wald, forêt de combinaisons au son desquelles Smith donne les preuves de la singularité de ses conceptions musicales : solo aux écarts enjôleurs de Friedrichsfelde, duo de saxophones proche de l’étude contemporaine (Kleine Widerhallen), jazz sophistiqué qui suit l’allure d’instruments à vent portés par la brillance des cymbales (Ergeben) ou celle, plus appuyée, d’un dialogue insistant sur les contrastes des timbres (Adlershof).

Pour parfaire l’exposé, une incartade japonisante qui invite au voyage le soprano d’ Alex Coke (The Retreat), la tentation braxtonienne de Wuhletal et la relecture des tentatives désenchantées de Berlin Schygullplatz. Qui disent, comme chacun des autres titres de Der Wald, l’indispensable obstination de Carl Smith.

CD: 01/ Aspects of the Dream 02/ Ergeben 03/ Friedrichsfelde 04/ Kleine Widerhallen 05/ Wuhletal 06/ Adlershof 07/ Schygullplatz 08/ The Retreat 09/ Kleine Tanz

ECFA - Der Wald - 2007 - Pull The String Records. Import.

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ECFA Trio : Die Faden (Pecan Crazy, 2004)

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Pour pouvoir se frotter aux maîtres incontestés du genre - soit, aux anciens -, les jeunes musiciens investissant le champ du free jazz doivent savoir faire des choix. De formation, évidemment, mais surtout de principes à suivre. A Austin, Texas, l'E.C.F.A. Trio sert les siens depuis huit ans : le plus souvent rebelle à ses idoles, il n'en destine pourtant pas moins d'hommages que n'importe quel pratiquant du culte, aveugle à toute nécessité, et sourd à tout changement.

Die Faden est avant tout un disque brut. On y retrouve les prises de son empiriques des débuts du free jazz, donnant la conviction d'y être et permettant de réentendre une fraîcheur perdue par des techniciens irréprochables de studios-cliniques. Quant au fond, le disque convainc de l'exception du parti pris : fourre-tout hétéroclite fait de pièces luxuriantes, aux digressions sans prétention et pourtant quasiment toutes essentielles, on y croise l'influence du minimalisme américain, déposé sur une rythmique hésitante (Faruq's Tone Row), comme celle d'un jazz d'extrêmes jusqu'auboutisme (Big Mess).

En réaction aux progressions lentes menées d'une seule voix par le saxophone et le violon (Variations in A, Variations in C), la batterie multiplie les combinaisons : swing décalé (Water Variations), citations de rythme latin (Variations in C), ou temps marqués avec virulence pour rappeler un violoniste derviche à la raison (Big Mess). C'est qu'il y a confrontation : celle de trois musiciens ayant entamé un duel. En conséquence, la balance penche forcément d'un côté. Sur Die Faden, l'avantage va à la coalition saxophone / violon, éprouvant sans cesse un peu plus les efforts éclairés du batteur. Pour autant, le combat n'est pas désespéré. Les attaques fusent seulement après vérification faite de les avoir suffisamment chargées, et la cadence des coups portés ne faiblit jamais. L'ensemble est foisonnant, abrasif et concluant.

ECFA Trio : Die Faden (Pecan Crazy)
Edition : 2004.
CDR : 01/ Faruq's Tone Row (dedicated to Faruq Z. Bey) 02/ Variations in C 03/ Water Variations (dedicated to Charles Waters) 04/ Variations in A 05/ Big Mess 06/ Eggs
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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