Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Sei Miguel : Salvation Modes (Clean Feed, 2014) / Parque Earworm Versions (Clean Feed, 2013)

sei miguel salvation modes

D’une horizontalité qu’il ne quittera jamais, on retiendra de Sei Miguel son amour des longs silences. Comme si, aimanté par quelque drone céleste, il ne sortait de son repère que pour étirer jusqu’à l’excès des phrasés livides, à la limite de l’effacement. L’absence d’aventure (mais l’aventure doit-elle être tonitruante ?), les éclaboussures souterraines, les solos parcimonieux (Fala Mariam, César Burago, Pedro Gomes), une évanescence de (presque) tous les instants, feront fuir les tenants du sonique à tout prix.

Les autres, ceux pour qui la nonchalance est bonne conseillère, se réjouiront de ces trois compositions aux longs fleuves tranquilles. Ils aimeront sans doute Cantata Mussurana et la douce voix de Kimi Djabaté. Plus proche d’un Don Cherry ou d’un Jacques Coursil que d’un John Cage qu’il semble pourtant vénérer, Sei Miguel poursuit, inlassablement, un chemin peu balisé, peu documenté, peu commenté. Il serait grand temps que l’on s’intéresse à ce compositeur aux tendres desseins.

Sei Miguel : Salvation Modes (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2005-2012. Edition : 2014.
CD : 01/ Preludio e cruz de sala 02/ Fermata 03/ Cantata Mussurana
Luc Bouquet © Le son du grisli

 

parque earworm versions

Lorsqu’il n’accompagne pas Sei Miguel, le saxophoniste Nuno Torres peut soutenir le travail artistique de Ricardo Jacinto. Conceptuel, celui-ci, qui convoque une électroacoustique tortueuse trop illustrative peut-être, si ce n’est sur Peça de Embalar : trois plages de soupçons, certes post-AMM, que les percussions de Dino Recio portent avec un esprit nouveau.

Parque : The Earworm Versions (Clean Feed/ Orkhêstra International)
Edition : 2013.
CD : Earworm Versions
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

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Rafael Toral : Space Elements Vol. III (Taiga, 2011) / Rafael Toral, Davu Seru : Live in Minneapolis (Clean Feed, 2012)

rafael toral space elements iii

Quelques mois après sa parution sur CD sous étiquette Staubgold, le label Taiga publie sur vinyle le troisième volume de Space Elements de Rafael Toral – élément enregistré d’un projet que l’intéressé présentait ici de la sorte : « The Space Program part d'une idée simple qui consiste à établir des manières de jouer de la musique électronique selon des valeurs qui trouvent leurs origines dans le jazz ».

Comme ses prédécesseurs, ce volume de Space Elements fait œuvre de collages et d’abstraction : Toral y déroute son discours et surprend son langage en empruntant autant à la pop qu’à la musique expérimentale et en recevant les propositions de quelques invités : le pianiste Riccardo Dillon Wanke, le guitariste Toshio Kajiwara, Victor Gama sur un instrument de son invention baptisé acrux, les percussionnistes Tatsuya Nakatani, César Burago, Afonso Simões et Marco Franco.

A l’électronique, Toral fait face au point de changer un capharnaüm en cabinet de curiosités rares : à la cisaille électrique, il taille structures rythmiques et cordes de guitares pincées ; à force d’ondes, il peut doubler la peau d’un tambour ou envelopper les bruissements du piano dans un même élan d’apaisement inspiré. C’est d’ailleurs là que se niche la nouveauté de ce troisième volume de Space Elements : dans la patience qui profite à l’arrangement des souffles et des rythmes atténués.

Rafael Toral : Space Elements Vol. III (Taiga)
Edition : 2011.
LP : 01/ III.I 02/ III.II 03/ III.III 04/ III/IV 05/ III.V 06/ III.VI 07/ III.VII 08/ III.VIII
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



toral seru live in minneapolis

C’est avec un autre percussioniste, Davu Seru, que Toral mettait en œuvre son Space Program et interrogeait ses usages de l’électronique. Daté du 8 mars 2011, ce Live in Minneapolis se découpe en trois temps : Toral contrant d’abord la forfanterie du batteur à coups d’aigus puis de graves ; Toral et Seru faisant ensuite preuve de trop de précautions pour s’imposer vraiment ; Seru martelant enfin pour que revienne une opposition plus frontale et autrement démonstrative. Ainsi donc, l’intérêt fluctue.  

Rafael Toral, Davu Seru : Live in Minneapolis (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 8 mars 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ First Third 02/ Second Third 03/ Third Third
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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