Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

IKB Ensemble : Rhinocerus / Anthropométrie sans titre (Creative Sources, 2014)

ikb ensemble rhinocerus anthropométrie sans titre

Référence faite à l’International Klein Blue, l’IKB Ensemble devra, pour qu’on lui reconnaisse une identité, lui aussi jouer de nuances. En faisant, par exemple, changer son personnel – qui voudra s’en convaincre pourra passer d’une page Creative Sources à l’autre : Rhinocerus / Anthropométrie sans titre / Rhinocerus, etc. –, mais pas seulement. Certes, les lentes suspensions que décrivait hier Luc Bouquet sont là encore, comme les précautions collectives et les louvoiements individuels. Mais les mouvements fébriles n’interdisent pas les déplacements.

Sur Rhinocerus, c’est ainsi le violon d’Ernesto Rodrigues qui est à la manœuvre. Patiemment, l’archet – que double souvent celui de Guilherme – tire à lui les percussions chantantes de Nuno Morão et José Oliveira, l’électronique avaleuse d’aigus de Carlos Santos ou la shruti box de João Silva. De longues minutes passent, et puis vient le moment pour Rodrigues d’échanger le lot de murmures qu’il a collectés contre un rythme délicat. Si délicat qu’il ne peut devancer longtemps l’évanouissement qu’il avait à ses trousses.  

Si l’on tient compte du croquis reproduit dans le livret d’Anthropométrie sans titre, les musiciens de l’ensemble forment un demi-cercle à la gauche duquel on trouve Carlos Santos puis Maria Radich – dont la voix percera davantage. Ce sont eux, cette fois, qui semblent commander les interventions : celle du piano de Rodrigo Pinheiro, celle de la contrebasse de Miguel Mira… C’est un ballet, en quelque sorte, dont les transports et les bruissements répondent oui à la question suivante : est-il plus évident de céder à la tentation de disparaître lorsqu’on est si nombreux ?

IKB Ensemble : Rhinocerus (Creative Sources)
Edition : 2014.
CD : 01/ Rhinocerus

IKB Ensemble : Anthropométrie sans titre (Creative Sources)
Edition : 2014.
CD : 01/ Anthropométrie sans titre
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Creative Sources Expéditives

creative sources expeditives

wind trio

Wind Trio : Old School New School No School (Creative Sources, 2011)
C’est en refusant les clichés du genre que Joao Pedro Viegas (clarinettes basse & soprano), Paulo Chagas (flûtes, hautbois, clarinette sopranino) et Paulo Curado (flûte, saxophones alto & soprano) fidélisent quelques traits singuliers. En s’éloignant de l’unisson, en brûlant les politesses, en ne répondant pas aux appels insistants de l’un, en contractant leurs souffles, les voici dérivant en des désordres tumultueux. Parfois, se souvenant que l’étreinte possède quelque charme, nous les retrouvons jacassant sans discontinuer. Soit une manière de ne rien rejeter des possibles s’offrant à eux. (lb)

watt

Watt : Alter Egos (Creative Sources, 2012)
Dans la nervosité assumée qui est la leur, Watt (Ian Smith, Hannah Marshall, Stephen Flinn) ne jure que par le hors-piste. Esquivant les bosses, faisant l’apologie du grognement, se séparant plus que ne s’alliant, ils activent et réactivent leurs bibelots résonnants. Parfois, se surprennent à exhumer les vieilles recettes du jazz pour, rapidement, réorganiser – ou plutôt désorganiser – leur vive et raclée quincaillerie. Bref : n’en font qu’à leur tête. (lb)

nulli

Andreas Willers, Christian Marien, Meinrad Kneer : Nulli Secundus (Creative Sources, 2012)
L’improvisation d’Andreas Willers (guitares), Christian Marien (batterie) et Meinrad Kneer (contrebasse) est franche, directe, farouche. La matière se trouve d’emblée et, sans recherche ni hésitation, poursuit sa route avec obstination. La grande qualité du guitariste réside  dans les matières qu’il crée et entretient : sonorités insolites voire sidérantes à la guitare électrique ; espaces déliés à l’acoustique. Ici, le trio transforme un lent bruissement en une entêtante vibration; ailleurs, on ne jure que par le soubresaut et la ruade. En n’isolant jamais une source et en ne brisant jamais sa course, Willers, Marien et Kneer font de leur minimal royaume un continent aux foudroyantes vertus. (lb)

ikb

IKB Ensemble : Monochrome bleu sans titre (Creative Sources, 2012)
D'Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, Miguel Mira, Rogero Silva, Bruno Parrinha, Eduardo Chagas, Nuno Torres, Pedro Sousa, Abdul Moimême, Carlos Santos, Ricardo Guerreiro, Nuno Morao, Monsieur Trinité et José Oliveira, on n’oubliera pas de sitôt la lente suspension. Ici, chacun frôle son propre effacement sans jamais s’y résoudre. L’instrument s’oublie mais pas la douceur qui s’y déploie. Le temps s’arrête, n’a plus aucune prise avec la réalité. Le songe se révèle, intense et irradiant. (lb)

malval

Christophe Berthet : Malval (Creative Sources, 2012)
Dans la solitude de la chapelle de Malval (Genève), Christophe Berthet part à la chasse aux sons. En trouve quelques-uns, les assemble. Multiphoniques ici, harmoniques ailleurs, techniques étendues toujours : le souffle s’ouvre à un horizon craquelé. Le chant-appel de Berthet n’est pas de carapace mais de réceptivité. Il s’ouvre en de larges étendues : stagnantes à l’alto, plus causantes au soprano. Parfois, invite le son à disparaître. Parfois, le met en suspension. Et jamais ne lui obstrue les passages secrets déposés malicieusement ici et là. (lb)

DarkBleak

Bleak House : Dark Poetry (Creative Sources, 2012)
Saluant Dickens, la maison « bleak » du trio norvégien de Dag-Filip Roaldsnes (piano), Kim-Erik Pedersen (saxophone alto) et Tore T. Sandbakken (batterie) promet une poésie « dark » au travers des quatorze pièces brèves de cet album enregistré début 2010... et se tient joliment, parfois un peu littéralement, à ce programme : mélodies suspendues, belle écoute aérée (Trio for Morton Feldman), combinaisons de timbres, mais aussi un penchant pour le méditatif... que le groupe sait heureusement circonscrire à temps – une vraie qualité quand les ambiances frisent trop le romantisme. (gt)

cs

Commentaires [0] - Permalien [#]
>