Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Dominic Duval, Jimmy Halperin, Brian Willson : Music of John Coltrane (NoBusiness, 2010)

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Après avoir célébré ensemble le répertoire de Thelonious Monk, Jimmy Halperin (saxophone ténor) et Dominic Duval (contrebasse) investissent en compagnie de Brian Willson (batterie) le répertoire de John Coltrane (johncoltrane).

Avec une distance élégante, Halperin envisage d’abord Giant Steps sur le swing las décidé par ses partenaires : l’évocation est loyale, l’invention de Duval nette et l’implication de Willson mince. Pour faire prendre quelques « risques » au trio, Duval devra ainsi multiplier précipitations voire ruades : Moments Notice y gagne et Living Space en échange ses soucis de révérence contre une impétuosité bienvenue.

A mi-parcours, constater un retour aux premiers démons : clins d’œil d’usage au thème, intensité aléatoire voire plate récitation de l’air (Naima). Honnête mais trop sage peut-être ; probe seulement.

Dominic Duval, Jimmy Halperin, Brian Willson : Music of John Coltrane (NoBusiness)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Giant Steps 02/ Moments Notice 03/ Living Space 04/ Sveeda’s Song Flute 05/ Naima 06/ A Love Supreme (Pursuance)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ivo Perelman, Brian Willson : The Stream of Life (Leo, 2010)

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D’abord, s’étonner qu’Ivo Perelman ne soit crédité que comme seul et unique compositeur de cette séance. Alors que le chroniqueur croyait se trouver en présence d’une séance majoritairement improvisée (Murmirios, Timponiana et le solo absolu de ténor de A Bola e o Menino exceptés), voici que se trouve chamboulée sa notion de l’écrit et de l’improvisé. Et ceci n’est pas pour lui déplaire…

Ne pas s’étonner, ensuite, que le couple Ivo PerelmanBrian Willson joue sur des brasiers ardents ; Mind Games (Leo Records 547) avec ce même Wilsson et Dominic Duval, ayant largement laissé entrevoir la belle complicité unissant saxophoniste et batteur. Voici donc réitéré ce jazz rebondissant, puisant dans la tradition du cri et du mouvement. Un souffle épique, direct et sans contours embelli par un drumming fertile, parfois proche de l’envahissement (French Hope), impulsé à vitesse supersonique ici (Agua Viva) ou espacé d’un souffle tout elvinjonien ailleurs (Timponiana). Et, enfin, applaudir des deux mains ce dialogue conquérant, cette symétrie entêtante, jamais relâchée et toujours entretenue. Un beau chapitre de plus à mettre à l’actif de l’ouvrage déjà bien fourni des duos saxophone-batterie.

Ivo Perelman, Brian Willson : The Stream of Life (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ The Stream of Life 02/ Clarice 03/ Agua Viva 04/ French Hope 05/ Murmirios 06/ Vicarious Punishment 07/ A Bola e o Menino 08/ Timponiana 09/ After the Third Wall 10/ Juntos Para Sempre 11/ Shaky
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Perelman, Duval, Willson : Mind Games (Leo, 2009)

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Pour obtenir Mind Games, il aura fallu ajouter à la paire Ivo Perelman / Dominic Duval le percussionniste Brian Willson qui perdra un L dans la bataille après avoir tonné en ouverture.

Convaincu, Perelman gronde alors lui aussi sur un free rêche dans lequel s’engouffre le trio. Jusque-là, satisfaisant mais attendu, et puis : les premières notes de Musical Line, presque Lonely Woman  aux graves chaleureux et à la verve commune allant crescendo, le saxophoniste accrochant haut – bien maintenu par ses partenaires – chacune de ses plaintes avant de s’en tenir à une note tremblée. 

Confirmant l’inspiration du trio, Grateful for Life (ne jamais croire au poids de l’intitulé) dépose quant à elle quatre notes principales sur un swing qui fera valser les protagonistes : rengaine insistante aux différentes allures qui n’arrivent pas à perdre l’auditeur, mais l’obsèdent au contraire au point qu’il aura du mal à cesser de réclamer qu’elle revienne une dernière fois. Une fin plus conventionnelle (grand solo de Willson et puis nouveaux emportements), qui prône l’accalmie en regrettant le tumulte.

Ivo Perelman, Dominic Duval, Brian Willson : Mind Games (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Mind Games 02/ Primal Defense 03/ Musical Line 04/ Grateful for Life 05/ G.S. Farewelll
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Brian Willson: Things Heard Unheard (Deep Listening - 2005)

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Le piano de Yuko Fujiyama dévale la première piste de Things Heard Unheard, album emmené par le batteur Brian Willson. Investissant le champ improvisé en privilégiant les cymbales, il aura tôt fait de dévoyer son entier instrument, partie prenante d'un trio en verve. Fujiyama, donc, et Dominic Duval à ses côtés. Le reste est une question d'instants, et de combinaisons.

Alors, s'installent en duos les accès de fièvre du piano attisés par la batterie (Fractals), ou une pièce plus délicate mise en forme par l'archet de velours grave du contrebassiste (Birds In The Temple). Seul, Willson rend hommage à son maître de batterie, déployant son savoir-faire tout en refusant de se laisser emporter entièrement par son énergie (Dear Charlie).

A trois, les musiciens décident d'interludes discrets (Yuko II, Bamboo) qui contrastent avec le swing dégénéré de Bit by Bit (effets monkiens de Fujiyama sur les pizzicati précis de Duval) ou le chaos insatiable de To Remember, où s'en donne à coeur joie la patte nerveuse et dense d'explications de Willson.

Remarquable, aussi, le Tibet évoqué au son d'un bourdon tenu par la voix de Yuko Fujiyama, et dans lequel se mêlent la persistance des timbres des instruments et la lente procession des vibrations commandées. Adressant des idiomes de sagesse, Duval noue les fulgurances du trio et les mène jusqu'à l'harmonie indispensable au sujet. Quelques effets feutrés appliqués aux tourments, histoire de diversifier le propos. Sans jamais l'étouffer. Et Things Heard Unheard de trouver dans l'art de la mesure toute sa raison d'être.

CD: 01/ Yuko I 02/ Birds in The Temple 03/ Fractals 04/ Tibet 05/ To Remember 06/ Dear Charlie (in memory of Charlie  Perry) 07/ Yuko II 08/ Constellations 09/ Bamboo 10/ Bit by Bit

Brian Willson - Things Heard Unheard - 2005 - Deep Listening. Import.

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