Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

John Coltrane: Trane Tracks (Efor Films - 2007)

tranedvdgrisliC’est à San Francisco, dans les murs de l’Eglise Saint John Coltrane, que commence et se termine Trane Tracks. Là, depuis 1971, on entretient la flamme de neuvaines allumées en l’honneur de l’esprit saint du saxophoniste, que la spiritualité concernait autant que la musique depuis 1957, année à laquelle il mit un terme à sa consommation d’héroïne. Ayant relaté la parabole, la voix-off peut consacrer tous ses efforts à rentrer dans le vif du sujet.

Biographie scolaire mais efficace, Trane Tracks tire davantage son originalité des interviews qu’elle renferme que des extraits de concert qui l’illustrent - si ce n’est pour une version donnée en plein air et devant un public nombreux de My Favorite Things. Au nombre des interrogés : McCoy Tyner et Elvin Jones, le violoncelliste Ron Carter et le trompettiste Benny Bailey ; enfin, le révérend Bishop King, de la paroisse suscitée, qui se fait un plaisir de tout ramener à dieu.

Sortis dans la précipitation - puisqu’il s’agissait encore, en 2005, de combler un manque autorisant spéculation -, les dvd consacrés au jazz renferment souvent de piteuses réalisations. Celui-ci a cela de différent qu’il allie un exposé clair de la vie de son sujet et quelques idées fantasques, chemins de traverse inattendus et divertissants. Pour, enfin, se voir attribuer la palme de meilleure introduction filmée à l’œuvre de Coltrane disponible à ce jour.

John Coltrane - Trane Tracks - 2007 (réédition) - Efor Films. Distribution Nocturne.

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Eric Dolphy : In Europe 1961-1964 (Impro Jazz, 2006)

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Les captations vidéo mettant en scène Eric Dolphy sont assez rares. Réunissant deux d’entre elles, In Europe 1961-1964 donne à voir le saxophoniste et clarinettiste dans des situations différentes.

Menant son quintette, d’abord, pour le compte d’un show télévisé allemand datant de 1961. Court, le programme fait défiler quatre titres, dont une version du God Bless The Child de Billie Holiday, solo concentré de clarinette basse, et un Blues In The Closet rendu par les seuls George Joyner (contrebasse) et Buster Smith (batterie). Ailleurs, Dolphy intervient au saxophone alto, distribuant des aigus déchirants autant qu’il impose son sens du silence auprès du jeu du trompettiste Benny Bailey (Blues Improvisation).

Trois ans plus tard, Dolphy est de retour en Europe en tant que membre du sextette de Charles Mingus. Habité, il investit à l’alto le polyrythmique So Long Eric ou emplit des dissonances sorties de sa clarinette Orange Was The Colour Of Her Dress, Then Blue Silk. Galvanisant des partenaires pourtant avertis (Dannie Richmond, Clifford Jordan, Jaky Byard, Johnny Coles), il fait preuve d’un aplomb altier, donnant une nouvelle jeunesse à Take the « A » Train, en lui appliquant quelques postures libres.

Brut et intelligent, In Europe 1961-1964 concrétise et complète l’autre référence vidéographique concernant Dolphy: Last Date, excellent documentaire signé Hans Hylkema.

Eric Dolphy : In Europe 1961-1964 (Impro Jazz / Socadisc)
Edition : 2006.
DVD : 01/ Geewee 02/ God Bless The Child 03/ Blues in The Closet 04/ Blues Improvisation 05/ So Long Eric 06/ Orange Was The Colour Of Her Dress, Then Blue Silk 07/ Owl 08/ Take the « A » Train
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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