Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Anthony Coleman : The End of Summer (Tzadik, 2013)

anthony coleman the end of summer

Ici, six facettes de l’Anthony Coleman compositeur. Ici, quelques clés du CD.

- Matter of Operation : Anthony Coleman dirige cuivres, cordes et percussions. Un coulis de cuivres tournoie avant apparition d’une voix percée d’inquiétude. Fusent quelques dérèglements ligetiens. Les motifs sont courts mais s’obstinent à obscurcir le cercle. Douleurs, cris et hurlants appels au secours pour finir.

- Whorfian Hypothesis : Coleman, en pianiste solitaire, caresse les distances. Joue avec les nerfs. Ne garde que le seul squelette de sa blafarde composition.

- The Taste of Saury : Coleman s’entoure de deux saxophones alto (Ashley Paul, Michael Attias) et d’un trombone (Randall Pingrey). Dépayse et détimbre l’harmonie. Fait se désunir l’unisson. Et caresse toujours les distances.

- Kohayagawa-ke No Aki : Coleman dirige à nouveau et instaure une permanence : répétitions de motifs détrempés, lugubres menaces.

- Aioli : Coleman fait subir à son piano quelques traitements cagiens. Petite ballade lasse où se caressent à nouveau les distances.

- Zendegi va digar hich : Coleman dirige encore son drôle de big-band. Bringuebale et décale ses gluants motifs. Puis fait se dégager le ciel. Grand soleil avent reprise des frayeurs. La délivrance n’est pas pour demain.

Anthony Coleman : The End of Summer (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2013.
CD : 01/ Matter of Operation 02/ Whorfian Hypothesis 03/ The Taste of Saury 04/ Kohayagawa-ke No Aki (The End of Summer) 05/ Aioli 06-09/ Zendegi va digar hich (And Life Goes On)
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Eli Keszler : Catching Net (PAN, 2012)

eli keszler catching net

Savoir si une installation (qui sonne) peut passer au format CD sans être trahie derechef est une interrogation qui en vaut bien une autre dans le domaine de l’art contemporain – et de la reproduction phonographique. Ici, je n’oserais pas de réponse mais ferais le constat de Catching Net, où Eli Keszler a rassemblé des sons d’installations de ces deux dernières années.  

Ça se lève d’abord comme la tempête. Le batteur, avec Greg Kelley (trompette), Ashley Paul (saxophone), Geoff Mullen (guitare préparée), Reuben Son (basson) et Benny Nelson (violoncelle), nous fourre la tête dans un marasme enchanteur et puis c'est le corps entier. On se laisse envahir par  les chocs de résonance, on prend quelques coups de lame, mais les quelques bleus qu’on y gagne valent le coup. Après quoi, Keszler pense pouvoir écrire pour un quatuor à cordes… Et il fait bien. Dans un lieu qui résonne lui aussi, Ikue Mori arrache des cris à son piano (j’entends parfois une guitare). Ces cris, le Providence String Quartet cherche à les étouffer. Et la musique tient en haleine son auditeur (au point d’en oublier l’installation dont elle découle). En conclusion, Keszler complote seul, joue avec des cordes de piano et de l’eau, et sa musique s’en trouve enténébrée. Comme quoi, quand l’artiste est à la hauteur, l’installation peut se résoudre à n’être que musique…

EN ECOUTE >>> Catching Net (extrait)

Eli Keszler : Catching Net (PAN / Metamkine)
Edition : 2012.
LP : Catching Net
Pierre Cécile © Le son du grisli

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