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Festival Météo [2016] : Mulhouse, du 23 au 27 août 2016

festival météo 2016 mulhouse le son du grisli

Mardi 23

En ouverture, un ciel variable et contrasté aux belles couleurs, entre brumes sombres, étirements des sons, parfois orageux. La conjonction des deux cordes, l’alto de Franz Loriot (un brin trop prononcé par rapport à ses deux comparses !), le violoncelle d’Anil Eraslan et les percussions, souvent frottées, de Yuko Oshima, alternaient la montée vers un maelstrom sonique dans lequel tous les instruments avaient tendance à se confondre, avant l’apaisement créant une forme d’évanescence avec le travail sur la résonance. Parfois cependant les trois éléments s’individualisent, deviennent plus conflictuels voire convulsifs, tout en recherchant, et trouvant, un paysage plus vaporeux empreint d’effets planants.
L’éclaircie fut au rendez-vous dans la soirée avec le Supersonic de Thomas de Pourquery puis le duo Archie Shepp / Joachim Kühn. Dans la présentation des œuvres de Sun Ra, telle Love In Outer Space, l’atmosphère était ludique, conviviale, les souffleurs (De Pourquery au saxophone, Fabrice Martinez à la trompette et Daniel Zimmermann au trombone) assuraient aussi les vocaux, et une approche un peu ludique. Les sonorités d’ensemble étaient brillantes, éclatantes, la basse électrique de Frederick Galiay sortait parfois des sonorités décapantes. Toutefois, il était difficile de reproduire la folie (ici donc édulcorée) d’un spectacle de Sun Ra en personne.
Brillance et virtuosité : ces deux termes qualifient totalement la prestation du duo Shepp / Kühn qui alternait les compositions de chacun des protagonistes dans des dialogues lyriques et très colorés. Encore que le saxophoniste se mettait assez souvent en retrait, laissant le pianiste déverser la science de son jeu lumineux. 

gustafsson météo 2016

Mercredi 24

La matinée commence à la bibliothèque municipale dans le cadre des concerts pour enfants (une petite demi-heure). Edward Perraud y propose une prestation que l’on pourrait qualifiée d’alizée, qui débute sur un souffle mesuré, peu à peu traversé par quelques forces éoliennes plus agitées, parcourues d’embruns exotiques, peut-être symbolisées par l’utilisation d’effets électroniques
On retrouve ce souffle à la Chapelle St Jean un peu plus tard avec Luft, duo saxophone (Mats Gustafsson) / cornemuse (Erwan Keravec), mais un souffle plus chargé de menaces et avis de tempête. Le côté lancinant de la cornemuse est perturbé par les éclats parfois déchirants, parfois plus minimalistes, du saxophoniste qui crée toutefois un climat serein avec son slide sax (la hauteur des notes y est déterminée par une tige coulissante !). La prestation se termina avec Christer Bothén, d’abord avec un guembru mais surtout à la clarinette basse en effectuant un travail sur le son combiné à un souffle lent.
La fin d’après-midi, à l’entrepôt, aurait pu être électroacoustique par les effets distillés par les musiciens. D’abord à la harpe acoustique, Zeena Parkins explora les sonorités de l’instrument, en donnant l’impression d’abord d’un zéphyr qui peu à peu se transforme en une grêle de sons (travail sur le cadre de l’instrument), puis des impressions de sons glissants, comme des dérapages sur un sol détrempée. L’utilisation de sa harpe électrique, tantôt frottée par une brosse, révéla des cieux plus chargés de ténèbres. Lesquels se dissipèrent avec la prestation du duo violoncelle (Anthea Caddy) / contrebasse (Clayton Thomas), aux sonorités vrombissantes sous forme de drone, avec un travail sur les harmoniques et peut-être l’utilisation discrète d’électronique.
La soirée au Noumatrouff fut, elle, marquée par un climat plus contrasté, souvent orageux, avec quelques accalmies. La musique distillée par les trois formations (Louis Minus XVI, le trio Sophie Agnel / Joke Lanz / Michael Vatcher et The Thing, le trio de Mats Gustafsson, renforcé par Joe McPhee) fut en effet plus défricheur, marqué par une attitude free/hardcore des Lillois soufflant le chaud et le froid, les convulsions épileptiques et nerveuses du trio et enfin les gros nuages, les brumes, les éclats, tantôt débridés, tantôt canalisés de The Thing...

the thing 24 août

Jeudi 25

Avis de fort vent avec le tuba de Per Åke Holmlander dans le patio de la bibliothèque municipale ? plutôt une série de petits souffles, de risées plaisantes et rafraichissant ce début de journée caniculaire… Pas spécialement défricheur, mais adapté à un public d’enfants.
Quoique son patronyme incite à aborder la métaphore de la construction (la Tour), plutôt que celle de la météorologie, le batteur Alexandre Babel tendit son jeu non pas vers les cieux mais vers une construction délicate d’une trame sonore se densifiant, tout juste perturbée par quelques frappes plus sèches et aigües, en instaurant un climat serein sans provoquer, comme la tour du même nom, une dispersion de son public.
La fin d’après-midi avait des affinités avec celle de la veille, dans la friche industrielle DMC, avec son recours à l’électroacoustique. D’abord dans le partenariat d’Hélène Breschand et son acolyte Kerwin Rolland : traçage d’un paysage sonore onirique, d’abord avec la voix et un léger bourdonnement synthétique, plus prononcé avec l’archet dans les cordes de la harpe, également (mais plus parcimonieusement) pincées, pour finalement réaliser une sculpture sonore quelque peu psychédélique et surréaliste. Ensuite dans la prestation soliste de Mathias Delplanque : ses traitements électroniques, avec effets percussifs, frottage de cordes de guitare, dans un set relativement court (un peu moins de trente minutes), assez minimaliste malgré les perturbations dues à l’emploi d’objets divers.
La soirée au Noumatrouff proposa des ambiances plus diverses que la veille dans la mesure où chaque formation apportait des trames volontairement contrastées. Le duo Agustí Fernández (piano) / Kjell Nordeson (percussions) résuma en une trentaine de minute tous les états d’un ciel dégagé (les moments de silence, avec des sons parcimonieux de type pointilliste), l’orage et ses éclats, les brusques ondées voire le déferlement des flots créant un torrent d’abord impétueux pour finalement se canaliser. Même construction hybride entre sons agressifs, accalmies, sonorités plus consensuelles, proposée par dieb13. Une construction peut-être plus passionnante que celle de Delplanque quelques heures auparavant. On retrouve cette construction multiforme dans le NU Ensemble « Hydro 6 – knockin’ » de Mats Gustafsson : alternance de passages minimalistes avec un chant simplement soutenu par l’un ou l’autre instrumentiste, parties en unisson entre les douze musiciens, des duos, trios comme autant de microclimats, sans oublier bien sûr le déferlement sonique d’une machine infernale libérant les antres d’Eole !
Le final avec Ventil, formation autrichienne, fut plus rock, mêlant réminiscence d’un krautrock planant, l’apport de la techno, entre ambiances minimaliste et prestation tribale et percussive. Sans grand intérêt.

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Vendredi 26

« Joyeux kangourou ». William Parker, face aux enfants. Joue vraiment le jeu de cette rencontre ludique. Petites intros avec une trompette bouchée et le shakuhashi, puis il s’adresse directement aux enfants, par ses gestes, en passant devant chacun d’entre eux, les incitant à s’exprimer, enfin, à sauter comme des kangourous pendant qu’il psalmodie « happy kangaroo » en s’appuyant sur les rythmes de la contrebasse. Dont il jouera plus conventionnellement, en usant de son archet, les cinq dernières minutes.
Joachim Badenhorst à la Chapelle se servit alternativement (et un court moment simultanément !) de sa clarinette (connectée) et de sa clarinette basse, travaillant dans un premier temps une forme de discours linéaire s’assombrissant tout en se densifiant et en jouant sur les harmoniques. Après un court discours au saxophone ténor, il aborda ensuite un registre plus perturbé, jouant de la voix et de borborygmes insufflés dans son instrument pour finir avec un jeu plus répétitif.
Climat très serein, au beau fixe en fin d’après-midi en l’église Ste Geneviève avec l’organiste irlandaise Aine O’Dwyer, une fresque onirique parfois sous forme d’un long drone, tout juste perturbée par quelques stratus s’effilochant, puis une mise en abime répétitif de la contrebasse de Mike Majkowski le vrombissement des cordes jouant avec la résonance d’une église. Un instant propice au recueillement, dans un endroit frais (en cette journée de canicule), nonobstant l’inconfort des bancs.
Les deux premiers concerts du soir, au Noumatrouff m’apparurent comme des concerts à côté de la plaque. Sur le papier, rien de plus enthousiasmant que de voir la section rythmique idéale composée de William Parker et Hamid Drake, aux côtés du pianiste Pat Thomas. Et le batteur fut effectivement des plus subtils. Comme le matin devant les enfants, William Parker laissa aussi un moment sa contrebasse au profit du shakuhashi et du guembri. Mais l’ensemble manquait singulièrement d’esprit créatif, plus proche d’une virtuosité gratuite que d’un discours argumenté. On pourra faire la même réflexion au Green Dome, le trio de la harpiste Zeena Parkins avec Ryan Ross Smith au piano et Ryan Sawyer à la batterie. La musique distillée fut bien nerveuse, les sonorités parfois inouïes, mais l’ensemble apparaissait là aussi trop décousu, en manque d’âme pour susciter la passion.
Seul le Zeitkratzer de Reinhold Friedl tira son épingle du jeu, avec son interprétation du Metal Machine Musique de Lou Reed  et sa plongée dans un univers sombre, angoissant, obsédant et parfois terrifiant, avec une subtilité qui rendit la composition lumineuse, et même emphatique.

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Samedi 27

Ce fut un Erwan Keravec didactique, pas seulement en direction des enfants, qui se présenta dans le patio de la bibliothèque municipale de Mulhouse. En commençant par montrer la différence entre l’usage traditionnelle de la cornemuse et celui d’un musicien lié aux musiques improvisées et contemporaines. En n’hésitant pas, pour terminer, à démonter tuyaux ( les bourdons et le hautbois) de l’instrument pour faire découvrir entre autres les doubles anches…
Clayton Thomas fut impressionnant à la chapelle par l’intériorisation de son jeu, assez minimaliste et envoûtant, et toutefois totalement différent de l’aspect drone qu’avait développé la veille Majkowski au même instrument. Un jeu qui faisait appel aussi à l’utilisation percussive de la contrebasse, aux cordes frappées, rendant son discours plus profond, plus spirituel sans doute.
Un des moments les plus intéressants fut le concert de la résidence (initié par l'altiste Frantz Loriot) de Der Verboten (ses partenaires furent Christian Wolfarth (percussions), Antoine Chessex (saxosphone), Cédric Piromalli (piano) donné en cette fin d’après-midi du samedi : des instruments frappés, frottés, effleurés, une accumulation de sons, d’apparence disparates au départ, qui peu à peu se trouvent, se combinent, se tendent, jusqu’à la déchirure (opérée par le sax). Un discours d’une certaine linéarité, aspect qui fut une des images sonores de cette édition de Météo (cf. par exemple Breschand, Majkowski, Delpanque… ) mais distillé chaque fois différemment avec plus (ce fut le cas ici) ou moins (Delpanque) d’émotion.
La dernière soirée au Noumatrouff débuta avec un duo d’électroniciennes, Native Instrument réunissant une norvégienne (Stine Janvin Motland) et une australienne (Felicity Mangan) : un bidouillage parfois grinçant, plus pointilliste, qu’un spectateur qualifia de « coin coin ». Il est vrai que l’on aurait souhaité barboter dans une mare !
Les deux derniers concerts, que je n’ai pu entendre que de l’extérieur de la salle furent diversement appréciés : spectateurs très partagés sur Sonic Communion qui proposa une pièce délicate, parfois instable (une atmosphère qui annonçait l’orage sans que celui-ci ne se déclenche !) et jouant sur la fragilité ponctuée par les éclats, notamment de la voix de Joëlle Léandre et la trompette de Jean-Luc Cappozzo. Davantage d’unanimité pour la prestation du trio Roscoe Mitchell / John Edwards / Mark Sanders qui sut insuffler une âme à cette rencontre entre la section rythmique britannique et le saxophoniste américain.

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Pierre Durr (textes et photos) © Le son du grisli

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New York Art Quartet : Call It Art 1964-1965 (Triple Point, 2013)

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John Tchicai : « Roswell Rudd et moi voulions nous regrouper pour jouer davantage. Je l’appréciais en tant que personne et que musicien. Je voyais bien que le NYC5 tirait sur sa fin… Alors, nous avons commencé à rechercher les bonnes personnes… » La recherche en question mènera à la création, en 1964, du New York Art Quartet, ensemble que le saxophoniste et le tromboniste emmèneront quelques mois seulement (si l’on ne compte les tardives retrouvailles) et dans lequel ils côtoieront Milford Graves (troisième pilier d’un trio, en fait, diversement augmenté), JC Moses et Louis Moholo, pour les batteurs, Lewis Worrell, Reggie Workman, Don Moore, Eddie Gomez, Bob Cunningham, Richard Davis et Finn Von Eyben, parmi les nombreux contrebassistes.

A la (courte) discographie du New York Art Quartet, il faudra donc ajouter une (imposante) référence : Call It Art, soit cinq trente-trois tours et un livre du même format, enfermés dans une boîte de bois clair. Dans le livre, trouver de nombreuses photos du groupe, quelques reproductions (boîtes de bandes, pochettes de disques, partitions, lettres, annonces de concerts, articles…) et puis la riche histoire de la formation : présage du Four for Trane d’Archie Shepp, naissance du ventre du New York Contemporary Five (lui-même né du Shepp-Dixon Group) et envol : débuts dans le loft du (alors) pianiste Michael Snow, arrivée de Milford Graves et liens avec la Jazz Composers’ Guild de Bill Dixon, enregistrements et concerts, enfin, séparation – possibles dissensions esthétiques : départ de Tchicai pour l’Europe, qui du quartette provoquera une nouvelle mouture ; rapprochement de Graves et de Don Pullen, avec lequel il jouait auprès de Giuseppi Logan… Dernier concert, en tout cas, daté du 17 décembre 1965.

call it art a  call it art b

Au son, cinq disques donc, d’enregistrements rares, sinon inédits : extraits de concerts donnés à l’occasion du New Year’s Eve ou dans le loft de Marzette Watts, prises « alternatives » (« parallèles », serait plus adapté), morceaux inachevés et même faux-départs : toutes pièces qui interrogent la place du soliste en groupe libre et celle du « collectif » en association d’individualistes, mais aussi la part du swing dans le « free » – Amiri Baraka pourra ainsi dire sur le swing que l’on n’attendait pas de Worrell –, l’effet de la nonchalance sur la forme de la danse et sur la fortune des déroutes, la façon de trouver chez d’autres l’inspiration nouvelle (Now’s The Time ou Mohawk de Charlie Parker, For Eric: Memento Mori ou Uh-Oh encore – apparition d’Alan Shorter –, improvisation partie du Sound By-Yor d’Ornette Coleman), le moyen d’accueillir le verbe au creux de l’expression insensée (Ballad Theta de Tchicai, sur lequel Baraka lit son « Western Front »)… Autant de morceaux d’atmosphère et de tempéraments qui marquent cet « esprit nouveau » que Gary Peacock – partenaire de Tchicai et Rudd sur New York Eye and Ear Control d’Albert Ayler – expliquait en guise de présentation à l’art du New York Art Quartet : « Plutôt que d’harmonie, on s’occupait de texture ; plutôt que de mélodie, on s’inquiétait des formes ; plutôt que le tempo, on suivait un entrain changeant. »

écoute le son du grisliNew York Art Quartet
Rosmosis

écoute le son du grisliNew York Art Quartet
Now's the Time

New York Art Quartet : Call It Art 1964-1965 (Triple Point)
Enregistrement : 1964-1965. Edition : 2013.
5 LP + 1 livre : Call It Art 1964-1965
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Noah Howard : Music in My Soul (Buddy's Knife, 2011)

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Disparu en 2010, Noah Howard fait aujourd’hui réentendre sa voix à l’occasion de la parution, aux éditions Buddy’s Knife, de son autobiographie : Music in My Soul.

Le témoignage est factuel et fort : il est celui d’une enfance heureuse passée à la Nouvelle-Orléans, de longs séjours faits sur la Côte Ouest, puis à New York, Paris, Nairobi, Bruxelles ; celui d’un jeune homme qui apprend la trompette auprès de Dewey Johnson avant de la faire entendre dans l’Arkestra de Sun Ra ou de l’ « opposer » aux salves d’Albert Ayler, Archie Shepp, Dave Burrell, Frank Wright – la parole d’Howard est ici augmentée des souvenirs de quelques-uns de ses partenaires.

Eclairant le quotidien des musiciens qui œuvrèrent au free jazz dans les années 1960, Music in My Soul dépeint aussi les vues plus larges de Noah Howard : volonté de faire de sa musique un outil de langage qui commande à son vocabulaire d’accepter les retouches (quelques enregistrements qu’il autoproduira sur AltSax attestent de contacts établis entre le jazz et le funk ou le folk). Si le discours est honnête et engageant, l’amateur préférera sans doute, pour accompagner sa lecture, revenir aux premiers sons : The Black Ark (récemment réédité par Bo’Weavil) ou Alabama Feeling avec Arthur Doyle, One for John ou Uhuru Na Umoja avec Frank Wright, ou encore Patterns avec Misha Mengelberg et Han Bennink.

Noah Howard : Music in My Soul (Buddy’s Knife)
Edition : 2011.
Livre (en anglais) : Music in My Soul
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sunny Murray : Sunshine (BYG Actuel, 1969)

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Flower Trane : un fracas de cymbales. Continu, le fracas. Un fiel d’inquiétudes. L’obsession d’un ténor. Un scrupule dans la chaussure. Un crescendo de tumultes. Toujours le fracas des cymbales. Toujours (Sunny Murray, Lester Bowie, Archie Shepp, Kenneth Terroade, Alan Silva, Dave Burrell, Malachi Favors)

Real : un trio (Kenneth Terroade, Alan Silva, Sunny Murray). Un ténor en pression maximale. Le vif et le convulsif. Les funérailles du lisse.

Red Cross : un riff d’école maternelle. Un divan d’épingles. Des hurlements en faveur de Sade. La cicatrice sondée (Sunny Murray, Arthur Jones, Roscoe Mitchell, Kenneth Terroade, Dave Burrell, Malachi Favors). Sunny Murray 1969 : l’insurrection qui était.

Sunny Murray : Sunshine (BYG Actuel / Sunspot)
Enregistrement : 1969. Réédition : 2002.
CD : 01/ Flower Trane 02/ Real 03/ Red Cross
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Max Roach, Archie Shepp : The Long March (HatOLOGY, 2009

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The Long March est un disque trois fois essentiel : à la discographie de Max Roach, à celle d’Archie Shepp et à celle du mélomane. La période était pourtant peu propice : la veille des années 1980 ; 1979, plus exactement, qui a vu le duo jouer sur la scène du festival de Willisau.

Edité pour la quatrième fois, The Long March redit donc les mêmes gestes : solos de Roach à la mécanique faussement perturbée ou imbriquant les uns dans les autres des extraits de ses compositions pour batterie seule (JC Moses, Triptych) ; solos de Shepp allant voir à l’intérieur de Sophisticated Lady et Giant Steps, en ramenant les mélodies et puis mille autres choses ; duos, enfin, qui construisent dans la réflexion le langage d’un post-free intelligent et superbe (The Long March, U-JAA-MA, It’s Time et encore South Africa Goddam). Depuis sa sortie, The Long March est cet enregistrement essentiel qui commandera éternellement d'autres rééditions.

Max Roach, Archie Shepp : The Long March (HatOLOGY / Harmonia Mundi)
Enregistrement : 1979. Réédition : 2009.
CD1 : 01/ JC Moses 02/ Sophisticated Lady 03/ The Long March 04/ U-JAA-MA

CD2 : 01/ Triptych 02/ Giant Steps 03/ South Africa Goddamn 04/ It’s Time
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Archie Shepp: Steam (Enja, 1976 /2007)

archie shepp steam

S’il n’est pas l’enregistrement sur lequel Archie Shepp fait le plus preuve de personnalité, Steam – aujourd’hui réédité – reste l’une des références incontournables de la discographie du ténor.

Enregistré en mai 1976 aux côtés du contrebassiste Cameron Brown et du batteur Beaver Harris, le disque trahit en effet l’influence prédominante qu’exerce encore à l’époque Coltrane sur le Shepp. Qui ne s’en cache pas, traduisant à un rythme effréné A Message From Trane, ou investissant un swing introspectif et rocailleux sur Invitation.

Ailleurs, le saxophoniste peut lâcher son instrument de prédilection pour un piano sacrifiant tout au décalage (Solitude) ou privilégier de grands dialogues avec ses partenaires (Ah-Leu-Cha). Quelque manière qu'il emploie, ne lâche pas un instant l’inspiration ardente à l’origine du chef-d’œuvre.

Archie Shepp : Steam (Enja / Harmonia Mundi)
Edition : 1976. Réédition : 2007.
CD : 01/ A Message From Trane  02/ Solitude 03/ Invitation 04/ Ah-Leu-Cha 05/ Steam 06/ 52nd Street Theme
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Archie Shepp: Je suis jazz, c'est ma vie (Archieball - 2007)

sheppsliEn  moins  d’une  heure, le réalisateur  Frank  Cassenti tire le portrait d’un Archie Shepp francophone rencontré en 1983 à Paris.

Boulevard Barbès ou en répétition sur la scène du New Morning, Shepp donne libre court à une malice bienveillante qui lui permet de réduire la distance qui le sépare de celui qui le regarde (caméra, public) pour imposer plus simplement sa musique, jazz pour lequel il aimerait trouver un autre nom, puisque, lui, chante une histoire qui remonte à l’esclavage.

Archie Shepp a à dire, alors Cassenti suit et s’intéresse à la conversation : propos sur un blues éternel, hommage furtif à John Coltrane ou lecture d’Arthur Rimbaud. Recueillie, la parole peut laisser place à une interprétation magistrale de Things Have Got To Change ou à un solo de saxophone offert sur un trottoir.

En guise de bonus, des extraits d’un concert donné par Shepp lors d’une récente édition du Festival de Porquerolles, sans vraiment grand rapport avec le film principal. Là sans doute pour peaufiner le produit, éviter de faire pingre, au final, dispensable à un film aussi juste qu’il reste proche de son sujet.

Archie Shepp – Je suis jazz, c’est ma vie – 2007 – Archieball. Distribution Abeille Musique.

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Ashley Kahn: The House That Trane Built (W.W. Norton - 2006)

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Déjà auteur d’une étude consacrée à l’album A Love Supreme de Coltrane, Ashley Kahn publie aujourd’hui une histoire du label Impulse, créé en 1961, et dont Coltrane deviendra dans le même temps l’homme providentiel. En guise de titre, l’auteur choisit un surnom amené à devenir accroche publicitaire, donné à Impulse par les musiciens eux-mêmes dès 1967 : « The House That Trane Built ». Plus que parlant, ce choix implique trois caractéristiques essentielles du label : sa qualité de « maison », l’omniprésence de Coltrane en son sein, et, via une nouvelle utilisation d’un surnom déjà devenu accroche, la réflexion consacrée à sa propre image qu’a, dès ses origines, mis en place le label.

Fondée par Creed Taylor, ancien trompettiste devenu producteur pour le compte d’ABC-Paramount, la « Maison » Impulse inaugure son catalogue en 1961, au son d’enregistrements de J.J. Johnson, Ray Charles, Kai Winding, Gil Evans et Oliver Nelson. Déjà, les pochettes bénéficient d’une attention particulière : artwork soigné, packaging luxueux, et notes obligatoires. Celles signées Oliver Nelson pour The Blues and The Abstract Truth conseillent l’écoute de deux saxophonistes remarquables : Sonny Rollins, d’abord ; John Coltrane, ensuite, que Creed Taylor parviendra à débaucher d’Atlantic en lui donnant l’assurance qu’il pourra, près de lui, décider de tout. A cette époque, Coltrane montre un intérêt pour le grand ensemble : la sixième référence d’Impulse sera Africa/Brass, sur lequel il mène un nonette altier et confie les arrangements à Eric Dolphy.

Coltrane installé, Taylor est recruté par le label Verve et cède sa place au producteur le plus emblématique que connaîtra Impulse : Bob Thiele. Venant de la pop, il travaille dans la continuité de Taylor, en établissant tout d’abord un rapport privilégié avec le saxophoniste. Acharné, il signe 25 enregistrements la première année, aux vues à chaque fois judicieuses : qu’ils voient le jour pour calmer les foudres des critiques à l’encontre des enregistrements de Coltrane et Dolphy en 1962 (Ellington et Johnny Hartman) ou poursuivent les efforts faits par Impulse pour défendre une musique davantage tournée vers l’avant-garde (Charles Mingus, Archie Shepp, Yussef Lateef…). A cet effet, Thiele se montre à l’écoute de Coltrane, qui joue alors le rôle d’un véritable directeur artistique – il sera, par exemple, à l’origine du premier enregistrement d’Archie Shepp malgré l’hésitation de Thiele – tout en continuant de signer des enregistrements aussi importants que A Love Supreme (1964) ou Ascension (1965). Dès 1965, Impulse devient sous l’influence de Coltrane le label accueillant le plus de jazzmen affiliés de près ou de loin au free jazz : Albert Ayler, Archie Shepp, Frank Lowe, Sam Rivers, Grachan Moncour III… S’il défend lui-même chacun de ces musiciens, attestant de leur qualité musicale, Thiele doit aussi faire avec les nécessités d’un commerce, et tempère son catalogue au moyen d’enregistrements de Pee Wee Russell ou Hank Jones, trouvant parfois un compromis entre deux conceptions ayant l’air de s’opposer, lorsqu’il signe Sonny Rollins.

La mort de John Coltrane, en 1967, sonne inévitablement la fin d’une époque à Impulse. Si Bob Thiele et Alice Coltrane s’entendent pour poursuivre la publication d’œuvres encore inédites du saxophoniste, la situation change au sein de la firme RCA à qui Impulse doit rendre des comptes. Thiele quitte la direction du label en 1969, non sans avoir décidé de l’enregistrement du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden et avoir introduit Pharoah Sanders dans la place.

Premier des trois directeurs artistiques à succéder à Thiele, Ed Michel se charge de maintenir le lien unissant le label à l’avant-garde, produisant de nombreux disques d’Alice Coltrane, Archie Shepp ou Sanders, rachetant à Sun Ra les droits des disques qu’il produisait sur son propre label, Saturn, rééditant les succès épuisés de Coltrane, dans le même temps qu’il s’adonne à des tentatives de fusion entre jazz, folk et rock. Epaulé par le producteur Steve Baker, il suivra alors une pente plus commerciale, menant à la satisfaction d’un public aux goûts du jour ayant davantage à voir avec le rock. Le couple s’essaye à quelques fusions entre jazz, folk et rock, et donne à entendre pour la dernière fois de son histoire des musiciens d’avant-garde (Sam Rivers, Dewey Redman, Marion Brown, Gato Barbieri) avant de passer la main à Esmond Edwards (1975), qui voudra un Impulse plus accessible, quitte à le rendre fade.

En 1995, Impulse retrouvera son logo originel, noir et orange, apposé sur des rééditions CD respectant les premiers codes du label. Retour aux sources et meilleur moyen de présenter à un nouveau public les références d’un label audacieux et élégant, marqué de l’empreinte d’une des plus importantes figures qu’a connu le jazz. A côté de ces disques, Ashley Kahn propose aujourd’hui une histoire écrite avec intelligence, mêlant biographies précises, anecdotes et témoignages, parsemant son texte d’encarts sur deux pages consacrés à une sélection d’albums incontournables (du Genious + Soul = Jazz de Ray Charles à The Black Saint and The Sinner Lady de Mingus, de Four for Trane de Shepp à A Love Supreme de Coltrane) sortis sur Impulse, label aux allures de légende moderne, qu’il est impossible désormais de ne pas connaître.

Ashley Kahn: The House That Trane Built, The Story of Impulse Records, New York, W.W. Norton & Co, 2006.

john coltrane luc bouquet lenka lente

 

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Jazz à la Villette 2005

jazz à la villette 2005

On aura maintenant compris qu'un festival, pour durer, se doit chaque année d'établir une programmation ouverte, assez évasive pour éveiller l'intérêt de publics différents. Ne lésinant pas, certains ont même franchi le cap des quelques concessions accordées pour ne plus présenter qu'une immonde mixture prometteuse de subsides facilement engrangées. L'envie de défendre des artistes que l'on apprécie passe, il faut croire, changée bientôt en organisation de foire à la vedette. Reste aux programmateurs à noyer leur désillusion dans des fonds de gobelets de bière chaude, rassurés quand même par l'assurance de pouvoir conserver leur poste de prestige au moins un an encore, glorifiés presque d'avoir frôlé quelques divas du piano et simili musiciens minaudant dont télés et radios répètent à l'envi la compétence, stigmatisant en même temps l'ignorance de qui pourrait ne pas se rendre compte.

A l'instar des rendez-vous pop rock, les festivals de jazz les plus reconnus seront ainsi passé - parlant qualité - du menu gastronomique à la formule express, voire, au menu best of : crooners trentenaires en mal d'inspiration, vedettes vieillissantes depuis longtemps déjà mais susceptibles d'amener au concert une foule d'amateurs nécrophages, ou formations de variété électro-vide à destination du jeune public. Plutôt rare, l'installation d'un artiste de qualité au sein d'une programmation étalée sur plusieurs jours prend, quand elle a lieu, des allures de surprise. Ainsi, sauvant les meubles un peu, comme ne le font plus Marciac ou Montreux, l'édition 2005 de Jazz à la Villette.

Sur une dizaine de jours, se seront bousculés en 7 lieux différents des artistes donnant concert selon les directives de deux catégories choisies. La première, intitulée Jazz New Sounds, concernait quelques musiciens, capables seulement de variété grossière (Mina Agossi, Bugge Fisherman's Friend Wesseltoft et Laurent Garnier), responsables d'un pompiérisme moderne et applaudi (Julien Lourau, Laurent de Wilde), électro-bidouilleurs un peu plus éclairés (Ambitronix, Vincent Segal), ou, égaré parmi les autres comme parmi ses machines - quelques mois seulement après son passage à Banlieues Bleues : Anthony Braxton. La seconde, Coltrane's Sound, prétextait l'auréole aujourd'hui au-dessus du visage de John Coltrane pour explorer un peu - photos prises de quelques satellites - l'univers du maître. Catégorie plus susceptible de recevoir un peu d'audace.

Evidemment pas dans la présence d'Alice Coltrane et de son fils, obligations familiales autant que bel exercice de promotion (pour eux, comme pour le Festival, qui, consacré enfin par A Nous Paris, ne rêvait plus qu'un article dépassant les vingt lignes dans Le Parisien). Pas non plus dans celle d'Archie Shepp, personnage incontournable, évidemment, mais donnant trop, depuis vingt ans, dans le cabotinage et le jazz dégoulinant pour que le respect qu'on lui doit ne prenne enfin un coup - qui est ce "on" ? peut toutefois se demander qui a été témoin de la mine ravie autant qu'innocente arborée par le public de la Cité de la Musique, pas le premier pourtant, humble novice à vie, à confondre piquette et grande cuvée - l'important étant de bien faire entendre qu'on apprécie le jazz, comme le vin ; rentrer dans les détails gâcherait tout, ne pouvant que révéler l'ignorance inaltérable de qui la ramène trop souvent et trop fort.

Le salut est donc venu d'ailleurs, attendu qu'il était à la lecture du programme. Glissant subrepticement, et en deux fois, des formations impeccables parmi les erreurs, il faut reconnaître qu'un effort a été fait, sinon de connaissances, du moins de recherches. Qui a soufflé aux responsables du festival les noms de Charles Gayle, Reggie Workman et Andrew Cyrille ? Le 2 septembre, en première partie du quartet de Shepp - place inconfortable et indigne des mérites du trio - posé là pourquoi ? C'est que l'élégance de Gayle fait tâche, se dit-on méchamment, tandis que, concentré, le saxophoniste inspire. Ayant tardivement œuvré pour un free jazz proche de celui d'Ayler, souvent comparé à Frank Wright, Gayle installe sans attendre sa simplicité trouble en compagnie de deux légendes plus anciennes. Workman, contrebassiste majestueux vu aux côtés de Coltrane, Monk, Shepp ou Andrew Hill. Influencé depuis ses débuts par les possibles transes africaines, il distribue quelques coups à son instrument, en arrache sèchement les notes ou laisse glisser ses doigts sur toute la longueur du manche. Investissant le champ des mélodies à rendre, il offre l'entière organisation rythmique à Cyrille, batteur essentiel exploité dûment par Roland Kirk ou Cecil Taylor, instillant dans sa virtuosité des touches d'humour décalé. Eclairé, le free mis à disposition. Léger, alerte.

Quatre jours plus tard, au Trabendo, le duo Sonny Fortune / Rashied Ali œuvrait à son tour à relever le niveau. Là encore, des musiciens de taille, immenses au point de se permettre un public plus modeste. Tout à eux, le Trabendo. Au saxophoniste Fortune, sideman d'Elvin Jones, McCoy Tyner ou Miles Davis ; au dernier batteur de Coltrane, Rashied Ali, qui a pu le pousser dans ses derniers retranchements sur des albums aussi convaincants que Meditations ou Stellar Regions. Défenseurs acharnés, depuis toujours, de l'œuvre du maître - en compagnie, surtout, de Reggie Workman pour le premier ; d'Arthur Rames pour le second -, les deux hommes remettent ça ensemble, duo impressionnant d'écoute et d'inventivité. Pendant près d'une heure et demi sans interruption, Fortune et Ali citent et rendent hommage à Lush Life ou Giant Steps, avant de s'emparer des digressions possibles et improvisées. Sans faille, le soutien d'Ali ne cesse de mettre en valeur les trouvailles se bousculant l'une l'autre de Fortune dont le jeu motive, lui, les attaques intelligentes d'Ali. Respectueux, implacable, et, surtout, sincère.

La force des choses, ainsi que la loi de l'offre et de la demande - qui disparaîtra bientôt au profit de la loi de la demande exclusive, populo-majoritaire et, voudra-t-on nous faire croire, réconciliatrice - ne permet pas de voir évoluer souvent de tels musiciens. Outre leur figure, historique et savante, les voilà pourtant, en plein Paris, pratiquant un jazz d'une ampleur gigantesque. Curiosités issues on ne sait comment d'une ligne éditoriale branlante - ou calculatrice, au choix -, ils auront permis au Festival Jazz à la Villette de satisfaire tout public et de soigner ses caisses. Puisqu'il faut positiver, reste à qui tend l'oreille de prendre le bon où on le trouve, même en petite quantité. De remercier les programmateurs, même, au titre qu'ils n'étaient pas obligés : pas programmés, le trio de Charles Gayle et le duo Fortune / Ali, qui aurait pris deux minutes pour regretter leur absence ? Puisqu'il faut positiver, toujours, grâce soient rendues à ces mêmes organisateurs pour nous avoir épargné l'intervention de musiciens institutionnels fatigant l'amateur par leur omniprésence en festivals touchant subventions (Portal, Texier et consorts), et pour n'avoir pas poussé la variété inéluctable jusqu'à faire défendre le jazz par Garbage ou Craig Davis (Montreux, cette année), Omar Sosa et Femi Kuti (Marciac, cette année). De nos jours, conclura-t-on, le mieux n'est plus l'ennemi du bien, mais le sauveur du pire.

Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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