Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

The Luzern-Chicago Connection : Live at Jazzfestival Willisau (Veto, 2012) / Fast Citizens : Gather (Delmark, 2012)

the luzern-chicago connection

C’est l’histoire d’une mayonnaise qui ne prend pas toujours. Soit pour trois musiciens de Lucerne (Isa Wiss, Marc Unternährer, Hans-Peter Pfammater) et pour trois musiciens natifs de ou installés à Chicago (Jeb Bishop, Jason Roebke, Frank Rosaly) la recherche d’une terre d’union et de partage. L’idée d’impliquer figures anciennes (swing, bop) et tentations plus libertaires (free jazz, improvisation) n’est que rarement concluante. Et ici, à nouveau…

Quand les éléments entrent en collision, s’opposent, animent le contresens et que la ballade se voit perturbée par des signes extérieurs, cela fait sens (Apples Tree Structures). Mais quand une pesante masse phagocyte un passionné duo voix-batterie, l’auditeur déchante (B & P). Et ce dernier de naviguer, désappointé, en un sucré-salé de peu de consistance.

The Luzern-Chicago Connection : Live at Jazzfestival Willisau (Veto Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Entenparade – How D 02/ Apples – Tree Structures 03/Third Spin 04/ Willisau Thing – Poor Feathers 05/ B & P 06/ Lonely Cowboy
Luc Bouquet © Le son du grisli

lonberg-holm fast citizens

Puisqu’elle passe de main en main, voici la formation des Fast Citizens aujourd’hui emmenée par Fred Lonberg-Holm. Après avoir enregistré Ready Everyday sous la conduite de Keefe Jackson puis Two Cities sous celle d’Aram Shelton, le sextette – que complètent Josh Berman, Anton Hatwich et Frank Rosaly – signe avec Gather un disque de jazz qui profite des réactions et ruades soudaines qui depuis toujours inspirent le violoncelliste. De quoi peaufiner post-bop et free Vander-marqué, même si le meneur ne peut rien contre quelques récurentes étrangetés dans les arrangements.

Fred Lonberg Holm Fast Citizens : Gather (Delmark)
Edition : 2012
CD : Gather
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Paul Giallorenzo : Emergent (Leo, 2012)

paul giallorenzo emergent le son du grisli

D’un label ayant peu documenté la scène de Chicago, on ne pourra que se réjouir de la sortie de l’Emergent de Paul Giallorenzo. De ce quartet aux multiples entrées, on n’entendra d’abord que l’ouragan Williams (Mars de son prénom) : rapidement convulsif, soudainement barbierien, Imprograf semble avoir été composé pour lui : chorus embrasé avant solo absolu de ténor sur fond de rythmique déchaînée (bien trop sages et trop métronomiques, par ailleurs, messieurs Anton Hatwich et Marc Riordan). Mais on aura également remarqué le gouailleur et généreux tromboniste Jeb Bishop. Et dans le rôle du détrousseur de phrasés, Giallorenzo nous convainc totalement.

Reste à approfondir les compositions du pianiste et cela est une autre affaire : hommage appuyé à Fred Anderson (Spatialist) et à peine plus voilé en direction de Steve Lacy (Slowed Roll) pour le meilleur ; swing rigide (The Swinger) et bop raisonnable (Spring Chicken) pour le moins bon. Soit quelques légers bémols n’entachant que partiellement un enregistrement souvent lumineux.

Paul Giallorenzo’s Gitgo : Emergent (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ On Your Marks 02/ Want It 03/ Slowed Roll 04/ Spacialist 05/ Obelaskism 06/ Imprograf 07/ The Swinger 08/ Spring Chicken
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Josh Berman : Old Idea (Delmark, 2009)

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Le titre de ce disque, Old Idea, semble nous ramener dans le passé. Mais le jazz, n’est-ce pas cela : réexplorer le passé pour faire surgir les éclats de modernité (d’intemporalité) en lui ? L’improvisation, n’est-ce pas cela : réincarner d’anciennes mélodies, les faire renaître à l’aune d’une actuelle lumière ?

Pour preuve de ce refus de s’ancrer dans un style particulier ou dans une posture révolutionnaire à tout crin, la musique jouée ici : inclassable, intemporelle. Si l’on devait cependant évoquer des références, ce serait du côté des enregistrements du label Blue Note au mi-temps de années 60, qui s’articulaient autour de personnalités telles que le vibraphoniste Bobby Hutcherson (dont Jason Adasiewicz prolonge ici l’art) ou le saxophoniste Eric Dolphy, (bien) nommé « le passeur ».

Oui, dans ce disque comme dans ses illustres prédécesseurs (Out to Lunch de Dolphy justement), on n’est ni « in » ni « out », ni dans le ton ni dans l’atonalité… Cette impression de flotter entre différentes esthétiques est renforcée par le fait que les harmonies reposent sur le vibraphone (ici, pas de piano). Le jeu des souffleurs va dans ce sens : le cornettiste et leader Josh Berman et le saxophoniste Keefe Jackson sont toujours lyriques. Les références citées par le premier sont Miles Davis et Rex Stewart (le cornettiste de Duke Ellington) même si l’on ne peut s’empêcher de lorgner du côté de Bill Dixon, musicien qui aura décidément fortement influencé toute la scène chicagoane qui s’articule autour de Ken Vandermark.

Les musiciens du quintet de Josh Berman ont beaucoup joué ensemble, en concert comme sur disque, dans de nombreuses formations telles l’Exploding Star Orchestra de Rob Mazurek ou les Fast Citizens de Keefe Jackson. La complicité musicale qui en découle, et la convergence esthétique, éclatent à tout moment dans ce grand disque.

Josh Berman : Old Idea  (Delmark / Socadisc)
Enregistrement : 2007. Edition : 2009.
CD : 1/ On account of a hat 2/ Next year A 3/ Let’s pretend 4/ Nori 5/ Next year B 6/ Almost Late 7/ What can? 8/ Db 9/ Next year C
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

Archives Josh Berman

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Dave Rempis : The Disappointment of Parsley (Not Two, 2009)

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En concert à l’Alchemia de Cracovie, le saxophoniste Dave Rempis, sorti du Vandermark 5, démontre une autre fois à la tête de son Percussion Quartet toutes ses capacités de leader.

Le contrebassiste Anton Hatwich et les batteurs Frank Rosaly et Tim Daisy là pour l’épauler, Rempis passe d’alto en ténor et de ténor en baryton sous le coup d’une inspiration échevelée : qu’imposent dès l’ouverture les rebonds d’un grain âpre et le souffle résistant au swing instable du morceau-titre. Ayant donné avec Zoni une leçon de délicatesse – ballade lovée au creux des coups légers de Rosaly et Rempis et de l’assurance de l’archet d’Hatwich –, Rempis laisse aux batteurs le soin d’ouvrir C/Sold at Ten Percent Discount, qu’il développera ensuite en musicien inspiré par un thème de Julius Hemphill. La progression est tortueuse, s’essouffle ici avec distinction, pour refaire œuvre de contrariétés sur un gimmick de contrebasse revivifiant. La fin de l'enregistrement est à l’image de cette nouvelle référence de la discographie de Dave Rempis : encore plus affirmée et encore prometteuse.

Dave Rempis Percussion Quartet : The Disppointment of Parsley (Not Two)
Edition : 2009.
CD : 01/ The Disappointment of Parsley 02/ Zoni 03/ C/Sold at Ten Percent Discount
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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The Rempis Percussion Quartet: Hunter-Gatherers (482 Music - 2007)

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Porté par une section rythmique renforcée (dans laquelle on trouve le contrebassiste Anton Hatwich et les percussionnistes Frank Rosaly et Tim Daisy), le saxophoniste Dave Rempis, membre du Vandermark 5, improvisait récemment en concert Hunter-Gatherers, troisième référence discographique de son Rempis Percussion Quartet.

Sans se plier au moindre code, le groupe profite de l’improvisation pour accorder ses nombreuses influences (free jazz, musiques latines et afrobeat), retournant quelques fois, à la manière des jazzmen de l’AACM, à la pratique d’un swing goguenard (A Night at the Ranch Part 2). Au ténor, à l’alto ou au baryton, Rempis mène son groupe d’incartades virulentes (More Green Than Giraffe) en répétitions grisantes affinées sous les coups de Daisy et Rosaly (Black Book), rappelle les lents déploiements du Lost Trio sous la contrebasse appuyée d’Hatwich (The Bus and The Canyon) comme il peut tout sacrifier à une improvisation de bon conseil. 

Brut et efficace, donc, Hunter-Gatherers. Qui élève Rempis au rang de digne successeur des jazzmen éblouissants made in Chicago. Ce que 482 Music a bien compris, faisant de cet enregistrement la 13e référence de sa "Document Chicago Series”.

The Rempis Percussion Quartet : Hunter-Gatherers (482 Music / Improjazz)
Edition : 2007.
CD1 : 01/ A Night at the Ranch Part 1 02/ The Bus and the Canyon - CD2 : 01/ More Green Than Giraffe 02/ Black Book 03/ A Night at the Ranch Part 2 04/ Larks and Loons
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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