Anthony Braxton: Solo (Pisa) 1982 (Leo Records - 2007)
Avec Steve Lacy, Anthony Braxton est le musicien qui aura le plus souvent interrogé sa pratique en solo d’un jazz libre, ou pas (intéressé aussi par l’interprétation de standards). Exemple donné en 1982, à Milan.
Dans le sillage de Dolphy (dont il reprend l’un des titres phares, Alone Together, même s’il y fantasme davantage un Bechet amateur de soubresauts), Braxton oscille donc entre avant-garde allant - pour lui - de soi, et réminiscences traditionnelles : mettant un point d’honneur à tout sacrifier aux écarts de langage (des rauques perturbateurs de 106 C aux aigus atteints sur 26 G), il peut aussi faire preuve de plus de retenue lorsqu’il reprend Monk (Round’ Midnight).
Chancelant, il réécrit ailleurs le Giant Steps de Coltrane ou investit, comme l’a souvent fait Arthur Blythe, un mode oriental qu’il confrontera bientôt à de nouvelles expérimentations sourcilleuses (77 E). Peaufinant chacune de celles-ci, le saxophoniste surprend à chaque fois et puis estime avoir dit l’essentiel, après lequel il ne reviendra pas. Le public a beau tenter le rappel (Antonio réclamé longtemps en fin d’enregistrement), aucune chance de convaincre Braxton du moindre intérêt de la redite.
CD: 01/ Comp. 26 C 02/ Comp. 106 C 03/ Comp. 106 N 04/ Comp. 26 G + 99 G 05/ Comp. 118 A 06/ Alone Together 07/ Comp. 77 E 08/ Round'Midnight 09/ Comp. 119 J 10/ You Got to My Head 11/ Giant Steps
Anthony Braxton - Solo (Pisa) 1982 - 2007 - Leo records. Distribution Orkhêstra International.

WildFlowers: Loft Jazz New York 1976 (Douglas - 2006)
Mai 1976, New York. 10 nuits durant, se tient le Wildfowers Festival, marathon organisé dans le loft du saxophoniste Sam Rivers, auquel participent une soixantaine de musiciens parmi les plus emblématiques de ceux issus des deux premières générations du free jazz. Wildflowers, aujourd’hui réédité, rend compte de cette décade précise, au son d’une sélection de 22 titres établie par le producteur Alan Douglas.
Alors s’y glissent forcément quelques perles. Parmi elles, l’intervention de l’hôte en personne (Rainbows) et d’un fidèle qui ne manque jamais d’investir un endroit qu'il connaît par coeur, Jimmy Lyons (Push Pull). Plus ramassé, le solo du saxophoniste Marion Brown qui conduit son trio sur And Then They Danced, pièce impeccable.
Sacrifiant tout, parfois, à l’image que le public s’est fait d’une musique de la revendication, les musiciens donnent dans la rage exacerbée, tels Henry Threadgill (Uso Dance), Leo Smith et Oliver Lake (Locomotif N°6), Andrew Cyrille et David S. Ware (Short Short), Sunny Murray (Something’s Cookin’) ou Don Moye accompagnant Roscoe Mitchell (Chant).
Mais la New Thing ne peut se contenter de redire ad vitam sa vindicte, aussi convaincante soit-elle. Elle prend alors d’autres tournures, tisse des parallèles avec la soul (Maurice McIntyre sur Jays), le blues (Hamiet Bluiett fantasque sur Tranquil Beauty), ou même l’Afro beat (Byard Lancaster et Olu Dara sur The Need To Smile), avant qu'Anthony Braxton, Charles Brackeen et Ahmed Abdullah, ou Julius Hemphill, ne fomentent un free plus réflexif (73°-S Kelvin, Blue Phase, Pensive).
Intelligente, la sélection proposée par Wildflowers tient de l’anthologie, quand elle témoigne aussi des possibilités d’une seule et unique salve de concerts donnés par quelques musiciens de choix. Qui évoquent, voire résument, ici, l’époque des Lofts Sessions.
CD1: 01/ Kalaparusha : Jays 02/ Ken McIntyre : New Times 03/ Sunny Murray : Over The Rainbow 04/ Sam Rivers : Rainbows 05/ Henry Threadgill : USO Dance 06/ Harold Smith : The Need To Smile 07/ Ken McIntyre : Naomi 08/ Anthony Braxton : 73°-S Kelvin 09/ Marion Brown : And Then They Danced - CD2: 01/ Leo Smith : Locomotif N°6 02/ Randy Weston : Portrait of Frank Edward Weston 03/ Michael Jackson : Clarity 2 04/ Dave Burrell : Black Robert 05/ Charles Brackeen : Blue Phase 06/ Andrew Cyrille : Short Short 07/ Hamiet Bluiett : Tranquil Beauty 08/ Julius Hemphill : Pensive - CD3: 01/ Jimmy Lyons : Push Pull 02/ Oliver Lake : Zaki 03/ David Murray / Shout Song 04/ Sunny Murray : Something’s Cookin’ 05/ Roscoe Mitchell : Chant
Wildflowers: Loft Jazz New York 1976 - 2006 (réédition) - Douglas Records. Distribution DG Diffusion.

Anthony Braxton: Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)

Le 15 novembre 2004, au Royal Festival Hall de Londres, Anthony Braxton interprétait sa Composition 343 en quintette. Inédit, celui-ci, qui voit le maître entouré de jeunes musiciens attentionnés et brillants. Devant eux : 2000 personnes.
La première des deux parties suit des mouvements giratoires. Quelques pauses sont permises, pendant lesquelles la formation avance prudemment ses propositions : la retenue évidente de la guitare de Mary Halvorson, ou l’expression plus convulsive du trompettiste Taylor Ho Bynum. Convoités, les conseils de Braxton ne tardent pas : investissant bientôt un passage improvisé sans garde-fou, propulsant quelques rauques, vitupérant toujours.
Lorsque l’on retrouve l’unisson, voici le saxophoniste passé au soprano. La langueur relâche alors les tensions, invite même le contrebassiste Chris Dahlgren à une introspection apte à recevoir le grain savoureux d’un free jazz jouant, au gré de la partition, avec les dissonances rebondies et les recadrages nécessaires. La fulgurance collégiale et le chaos subtil en guise de conclusion.
La seconde partie, plus courte, opte dès le départ pour l’expérimentation évidente. D’une forme générale plus déconstruite, elle débarrasse le quintette des contraintes. Laissant le temps à Satoshi Takeishi de propulser ses interventions sur percussions de manière à faire tanguer assez l’ensemble, Braxton fomente ses attaques au soprano, qui viendront compléter les accords saturés de guitare posés en arrière-plan, pour mener à son terme une pièce abrasive et instantanée.
Puisque pas un trimestre ne passe sans que la discographie d’Anthony Braxton ne connaisse une actualité, l’idée paresseuse pourrait nous frôler, cherchant à nous persuader qu’il n’y aurait rien de grave à laisser passer ce disque-ci. Or, Live at the Royal Festival Hall est bien près d’être indispensable : interprétation énergique et éclairée, et présentation in vivo de quatre nouveaux visages. Le relâchement, pour après.
CD: 01/ Composition 343, Part 1 02/ Composition 343, Part 2
Anthony Braxton - Live at The Royal Festival Hall - 2005 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.

Roland Dahinden, Hildegard Kleeb, Dimitris Polisoidis : Anthony Braxton (+ Duke Ellington) Concept Of Freedom (hatOLOGY - 2005)

Depuis sa formation en 1992, le trio constitué du tromboniste Roland Dahinden, d’Hildegard Kleeb (piano) et de Dimitris Polisoidis (violon), s’oblige à investir tout autant la musique contemporaine que le champ musical improvisé. Ayant plusieurs fois joué aux côtés d’Anthony Braxton, le trio se laisse aujourd’hui aller à ressentir librement le « Concept Of Freedom » du maître, auquel fait écho celui institué plus tôt par Duke Ellington.
Pour ce faire, un invité de passage, Robert Höldrich, chargé de programmations électroniques. Dès l’ouverture, il pose quelques rebonds artificiels sur les interventions ramassées du piano et du violon. Très vite, le contemporain investit le domaine du jazz, et, comme pour amortir le choc, les musiciens décident de s’entendre sur un mouvement lent.
Intelligemment distribués, les duos se succèdent. Le grincement discret du violon vient perturber la précision des notes de piano, qui s’entendent plus facilement avec le phrasé coulant du trombone. Et puis, la discorde, lorsque s’impose un fond sonore programmé, ruche agonisante dans laquelle, frénétiques, les legatos de Kleeb finissent par se rompre. Longues et sombres, les interventions de Dahinden trouvent un certain apaisement, avant d’être renvoyées à leurs harmoniques par un Robert Höldrich n’en pouvant plus de stratagèmes.
Le violon se verra destiner les siens propres, multiplié à souhait et affublé d’une réverbération proche de celle, caractéristique, d’Alexander Balanescu. Une fois l’espace rendu aux vents synthétiques, le piano osera une mélodie d’un lyrisme démuni, planté là sûrement pour tirer des larmes. L’usage de John Cage trouve ici un expédient de choix, et clôt joliment la parenthèse.
Terminée dans les brumes, la liberté faite concept, hantée par la présence des maîtres Braxton et Ellington, aura suivi un parcours changeant, et su tirer parti d’expériences menées en terres étrangères : d’électronique bruitiste et de musique contemporaine. L’ensemble oscille au gré des couleurs mises en place ; la liberté trouvée partout.
CD: Comp. No.257 (+ 30, 31, 46, 69, 90 & 136), by Anthony Braxton. Freedom No. 1, 4 & 6 from the Sacred Concert No.2, by Duke Ellington.
Roland Dahinden - Anthony Braxton (+ Duke Ellington) Concept Of Freedom - 2005 - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

Anthony Braxton: Charlie Parker Project (HatOLOGY - 200

Un hommage, sur deux soirs de concert, rendu par Anthony Braxton à Charlie Parker. Zurich, puis Cologne, accueillent en 1993 la révélation : celle de l’existence d’une parenté véritable entre les deux saxophonistes. Nouvel avènement de Parker ; mais inédit, celui-ci.
C’est qu’Anthony Braxton refuse évidemment l’interprétation policée de thèmes rangés. Investissant le répertoire choisi de manière ludique, libre, et parfois expérimentale, il peut aussi compter sur le soutien de musiciens en constant décalage, tels que le pianiste Misha Mengelberg, ou le trompettiste Paul Smoker.
A Zurich, un rythme illuminé d’Han Bennink lance un be-bop persuasif, qui fait la découverte de l’égarement possible des saxophones (Dewey Square). An Oscar For Treadwell, bop gouailleur et au charme ravissant, établit des contrastes avec Hot House, sur lequel Braxton et Smoker rivalisent d’envolées irrésolues.
A Cologne, on déploie des phrases joyeuses (Bebop) ; on relit, décomplexés, des standards faits fantaisies par un piano tentaculaire (Bongo Bop) ; on accepte, enfin, l’évocation de classiques par des modernes : le sage Passport, tout juste bousculé par les dissonances adroites de Mengelberg, ou l’impeccable Koko, portée par la contrebasse d’un Joe Fonda surpuissant.
A Zurich et à Cologne, on s’empare de Klactoveesedstene, pandémonium superbe tirant profits des flottements, et changeant selon la virulence des fuites choisies ; on investit A night In Tunisia, défiant la justesse des timbres sur des parties mélodiques en déroute, débordements contrôlés d’inspirations délicates.
Fleuri d’impacts charmants, le répertoire de Parker. Décidant des moments d’intrusion irrévérencieuse comme des processions ordonnées nécessaires à l’entretien du culte, Anthony Braxton fait bien plus que dépoussiérer des standards, et nous convainc, une fois encore, du raffinement de sa clairvoyance.
CD1: 01/ Hot House 02/ A Night In Tunisia 03/ Dewey Square 04/ Klactoveesedstene 05/ An Oscar For Treadwell - CD2: 01/ Bebop 02/ Bongo Bop 03/ Yardbird Suite 04/ A Night In Tunisia 05/ Passport 06/ Klactoveesedstene 07/ Scrapple From The Apple 08/ Mohawk 09/ Sippin’ At Bells 10/ Koko
Anthony Braxton's Charlie Parker Project - 2005 - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.

Anthony Braxton, Milo Fine: Shadow Company (Emanem - 2005)

L'évidence avec laquelle Anthony Braxton multiplie les rencontres avec d'autres musiciens est une preuve : celle, irréfutable, d'une curiosité intacte qui a souvent abandonné les personnages de sa stature. Persuadé, Braxton sait que tout échange peut lui apprendre. Confiant, le voici aux côtés de Milo Fine, improvisateur touche à tout, dont la singularité ne fait aucun doute pour qui la guette de ce côté-ci du jazz.
Aux saxophones de Braxton, Fine opposera clarinettes, piano ou batterie. Le décor planté, reste à passer à la pratique d'improvisations en règle. De legato profitant des permissions en expérimentations sur un ténor fait matériau, Braxton modèle avec emphase les phrases intuitives. Canalisées, les voici plus convaincantes que si elles s'étaient imposées d'elles même, prétextant l'exclusivité d'une intuition intouchable. L'expérience, voilà tout.
Au piano, Fine accompagne les progressions de son aîné au son d'accords hésitants (Part 3), soutient, concentré, l'avancée du funambule sur des édifices à étages (Part 5), ou déploie une fougue incandescente qui divertit le saxophoniste dans son attente de la venue du dernier souffle, qui sera, forcément, le plus radical (Part 8). Lorsqu'un marteau démotivé engage au changement d'instrument, Fine choisit la batterie pour couvrir d'éclairs le parcours sinueux sur lequel serpente son partenaire (Part 9).
Plus tôt, il avait déjà exprimé des états d'âmes percussifs, exposés pour contrer les accès rauques d'un Braxton en majesté (Part 4). Envahissant, forcément, mais que Fine ne peut qu'approuver, au timbre de clarinettes qui participent bientôt à une perturbation de vents arides (Part 6). En guise de conclusion, elles poseront des aigus extrêmes sur les graves éreintés du ténor, dernières interrogations rageuses d'un dialogue que l'on souhaite insatisfait (Part 11). Non pas d'avoir été stérile ; plutôt de ne pouvoir poursuivre l'expérience plus longtemps.
CD: 01/ Part 1 02/ Part 2 03/ Part 3 04/ Part 4 05/ Part 5 06/ Part 6 07/ Part 7 08/ Part 8 09/ Part 9 10/ Part 10 11/ Part 11
Anthony Braxton, Milo Fine - Shadow Company - 2005 - Emanem. Distribution Orkhêstra International.

Wadada Leo Smith, Anthony Braxton : Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings, 2004)

Pour qu’un disque puisse donner une idée exacte de ce qu’est la radicalité, bien choisir les musiciens qui le concevront est indispensable. Dans le cas de Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace, le duo chargé du projet est d’une efficacité rare. De celles produites exclusivement par des facteurs solides : en l’occurrence, une histoire partagée et des aspirations esthétiques semblables, depuis toujours.
Figures imposantes de l’AACM, Wadada Leo Smith et Anthony Braxton avaient déjà évolués ensemble au sein du Creative Construction Company. A deux, ils remettent au goût du jour les résolutions d’hier. Soit, ne rien sacrifier à la simplicité vidée de sens qui, parce qu’elle assure aux musiciens médiocres le lot commun des réussites, fait de petits succès et d’auto-satisfaction injustifiée, ne passera jamais de mode. Comme elle, le duo campe sur ses positions, dont il durcit toutefois le ton. De courses-poursuites en pauses nécessaires, Composition N°.316 combine les accents orientalistes d’un bugle insatiable et les interventions dissonantes d’un saxophone décalé. Les silences mènent à la réflexion, qui opte bientôt pour la reprise des hostilités. Seul l’épuisement se montrera capable d’en sonner le glas, dans un souffle de Smith.
Les évocations, elles non plus, ne peuvent cacher longtemps le goût de leurs auteurs pour les extrêmes. Ainsi, les gradations du saxophone sur Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace établissent des relevés topographiques extraterrestres, tout en tâchant d’établir un répertoire exhaustif des diverses façons d’en parcourir l’entière surface. La trompette accentue encore les pentes abruptes tout en soutenant dans ses efforts l’avancée commune des instruments décidés. Havre paisible, Goshawk est un endroit où l’on peut enfin attester de ses blessures. L’improvisation, d’un calme rassurant, permet à Wadada Leo Smith de révéler les accrocs glanés tout au long du parcours, tandis qu’Anthony Braxton pose des atèles au moyen de nappes lumineuses. Si on se repose ici d’un autre vagabondage que celui qui promena Max Roach et Archie Shepp sur la Muraille de Chine, comme lui pourtant, on prouve que ce ne sont pas les plus beaux voyages, ni les plus beaux disques, que l’on trouve sur catalogues.
Wadada Leo Smith, Anthony Braxton : Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings / Orkhêstra International)
Edition : 2004.
CD : 01/ Composition N°.316 02/ Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace 03/ Goshawk
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Anthony Braxton: Solo (Milano) 1979 Vol. 2 (Leo Records - 2004)

20 janvier 1979. Comme la veille, Anthony Braxton donne à Milan un concert solo d’essence rare : à contrario de ses habitudes, il y interprète, mélangés, compositions personnelles et standards du jazz. Comme celui de la veille (Solo (Milano) 1979 vol. 1), ce concert est maintenant disponible sur cd (Solo (Milano) 1979 vol. 2) chez Léo records.
Des postures permises par l’exercice en solo, Braxton explore d’abord l’évolution dans un cadre donné (Composition 99b, Composition 118m). Respectant toujours une forme qu’il s’est imposé, le saxophoniste progresse, concentré, élaborant des figures libres ou savantes. Ici, quelques trouvailles éclosent, encouragées par une fluidité sereine – rives soudanaises du Nil sur Composition 77e – ou déchaînée (Composition 77g).
Ailleurs, l’instrument devenant la cible principale des expériences en cours, l’accès à un nouveau champ des possibles est permis. Comme un aquarelliste jauge la quantité d’eau souhaitable, Anthony Braxton, pour estimer comme il faut, entame une étude des dosages (du souffle, du volume ou de l’implication des bruits) sur Composition 188g. Surveillant sans relâche ses préparations hétéroclites, il n’hésite pas à morceler sa Composition 77d, pour mieux proposer, toujours à l’affût, de nouvelles combinaisons musicales.
De cette manière, comme souvent chez Braxton, le jazz côtoie la musique contemporaine. Or, l’éloignent ici l’interprétation d’une bluette (They say that falling in love is wonderful), ou là les références que sont les standards du jour : un hommage ramassé à Dolphy (On Green Dolphin Street), la confection du voile qui sied instantanément au fantôme de Thelonious Monk (‘Round midnight), ou l’évocation introvertie d’un souvenir mettant en scène Coltrane (Lush life). C’est avec ce souvenir que se termine l’enregistrement. Après lui que l’on peut entendre les seuls applaudissements du disque.
CD: 01/ Composition 99b 02/ On Green Dolphin Street 03/ Composition 77e 04/ Composition 77g 05/ Composition 77d 06/ They say that falling in love is wonderful 07/ Composition 118m 08/ Composition 118g 09/ Composition 106g 10/ Half Nelson 11/ ‘Round midnight 12/ Lush life
Anthony Braxton - Solo (Milano) 1979 Vol.2 - 2004 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.























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