Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Peter Brötzmann Graphic WorksAu rapport : Rock In Opposition XParution : Premier bruit Trente-six échos
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Andrew Coleman, Defasten : Openland (Cocosolidciti, 2009)

openland

Sempiternellement, nous sommes d’abord attirés par l’image. Moi aussi, c’est pourquoi je pose le DVD d’Andrew Coleman et de Defasten avant d’écouter le CD qui l’accompagne. Openland commence et la question se pose : les images de Defasten sauront-elles respecter la musique d’Andrew Coleman, à la fois hybride et éclectique ?

Par le biais de l’image, peut être aussi que Coleman cherche autre chose à dire, et même peut être donner à réfléchir : sur l’écran, je découvre un collage de témoignages sur le bleu de paysages – ce sont des paroles qui s’imposent d’abord. L’association du vidéaste et du musicien souffle le chaud et le froid, non pas du point de vue de la couleur mais en ce qui concerne le fond des choses : la photographie est brillante mais les paroles l’encombrent, les discours moralisant sur l’environnement la floutent – qui a dit que l’art devait transcender le réel ? Qui a dit que l’art devait tout changer ? Le film, à cause des bruits et des voix qu’il contient, est un bout de réel transposé sur écran alors qu’il promettait d’être un rêve en neige et bleu. Et c'est dommage.

Heureusement, le disque est là comme une échappatoire : la musique se déploie entre un folk expérimental et des  mouvements sonores indéfinissables. Une musique d’après le déluge, en quelque sorte, qui va d’efforts de reconstruction en travaux de synchronisation (sur le bleu du film que je réinvente maintenant, la morale a fui et j’entends à sa place cette belle musique). Or, deux autres questions se posent : ce travail de juxtaposition, était-ce à moi de le faire ? Et faut-il demander à Andrew Coleman et Defasten de revoir leur Openland, de garder les images, d’enlever le verbiage, et de faire un peu plus confiance à la musique ?

Andrew Coleman, Defasten : Openland (Cocosolidciti, 2009)
Edition : 2009.
DVD + CD : Openland.
Héctor Cabrero © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Andrew Coleman: Tony Halva's Hair (Cocosolidciti - 2005)

colemangrisli

Débarrassé d’un ancien pseudonyme - Animals On Wheels -, Andrew Coleman a retrouvé son identité au moment de l’enregistrement d’un album destiné au label Ninja Tune, puis d’un autre, composé pour le compte de Thrill Jockey. Processus lancé, il présente aujourd’hui Tony Alva’s Hair, hommage détourné à une légende du skateboard autant qu’album profitant d’influences éparses ramassées.

C’est que Coleman se forge une personnalité au moyen des références qu’il digère. Les constructions rythmiques jouant pour sa musique le rôle des fondations, le disque destine ici ou là des clins d’œil à Fila Brazillia (Fingertip Control), aux Beastie Boys (à qui Not A Speculation prescrit des calmants), ou à Massive Attack.

Capable de se laisser-aller à des constructions pop (Early Fall From Nowhere), Coleman swingue ailleurs sur un gimmick de contrebasse (Forgetting Monday) ou expérimente par petites touches (Gapi Noise, One Thousand), esquisse une ambient au son d’un discret solo de piano (Rain And Dogs) ou s’adonne au break beat selon différentes allures (Over Head And Under Feat, Fingertip Control).

Plus convenu, il transporte le trip hop de Miles Won’t Answer jusqu’en terre indienne, ou pousse trop loin pour qu’on puisse le suivre encore son goût des claviers d’un autre âge (One Thousand). Erreurs effacées par les élans impeccables d’une guitare et d’une batterie primaires déposant avec un naturel émouvant une progression véhémente (Constraints, Hurdles And Hoops), et par la vue d’ensemble de Tony Halva’s Hair, œuvre ludique et soignée, distribuant de mille manières la vivacité faite musique.

CD: 01/ Early Fall From Nowhere 02/ Over Head And Under Feat 03/ Not A Speculation 04/ Fingertip Control 05/ Elegant Operation 06/ Rain And Dogs 07/ Constraints, Hurdles And Hoops 08/ Miles Won’t Answer 09/ Forgetting Monday 10/ Gapi Noise 11/ One Thousand 12/ Glimmer Of A Revelation 13/ (With Dose One)

Andrew Coleman - Tony Halva's Hair - 2005 - Cocosolidciti. Import.

Commentaires [0] - Permalien [#]
>