Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Andrea Belfi, David Grubbs, Stefano Pilia : Dust & Mirrors (Blue Chopsticks, 2014)

andrea belfi david grubbs stefano pilia dust & mirrors

La recette serait toujours la même si ce n'est qu'aux fourneaux les popotiers (Stefano Pilia aux guitares et Andrea Belfi à la batterie et aux electronics), dit-on, tourneraient ? Bien, bien… Mais les popotiers en question ne suivent-ils pas le rythme du chef David Grubbs ?

Au menu de Dust & Mirrors (qui suit de quelques années l’enregistrement par le même trio d’Onrushing Cloud) le post-rock alambiqué dont l’Américain a fait sa marque. Des gimmicks de guitares et des arpèges (claires en règle générale mais qui pourront saturer un peu) renverront aux belles heures de Gastr del Sol tout en continuant de traquer l’instrumental (ambiantique, bruitiste, déluré…) qui cherche ses mots ou la chanson-puzzle.

Dans la lumière italienne brillent les mille facettes des compositions de Grubbs. Sept plages (pour sept collines ?), mais combien de refrains et de couplets cachés dans ces valses d’autistes qui ont tout compris des secrets du monde ? Peut-être autant que Dust & Mirros trouvera d’auditeurs.



Andrea Belfi, David Grubbs, Stefano Pilia : Dust & Mirrors (Blue Chopsticks / Souffle Continu)
Edition : 2014.
CD / LP : 01/ Charm Offensive 02/ Brick DUst 03/ Cool Side of the Pillow 04/ The Distance, Cut 05/ Ambassador Extraordinaire 06/ The Headlock 07/ Foamy Originale
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Andrea Belfi : Natura Morta (Miasmah, 2014)

andrea belfi natura morta

Giuseppe Iealsi m’apprenait l’autre jour l’Italien instrumental. Andrea Belfi continue aujourd’hui mon apprentissage (notons que tous les deux ont professé d’ailleurs à l’école Häpna). Après ses travaux avec David Grubbs & Stefano Pilia, Machinefabriek ou Ignaz Schick, Belfi nous revient seul pour nous « pondre » (dit-on vraiment « pondre » ?) une nature morte (traduction de l’Italien que j'ai appris).

Vous avez bien lu : Belfi est seul. Seul comme un seul homme mais un seul homme entouré de bien des machines (batterie, percussions, synthétiseurs de toutes sortes). Et pour quoi faire ? Eh bien, d’abord une plage d’ambient sombre où les secondes qui passent sont marquées par une batterie sèche comme la pierre, puis des bulles d’harmoniques et enfin (et surtout) des morceaux que l’on redira être influencés par Radian (sont-ce les vibes ?), Pan American (sont-ce les synthés ?) ou Kruder (sont-ce les vibes et les synthés ?). Et tout ça qui s’écoute, bien sûr, même si l’introduction (son petit nom est Oggeti Creano Forme) m’avait fait espérer bien mieux.

écoute le son du grisliAndrea Belfi
Natura Morta (extraits)

Andrea Belfi : Natura Morta (Miasmah)
Edition : 2014.
CD / LP : 01/ Oggeti Creano Forme 02/ Nel Vuoto 03/ Roteano 04/ Forme Creano Oggeti 05/ Su Linee Rette 06/ Immobili
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Andrea Belfi, Ignaz Schick : The Myth of Persistence of Vision Revisited (Zarek, 2011)

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Aux côtés du percussionniste Andrea Belfi, Ignaz Schick dévoilait aux platines The Myth of Persistence of Vision Revisited, disque au master estampillé Giuseppe Ielasi.

Là, ce sont six pièces nées de la rencontre – connivence affermie par un lot de concerts plus tôt donnés ensemble – de deux rythmiciens subtils. L’art de la précision qu’ils ont en commun, Schick et Belfi le mettent à profit de tailles miniatures qui n’interdisent pas aux couleurs et aux textures de se mêler en d’implacables environnements.

Belfi en endurant sur toms et caisse claire, Schick en générateur de boucles ou de drones ; l’un et l’autre faisant ensemble œuvre électroacoustique minimaliste et fière. Concassés, quelques disques, croirait-on, de Radian, Kruder & Dorfmeister ou Ingar Zach… Autre mythe que celui qui parlerait d’évocations forcées ou de références obligatoires : Schick et Belfi agissent avec superbe, sur le moment et sans souvenir encore, ne faisant confiance qu’à leurs penchants saturniens – Myth 5 en dit assez long sur ceux-là – et à leurs impulsions.

Andrea Belfi, Ignaz Schick : The Myth of Persistence of Vision Revisited (Zarek)
Enregistrement :mai 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Myth 1 02/ Myth 2 03/ Myth 3 04/ Myth 4 05/ Myth 5 06/ Myth 6
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Machinefabriek, Andrea Belfi : Pulses and Places (Korm Plastics, 2009)

machinegrisliek

Initié au tournant de ce siècle, le projet Brombron voit à chaque numéro deux musiciens (ou plus) en résidence au centre culturel Extrapool de Nimègue aux Pays-Bas (le pays se fait une spécialité du genre collaboratif, comme le prouve cette autre excellente série qu’est In The Fishtank sur Konkurrent). Dirigée par le très actif Frans de Waard, patron de l’officine Korm Plastics et maître d’œuvre de l’excellent site musical Vital Weekly, la série est désormais hébergée sur son propre label après l’avoir longtemps chez Staalplaat. Des numéros précédents, on notera notamment la conjugaison des talents de Stephan Mathieu & Ekkehard Ehlers (‘Brombron 2’), Frank Bretschneider & Peter Duimelinks (‘Brombron 10’) ou Felix Kubin & Coolhaven (‘Brombron 11’). Beaucoup de monde, on le voit. Dans la liste, les noms de Francisco López & Richard Francis, récemment chroniqués en ces lieux, et de Machinefabriek & Andrea Belfi  sont totalement à leur place, singulière et indépendante.

Le volume 15 est tout bonnement sensationnel. Musicien électro-acoustique, Belfi s’est déjà fait remarquer sur la maison Häpna, alors qu’au cours des dernières années, Rutger Zuydervelt a présenté un nombre considérable de travaux, certains d’une immense qualité (Marijn, Cello Recycling/Cello Drowning, Weleer). Première union entre les deux artistes, l’Italien principalement aux percussions et le Néerlandais surtout aux guitares et à l’orgue, le disque est remarquable de grondements divers et de drones amadoués à coups de gongs et objets divers. Au cours de quatre morceaux d’anthologie (dont le dernier, à écouter absolument !), la recherche sonore sans failles du duo italo-néerlandais émerveille et subjugue, tant à chaque seconde on a envie de se plonger dans l’instant qui va suivre. Evidemment, pour la farandole d’anniversaire du petit Théo, va falloir penser à autre chose.

Machinefabriek, Andrea Belfi : Brombron 15: Pulses And Places (Korm Plastics / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Untitled 02/ Untitled 03/ Untitled 04/ Untitled
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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