Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Anders Hana : Dead Clubbing (Drid Machine, 2011)

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Parti sur les chapeaux de roues, Anders Hana s’essouffle au fil des secondes de Dead Clubbing – si ce n’est lui, c’est donc son batteur, donc lui ! (puisqu’il joue de tous les instruments sur ce disque : guitares, batterie, saxophones, synthés…). Mais ce n’est pas grave.

Explication : roulements de tambour, guitares musclées, mélange post-rock / noise, gros efforts et des chorus, des chorus et des chorus encore. Hana tire sur ses cordes, la tête en arrière. Son rock bruitiste et ventru se moque des erreurs, des débordements. Ses doigts dérapent, pas grave, ça amène d’autres bruits. Il ne demande qu’une chose, qu’on lui fasse confiance. Alors il peut anéantir tout beat et mettre au jour ce noise à ébullition.

Anders Hana : Dead Clubbing (Drid Machine)
Edition : 2011.
LP : A01/ Iskoras A02/ Viglen A03/ Háldi A04/ Kunna A05/ Kebnekaise A06/ Kvænan
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Paal Nilssen-Love, Anders Hana : AM/FM (PNL, 2010)

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Ne cessant plus de trahir un faible pour le duo (récemment encore en compagnie de Sten Sandell ou Frode Gjerstad), Paal Nilssen-Love décida d'une autre sorte de confrontation sur AM/FM

Sous médiator, la guitare électrique d'Anders Hana obéit d'abord aux frottements rapides et passe de vociférations bruitistes en précipitations sonores étouffées ; et puis, justement au moment où l'on commençait à craindre la surenchère démonstrative voire l'échange mâle, la rencontre emboîte le pas plus lent d'une musique grave : sous les coups de balais, Hana compose des déflagrations à partir de grondements ou de sifflements et puis s'empare d'un archet. Autrement frénétique, la méthode épouse les contours abrupts d'une rythmique éclatée et rapproche deux pratiques tempétueuses sur un peu plus de trente minutes : soit, la durée idéale, c'est à dire celle au delà de laquelle concilier de telles ferveurs n'est presque plus possible.

Paal Nilssen-Love, Anders Hana : AM/FM (PNL Records)
Edition : 2010.
CD : 01/ AM/FM
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ce vendredi 26 août, Paal Nilssen-Love pourra être entendu aux côtés notamment de Mats Gustafsson en The Thing augmenté au Festival Météo.

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Frode Gjerstad Circulasione Totale Orchestra : Bandwidth (Rune Grammofon, 2009)

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Lorsqu’on lui demande de présenter Bandwidth, nouvelle référence de la discographie de son Circulasione Orchestra, Frode Gjerstad répond : « Il s’agit de trois concerts donnés à Moers (premier CD), Molde (deuxième CD) et Zurich (troisième CD) qui permettra à ses auditeurs de se faire une idée de ce à quoi nous travaillons en ce moment… Tout est improvisé librement et je crois qu’il y a un lien entre ce que nous faisons et l’Aghartha de Miles Davis et les derniers grands orchestres de Gil Evans. Ainsi, je pense que nous faisons partie d’une grande tradition, ce qui se confirme lorsqu’on s’intéresse dans le détail aux musiciens qui jouent ici. La différence d’âge entre le plus jeune et le plus âgé des musiciens de l’orchestre est de 50 ans, et c’est à la fois important et bon pour la musique : parce que tout le monde en démontre constamment. »*

Dans cet orchestre-là, on trouve en effet le cornettiste Bobby Bradford et le guitariste Anders Hana, les batteurs Louis Moholo, Hamid Drake ou Paal Nilssen-Love, le saxophoniste Sabir Mateen, le vibraphoniste Kevin Norton, le contrebassiste Ingebrigt Håker Flaten ou encore Lasse Marhaug à l’électronique. Sur chacun des trois disques, quatre plages hésitant entre un swing sans cesse remis en cause par une suite d’emportements (Bradford, d’abord, soutenu dans ses provocations par une section de cordes récalcitrantes lorsqu’il ne préfère pas inoculer un peu de blues à l'improvisation), un free prononcé et des monceaux d’électroacoustique nébuleuse.

Dirigeant peut être davantage l’improvisation qu’il conduit l’orchestre, Gjerstad décide avec un aplomb majestueux des reliefs à donner aux paysages sonores traversés par l’ensemble. Rampant pour plus de discrétion ou affirmant avec autant d’acharnement que Brötzmann lorsqu’il animait ses Machine Gun Sessions, le saxophoniste compose avec intelligence, réamorce ses progressions musicales de différentes et toujours belles manières jusqu’à ce que la raison reprenne le dessus : l’orchestre termine sur une répétition timide du vibraphone.

Lorsqu’on lui demande de se souvenir de ces concerts joués au sein du Circulasione Orchestra, Kevin Norton : « J’ai été heureux de revenir à Moers en compagnie de Frode. J’y étais déjà venu avec Fred Frith et Keep the Dog, mais il me semblait que j’avais évolué depuis en tant qu’improvisateur. Je me souviens de l’atmosphère de Moers, des campeurs dans les parcs tout autour de l’endroit du festival, c’était très agréable. J’ai aussi pensé qu’y jouer en compagnie de Frode vaudrait le coup parce que notre travail ensemble est très important pour moi, pour mon développement en tant que chercheur sonore. Il y a certains sons, approaches ou techniques, qui m’ont été révélées en jouant avec Frode. »* Kevin Norton, de conclure ici aussi. 

Première des cinq parties d'un concert donné par l'une des incarnations du Circulasione Orchestra à Stavanger en 2008. L'intégrale est à retrouver ici. La chronique d'Open Port . 

Frode Gjerstad Circulasione Orchestra : Bandwidth (Rune Grammofon / Amazon)
Edition : 2009.
CD1 : 01-04/ Yellow Bass & Silver Cornet II (Part 1-4) – CD2 : 01-04/ Yellow Bass & Silver Cornet III (Part 1-4) – CD3 : 01-04/ Dancing in St. Johan IV (Part 1-4)
* Propos de Frode Gjerstad et Kevin Norton recueillis fin novembre 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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