Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
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Radian Howe Gelb : Radian Verses Howe Gelb (Trost, 2014)

radian verses howe gelb

Après les disques avec Stefan Németh et les disques sans Stefan Németh, voilà une nouvelle occasion pour les trois acolytes de Radian (Martin Brandlmayr, Martin Siewert et John Norman) de sonner différemment. Cette occasion, c’est leur rencontre avec Howe Gelb, songwriter américain surtout connu pour son Giant Sand mais rompu aux collaborations (de Calexico à Lisa Germano en passant par John Parish).

Donc donc donc, la rencontre du folk US et de l’ambient électroacoustique viennoise, qui débute downtempo sur un refrain que n’auraient pas renié Robert Wyatt ou Arto Erotic City Lindsay. Mais ce n’est qu’en deuxième plage que Radian commence à opérer : les chausse-trappes se multiplient & les loops s’incrustent sur l’Americana de Gelb (dont je connais, je dois l’avouer, assez peu l’œuvre pour dire s’il pioche dans son répertoire ou a écrit des morceaux spécialement pour ce projet).

Quand les fûts de Brandlmayr, les guitares et processings de Siewert et la basse avale-tout de Norman sonnent la charge, nous voilà aux choses sérieuses. La voix de Gelb se fait plus proche et peut commander au trio de changer de piste. Au choix : un folk interrompu, une ballade propulsée dans l’espace, une ambient décalée, une americana whitexploitée, un pseudo remix, etc. trois fois. De la guitare, du piano et de la voix de l’Americain, les trois Radian se gavent tant et si bien (jusqu’à des archives de démo, à ce qu’il m’a semblé) qu’on applaudit à leur digestion sans tache : leur Verses Howe Gelb vaut bien d’être terminé en chanson, on se surprendra à siffler l’air de Moon River avec lui.

Radian, Howe Gelb : Radian Verses Howe Gelb (Trost)
Edition : 2014.
CD / LP : 01/ Saturated 02/ Saturated Beyond 03/ I'm Going In 04/ From Birth To Mortician 05/ ....And Back 06/ The Constant Pitch And Sway 07/ Return To Picacho Peak 08/ Pitch And Sway Again 09/ Moon River
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Tetuzi Akiyama, Tom Carter, Christian Kiefer : The Darkened Mirror (Monotype / Cat Sun, 2013)

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Fameux casting sur The Darkened Mirror : Tetuzi Akiyama, Tom Carter et Christian Kiefer. Ca n’étonnera pas les fans des secoués Charalambides, il règne une sacrée atmosphère d’Americana de traviole (gravos, encore bien) sur cette première collaboration américano-nipponne – on sent bien derrière tout ça l’influence de Tom Carter, qui va pêcher à toutes les sources (du blues à la folk) et c’est pour mieux dépatouiller les vieilles et vilaines habitudes.

Ca balance entre Charlie Nothing et Cyan Nugent, on passe sans coup férir d’un méchant trip dans une vieille Cadillac déglinguée à une jam session virtuose et mélodique et au final, on se dit que nom d’un Colt fumant, les gaillards ont vachement plus que six cordes à leur putain d’arc.

écoute le son du grisliTetuzi Akiyama, Tom Carter, Christian Kiefer
Sea Hag's Lament

Tetuzi Akiyama, Tom Carter, Christian Kiefer : The Darkened Mirror (Monotype)
Edition : 2013.
LP : A1/ Grandmother's Body A2/ Alligator A3/ Bloody Mary A4/ Sea Hag's Lament A5/ The Duendes B1/ The Lady In Lace B2/ The Hook B3/ The Express Train to Hell B4/ The Vanishing Hitchhiker
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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La vierge de Nuremberg : Le retour de (Bloc Thyristors, 2012)

le retour de la Vierge de Nuremberg le son du grisli

Elle aurait pu ne pas être originaire de Nuremberg, Dieu que cette Vierge aurait été pareillement affolante ! Dedans, tout ce que Jean-Noël Cognard et ses amis ont envie d’y fourrer (le rock bagarreur version France 3 Régions des débuts m’a quand même fait craindre le pire)…

Après quoi c’est du meilleur, et même du bon : une trompette (oui oui, celle de Berrocal) qui rend hommage à Don Cherry, une guitare et un saxophone qui s’affrontent à fleurets empoisonnés, une voix féminine (en anglais ça passe, en français pas loin de casser) qui pousse un air d’Americana (la trompette s’y envolera), des loops et des reverses qui dégomment tous les clichés du rock. C’est quoi donc en fait ? Une brocante farfelue qui surprend sans arrêt et où le charme agit même parfois.

La Vierge de Nuremberg : Le retour de (Bloc Thyristors / Metamkine)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
LP : A1/ Malpartida A2/ Constantinople A3/ Soundcheck A4/ Die Nacht A5/ Asba A6/ Kiss My Blood – B1/ Rock'n'Roll Station B2/ Karambolage B3/ Kurzshluss B4/ Carmilla B5/ Les Ghoules
Pierre Cécile © le son du grisli

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Ce jeudi 13 décembre, La Vierge de Nuremberg se produira au Cirque électrique (Paris), dans le cadre d'une carte blanche offerte à... Chantal morte.

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Gilded : Terrane (Hidden Shoal, 2012)

gilded terrane

Debut album, comme on dit du côté de Perth, de la paire australienne Gilded, Terrane nous entraîne sur des terres jazz ambient d’un bel intérêt, telle une rencontre entre Kapital Band 1 et Z’ev dans une tonalité proche de Sébastien Roux et Chris Corsano...

Déroulant sur une note paisible et éthérée des tentations où le jazz et la microtonalité ne s’effraient pas mutuellement, le duo Matt Rösner / Adam Trainer ose sans le moindre complexe l’enchaînement des couches sonores, tout en donnant à ses sonorités une légèreté bluffante. Des neuf morceaux, on goûtera tout particulièrement aux atmosphères quasi-americana de Road Movie, mais aussi aux boucles pianistiques de Tyne, en marge de Sylvain Chauveau et de son Black Book of Capitalism.



Gilded : Terrane (Hidden Schoal Recordings)
Edition : 2012.
CD : 01/Velar 02/    String and Stone 03/ Dew Cloud 04/ Road Movie 05/ Tyne 06/ Straight Crest 07/ Cluttered Room 08/ Expand/Contract  09/ Moth Food
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Philippe Robert, Bruno Meillier : Folk & Renouveau (Le mot et le reste, 2011)

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Magnifique passeur d’idées musicales, les éditions Le Mot Et Le Reste n’ont guère l’habitude de prendre leur lectorat pour du vulgum pecus de tête de gondole chez Auchan. Respectueux de l’intelligence de son public, adeptes des formes identifiables (ah, les couvertures, à la fois dépouillées et alléchantes), balayeur de genres en marge des conventions, la maison marseillaise n’a eu de cesse, depuis sa création en 1996, de (re)défricher les genres, en un arc tendu qui relie le passé au présent – dans tous les cas, il est exclusivement anglo-saxon comme le souligne le sous-titre de l’ouvrage, conçu telle une promenade balayant les trois-quarts du vingtième siècle et le début du suivant. Habitué des lieux, l’ex-Inrocks/Jazz Magazine/Vibrations Philippe Robert en est à son cinquième numéro sur LM&LR, sans compter ses parutions auprès d’autres éditeurs (dont votre grisli préféré). Moins auteur et plus acteur de terrain, Bruno Meillier a multiplié les activités en plus de trente ans d’activisme – musicien dans plusieurs projets dont Etron Fou Leloublan ou Zero Pop), label manager d’Orkhêstra International et programmateur du festival stéphanois Musiques Innovatrices.

Témoin  de cette philosophie musicologique – rassurez-vous, le propos n’a rien d’intellectualisant en dépit de son exigence et de son acuité – la couverture de leur premier ouvrage commun relie deux œuvres majusculement majuscules de la folk music – The Times They Are A-Changin de Bob Dylan  et Ys de Joanna Newsom. En une imposante et magistrale recomposition d’un paysage exclusivement anglophone à guitare acoustique (et autres instruments à cordes), leur Folk & Renouveau parcourt, en près de 150 albums majoritairement indispensables, un style que traversent près de quatre-vingts ans discographiques. Nullement exhaustif tel que les deux auteurs le précisent dans leur avant-propos (encore que…), le parcours débute, faudrait-il écrire évidemment, en 1927 avec l’incontournable Anthology Of American Folk Music Edited By Harry Smith pour s’achever en 2009 avec le Barn Nova des néo-hippies Matt Valentine et Erika Elder, alias MV & EE.

Même si chacun complètera la liste avec quelques disques à ses yeux incontournables (pour ma part, j’y aurai inclus Jay Reatard, Marissa Nadler (citée toutefois en p. 37), Tara Jane O’Neil, Jana Hunter ou Meg Baird en solo – encore que cette dernière soit de la partie en tant que vocaliste d’Espers ET moitié du duo Baird Sisters, ce qui est déjà remarquable). Au-delà de ces remarques forcement personnelles, plusieurs aspects, davantage objectifs, frappent l’œil dès la consultation des 350 pages du livre. D’abord, la très grande diversité des artistes cités : sur 147 productions discographiques recensées, un seul personnage a l’honneur d’apparaître à deux reprises – et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de M. Dylan himself, pour un opus en studio encore acoustique (le déjà cité The Times They Are A-Changin) et un live (The Royal Albert Hall Concert) qui a marqué la véritable rupture de Robert Zimmermann avec la musique folk.

Heureusement, la liste, aussi merveilleuse soit-elle, ne se résume pas une à une simple table des matières répétitive et soûlante. A l’issue de chaque article, Robert et Meillier nous gratifient d’une sélection bienvenue des productions de l’artiste présenté. Dans le cas des très actifs Dylan, Leonard Cohen ou Neil Young, la démarche est bienvenue, tant les liens tissant leurs canevas musicaux se doivent d’être mis en évidence, ne fut-ce que succinctement (ou bien la brique compterait le triple de pages et deviendrait rapidement indigeste). Pour les autres représentants de la « cause », le choix s’avère naturellement moins cornélien, soit en raison de la brièveté de leur discographie, voulue (Bridget St John, Judee Sill) ou non (Tim Buckley, Nick Drake). Bien que, là aussi, les digressions soint parfois discutables (pourquoi s’arrêter en 1969 pour Buffy Sainte-Marie ?), la vision d’ensemble n’est pas loin de ressembler à un Top 1000 de la folk music, qu’elle soit traditionnelle, freak, acid, New Weird Americana ou psyché.

Autre complément d’information, sinon peu original mais bienvenu, les auteurs mettent en relief les parentés stylistiques des musiciens en citant des noms aux univers cousins (John Fahey ou Jack Rose pour Robbie Basho), parfois au-delà du genre majoritairement abordé (Animal Collective chez Vashti Bunyan). Le plus souvent, les rapprochements sont d’une évidente pertinence, versant d’ailleurs au-delà des limites de la folk pure (Mojave 3 ou Lambchop en lien évident avec le très déprimé Fables Of The Reconstruction de R.E.M., Coil en glorieux prédécesseur de Current 93, etc.). Nul doute qu’au cours des prochaines années et décennies, la liste ne demandera qu’à être prolongée, tellement la vitalité de la musique folk anglo-saxonne demeure élevée. Pour notre part, et que les auteurs nous pardonnent cette intrusion, nous y verrions bien le récent et formidable Smoke Ring For My Halo de Kurt Vile, indispensable en 2011 comme il le sera à l’avenir.

Philippe Robert, Bruno Meillier : Folk & Renouveau. Une balade anglo-saxonne (Le mot et le reste / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
Livre
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Bill Gould, Jared Blum : The Talking Book (Koolarrow, 2011)

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The Talking Book est un CD qui ressemble à sa couverture : un terrain accidenté, un cimetière de références, un endroit étonnant où Bill Gould (Faith No More ??? Faith No More !) et Jared Blum ont planté leur tente.

Et lorsqu’ils en sortent c’est pour jouer une musique impossible à classer : un folk patraque, une ambient lo-fi, une space music tellurique ? Ici ou là, on croit reconnaître des influences (Suicide, Loren Connors, Ash Ra Templ…) sans savoir si Gould et Blum les ont un jour écoutées… Même si à la fin le duo s’essouffle un peu et donne dans un climat facile (à grand renfort de beatbox et de voix quasi ethniques), The Talking Book est une très belle surprise.

Bill Gould, Jared Blum : The Talking Book (Koolarrow)
Edition : 2011.
CD : 01/ Talking Book 02/ Sundown 03/ I Have a Secret to Tell 04/ Maxim 05/ Open Your Eyes 07/ Frequency 08/ Notes from the Field 09/ SKS 10/ The Fallen 11/ Talking Book II
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Fursaxa : Mycorrhizae Realm (ATP, 2010)

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Au fil de sa discographie, étalée depuis 1999 sur six albums, la folk music de Tara Burke n’a eu de cesse de développer ses oripeaux psychédéliques et tourmentés, en témoignent les envolées pratiquement mystiques de l’album Lepidoptera, échappé dans de mystérieux contreforts appalachiens d’où émergent des lutins vaudous fans de Diane Cluck. Cinq années et quelques albums plus tard, la très belle démarche acidifiée de Fursaxa s’échappe de son enregistreur quatre pistes pour trouver refuge dans un vrai studio professionnel.

Débutant par un drone liturgique embaumé de sons des Appalaches, Mycorrhizae Realm s’imbrique intensément dans une galaxie réverbérée où s’invitent Christina Carter, Josephine Foster et Marissa Nadler. Très fortement imbibée d’un psychotropisme en clair (très) obscur, les sept odes lunaires de l’album débusquent un horizon crépusculaire aux grands espaces. Un vent new americana où s’engouffrent des airs de multiples instruments acoustiques (la guitare de Greg Weeks, le violoncelle de Helena Espvall, entre autres glockenspiel ou flûte) soufflant sur les braises refroidies d’une ode à la nature. Belle et acerbe, comme peuvent l’être les déplacements aléatoires des masses d’air allant et venant.

Fursaxa : Mycorrhizae Realm (ATP Recordings)
Edition : 2010.
CD : 01/ Lunaria Exits The Blue Lodge 02/ Poplar Moon 03/ Celosia 04/ Well Of Tuhala 05/ Sunhead Bowed 06/ Charlote 07/ Ode To Goliards
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Pillars and Tongues : Protection (Contraphonic, 2008)

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De Gand à Barcelone, de Lisbonne à Toulouse, le souffle de Pillars and Tongues se fera sentir quelques jours durant. Pour toute alerte, un disque résonne encore qui a paru il y a deux ans : Protection. Sur ce disque, quelques amis prêtent main forte au trio de base (Evan Hydzik, Elizabeth Remis, Mark Trecka) – sur scène, quelle forme prendra l'équipée je l'ignore.

Ce que je sais, par contre : Protection est un grand disque d'un folk bizarre sorti de Chicago, qui réconcilie les rues droites et les grands espaces. Car l'Americana que défend Pillars and Tongues est protéiforme, marie trois voix (qui se laissent souvent désirer), un violon lancinant, une basse aux gimmicks prégnants, et des moments laissés en suspensions. Dans ce folk bizarre, cette Americana inédite, on entend des coups de feu et de poings mais aussi l'accalmie des réunions au grand air. De ces réunions où se racontent des histoires troubles qui peuvent se passer de mots. Pour assister à l'une de ces soirées, la carte dépliée indique les quatre points cardinaux : Gand, Bruxelles, Strasbourg, Nantes, Rennes, Mont-de-Marsan, Saragosse, Barcelone. Alors, en route...

Pillars and Tongues : Protection (Contraphonic)
Edition : 2008.
CD : 01/ Hall of Bliss 02/ Dead Sings 03/ Protection (I) 04/ Protection (II)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Brian Harnetty, Bonnie 'Prince' Billy : Silent City (Atavistic / Ruminance, 2009)

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De mémoire d’Américain, on n’avait encore jamais vu personne s’endormir au concert. Bonnie 'Prince' Billy jouait à peine depuis un quart d’heure. Posant sa voix sur la musique de Brian Harnetty, l’effet est le même, à ceci près qu’il arrivera ici à l'auditeur qui s'endormira d’être réveillé par un témoignage…

Ceci parce que Silent City dépeint une ville imaginaire dans laquelle les voix de toutes les âmes perdues d’une Amérique vertueuse et triomphante – celle de Will Oldham comprise ? – se seraient donné rendez-vous. Extirpés d’archives sonores, des inconnus parlent sur une musique à ranger sous l’étiquette « Americana », dont Brian Harnetty échaffaude les plans en se servant d'instruments classiques : un piano ou un accordéon.

A l'écoute de la composition, l’auditeur peut se sentir venir le cœur au bord des lèvres devant des rapprochements sonores incapables de faire preuve d’une identité propre (et même d’identités, malgré les archives dans lesquelles pioche Harnetty) ou se laisser porter par un ensemble vaporeux que rehaussent les interventions salvatrices du batteur Sam Paxton. De l’avant-folk au deep-folk – comme il y a le Deep South –, Silent City franchit le pas et offre autant d'élans dignes d’intérêt que d'amères désillusions (l'originalité qui fait défaut étant la première de toute).

Brian Harnetty : Silent City (Atavistic / Ruminance / Amazon)
Edition : 2009.
01/ The Night Is 02/ The Top Hat 03/ Sinclair Serenade 04/ Sleeping In The 05/ Well, There Are 06/ Silent City 07/ And Under the Winesap 08/ It’s Different Now 09/ Papa Made the Last 10/ Some Glad Day 11/ As Old As the Stars 12/ To Hear Still More
Pierre Cécile © Le son du grisli

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