Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Christian Fennesz, Jim O’Rourke : It’s Hard for Me to Say I’m Sorry (Editions Mego, 2016)

christian fennesz jim o rourke it's hard for me to say i'm sorry

Voilà qui promettait de l’arpège de guitare électrique sur une ambient au délirium très mince : Jim O’Rourke & Christian Fennesz, enregistrés (pour la première fois en duo, notons-le !) au Japon en septembre 2015…

Ces deux-là seraient donc toujours à la colle depuis l’expérience (mitigée, selon moi) Fenn O'Berg + toujours à la recherche du « magic sound » ? Eh bien oui : belote (drone sur drones), rebelote (pop synthétique) et dix de der (saturations de rigueur) = It’s Hard for Me To Say I’m Sorry.  Maintenant, si ça ne révolutionnera pas l’électro bruineuse, je n’ai rien à reprocher à cette nouvelle collaboration (surtout pas la pochette, qui a fait entrer dans mon deux pièces un nouveau compagnon).



it's hard for me to say i'm sorry

Christian Fennesz, Jim O’Rourke : It’s Hard for Me to Say I’m Sorry
Editions Mego
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
LP : A/ I Just Want You to Say – B/ Wouldn’t Wanna Be Swept Away
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Maninkari : Oroganolaficalogramme (Ferme-l'oeil, 2016)

maninkari oroganolaficalogramme

Cela fait près de dix ans que Maninkari (= Frédéric & Olivier Charlot) sort des disques et ce n’est qu’avec Oroganolaficalogramme que je fais sa connaissance (j’en ai appris pas mal ici grâce à l'ami Eric Deshayes, pour tout révéler de mes pitoyables (je sais) méthodes de travail). Ça commence à l’orgue, comme un orgue d’église ou même de cathédrale et on imagine le retour pas prévu du dernier drone qu’on a écouté sur on-ne-sait-plus-quel CD mais non c’en est un autre, et puis ce n’en est plus un.

Car voilà qu’arrive un violon (un peu plus loin ce sera un violoncelle) et on entre dans un pentacle qui n’est plus dronien mais métalleux. Mais attention, d’un métalleux d’ambiance, à la Barn Owl (mais sans les arpèges de guitares) ou à la Earth un peu ou, si on remonte plus loin encore, au kraut de Peter Michael Hamel. Le plus, c’est qu’au fil des plages, l’organolaficalogramme bouge : des percussions qui tonnent, un violon qui tournoie, une « voix » qui enchante un folk noir… Maninkari a baptisé certains de ses travaux improvisés / composés Continuum : on promet de suivre le fil.



oroganolaficalogramme

Maninkari : Oroganolaficalogramme
Ferme-l’œil
Edition : 2016.
CDR : 01-07/ Oroganolaficalogramme
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Celer : Inside the Head of Gods (Two Acorns, 2016)

celer inside the head of gods

J’ai déjà été assez sévère avec Celer (Dying Star) mais j’ai aussi été moins sévère (Sky Limits). Je m’attendais donc à l’être encore moins – il faut bien que l’on progresse, non ?, musiciens comme critiques – en gavant ma platine de ce nouveau rond de polycarbonate, mais pas à ce point…

Dix petits morceaux d'orgue que Will Long (désormais seul à la tête de Celer) a enregistré pour une exposition de peintures de Taichi Kondo (peut-être que le disque passait toute la journée en mode repeat ?). Dix petits morceaux accrochés les uns aux autres qui donnent un grand tout (mais un grand tout de 24 minutes seulement) qui m’a, je dois bien le reconnaître, soufflé.

J’ignore de quel orgue jouait Long mais ses notes, que l’on suit de leur naissance à leur extinction, ont de quoi surprendre. Notre homme peut s’en tenir à une couche ou soutenir cette couche en sous-marin grâce à un grave continu, de toute façon son destin est joué et tout en haut de la courbe il faut la descendre jusqu’au trou béant. Des drones ? Oui mais interrompus par des silences. Une ambient ? Oui mais une ambient qui infuse et qui provoque des choses dans celui qui l’écoute. Au point que celui qui écoute demande pardon pour tout ce qu’il a écrit sur Celer (c’était il y a longtemps, et puis c’était de votre faute)…



inside the head of gods

Celer : Inside the Head of Gods
Two Acorns
Enregistrement : 2016. Edition : 2016.
01-10/ Inside the Head of Gods
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Artificial Memory Trace : Hypnotikon (Unfathomless, 2016)

artificial memory trace hypnotikon

D’où viennent ces grigris (cricri ? fouifoui ?...) qui sifflent à nos oreilles ? Où et quand Slavek Kwi / Artifical Memory Trace les a-t-il captés ? Eh bien je m’en vais vous le dire, car je sais lire et que dans la gangue du CD on a toutes les informations : dans le Nord de l’Australie (c’est le deuxième tome d’australOpus, tiens) en août 2009.

Ses insectes nocturnes, ses crabes-hermites speedés, etc., chantent donc dans des réserves naturelles et protégées. Tel quel (= Intakta), Kwi nous les rend sur la première plage pour les mettre un peu plus tard au diapason de ses humeurs. Dans une soucoupe volante, les bestioles ! La composition peut commencer. Le matériel électronique bogue ou glitche mais la métamorphose opère : les bêtes n’en sont plus, elles ont été synthétisées pour le bien d’une ambient tellurico-abstraite de bonne facture (même si, en ce qui me concerne, je n'ai pas succombé à l’hypnose).

hypnotikon

Artificial Memory Trace : Hypnotikon
Unfathomless
Enregistrement : 2009. Composition : 2012. Edition : 2016.
CD : 01/ Intakta 02/ Morf 03/ Tranzone 04/ 4mile Hole Billabong Underwater 05/ Hermitcrabs
Pierre Cécile © Le son du grisli

MORTON FELDMAN SITE LKL

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André Gonçalves : Currents & Riptides (Shhpuma, 2016)

andré gonçalves currents & riptides

Collaborateur de Kenneth Kirschner (sur Resonant Objects) ou de Richard Gareth & Ben Owen (dans l’international project EA), ingénieur chez les fabricants de synthés analogiques ADDAC Systems, André Gonçalves accouche (presque seul) de deux plages d’électronique à couches pour le label Shhpuma « powered by » Clean Feed.

Avec Pedro Boavida au Fender Rhodes, notre Portugais entame l’enregistrement sur une (et une seule) note de synthé modulaire (à moins que ce ne soit un feedback de guitare) qu’il fait tenir plus de quatre minutes. C’est fragile et haletant à la fois, mais malheureusement ça ne dure que le temps annoncé. Plus rien d’haletant après mais des tas d’aigus de synthé sur des voix préenregistrées sur des guitares qui trifouillent sur des bruits de jacks branchés à l’arrache... Un fatras laborieux.

Mais ce sera mieux sur l’autre piste. Avec Rodrigo Dias à la basse et Gonçalvo Silva à la guitare (attention, leurs présences sont très très discrètes), il fait gonfler une ambient à reverses (pas renversante mais) qui s’écoute bien quand même, entre Lawrence English et Taylor Dupree. Cette fois, on garde. Et d'ailleurs, avec le plus modeste des logiciels d’enregistrement disponibles gratuitement sur internet on peut découper les quatre premières minutes du premier pour les conserver précieusement.  



currents

André Gonçalves : Currents & Riptides
Shhpuma / Orkhêstra International
Edition : 2016.
CD : 01/ Long Story Short 02/ Will Be Back In A Few
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Stefan Rusconi, Tobias Preisig : Levitation (Qilin, 2016)

stefan rusconi tobias preisig levitation

Une église gothique, quelque part en Suisse. Un havre d'évasion spirituelle, en marge du temps. Où, au sein du tabernacle, s'élève l'esprit de Stefan Rusconi & Tobias Preisig. L'un est organiste, le second violoniste. On est pourtant loin du gentillet concert du dimanche, mi-champêtre mi-pépère.

Attendre de voir passer les trois premières minutes, donner du temps à l'instant. Se plonger dans les atmosphères ralentissimes, un voile de Ligeti transperce les travées de la nef. Touche-t-on au divin ? La méditation se veut-elle spirituelle ? Où s'arrête la musique dite savante? Ou débute le secteur appelé non-classique ? Un regain de Tuxedomoon dévoile une partie du secret, il tend à chaque seconde un peu plus vers la tonalité, il laisse au pied du bénitier une ambient paresseuse.

La quête se veut profonde et intime. Elle l'est. On s'envole vers une destinée inconnue, la vie a-t-elle toujours un sens après la vie ? Où sont les morts ? Jonchés sur une branche d'olivier, au sommet du mont, ils nous contemplent. Nous observent nous poser mille questions. Celles de ce très beau et bien nommé Levitation.



levitation

Stefan Rusconi, Tobias Preisig : Levitation
Qilin Records
Edition : 2016
CD / LP : 01/ Béatrice 02/ Gilliane 03/ Marie 04/ Angie 05/ Mme Tempête 06/ Chantal 07/ Fiona 08/ Mme Chapuis 09/ Pour l’orgue
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Christophe Deniau : Downtown Manhattan 78-82 (Le Texte Vivant, 2015)

christophe deniau downtown mahnattan de la no wave aux dancefloors

Je dois dire que de la No Wave aux Dancefloors ma préférence va à la première, il y a bien longtemps que j’ai déserté les pistes pour avoir fini la dernière fois la tête aux sanitaires comme qui dirait. Bien. L’époque qui nous intéresse (quatre ans) va de (19)78 à (19)82, c’est court et ça m’arrange.

Quoique. Plus de 250 pages pour quatre années new yorkaises (d’accord, l’auteur raconte quand même toute l’histoire de la Grosse Pomme en quelques pages et ne parle pas que de musique mais aussi d’art & de cinéma), mais OK, je m’y colle. On reprend : le Velvet qui passe au Café Bizarre, Suicide et le punk version US, les origines du hip-hop, le disco et la No Wave… On ne refait pas le match (des punks contre les arty par exemple) mais toute l’histoire et si tant est qu’on ne la connaît pas alors ce sera bienvenu.

C’est surtout quand Christophe Deniau (l'auteur du livre) prend Arthur Russell pour exemple qu’il fait preuve de personnalité. Eh oui, le Russell qui passe de la musique contemporaine au disco raconte à lui tout seul tous les rapprochements de cet âge d’or culturel. On peut bien nous servir du free jazz et du post-punk, nous réchauffer The Clash ou Malcolm McLaren, le début des 80's c’est (à mon avis) déjà plus ça. Heureusement qu’overdoses, hépatites et SIDA ont mis un terme à la fête sinon quoi j’en étais reparti pour 250 nouvelles pages ! Ce qui ne m’empêchera pas d’aller picorer de temps en temps dans le Deniau en réécoutant No New York ou Marquee Moon

78 82

Christophe Deniau : Downtown Manhattan 78-82. De la No Wave aux dancefloors
Le Texte Vivant
Edition : 2015.

Livre : Downtown Manhattan, 259 pages
ISBN : 978-2-36723-097-9
Pierre Cécile © le son du grisli

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Danielle Liebeskind : Little Acts of Rebellion (Dear Music & Art, 2016)

danielle liebeskind little acts of rebellion

La pochette de ce (premier) disque de Danielle Liebeskind (qui n'est pas un gens mais un groupe, dirigé par Danielle Papenborg) m’a fait craindre le pire. Mais le pire n’est pas arrivé. Le bon non plus, remarquez. Mais bon.

Que ressentir devant cette sorte de poésie (en anglais) lue sur des morceaux improvisés sur deux jours par les sept musiciens du groupe ? De temps en temps on s’y laisse prendre, par exemple quand on ne peut qu’ignorer la nature des instruments ou si l’on avoue un faible pour les reverses, dont le groupe use et abuse même. Et d’autres fois, on s’ennuie ferme sur des parfums de muzak intello faite de guitares d’ambiance et de branchouilli-banjo. Comme la plupart des « little acts of rebellion », en fait : ça part d’un bon sentiment mais ça ne fait pas bouger grand-chose.



little acts of rebellion

Danielle Liebeskind : Little Acts of Rebellion
Dear Music & Art
Enregistrement : 8 et 9 mars 2014. Edition : 2016.
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Machinefabriek, Subterraneanact : Persistent Objects (Opa Loka, 2016)

machinefabriek subterraneanact persistent objects

Bien décidé à rattraper mon retard (voir chronique du 10 mars) avant 2026, j’enquille : aujourd’hui, c’est Persistent Objects que Rutger Zuyderveit (aka Machinefabriek = objets, electronics) a enregistré avec Henk Bakker (aka Subterraneanact = clarinette basse, electronics).

Au début, la clarinette c’est presque du didgeridoo, un didgeridoo qui souffle sur des petits oiseaux enregistrés, mais tout ça ne dure pas. Parce que les electronics ne mettent pas longtemps à crisser. Mais pas au point non plus de faire s’envoler les oiseaux mais quand même de retourner le jeu de clarinette. Bakker entame donc un solo, un solo long, un solo long au loin… Et l’on dirait que c’est à ce solo que Zuyderveit réagit, souvent lentement et avec un amour pour le son travaillé (réverbérations, larsens, décélérations… sont de la partie).

Mais parfois, il semble ne pas réagir, et laisse la clarinette seule (alors, en conséquence, elle est moins loin). Au fur et à mesure, Bakker et Zuyderveit trouvent un équilibre entre petites expérimentations (parfois longuettes) et ambient ultra sensorielle. Déjà pas mal…



persistent objects

Subterraneanact, Machinefabriek : Persistent Objects
Opa Loka
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Null 02/ Ripticl 03/ Spoore 04/ Kayos 05/ Fixiate 06/ Persistent Object 07/ Timecode 08/ Poly2 09/ Inc.Inc. 10/ Jolt 11/ And Beyond
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Strom Noir, Micromelancolié : '49°05'19,3"N 22°34'04,0'E' (Zoharum, 2016)

strom noir micromelancolié 49°05'19

Quand un ambianceur slovaque (Emil Mat’ko = Strom Noir) rencontre un ambianceur polonais (Robert Skrzyński = Micromelancolié), on peut craindre l’ambiance qui gèle. Or là non, car les deux amis se sont pas mal échauffés : musiciens prolifiques, Mat’ko débite du disque en veux-tu-en-voilà et Skrzyński encore plus que lui (dont de nombreux duos, avec Sindre Bjerga ou SEC_,  par exemple).

Un chien qui hurle à la lune et le duo est parti ! Des notes de synthé, des field recordings (la mer par petites vagues, des oiseaux, des humains), des pédales d’effet qui en font (de l’effet) et notre duo par-dessus le tout qui arrange tout ça en le faisant vaciller(ça vacilletout le temps, pour dire la vérité). Ce qui n’empêche que c’est parfois monochrome, que les loops évoluent peu = on est là dans ambient de principe, dont on ne brise pas facilement la cadence. Une ambient qui peut évoquer Library Tapes jusqu’à ce qu’elle nous prenne à la gorge, sur la deuxième plage. Oppressé mais heureux de l’être…



micromelancolié

Strom Noir, Micromelancolié : '49°05'19,3"N 22°34'04,0'E'
Zoharum
Edition : 2016.
CD : 01-02/ '49°05'19,3"N 22°34'04,0'E’
Pierre Cécile © Le son du grisli

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