Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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A paraître : le son du grisli papierVide-Grisli jusqu'au 11 décembreA paraître : Très Chère Mère d'Andrew Liles
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Andrew Liles : The Power Elite (United Dairies, 2016)

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Derrière les visages du couple Blair – à peine déformés – se lève une armée de voix prêtes à lui demander des comptes. Ce n’est pas la première fois qu’Andrew Liles signe une musique « qui fait parler » (on pense d’abord à The Surveillance Lounge, en Nurse With Wound) mais avec The Power Elite, ce sera seulement le temps de l’introduction.

Car les porteurs de murmures auront vite fait d’aviser d’autres instruments – percussions, cordes souvent grinçantes, grand piano… – qui leur permettront d’entamer une danse macabre, particulière pour être chargée de sens : combien de déceptions politiques (on sait Liles défait par le Brexit récemment plébiscité), combien de fois l’impression de ne pas avoir été écoutés ?

Des années après, c’est l’heure de la revanche. Remontant les horloges – les détraquant à force, ils provoquent par exemple la rencontre de Tony Blair et d’Horatio Alger, dont LeRoi Jones réinventait jadis la mort –, les facétieux fantômes menacent et leurs plaintes jouent d’échos. En conséquence, leur bal est inquiétant, qui finira sur l’Air de la Reine de la Nuit – hier avec Stapleton, Liles manipulait Beethoven ; c’est aujourd’hui Mozart qu’il interpelle, et, avec son concours, toute l’élite qu’il discrédite.

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Andrew Liles : The Power Elite
United Dairies
Edition : 2016.
CD : 01/ Signature 02/ Horatio Alger Myth 03/ Systematic Conditioning 04/ Redemptioners 05/ Artificially Induced Consciousness 06/ Control & Manipulate & Exploit 07/ Affluenza 08/ The Iron Law Of Oligarchy 09/ Equitable Distribution
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Eric Normand : Mattempa (Tour de bras, 2016)

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Je savais (eh, j’ai bonne mémoire !) qu’Eric Normand était bassiste c’est pourquoi quand j’ai entendu les premières secondes de son Mattempa j’ai eu peur qu’il soit passé à la trompette ou au saxophone et qu’il s’y essaye en solo au chiantissime canardage de salive. Mais en fait non. Sur cette œuvre (la première d’une série) inspirée par l’écrivain Jacques Ferron (1921-1985), Normand dirige des amis à tour de (clé de ?) bras : Raphaël Arsenault (violon), Antoine Létourneau-Berger (percussions), Philippe Lauzier (clarinette basse et sax soprano) et Alexandre Robichaud (trompette de poche).

Nos musiciens s'en trouvent embarqués sur des compositions inspirées par « le » Gaspé-Mattempa de Ferron dont un extrait est retranscrit. Mystérieux, le texte = mystérieuse, la musique. C’est une drôle d’ambiance, pour dire la vérité, qui plane et que peuvent faire éclater (mais seulement le temps de leur durée) une mélodie jouée ensemble par les vents ou un pas de deux improvisé. C’est en tout cas un bel hommage (de Normand à Ferron) et une belle découverte (que ce Normand et que ce Ferron).


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Eric Normand : Mattempa
Tour de Bras
Edition : 2016.
CD : 01/ Horizons 02/ Baron Samedi 03/ Les kolkhozes du Bon Dieu 04/ Lignes 05/ La fête au village 06/ Le souffle 07/ La rosée 08/ Morne
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Wolfram : X (Monotype, 2016)

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A la déferlante baguettée de l’introduction, je me suis dit que Wolfram, qui avait vu son Atol Drone pourtant réédité par Bocian il y a quelques années mais que j’avais totalement oublié, était batteur. Or non. Il donne plutôt dans une ambient synthétique et même (n’ayons pas peur du mot) fantastique.

Voilà que ça me revient. Il faut dire que, comme nous le rappelle Monotype, cela faisait onze que le Polonais gardait le silence. Et voilà qu’à peine sorti du formol sonore dans lequel il réfléchissait il nous y plonge à notre tour. Je brasse donc dans des nappes de synthés grasso-gracieuses et tutoie en plus des larsens et des résonances. Heureusement que tout ça part en une sorte d’indus bienveillant qui aspire tout, enfin tout sauf moi. C’est d’ailleurs pourquoi je vous écris aujourd’hui : c’est votre tour d'aller au bain, et je vous le conseille vivement.


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Wolfram : X
Monotype
Edition : 2016.
CD : 01. W:X:swarm 02. Introspektiv 03. Exploded View 04. N:xizhe 05. Secret Humans
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Andrew Liles à Nantes, le 15 octobre 2016

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Les occasions sont rares d’entendre Andrew Liles jouer seul. Se comptant chaque année sur les doigts d’une main, ses performances solo tiennent quelque part de l’apparition. La dernière en date eut donc lieu à Nantes, dans le salon de musique du Lieu Unique, le 15 octobre 2016. Entre une table supportant quelques machines et un écran sur lequel défileront des images, l’homme se tenait debout. Pendant trois quarts d’heure, il allait donner à entendre de quoi sont faites ses préoccupations, puisque de préoccupations il s’agit.

En ouverture, c’est un kaléidoscope dont les motifs changent sur un air de Beatles converti en comptine – subtilement « déphasée », la relecture rappellera le remix (désormais étouffé) que Liles signa jadis de Tomorrow Never Knows. Après quoi sur l’écran des figures vont et viennent, attrapées aux premières heures de quelle ville nouvelle, que l’on soupçonne anglaise : centres commerciaux, parkings, aires de jeux… voient passer une humanité désincarnée dont Liles se charge de réécrire les bruits.

Plusieurs fois, la bande son (qui n’est pas « illustration ») marque le temps qui passe – comme le font les horloges de The Power Elite, l’une des dernières publications de Liles à laquelle préside ce couple de Blair défigurés, ou encore les références de la série « Through Time » que lui inspira la lecture de John von Neumann. Semblant courir après des fantômes, il peut répéter leur image, l’inverser, la déformer, l’accélérer aussi, au fil de séquences sonores qui révèlent et soignent des intérêts différents (ambient, pop, indus, lecture, rock, heavy metal…) – dont on peut se faire une idée sur la page Mixcloud du musicien.

Au massacre d’une nostalgie volontairement confuse succèderont des associations d’idées : c’est alors un déluge de girls et de guitars, d'anciennes vedettes télégéniques, de logos de groupes de hard et de symboles phalliques, et aussi la menace d’un visage sorti d'un film, L’Exorciste – qui nous renvoie, lui, à Monster, autre projet qui occupe beaucoup Andrew Liles. Par accumulation, le déferlement créé bientôt un monstre – une bête, même – qui reprend à son compte des sentences plus tôt affichées (« Life is an empty place » / « Life is empty ») et s’empare du corps de Julie Andrews / Maria von Trapp pour lui substituer celui d’une autre femme, nu et de mêmes proportions, et enfin pouvoir clamer : « Julie Andrews is Satan ».

D'une autre manière que Coltrane, Andrew Liles donne donc sa version personnelle de My Favorite Things : d’un retour aux origines de l’urbanisme sur dalles à ce renversement provocateur de l’ordre des choses, il réécrit ce qui l’inspire et expose un propos musical qui relativise jusqu’à sa propre importance – plusieurs fois sur l’écran, une éternelle question est posée : « Why? » A laquelle notre homme finit par répondre : « Because I can ». La pirouette est élégante, mais ne parvient pas à dissiper le mystère de son épatante performance. 

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Lustmord : Dark Matter (Touch, 2016)

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Le sujet – la matière noire – aurait pu inspirer Lustmord bien avant Dark Matter, dernière référence en date de la discographie que Brian Williams inaugura sous ce nom en duo avec John Murphy. Serait-ce alors un pas vers l’ultra-noir que ferait ici, en trois temps, l’une des grandes figures de l’ambient ombreuse ?

Il faudra tenir les claustrophobes éloignés de ces nappes soufflant le froid et de ces sirènes qui, sur deux notes, balisent un paysage lugubre qui ne peut que faire effet sur le voyageur derrière lequel se sont refermées de grandes et lourdes portes de métal. Pour cette sorte de descente aux Enfers qu’il lui a promise, Lustmord oblige en plus son invité à un transport aussi lent que le sien.

Prendre, alors, garde aux bruits sourds que vobulent les résonances et les vents contraires : confinée à un environnement hostile mais ravissant aussi, l’écoute s’empare d’un paquet de rumeurs auxquelles elle attachera presque autant de fantasmes noirs. Si la dernière piste est moins impressionnante – allongeant l’expérience d’une distance de trop – est-ce parce qu’elle accompagne le lent retour à la surface du musicien et de son invité ? 

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Lustmord : Dark Matter
Touch / Metamkine
Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Subspace 02/ Astronomicon 03/ Black Static
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Book of Air : Vvolk (Sub Rosa, 2016)

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Le jeu de guitare (que l’on suppose reliée à des pédaliers ou machines à effets) du compositeur Bert Cools fait d’abord penser aux premières sorties de Rafael Toral. Une ambient diaphane, aérienne, sensuelle même (disons-le tout de go). Mais de cette guitare qui gonfle (grâce au vent soufflé par des orgues ?) il ne restera bientôt que quelques notes d’arpèges cristallins.

On vire donc à l’ambient céleste (pas encore New Age, rassurez-vous). Le monsieur aurait d’ailleurs pu trouver refuge sur Room40, mais non, c’est Sub Rosa qui le publie. Après une c’est trois guitares qui ont l’air de jouer ensemble et l’on comprend bientôt qu’on a affaire à une orchestral manœuvre. Car oui, Book of Air est en fait un orchestre : 18 musiciens (renvoi aux noms de ceux-ci) sous la houlette de Cools pour interpréter / improviser avec l’air (encore) de ne pas y toucher. Maintenant, compte-tenu des effectifs, on peut se dire aussi que l’ensemble manque de tempérament : la musique ne fait que passer. Oui mais repassera-t-elle un jour ? Bah ça rien n’est sûr…

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Book of Air : Vvolk
Sub Rosa / Les Presses du Réel
Edition : 2016.
CD : Vvolk
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Nurse With Wound : Dark Fat (Jnana, 2016) / Steven Stapleton, Christoph Heemann : Painting With Priests (Yesmissolga, 2016)

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En marge des relectures (Musique pour Faits divers par Brian Conniffe, Dark Drippings par M.S. Waldron) et des rééditions (Soliloquy For Lilith, Echo Poeme: Sequence No 2…), Steven Stapleton extrayait récemment de ses archives de quoi composer encore. Sur Dark Fat, des enregistrements de répétitions, de concerts voire de balances, datant de 2008 à 2016, sont ainsi arrangés en seize morceaux d’atmosphère comme toujours hétéroclite.

D’autant que Nurse With WoundStapleton, ici avec Colin Potter, M.S. Waldron et Andrew Liles – invite (ou emprunte des interventions à) à cette occasion une kyrielle de musiciens extravagants : Jac Berrocal, David Tibet, Lyn Jackson, Quentin Rollet ou Stephen O’Malley, pour n’en citer que cinq. Sous l’effet d’une hallucination qu’on imagine partagée, ce sont alors des pièces différentes – mais aussi inégales – qui composent, comme par enchantement, une suite d’impressions floues ou de souvenirs rêvés. En refusant à ses enregistrements-matériau le seul statut de document, Stapleton arrange là une autre forme de poésie (sonore) décadente qui, malgré tout, enivre autant qu’elle interroge.

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Nurse With Wound : Dark Fat
Jnana / Unit Dirter
Enregistrement : 2008-2016. Edition : 2016.
2 CD : CD1 : 01/ That Leaking Putrid Underbelly - Noble Cause Corruption 02/ Devil Dreamin' - Servants Of The Paraclete 03/ Congregatio Pro Doctrina Fedei 04/ Lost In The Ocean 05/ Banality With A Beat 06/ Whoosh (A Radicalized View) 07/ Doing What We Are Told Makes Us Free –CD2 : 01/ Congealed Entrance 02/ Devil Is This The Night 03/ Eat Shop Relax 04/ Rock N' Rolla 1959 05/ The Machinery Of Hearing 06/ I Put My Mouth To The Lips Of Eternity 07/ An Attempt By Badgers To Cull Worrisome Farmers 08/ Doing What We Are Told Makes Us Free (Embedded Version) 09/ Rock'n'Roll Station (Live)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

steven stapleton christoph heemann painting with priests

L’élévation sera lente. Hypnotique toujours. C’est dans le contrat bien sûr. L’érosion sera lente. Le cœur battra sans peur de la chute. Un piano coincera la digression. Digression, attendue, mais ne venant pas. Les déplacements n’en seront pas. On voudrait y voir des salmigondis zébrés, des spasmes réguliers : on y supposera la désintégration mais ce ne seront, ici, qu’amorces, désirs non aboutis. S’agripperont matières et faisceaux sur la surface du fil sonore. Jamais ne délivreront l’espace, toujours l’étoufferont. Steven Stapleton & Christoph Heemann l’estoqueront alors d’un pesant silence.


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Steven Stapleton, Christoph Heemann : Paintings with Priests
Yesmissolga
Enregistrement : 2009. Edition : 2016.
CD : 01/ Painting with Priests
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Rapoon : The Kirghiz Light (Zoharum, 2015)

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Après avoir quitté le cultissime Zoviet France, Robin Storey forma le projet Rapoon. Encore un peu indus mais surtout ambient-ique et (surtout au carré) d’inspiration ethnomusicologique, ce n’est pas The Kirghiz Light (première collaboration de Storey avec la vocaliste Vicki Bain, sortie à l’origine sur Staalplaat) qui nous dira le contraire.

Réédité aujourd’hui par l’écurie Zoharum, le double album est enrichi d’un troisième, un remix 2016 de cette production qui date de vingt ans. Si l’on ne sent pas forcément que la remasterisation est passée par là, l’atmosphère est toujours moins étouffante que sur les ZF. Nappes de synthé, loops sur loops (d’un répétitif tech tout simplement ralenti) de voix célestes ou d’instruments souvent exotiques (tablas, cithare…), peu de rythmes et encore moins d’envolées…  

C’est ce qui est intéressant, d’ailleurs, même dans les moments un peu longuets (et il y en a plusieurs, étant donné les deux CD), cette « platitude », si je puis dire… ce jusqu’au-boutisme ambient-ethno-indus assez bellement réactualisé sur le remix par d’autres synthés (beaucoup de cordes), la même voix (mise plus en avant) et les mêmes percussions (mises en arrière)… Un pas de plus vers l’étrange pour le Rapoon et Robin Storey, et c’est normal : le monde n’est-il pas plus étrange qu’il y a vingt ans ?



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Rapoon : The Kirghiz Light
Zoharum
Réédition : 2016.
3 CD : The Kirghiz Light
Pierre Cécile © le son du grisli

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Bjarni Gunnarsson : Paths (Granny, 2016)

bjarni gunnarsson paths

Le moins que l’on puisse dire (je pense) à propos de Bjarni Gunnarsson (live electronics, trois disques à son actif pour le moment) c’est qu’il sait travailler les sons. La preuve avec le CD Paths dont les figures sont composées d’aigus qui frétillent et de basses qui vous enveloppent plus que chaleureusement… mais est-ce suffisant ?

Car si les sons rappellent (par exemple) ceux de Strotter Inst., les compositions du Suédois ne donnent pas dans le répétitif crescendo. Non, mais plutôt dans une abstraction à géométrie variable avec son lot d’élucubrations soniques, de percées lumineuses et de chausse-trappes sordides, jusqu’à ce que Gunnarsson nous plante là, en plein milieu d’une ambient à vous donner le tournis (et c’est ce qui arrive). Que faire d’autre si ce n’est entendre / regarder / profiter de ce que l’Islandais nous a préparé ? Spatial et plus que spécial !

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Bjarni Gunnarson : Paths
Granny Records
Edition : 2016.
CD : 01/ Ubieties 02/ Mecolico 03/ Pulsatiles 04/ Verlat 05/ Gallivant
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pinkcourtesyphone, Gwyneth Wentink : Elision (Farmacia901, 2016)

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C’est trois secondes avant sa dix-neuvième minute que cette collaboration Richard Chartier / Gwyneth Wentink, the first sous pseudo Pinkcourtesyphone et the last à la harpe triple (que l’on appelle aussi « harpe à triple rang de cordes » mon petit bonhomme), s’évapore. Mais toutes ces minutes raconteraient-elles autre chose que cette histoire d’évaporation ?

C’est ce qu’on pourrait croire au début, quand les cordes sont pincées « à la médiévale » sur des couches planantes de synthé qui, elles, vont et viennent et vont et viennent... Mais à l’occasion d’un retour, les couches se retirent au profit de leur écho = un retour de nappe-boomerang change la donne et diversifie la pièce. En effet, l’Hollandaise (en voilà, de l’élision !) joue désormais moins en avant et Chartier, dont les plumes ont été alourdies par de petites touches de goudron noir au gré de ses récentes collaborations avec un certain William B., reprend la direction de l’ambient et avec elle tous les timbres de la harpe qu’il ajoute à sa palette. Pas mal.



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Pinkcourtesyphone, Gwyneth Wentink : Elision
Farmacia901
Edition : 2016.
CD / DL : 01/ Elision
Pierre Cécile © Le son du grisli

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