Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Bruno Duplant, David Vélez : Last Solar Powered (StillSleep, 2016)

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Au sortir de Moyens fantômes, il faudra aller entendre Last Solar Powered, autre collaboration de Bruno Duplant avec David Vélez. Ni musique d’environnement (de pylône électrique) ni sons captés aux abords de « grandes oreilles », c’est là une œuvre d’anticipation poétique : un ordinateur profitant de l’énergie solaire se rend compte de la disparition prochaine du soleil en question, et donc de la sienne propre – voilà l’explication donnée au dos de la couverture du disque.

Duplant et Vélez se sont-ils emparés du même « matériel électronique rudimentaire » qui leur a, il y a peu de temps, réussi ? La question se pose puisque la corrosion d’hier fait effet aujourd’hui encore, si ce n’est qu’elle s’attaque désormais aux hautes sphères, c’est-à-dire à une matière insaisissable. Naturels ou artificiels, les phénomènes concordent et composent au son de craquements et de crépitements, de ronflements voire de déferlements, de nappes suspendues ou de morceaux d’univers renversé. En Vélez, Duplant a assurément trouvé un partenaire inspirant, c’est (déjà) la seconde fois qu’on le constate.

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Bruno Duplant, David Velez : Last Solar Powered
Still Sleep
Edition : 2016.
CDR : 01/ Last Solar Powered
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Celer, Dirk Serries : Background Curtain (Zoharum, 2016)

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Trois notes, il n’en faut pas plus à Celer et à Dirk Serries (Fear Falls Burning, Vidna Obmana) pour commencer une collaboration qui s’avèrera fructueuse. Du Japon du premier à la Belgique du second, les bandes ont dû faire plusieurs fois le voyage, certain !, et il est donc plutôt normal de dire de ces deux plages sont… sidérales.

La première (Above/Below) n’est d’ailleurs (en plus) pas loin d’être sidérante. Ses surplus de couches dévident des câbles de sons qui débordent du chemin des ondes et du chemin des drones. La deuxième (Below/Above) n’est pas la première qu'on aurait passée à l’envers, non. Elle s’en démarque au contraire par son côté « concret » (on peut presque y déceler les instruments qui ont servi à son interprétation : une guitare au bottleneck et un son du genre harpsichord). Moins paisible mais diantrement efficace quand même. De quoi diversifier le propos ambientique de deux maîtres du genre.

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Celer, Dirk Serries : Background Curtain
Zoharum
Edition : 2016.
CD : 01/ Above/Below 02/ Below/Above
Pierre Cécile © Le son du grisli

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R. Lee Dockery, Smokey Emery : Cathedrelic / Rankin-Parker, Pearce : Odd Hits / Ben Bennett : Trap (Astral Spirits, 2016)

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R. Lee Dockery, Smokey Emery : Cathedrelic (Astral Spirits, 2016)
Alourdissant leurs discographies respectives – fournie, celle de Smokey Emery ; encore assez légère, celle de R. Lee Dockery – d’une nouvelle cassette, Daniel Hipolito (bandes, synthétiseurs, électronique) et Lee Dockery (basse, synthétiseurs, électronique) y font aussi œuvre commune. Au son d’une drôle d’ambient, ils retournent des plaques de tôle et libèrent des spectres chantant quand ils ne se plaisent pas à traîner à terre une série de graves qui crachent. Assourdissante, l’épreuve est aussi étourdissante.  

Teddy Rankin-Parker, Daniel Pearce : Odd Hits (Astral Spirits, 2016)
En 2014, Astral Spirits publiait une cassette du Broken Trap Ensemble – un quartette, dans les faits – dont sont membres Teddy Rankin-Parker et Daniel Pearce. En duo, passée une première phase d’improvisation entendue, le violoncelliste et le batteur fabriquent des miniatures instrumentales inspirées, qu’elles adoptent une lourde démarchent, frémissent ou même cavalent (le jeu de violoncelle n’y étant pas pour rien). Pour les amateurs, trouver là une « alternative », avec quelques ressemblances, aux épreuves de Lonberg-Holm.



Ben Bennett : Trap (Astral Spirits, 2016)
Hier c’était un solo de Will Guthrie qu’Astral Spirits publiait sur cassette. Aujourd’hui, c’est Ben Bennett – batteur entendu notamment auprès de Jack Wright – qui dépose sur bande douces pièces instrumentales enregistrées seul. A la rumeur de sa frappe appuyée et endurante, Bennett ajoute les cinglements de préparations ficelées, quelques sifflements aussi et puis des bruits de moteurs. Lorsqu’il se veut plus subtil, le batteur est malheureusement moins « à l’aise » et c’est alors une claque que prend l’attention de l’auditeur : soudain évanouie.

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Monopium / K. : Nightclubbing / Die Wölfe Kommen Züruck (Zoharum, 2016)

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J’étais à deux doigts de me passer un bon petit Steppenwolf (c’était dimanche) quand je suis tombé sur ce disque Zoharum (oui, j’ai souscrit un abonnement). Comme le label sort de belles choses cet an-ci, j’ai mis ce CD à la place du vieux groupe, c’est-à-dire deux groupes que le label défend depuis qu’il a été lancé : Monopium et K.

Bizarre bizarre, j’entends toute une cour de récréation d’école s’ébrouant à un concert (qu’on imagine) donné dans la salle des fêtes qui la jouxte. Un genre de groupe de post-neo-kraut-indus-coldwave bien tendu en pleine balance bien tendue elle aussi. C’est donc ça le Monopium ? Jusqu’ici inconnu au bataillon (pour ma part), le groupe m’a fait forte impression,comme une mixture tache mais réussie entre Throbbing Gristle et The Fall.

C’est un peu dans le même genre qu’officient les Polonais de K. = trois morceaux présentés en seconde partie de CD. Un bout de batterie straight peut partir, par contre, et ramener le bruit ambiant à son point le plus « musical ».  Pas mal non plus, K. dont je conseille le site pour constater que leur musique (pas mal de samples et de collages) est en perpétuel questionnement. Alors après ???


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Monopium / K. : Nightclubbing / Die Wölfe Kommen Züruck
Zoharum
Edition : 2016/
CD / DL :  01-07/ Monopium / K. : Nightclubbing / Die Wölfe Kommen Züruck
Pierre Cécile © Le son du grisli

 

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Günter Schlienz : Autumn (Zoharum, 2016)

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Synthétiseurs modulaires, bandes et amis (Matthias Baldauf au cor & Niko aux cymbales), voilà de quoi s’est servi Günter Schlienz pour concocter cet hommage à l’automne (c’est de saison, je suis encore dans les temps) en trois étapes of course : Oktober / September / November (SIC).

Schlienz est un bidouilleur de Stuttgart dont la discographie, inaugurée il y a six ans semble-t-il, est déjà longue. Il faudra donc lui consacrer un peu de temps car son Autumn est rudement plaisant à entendre. Il vous tombe dessus avec un genre de clarinettes qui ondulent sur fond d’electronica légère à la Steve Roden par exemple. Mais les choses s’assombrissent (faute à la nuit qui tombe ?).

Un coup d’essuie et voilà que le Monsieur repart à zéro (c’est presque un retour en arrière puisqu’on passe d’Oktober à September). Allez comprendre… Mais bref, puisque la nouvelle séquence d’ambient nous invite à nous immerger dans le son où l’on découvrira une structure kaléidoscopique d’une richesse rare. Un cello-effect et des vois fantomatiques pour couronner le tout, et l’on ne peut qu’applaudir et bien fort et en regrettant aussi d’imaginer que l’hiver passe sans nouvelles de Günter Schlienz.


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Günter Schlienz : Autumn
Zoharum
Edition : 2016.
CD / DL : 01/ Oktober 02/ September 03/ November
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Check Out : Check Out (Hornschaft, 2016)

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Un site internet bien (et bien propre) nous donne des images de l’objet Check Out = un mélange de mots (très peu), d’images (une trentaine) et de sons (deux plages de 33 tours 25 cm) que l’on doit au duo d'artistes sonores Alessandro Incorvaia et Girodano Simoncini.

Passons les explications primesautières et tournons les pages du livre ensemble : le duo nous fait suivre une jeune-femme (son réveil, un matin de neige, une promenade en pleine nature…) avant de nous trimballer dans l’espace et dans le temps en enfilant de beaux clichés couleurs. Bien. Beau. Bien beau. 

A la musique maintenant. Avec ses accords pincés de guitare électrique sous chorus et son électricité qui grésille, l’ambient (puisque d’ambient il s’agit) verse dans une veine Fennesz / Belong / Library Tapes. Les A et B du vinyle sont les deux faces d’une même médaille, la seconde étant cependant moins soumise aux effets et au ressac des waves. Comme on en a entendu d’autres dans le genre, on est charmés mais pas subjugués par le travail des deux Italiens... mais on demande quand même à voir : à quoi ressemblera la suite de leur collaboration ?

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Check Out : Check Out
Hornschaft
Edition : 2016.
Livre + CD : Check Out
Pierre Cécile © Le son du grisli

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For Promotional Use Only? Jemh Circs, Tucker Dulin & Ben Owen, John Chantler

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Piqué par quelques remarques (la loi des séries, en mai et juin et même si mai et juin c'est déjà loin c'est quand même beaucoup) de lecteurs (c’est donc qu’il y en a, et ils sont parfois musiciens >> smiley clignant de l’œil) sur mon travail de « critique musical », l’envie m’a titillé d’expliquer pourquoi je fais vite et pourquoi je ne décris pas tant que ça la musique des galettes que je reçois. Et puis non. Non, je n’expliquerai rien, mais je promets que je ferai pire. Car je peux faire (encore) pire, évidemment. En plus de mon incapacité choisie (oui) à ne pas décrire, voilà que je survolerai maintenant la production FPUO (For Promotional Use Only > c'est pas à un mois de la fin des chroniques de disques en ligne sur le son du grisli que je vais lancer une rubrique, dommage mais tant pis j'avais qu'à y penser avant) que je reçois. Après tout, quand un disque est mauvais sa copie l’est tout autant (et même parfois elle saute mais parfois vaut mieux pour elle) et me voilà dans l’impossibilité de le revendre à un prix défiant toute concurrence = à la poubelle. Et dans la banlieue silencieuse où je réside, je suis lourdement taxé sur les déchets.

Dans la banlieue silencieuse où je réside, donc, qu’avais-je besoin de ces sauts de puce électronique, de ces plages qui ont la bougeotte triste ? La copie d’un LP de Jemh Circs (CD-R LC 06790 tamponné des noms de l’artiste et du label Cellule 75) qui saura ennuyer tout amateur de bonne électro à synthés. Du Bel Canto mou de la glotte ou du Momus instrumental qui se la jouerait expé (tiens là un bruit de verre, tiens là un larsen, lequel je garde putain ?…).



Quitte à donner dans l’expérimental, j’ouvre la pochette du Tucker Dulin / Ben Owen. Dans la version que j’ai reçue de For Echo of Echo il y a un carton plié en deux (un « /30 » apparaît au dos mais le mien est barré par un trait de crayon) et un CD-R (TDK 52X 700MB). Une demi-heure d’une prestation enregistrée en 2013 à New York, dans une galerie au public comblé je n’en doute pas par des bruits de trucs traînés par terre, un drone électronique ou deux notes de cuivre (je ne saurais dire lequel)… Je ne comprends pas vraiment ce que font Dulin et Owen, ce qu’ils cherchent et pourquoi ils pensent que le son de leur performance pourrait m’intéresser. La question restera en suspens.



Comme la question que pose John Chantler : Which Way to Leave? Retourner au bidouillage électro ? Bon. Va pour le Chantler alors… Un autocollant avec la tracklisting et les infos de base sur une pochette cartonnée avec dedans un autre CD-R imprimé… D’une autre trempe que celle de Jemh Circs, la copie de celui-là, alors qu’elle aussi peut sautiller mais avec une gaucherie classe qui la rend intéressante. Bizarre dans sa façon de se tenir, de s’aplatir à la Eno ou de saturer à la grecque, Chantler accouche d’une belle œuvre abstracto-dépressionniste. Ce qui me fait avouer qu’il y a bien sûr des FPUO que l’on garde. Et qu’il peut même arriver que le pauvre chroniqueur de banlieue achète « le vrai » bon disque qu’on lui a gentiment copié pour que, avec un peu de chance et même rapidement, il en fasse encore mieux après la publicité.  



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Jemh Circs : Jemh Circs
Cellule 75
Edition : 2016.
CD : 01-09/ Jemh Circs

tucker dulin ben owen

Tucker Dulin, Ben Owen : For Echo of Echo
Enregistrement : 2013. Edition : 2016.
CD : 01/ Echo of Echo

john chantler

John Chantler : Which Way to Leave?
Room40
Edition : 2016.
CD : 01-09/ Which Way to Leave?
Pierre Cécile © Le son du grisli

 

P.S. : N'hésitez pas à réagir à cette rubrique afin qu'elle ait une chance de se poursuivre dans la version papier du son du grisli.

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Michael Esposito : Voice Box (Spectral Electric, 2016)

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Le sous-titre de cette Voice Box – en réalité : une clef usb de la forme d’une carte de crédit – dira ce qu’on y trouve : « A Collection of Oddities and Curiosities », issus de travaux signés du Phantom Air Waves de Michael Esposito. Une suite de raretés, à l’image d’In The Silence Of A Watery Grave dont une centaine d’exemplaires furent jadis glissés dans un petit livre et qu’il sera en conséquence impossible de commenter ici.

Rangées dans neuf dossiers qui renferment aussi images et parfois explications, les autres pièces sonores (MP3 et WAV) donnent à entendre Esposito arranger ses EVP seul ou en compagnie d’amis choisis. Certes inégale – le chasseur se contentant parfois d’évaluer sa collection au son d’une ou deux boucles simplistes –, la boîte renferme quelques traitements astucieux qui parviennent à égaler en intérêt les interventions de ses acolytes.

Ainsi, sous la voix de Bryan Lewis Saunders, Esposito dispose-t-il quelques basses profondes qui renferment déjà le code d’un langage singulier ; avec Kommissar Hjuler und Mama Bär, il déforme d’autres prises afin qu’elles épousent le propos d’une surprenante discussion en allemand ; avec Carl Michael von Hausswolff, il adapte ses manières à deux pièces d’une électronique jouant de couches multiples pour mieux rendre hommage à Friedrich Jürgenson, l’une des grandes figures du phénomène de voix électronique. Seul, Esposito peut donner dans un genre expérimental progressif auquel on préférera l’étrange atmosphère de Haunt Of The Athenaeum Codex ou les miaulements répétés de The Barn Witch Familiar, pièce qu’il ne faudra pas oublier de produire quand viendra l’heure du procès en sorcellerie qu'on devra bien lui faire un jour.

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Michael Esposito : Voice Box: A Collection of Oddities and Curiosities
Spectral Electric
Edition : 2016.
MP3 / WAV : 01/ Byan Lewis Saunders & Michael Esposito : S.S. House 02/ Michael Esposito & Kommissar Hjuler und Frau : Der Geist Meiner Mutter 03/ CM von Hausswolff & Michael Esposito : The Ghosts of Effingham 04/ Michael Esposito & Rainier Lericolais : Perdus Et 05/ The Maladjusted of Manteno Asylum : Radical Matters 06/ The Shadow Of Roy Vail's Daughter Walks The Moonlit Harvest 07/ Haunt Of The Athenaeum Codex 08/ In The Silence Of A Watery Grave 09/ Demons Of Independance Day 10/ The Barn Witches' Familiar
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Nurse With Wound : Echo Poeme: Sequence N°2 (Drastic Plastic, 2016)

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Le phénomène de voix que l’on trouve sur Echo Poeme: Sequence N°2 n’est ni électronique ni fortuit : il est dû aux interventions d’Amantine Dahan Steiner et Isabelle Gaborit que Steven Stapleton a ensuite manipulées pour composer un hommage au film d’Alain Resnais, Hiroshima mon amour.

Editée par le label Jnana en 2005 – entre The Little Dipper Minus Two (Echo Poeme Sequence 1) et Sand Tangled Women (Echo Poeme Sequence 3), ensemble compilés plus tard sur Creakiness And Other Misdemeanours – et aujourd’hui sur vinyle, la « sequence » en question arrange trois-quarts d’heure durant récitations, hésitations et prises On & Off the record le long d’un jeu qui rappelle celui que Stapleton avait mis en place dès 1980 sur To the Quiet Men from A Tiny Girl. Les récitantes peuvent ainsi entamer une comptine en français, lire Victor Hugo, fredonner L’aigle noir de Barbara ou même s’interroger à voix haute : « tu peux essayer un son ? » / « J’crois que t’es en train de le dire sur l’autre… euh… enregistrement qu’on a fait… »

Au contraste établi par la valse du On et du (false) Off et aux faux-semblants avec lesquels Stapleton s’est mis dans l’idée de composer, un léger écho ajoute l’étrange effet de nombreux décalages. A tel point qu’en se laissant aller un peu – Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées / Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit –, on pourrait imaginer Léopoldine et Adèle revenues et, avant de repartir, confirmer à leur père – tout comme, à Hiroshima, Lui disait à Elle – : en effet, « Tu n’as rien vu ».


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Nurse With Wound : Echo Poeme: Sequence N°2
Drastic Plastic / Souffle Continu
Edition : 2005. Réédition : 2016.
LP : A-B/ Echo Poeme: Sequence N°2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

 

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Gaap Kvlt : Jinn (Zoharum, 2016)

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Je me suis toujours méfié de l’incorporation des appels à la prière (muezzin ou autre) dans la musique. Mais là, je veux dire… un hommage à Paul Bowles en pleine frénésie PompidouBeat… version downtempo ? Et de beats, justement, il est ici (le second disque de Gaap Kvlt) question… piano pianissimo… avec des loops diverses qui rappelleraient Long Fin Killie de temps en temps (mais en plus lent).

Une ambiance ressort donc, mais pas forcément de Tanger... Plutôt le genre de truc crépusculaire qui va bien au Jinn du titre du CD. Les Jinn (de l’arabe) ce sont ces esprits invisibles qui nous frôlent un peu partout : celui de Gaap Kvlt ce serait alors le fantôme de Bowles ? Sur différents beats (parfois techno à grosse basse, bizarrement mais bizarrement qui passe), un progamme ou des voix à deux cordes vocales du noise, le revoilà qui danse et se trémousse jusqu’à ce qu’il regagne ses pénates. Oserais-je écrire (en ai-je même le droit ?) que le jinn sied bien à notre écrivain beat ?

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Gaap Kvlt : Jinn
Zoharum
Edition : 2016.
CD : 01/ Prayer 02/ Abu Kamal 03/ Bou Rattat 04/ Peninsula 05/ Prayer 8 (Death) 06/ Larache 07/ Tangsir     08/ Ovidius 09/ Vient
Pierre Cécile © Le son du grisli

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